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  • L’Aquila : Six ans de prison pour les sismologues, un verdict historique

    Six ans de prison pour les sismologues qui, présents sur place six jours avant le tremblement de terre meurtrier, avaient rassuré les habitants sur le thème « Dormez tranquilles ». Un verdict incertain en appel, mais ce jugement, quoiqu’il en soit, va laisser des traces.

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    Les faits  

    En mars 2009, le secteur de L’Aquila, dans la région des Abruzzes, était marqué par de nombreux enregistrements d’une petite activité tellurique. De quoi s’inquiéter, car L'Aquila a été détruite à trois reprises par des tremblements de terre en 1349, 1461 et 1703. Aussi, avait été dépêchée sur place la commission italienne « des grands risques », qui regroupait six experts des tremblements de terre et le sous-directeur de la Protection civile.

    Le 1 avril, après une analyse des données scientifiques et cette visite des lieux, les experts avait rendu un avis rassurant, invitant les habitants à dormir tranquille et à boire un bon coup pour se détendre. Le sous-directeur de la Protection civile, M. De Bernardinis, avait affirmé que l’activité sismique de la zone ne constituait « aucun danger ».

    Mais le drame guettait. Six jours plus tard, le 6 avril, L’Aquila était frappé par un séisme causant 309 morts et un millier de blessés. Très vite, la responsabilité de ces experts avait été mise en cause, pour avoir donné ces informations rassurantes.

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    Le jugement

    Le tribunal a rendu son verdict ce 22 octobre.

    Lors du procès, le procureur Fabio Picuti avait requis quatre ans de prison pour homicide par imprudence et la défense avait plaidé la relaxe.

    Le procureur avait dénoncé dans son réquisitoire « une analyse incomplète, inapte, inadaptée et coupablement trompeuse car en lisant le procès-verbal de la réunion, nous trouvons des informations banales, inutiles, auto-contradictoires et fallacieuses ».Le parquet reprochait aux experts d’avoir donné des informations trop rassurantes à la population, alors que celle-ci aurait pu prendre des mesures pour se protéger. 

    C'est essentiellement sur ce terrain que s'est joué le procès. S'il n'est pas possible de prévoir, ce qui semble acquis sur le plan scientifique, pourquoi affirmer qu'il ne se passera rien ? Pourquoi se montrer rassurant à ce pont, en invitant les habitants à dormir tranquille, quand le risque existe et que la ville, déjà détruitre trois fois, n'est pas équipée pour résister ? 

    Le tribunal est allé au-delà des réquisitions, prononçant contre les sept scientifiques une peine de six ans d’emprisonnement et l’interdiction définitive d’exercer tout emploi public. Sur le plan civil, ils sont condamnés à verser solidairement 9,1  millions d’euros de dommages-intérêts aux parties civiles et à rembourser les frais de justice. La faute étant d’imprudence, sans intention de nuire, les dommages intérêts devraient être pour les employeurs. Ce serait en tout cas la solution en droit français, solution pragmatique qui offre aux victimes une possibilité de paiement.

    La défense a aussitôt annoncé un appel, appel qui est suspensif.

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    Les réactions

    Parmi les nombreuses réactions, j’en relève quatre.

    Enzo Boschi, l’un des condamnés, ancien président de l’Institut national de géophysique et vulcanologie (INGV) : « Je suis découragé, désespéré. Je pensais être acquitté, je ne comprends toujours pas de quoi je suis accusé ».

    Aldo Scimia, un habitant dont la mère est décédé lors du séisme : « On ne peut pas appeler ça une victoire. C’est une tragédie, de toute façon, ça ne ramènera pas nos proches. Je continue d’appeler ça un massacre commis par l’Etat, mais au moins nous espérons que nos enfants auront des vies plus sûres ».  

    Charlotte Krawczyk, présidente du département de sismologie de l’Union européenne des Géosciences (GSU) : «Nous sommes profondément préoccupés, ce n’est pas juste la sismologie qui a été jugée, mais toute la science».

    Stefano Gresta, actuel président de l’INGV : « Ce précédent est en mesure de conditionner de manière déterminante les rapports entre experts scientifiques et décideurs politiques, et pas seulement dans notre pays. Quel scientifique voudra exprimer son opinion sachant qu’il pourra finir en prison?»

     

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    Quelques remarques

    Des articles de presse publiés hier, il manque l’essentiel, à savoir la motivation du jugement. Je me garde aussi de toute appréciation sur le fond, mais ce jugement impose des observations de première importance.

    1/ La justice italienne, un service public qui répond

    Les faits datent du 6 avril 2009, et le tribunal se prononce le 22 octobre 2012. Dans les protestations de la défense, personne ne parle de procédure bâclée, et mon immense respect pour la justice italienne passe un degré de plus.

    2/ La question n’est pas la prédiction, mais la sous-estimation dans l'annonce des risques

    Le ministère public avait expliqué qu'il n'attendait pas des scientifiques qu'ils fournissent des prévisions précises, mais il reprochait à la commission d'avoir fourni « des informations incomplètes, imprécises et contradictoires ». Or, selon l'avis de scientifiques cités par le procureur, les dizaines de secousses telluriques de faible ampleur enregistrées avant le séisme étaient la preuve d'une activité sismique sérieuse, pouvant être annonciatrice de tremblements de terre du type de celui survenu le 6 avril 2009.

    Or, l’une des données était l’absence de protection des populations, car les habitations de ce vieux village ne répondant à aucune norme sismique, ce qui imposait une particulière prudence.

    Pour la défense, il était impossible de prévoir le risque et le centre de l'Italie, fréquemment touché par des secousses telluriques d'importance mineure, connait ces annonces sans gravité de la protection civile. Plus de 5 000 membres de la communauté scientifique avaient publié une lettre ouverte dans laquelle ils affirmaient qu'il est impossible de prédire un tremblement de terre.

    Pour le tribunal, ce qui a été expliqué lors du procès, l’impossibilité de prévoir, ne correspond pas à ce qui avait été dit sur place, l’annonce tranquille de l’absence de danger.

    3/ Ce verdict va marquer tous les scientifiques

    Ce jugement n’est pas la jurisprudence. L’affaire ira en appel, et manifestement en cassation, car on ne voit pas comment la cour d’appel pourrit rendre un arrêt donnant satisfaction au parquet et à toutes les parties. Il est possible que ce jugement soit anéanti, et que les scientifiques soient relaxés.

    Mais un message est passé et il est d’une portée considérable : un scientifique, qui n’est pas acteur mais simple analyse, n’est pas à l’abri de poursuites judiciaires. Les réactions de la communauté scientifique montrent ce dur réveil.  

    Au regard de la situation française, on mesure le séisme. La justice ne sait pas traiter ces grandes affaires, et tout le monde peut être sanctionné… sauf le scientifique. Si on parle de condamnation, on estime qu’à partir de six mois avec sursis, c’est une condamnation très sévère…  

    Avec ses six ans fermes, et dans le cadre la prédiction sismique, ce jugement est pour le coup un tremblement de terre pour la communauté scientifique.

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    Science sans conscience n'est que ruine de l'âme

  • Rome : 23 agents de la CIA condamnés à de lourdes peines pour enlèvement

    Ces jours-ci, on regarde beaucoup du côté des dirigeants égyptiens, et les donneurs de leçons perpétuels sont aux aguets pour critiquer cette classe politique égyptienne qui n’est pas encore devenue un modèle de la bonne gouvernance et du respect cardinal du droit, signe des sociétés développées.

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    L’affaire que vient de juger la Cour de cassation italienne, ce 19 septembre, permet de remettre les pendules à l’heure pour savoir où sont ceux qui violent le droit pour défendre leur pouvoir.

    Abou Omar, un imam, était l’un des opposants de Moubarak, le pantin des US dans la région, promu grand patron de l’alliance France-Méditerranée par Sarko. C’était le chouchou parmi les grands alliés de Sarko : Ben Ali, Assad, Kadhafi…

    Objet de persécutions politiques, Abou Omar avait dû fuir son pays pour trouver asile en Italie. Il avait obtenu le statut de réfugié politique, et y menait une vie tranquille, respectant la neutralité due par les réfugiés. Le gouvernement italien n’a jamais rien eu a lui reproché.

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    Le 17 février 2003 à Milan, il a été agressé en pleine rue par une bande de salopards qui l’ont pris en rapt, et on n’a plus eu de nouvelles de lui. Quelques temps plus tard, son épouse a appris qu’il était en Egypte, dans les prisons politiques de Moubarak, où il était soumis à la torture.

    La famille d’Abou Omar a porté plainte, et la justice italienne, une fois de plus, a magnifiquement fait son travail.

    L’enquête a démontré que la bande mafieuse qui avait commis ce rapt et livré Abou Omar à ses tortionnaires était une équipe de vingt-trois agents de la CIA. Le chef est un dénommé Bob Seldon Lady, responsable de la CIA pour le Nord de l’Italie. Sa maison italienne a été placée sous séquestre, et elle sera vendue pour participer à l’indemnisation de la victime.

    En première instance, les peines allaient de cinq à huit ans de réclusion, et elles ont été aggravées en décembre 2010 par la cour d’appel de Milan, qui les a portées de sept à neuf ans, les neuf ans étant pour Bob Seldon Lady.

    Ce 19 septembre, la Cour de cassation de Rome a confirmé l’arrêt de la Cour d’appel.

    En revanche, la cour d’appel avait relaxés le patron du renseignement italien, le SISMI, Nicolo Pollari, son adjoint, Marco Mancini, et trois autres membres du service. La Cour de cassation a cassé l’arrêt sur ce point, les deux anciens boss du SISMI devront être rejugés. Ca devient très chaud pour eux.

    Les fonctionnaires US ont tous pris la fuite, et ces grands amateurs de justice n’étaient pas présents au procès. C’est donc une condamnation par contumace qui a été prononcée contre ces lâches, et le ministère italien de la Justice a annoncé qu’il allait demander aux dirigeants US leur l’extradition.

    Eh oui, mon p’tit Obama, le dossier sera bientôt sur ton bureau, avec l’étiquette : « Justice has been done ».

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  • Italie : «Tu n’as pas de couilles» est une injure

    L’histoire est une affaire de famille, entre deux cousins. Vittorio est avocat, Alberto est juge de paix…et tous deux s’accrochent au tribunal de Potenza, dans la région de Basilicate, au Sud de l’Italie Le ton monte, et le juge de paix (assez combattif...) reproche à son cousin « de ne pas avoir de couilles ».

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    Vittorio décide de saisir la justice, s’estimant injurié alors qu’Alberto soutient que l’expression, entrée dans le langage courant, relève juste du langage coloré. Le tribunal donne raison à Vittorio, mais la cour d’appel le 24 janvier 2011 réforme le jugement et innocente le juge Alberto. L’affaire est alors venue devant la Cour de cassation, qui ne parvenant à rapprocher les parties, à du trancher l’affaire… et vient de condamner le juge.

    La décision a été signée par un homme, le juge Maurizio Furno, et elle retient pour motivation : « Outre la vulgarité du terme échangé, l’expression est de surcroît injurieuse. Elle implique non seulement un manque de virilité de la personne visée, mais aussi une faiblesse de caractère, un manque de détermination, de compétence et de cohérence, autant de vertus, qui, à tort ou à raison, sont identifiées comme appartenant au genre masculin ».

    La Cour a tenu compte du fait que le propos avait été tenu sur le lieu de travail et en présence de tiers, ce qui avait porté atteinte à la réputation de Vittorio. On peut ainsi penser que, dans un autre contexte, on en serait sans doute resté à une expression haute en couleur, mais n’atteignant pas le seuil de l’injure. Le débat n'est donc pas clos...

    Mais quand même, la Cour de cassation nous la joue macho.

    La première partie de la motivation est nickel : « Outre la vulgarité du terme échangé, l’expression est de surcroît injurieuse. Elle implique non seulement un manque de virilité de la personne visée, mais aussi une faiblesse de caractère, un manque de détermination, de compétence et de cohérence ».

    Très bien, mais pourquoi avoir ajouté : « …autant de vertus, qui, à tort ou à raison, sont identifiées comme appartenant au genre masculin ».

    Il reste à attendre une dispute entre cousines, et un nouveau procès, pour amener la Cour de cassation italienne à préciser sa pensée sur les vertus « identifiées comme appartenant au genre féminin ».

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  • Paolo Fresu, le jazz pour inventer le monde

    Avis d’alerte : je risque de ne pas être objectif (mais je n’y suis pour rien) car je dois vous présenter la plus belle des musiques, le jazz, issu du plus beau des pays, l’Italie.

    Voici deux concerts de Paolo Fresu, qui sont deux facettes de son immense talent. Paolo, un vieux copain de régiment : divers, puissant, splendide, virtuose, grave, sublime.

    Chacun sait que l’Italie n’est pas un pays, mais un continent. Ce soir à Rome, sur la Piazza Navone, où l'air de l'été est palpable, on peut se convaincre que toutes les forces de la création sont passées par là, et qu'elles sont ici chez elles.

    Attention, chères amies et chers amis, vous allez entrer dans le monde de la beauté réelle, et cela peut surprendre, car nous ne sommes pas habitués. Le jazz d’Italie peut vous faire tourner la tête.

    En fait, c’est tout le bonheur que je vous souhaite.

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    Paolo Fresu & Uri Caine - Jazz sous les Pommiers Live (2010)

    http://www.youtube.com/watch?v=GgyvpNKc58w 

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    Paolo Fresu Devil Quartet - Jazz in Marciac 2008

    http://www.youtube.com/watch?v=7U2h3reZ0dI&feature=related 

    italie,jazz

  • Violence armée : L’incohérence de Libé

    15920308_giuliano-turone-il-caso-battisti-un-terrorista-omicida-un-politico-0.jpgLibé est un journal idéal car du fait de son format, on peut le lire en mangeant le plat du jour à midi au café du coin, alors qu’avec Le Monde ou Le Figaro, c’est  un vrai exercice de gymnastique. Et puis, le Libé de Demorand est assez distrayant.

    Mais hier, je me suis quand même un peu agacé. Heureusement, Patricia servait une nouvelle fois un plat généreux et de caractère : un excellent magret de canard à la cuisson impec, avec une polenta et plein de joyeuses épices. J’ai quand même du commander un verre de Côtes-du-rhône pour faire passer la pilule de Libé. Comme quoi, tout n’est pas négatif.

    Dans ses pages actu, Libé, modeste, raconte qu’il était une victime programmée de Forsane Alizza. Le groupuscule aurait eu un projet d’incendier le siège de Libé, au motif d’avoir accueilli la rédaction de Charlie Hebdo dont les locaux avaient été incendiés.

    L’info a fuité via Le Figaro, et on ne sait rien du projet réel. Y avait-il des armes illégales, des préparatifs ? Nous aurons bien le temps de voir quels faits avérés ressortiront de l’enquête. En attendant, il y a bien un point qui ne prête pas à discussion : le recours aux armes dans une démocratie, respectant l’Etat de droit, est inadmissible et justifie la répression par la loi.

    Me voici entrain de chanter des cantiques avec Demorand. aldo%20moro_1.jpg

    Mais là où j’ai failli m’étrangler, c’est en arrivant à la dernière page, occupée par un tendre portrait de Battisti, écrit par Violette Lazard qui s’est rendue à Rio rencontrer « l’ex-militant d’extrême gauche ». Le texte s’intitule « Plombé », l’histoire de ce gentil écrivain dont la vie est plombée par les méchants juges italiens. Un goût douteux car les victimes ont-elles bien pris du plomb, et elles en sont mortes. Victimes innocentes de ces années de plomb, avec ces groupes armés à l’origine de plus de 400 morts.

    En face, une justice remarquable qui a jugé sans juridiction d’exception et en respectant les règles du procès équitable de la CEDH. Aujourd’hui, la quasi-totalité des personnes condamnée ont été libérées dans le cadre de mesures d’aménagement de peine. 

    Alors deux choses.

    Libé pourrait faire un petit effort de précision quant aux faits. Violette Lazard a certainement lu le livre « L'Affaire Battisti. Un terroriste homicide ou un persécuté politique ? », publié cet été par le très respecté magistrat Giuliano Turone. (Aucune traduction en français n’est hélas disponible). Alors, pourquoi n’en tire-t-elle pas quelques questions ? Comment n’y trouve-t-elle pas le minimum de réserve ? Ce livre d’un grand pro de la justice, qui reprend l’affaire et ses polémiques point par point, et après étude des 53 caisses du dossier, rend des conclusions accablantes pour Battisti.

    italie,terrorisme,violenceIl vous reste un doute sur la culpabilité dans les crimes de sang ? Je n’ai pas la prétention de vous convaincre. Mais il y a bien une chose sur laquelle tout le monde est d’accord, c’est le groupe armé clandestin, revendiqué par Battisti, pour commettre des attentats, ce qui est aussi revendiqué par Battisti. Ca s’appelle « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ». C'est juste l'infraction reprochée à Forsane Alizza.

    Voilà donc notre pauvre Libé qui à quelques pages d'intervalle verse sa larme sur Battisti et dénonce les projets de Forsane Alizza. Ce sous l’étendard des héros de la liberté de la presse pour avoir accueilli les amuseurs défraichis de Charlie...

    Tu vois, Libé, il y a un principe simple : dans une démocratie qui respecte l’Etat de droit, on doit interdire tout recours à la violence armée et en condamner les auteurs. Point. Ca, ca ne se discute pas et c’est acquis depuis deux mille ans. Si tu acceptes le recours à la violence armée, c’est que tu estimes que des vies valent plus que d’autres. Ce faisant, tu exposes des innocents aux balles plus ou moins perdues d’assassins qui font les malins en se cachant derrière leur petit délire verbal.  

    On verra ce qui sera retenu contre Forsane Alizza. S’il y a des armes illégales, ca me suffit à marquer toute ma réprobation. Mais à voir le double traitement entre les « salafistes » de Forsane Alizza et « l’ex-militant d’extrême-gauche » Battisti, je vois que Libé n’a toujours pas grandi et n’est pas au clair sur le recours à la violence armée dans les démocraties, ce qui est tout de même fâcheux. 

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