Avertir le modérateur

histoire - Page 3

  • Un défilé d’anciens SS à Riga

    freedom_monument.jpgUn défilé d’anciens membres de la Waffen SS, sous protection policière : ce sera ce 16 mars, et à Riga. La mairie avait dit non, mais la justice vient de dire oui.

     

    Et ce n’est pas nouveau. Tous les 16 mars, depuis 1994, se tient un défilé vers le monument de la Liberté dans le centre de Riga, organisé par la fondation Daugavas Vanagi, qui soutient les ex-légionnaires lettons de la Waffen SS. Dans le même temps, des groupes opposés, et notamment le Comité antifasciste de Lettonie, manifestent. La Fédération des communautés juives de Russie (FEOR) dénonce cette banalisation du nazisme et des criminels nazis, et appelle les responsables de l'UE et de l'ONU à prendre position.

     

    Cette année, le 5 mars 2010, le maire Nil Ouchakov, russophone, avait interdit toutes les manifestations, affirmant que les autorités de la ville prônaient la liberté d'expression et de réunion sous réserve que cela ne cause pas de préjudice à la sécurité publique qui serait menacée si ces  manifestations avaient lieu.

     

    Le président letton Valdis Zatlers avait désapprouvé cette décision : « La Lettonie, en tant qu’Etat libre, doit garantir la liberté de réunion. Cette décision relève de la compétence de la mairie de Riga, mais je rappelle que nous vivons dans un pays libre et il faut garantir le droit de réunion ». Riga_Museum.jpg

     

    Hier lundi, le tribunal de Riga a annulé la décision du maire : sont autorisés le défilé des anciens Waffen SS et la contre-manifestation. Le critère en discussion était la sécurité, et pas directement la signification de cette manifestation... Cherchons à comprendre, avec un coup d’œil sur l’histoire si particulière de la Lettonie.

     

    Dans les années d’avant-guerre, toute cette partie du monde est réglée par le pacte germano-soviétique, signé entre Molotov-Ribbentrop en août 1939, et la Lettonie est placée sous contrôle soviétique dès août 1940. Une sinistre période d’occupation et de terreur, avec 30 000 déportés en Sibérie. Vient le renversement d’alliance, avec l’offensive nazie contre les Soviétiques en juin 1941. Dès le mois de juillet, l’Armée Rouge, qui comprend 130 000 Lettons dans ses effectifs, est poussée hors de frontières, et les Lettons s’inscrivent en masse – environ 150 000 – dans la Wehrmacht. Le 16 mars 1943, les SS lettons affrontaient pour la première fois l'Armée rouge dans les faubourgs de Leningrad. Mais en 1945, c’est le retour de l’ours soviétique, qui instaure la République socialiste de Lettonie. Plus de 100 000 Lettons sont déportés en Sibérie. et le cauchemar durera jusqu’à 1990.  

     

    Alors, il y a bien sur le côté patriote, et l’hommage aux soldats de la libération. C’est ce qui veut glorifier le défilé du 16 mars.

    imageoff_1_1515.jpg 

    Mais, juste à côte, entremêlé, il y a le crime. Le régime nazi a assassiné 80.000 Juifs en Lettonie, avec l’implication de ces troupes d’élite qu’étaient celles de la Waffen SS.

     

    Un lieu retrace ces 50 années d’occupations successives et de crimes : le musée de l’occupation, un sinistre blockhaus noir installé face à la maire, à deux pas de la Daugava. Que des troupes nazies puissent être associées à une idée de libération ne m’avait jamais traversé l’esprit avant la visite de ce musée, qui il est vrai, fait mesurer comme rarement ce qu’a été le crime soviétique, pendant 45 ans. Allez visiter ce musée, et poursuivez par une promenade estivale dans les rues du Vieux Riga, qui semblent cultiver le charme et l’insouciance. Comment se saisir de ces fracas de l’histoire, et dessiner l’avenir d’une nation ? Quarante ans après, nous ne savons pas parler de l’histoire de la France en Algérie. Imaginez le défi pour nos amis lettons.

     

    Pour autant, cette manifestation ne passe pas. Parce que cette libération du pays en 1941 s’est accompagnée du crime contre l’humanité qu’est le massacre de 80 000 juifs, et parce que la Waffen SS, ce n’était la troupe, mais l’élite.

    riga_940x705.jpg
    Sur les bords de la Daugava

     

  • Exclusif : Les esclaves étaient blancs

    portrait.jpgQu’il est mignon notre Depardieu avec sa perruque frisée, comme les cheveux crépus d’Alexandre Dumas ! Qu’elle est bien étudiée la réplique de la moustache ! Saluons les efforts de l’artiste pour parvenir à rivaliser avec l’impressionnante corpulence du grand écrivain ! Parfaite incarnation du personnage, et grand travail de Safy Nebbou, le réalisateur, pour retranscrire l’époque et la vie d’Alexandre Dumas.

    Bon, Alexandre Dumas se retrouve blondinet… Certes, mais pourquoi s’arrêter à ce genre de détail. Pour un film sur Barak Obama, on demanderait à George Clooney ou Brad Pitt. Et s'il fallait interpréter le rôle de Nelson Mandela, on ferait appel à Clint Eastwood. Mais oui, calmez vous, le cinéma, ce n’est pas du documentaire.

    Alexandre Dumas est né à Villers-Cotterêts, dans l'Aisne, le 24 juillet 1802. Il est le petit-fils d'une esclave noire de Saint-Domingue, Marie Cessette Dumas. Je précise une esclave noire, car chacun sait que les esclaves blancs étaient très nombreux à l'époque. Son père Thomas Alexandre Davy de La Pailleterie, né esclave sur l’île d’Haïti, arrivé en métropole à vingt ans, était un militaire héroïque, devenu général d’armée, qui a combattu jusqu’aux Pyramides, et avait choisi de se faire connaitre sous le nom de Général Alexandre Dumas, en hommage à ses origines haïtiennes.bonaparte.jpg

    Né le 24 juillet 1802 dans l’Aisne… Il a eu de la chance notre futur romancier, car par décret du 20 mai 1802, le génial Bonaparte avait rétabli l’esclavage sur la terre haïtienne, aboli par la Convention le 4 février 1794 :

    « Au nom du peuple français,

    « Bonaparte, premier consul,

    « Proclame loi de la République le décret suivant, rendu par le Corps législatif le 30 floréal an X, conformément à la proposition faite par le Gouvernement le 27 dudit mois, communiquée au Tribunat le même jour.

    « Décret

    « Art. Ier. Dans les colonies restituées à la France en exécution du traité d'Amiens, du 6 germinal an X, l'esclavage sera maintenu conformément aux lois et règlements antérieurs à 1789.

    « II. Il en sera de même dans les autres colonies françaises au-delà du Cap de Bonne-Espérance.

    « III. La traite des noirs et leur importation dans lesdites colonies, auront lieu, conformément aux lois et règlements existants avant ladite époque de 1789.

    « IV. Nonobstant toutes lois antérieures, le régime des colonies est soumis, pendant dix ans, aux règlements qui seront faits par le Gouvernement ».

    Haiti_06.jpgOn ne saluera jamais assez le grand humaniste qu'était Bonaparte. Un homme de culture, je vous dis.

    Le 8 janvier 1803 (18 nivôse an XI), Alexandre Dumas était un joli bébé métis qui allait vers ses 6 mois. Un peu trop tôt pour lire la circulaire qu’adressait ce jour-là l’adorable Bonaparte aux préfets :

    « Je vous invite, citoyen préfet, à faire connaître dans le plus court délai aux maires et adjoints, faisant les fonctions d'officiers de l'état civil, dans toutes les communes de votre département, que l'intention du gouvernement est qu'il ne soit reçu aucun acte de mariage entre des blancs et des négresses, ni entre des nègres et des blanches.

    « Je vous charge de veiller à ce que ses intentions soient exactement remplies et de me rendre compte de ce que vous aurez fait pour vous en assurer ».

    Voici donc quelques éléments d’époque totalement secondaires. De même, les préjugés raciaux qu’aurait affrontés Alexandre Dumas, ce sont des racontars absolus, destinés à miner notre belle identité nationale. Nous sommes tous des gaulois celtes, et inversement.

    D’ailleurs, dans un prochain film, Bonaparte sera interprété par Pascal Légitimus ou Djamel Debbouze.

    code-noir.jpg
  • Respect pour l’histoire

    TeacherAndStudents.jpgSupprimer l’histoire et la géographie des enseignements de terminale scientifique, ce qui représente un lycéen sur deux… Nous sommes quand même gouvernés par de dôles de gus.  Mais qu’ont-il derrière la tête ?

     

    Ecoutons la com’ à deux sous de Luc Châtel : « On ne supprime pas le programme d'histoire-géo en terminale scientifique, ce programme sera vu en première. En première, les lycéens de la filière S vont voir leur horaire d'histoire-géo passer de 2h30 à 4 heures ». Donc deux heures en terminale devient une heure et demie en première. « L'histoire-géo va garder la place éminente qui a toujours été la sienne dans le système éducatif français et va même voir sa place confortée ».

     

    Luc, faut pas charrier. Si c’est pour que l’histoire garde sa place éminente, et bien c’est très simple : tu laisses tout en place, et même tu files un coup de dope en ajoutant quelques heures optionnelles, le but du jeu étant que le jeune lycéen féru de sciences dispose aussi des atouts pour structurer sa pensée. Au passage, tu rabiotes une demi-heure par semaine, ce qui te donne bonne figure à l’heure de la révision générale des programmes publics (RGPP). Toujours ça de pris.

     antique-brass-compass-over-old-canadian-map-1.jpg

    Ensuite, qu’est ce tu cherches à faire ? Que nos p’tits gars soient super blindés en classe de première, pour se consacrer aux matières scientifiques en terminale ? Mais pourquoi jouer les sciences exactes contre les sciences sociales ? C’est une régression. Le cerveau  de nos jeunes pousses serait-il déjà arthrosique ? Et puis, la maturité progresse très vite à cette période de la vie, et le même enseignement donné en première ou en terminale, ça change beaucoup de choses ! L’histoire du XX° siècle à des élèves de terminale, ça percute.

     

    J’ajoute que ton truc est idiot. Un chouïa de culture générale, ça aide beaucoup pour nombre d’écoles et de concours. Participe à quelques jurys, et tu verras vite le malaise devant ces graines de techniciens qui sont complètement gênés aux entournures pour ce qui concerne l’ouverture au monde.

     

    Ce qui m’inquiète, c’est que tout ça vient dans un contexte de manque de respect pour l’enseignement de l’histoire. L’histoire, c’est de la connaissance, et une invitation à chaque élève pour forger ses convictions. Je n’ai pas oublié ce qui a été dit à l’occasion du projet sur l’enseignement du rôle positif de la colonisation : au delà du cas spécifique, tes petits copains trouvaient normal que la loi donne le sens de l’enseignement. Il a donc fallu les calmer, et leur expliquer que ça faisait un peu trop Corée-du-Nord. Je n’oublie pas non plus la crispation pitoyable sur la lettre de Guy Môquet, l’émotion présentée comme un acte de résistance, en décalage complet avec le contexte historique réel.

     

    Aussi, passer à la trappe l’histoire en terminale, et prévoir à la place un enseignement optionnel, et qui concernerait la période des vingt dernières années, ce n’est pas sérieux. C’est du plateau télé amélioré. Le propre de l’enseignement de l’histoire, c’est de prendre du temps pour acquérir de la connaissance et construire une réflexion autonome. D’où l’intérêt d’accompagner les lycéens le plus loin possible dans cette voie.

     

    entreprise_ecole.jpg
  • Où sont les puissances musulmanes ?

    coufique.jpgLes Etats-Unis « un des plus grands pays musulmans de la planète ». Obama, avant son discours au Caire, met l’ambiance.

    « Les Etats-Unis et le monde occidental doivent apprendre à mieux connaître l'islam. (…) Quelle que soit leur confession, ce sont ceux qui construisent et non pas ceux qui détruisent qui laissent derrière eux un héritage durable. Je pense qu'il y a un véritable conflit actuellement entre ceux qui soutiennent que l'islam est irréconciliable avec la vie moderne et ceux qui pensent qu'au contraire l'islam a toujours su évoluer en même temps que le progrès. » President Obama said.

    Les Etats-Unis, puissance musulmane : bien sûr ! L’un des pays où se lit le mieux l’islam de demain : c’est évident. Et puissance de plein d’autres choses. Dégagez moi ce choc des civilisations mélange de peine à jouir et de carton pâte... Quel flegmon de la pensée ! Quand je vois toutes mes amies et mes amis, gauloises ou gaulois, de souche ou d’importation, musulmans attachés à leur foi et citoyens défenseurs de leurs droits, amoureux du droit, je ne parviens pas à comprendre cet aveuglement qui veut sans cesse réduire les siècles de civilisation de l’islam à leur pire caricature.introduction%20a%20la%20civilisation%20musulmane.jpg

    Pour ce qui est de la France, c’est notre histoire ratée qui nous aveugle.

     

    Retour aux lendemains de la guerre de 1914/1918, et illustration, de première importance, avec le projet de la Mosquée de Paris. Et oui, la première arrivée massive des musulmans sur le sol hexagonal a été pour défendre le drapeau contre les Fritz.

     

    Le lascar Edouard Herriot est à la manoeuvre: « Les millions de musulmans de notre Afrique sont une partie vivante de la France, pareillement. Nous respecterons en Orient les aspirations et les voeux de leurs coreligionnaires ».

     

    D’où la création d’une Mosquée de Paris. Ces combattants, ces morts, et pas un lieu de prière… il fallait faire quelque chose.  Lisons le grand républicain : « A tous ces musulmans, quelle que soit leur origine, s'ils évoquent le nom de la France et demandent son aide spirituelle, son hospitalité, Paris offrira l'accueil de l'Institut Musulman l'ombre pieuse de sa mosquée, le délassement des lectures dans la bibliothèque arabe, l'enseignement des conférences et enfin la joie d'un foyer libre. »

     

    De quoi avoir la larme à l’œil, non ? 

     

    Le rapport du grand Herriot conduit à la publication au Journal Officiel du 21 Août 1920 de la loi « portant affection d'une subvention de 500 000 francs à la Société des Habous des Lieux Saints de l'Islam pour la construction d'un Institut Musulman à Paris. »

     

    9782226109859-x.jpgTrès bien, sauf que les faux culs de francs-maçons qui tenaient alors l’Assemblée avaient réservé un sort bien spécial à l’islam. Une grande entourloupe ! La loi de 1905, article 43 allinéa 2, avait été déclarée inapplicable dans les départements français d’Algérie. Là bas, si loin, la religion restait affaire d’Etat, de telle sorte que les deux associations – 1901 et 1905 – créées pour financer la Mosquée de Paris, eurent leur siège à Alger. Ce qui explique d'ailleurs comment la France a perdu prise sur la Grande Mosquée de Paris avec l'indépendance de l'Algérie.

     

    Cachée derrière l’illusionniste Herriot, la République allait payer. En fanfaronnant, avec « l'Institut Musulman » qui n’a rien de religieux et accepte les sous comme une éponge attend l’eau, et la Mosquée, camouflée en Association des Habous et des Lieux Saints de l’Islam, avec l’argent public qui pouvait financer les cultes ayant leur siège dans les départements d’Algérie.

     

    Lors de la pose de la première pierre, le 19 Octobre 1922, c’est le Maréchal Lyautey, salué comme le « Maréchal de l'islam » qui s’égosille, alors que le Gouverneur Général Steeg fait pleurer dans les chaumières en célébrant « la France, puissance musulmane ». Ambiguïté fondamentale… Nous n’en sommes jamais sortis. 

     

    Aujourd’hui, on parle de 2° ou de 3° génération. Mais, c’est se moquer de l’histoire et des soldats. Allez devant n’importe quel monument aux morts, et lisez. Pour mourir sous l’uniforme en 1914, il fallait être né au XIX° siècle. Ce sont  6, 7 ou 8 générations qui sont là ! L’islam fait partie de notre histoire et de notre culture, comme aux US, mieux qu’aux US. Et l’Europe est l’un des lieux du grand renouveau de l’islam, pétri de l’esprit de libertés.

     

    Obama a mille fois raison de rejeter cet essentialisme foireux qui toujours assimile les musulmans aux sociétés bédouines du Haut Moyen-âge.

     

    Si tout ça vous fait souffrir, prenez un efferalgan et restez à l’ombre, car je crois qu’Obama ne se déplace pas au Caire ce 4 juin pour le fun.

     

  • Le Pape et les Jeunesses hitlériennes

    pape-sida-capote-1240575543.jpgQue le Pape n’ait pas besoin de ce blog pour se défendre ne fait pas de doute. Et soyons francs, je ne crois pas que le Pape y ait songé. Soyons encore plus francs : dans la mesure où la cause n’est pas en péril et que les défenseurs de cœur et d’âme se précipiteraient, je n’ai pas trop à me poser la question de cette défense, ce qui m’arrange bien car, en tout seigneur tout honneur, je confesse que je n’ai pas d’atomes crochus avec ce Pape, du moins à travers la seule chose qui m’intéresse, ses déclarations publiques.

    Je n’ai rien à dire de son érudition et de ce qu’il peut apporter aux fidèles. Mais vu depuis la rive du citoyen, ça coince vraiment. La dernière série, ce sont au mieux des cafouillages, au pire le signe d’un truc qui est parti en vrille. L’histoire de l’évêque révisionniste Richard Williamson ou les déclarations sur le préservatif, non, ça ne passe pas. Et pire, cette jeune fille de 9 ans, enceinte de deux jumeaux à la suite d’un viol, excommuniée pour avoir avortée ; excommunication annulée… mais maintenue pour les médecins qui avaient réalisé l’avortement. Je sais que c’est l’Eglise du Brésil et qu’elle n’a pas demandé l’autorisation à Rome. Mais je sais aussi que je n’ai rien entendu de Rome de bien pertinent. Bon, alors voilà,… Et puis un contexte. Bref, une série de rendez-vous manqués. pimpf.jpg

    C’est dire que le Pape ne m’inspire pas une sympathie particulière. Je peux dire toute ma déception sur les aspects de vie sociale, car le Pape s’adresse à tous.

    Donc, il y a tout ça. Et bien malgré tout ça, je trouve déplorable la manière dont on cherche à  l’embrouiller avec ses années de jeunesse. Jeunesses hitlériennes, vous m’avez compris.

    Là encore, le Pape n’aide pas. La version d’hier, c'est celle du révérend Frederico Lombardi, porte-parole du Vatican : « Le Pape n'a jamais fait partie des Jeunesses hitlériennes, jamais, jamais, jamais ».

    Bon. Sauf que, comme le rapporte Rue 89, c’est plus compliqué. Le site du Vatican fait référence à trois biographies, dont « Le Sel de la Terre », écrit le journaliste allemand Peter Seewald : « Joseph Ratzinger, né en 1927, et son frère Georg, âgé de trois ans de plus, n'étaient d'abord pas allés aux Jeunesses hitlériennes, a-t-il raconté. Lorsqu'elles sont devenues obligatoires en 1941, son frère y a adhéré. Lui était trop jeune. Mais, du séminaire où il était, il a ensuite été inscrit contre son gré. » Fait alors confirmé par le Pape : « Dès que j'ai quitté le séminaire, je ne suis plus allé aux Jeunesses hitlériennes. Et cela a été difficile car la réduction des frais de scolarité, dont j'avais besoin, était liée à l'attestation de visite des Jeunesses hitlériennes. »

    Contacté par Rue 89, Peter Seewald se dit surpris : « Je m'étonne que le Vatican nie ce fait, mais je n'ai pas le communiqué sous les yeux et je n'ai rien entendu de tel… Car nous en avons parlé dans le livre d'entretien “Le Sel de la Terre” publié en 1996. »

    TN2-25682-t-es-ou-.gifPour ma part, je mettrais bien par parenthèses les déclarations zélées du porte-parole pour en rester à celles du premier intéressé. Et après, ça change quoi ? En 1941, le jeune Joseph Ratzinger était âgé de 14 ans, et à partir de 1939, l’inscription aux Jeunesses hitlériennes avait été rendue obligatoire. A l’époque, 8 millions de membres. Hans-Dietrich Genscher, futur ministre de l’Intérieur et des Affaires étrangères dans les années 70/80, en fut lui aussi, et fit même partie des dernières troupes à défendre Hitler, en 1945, lors de la bataille de Berlin.

    Alors franchement, imputer le côté réactionnaire des déclarations publiques ou le manque d’empathie pour l’Holocauste à un « passé nazi », c’est parfaitement idiot. C’est oublier l’histoire, oublier que c’était l’histoire d’un peuple et d’une jeunesse soumise à la pire bande de criminels.

    Hier, John Demjanjuk, l’ancien gardien présumé de camps nazis, âgé de 89 ans, est arrivé en Allemagne pour être jugé pour son implication dans la mort de 29.000 Juifs. Faut-il juger ce vieillard ? Moralement, vous pouvez en penser ce que vous voulez. Mais, n’omettez pas dans votre raisonnement, un élément, la loi. La loi permet la procédure, et selon les règles, les juges, éclairés par les avis des médecins, diront si le procès est possible au regard de l’état de santé de l’accusé.

    Mais, de grâce – si je puis me permettre – il n’existe pas de loi imprescriptible pour juger l’attitude d’un enfant de 14 ans en 1941. Il n’existe pas de loi pour dire qu’un enfant est responsable des lois votées par les pires des dictateurs. Et à supposer même que cet enfant de 14 ans ait pu faire mieux, au nom de quoi vouloir aujourd’hui le juger ?  

    14a_fr.gif

     

Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu