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  • Le mariage gay d'un Marocain et d'un Français

    Le mariage pour tous,… c’était le mariage pour presque tous, car le ministère de la justice entendait préserver, au titre des bonnes relations entre Etats, la force de conventions bilatérales posant pour principe que la loi relative au mariage applicable est celle du pays d’origine… loi qui ne connait pas le mariage gay. En cause, onze Etats : Pologne, Maroc, Bosnie-Herzégovine, Monténégro, Serbie, Kosovo, Slovénie, Tunisie, Algérie, Laos et Cambodge.

    Une fois la loi votée, le 23 avril, le ministère avait publié une circulaire, le 29 mai 2013, pour souligner que ces conventions internationales devaient être respectées. Ah, ah...

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    Alors, que vaut une circulaire ? Pas grand-chose… On passe son temps à le répéter, et en voici un bel exemple. Mais l’obstacle de ces conventions, lui, ne sera pas si simple à franchir.

    L’affaire se jouait à Chambéry, avec la demande de mariage d’un Français et d’un Marocain. Dominique et Mohamed avaient fait les formalités, mais le procureur de la République a tout bloqué par une opposition à mariage. Là, c’est l’effet, le seul, de la circulaire : les consignes données par le ministère s’imposent par voie hiérarchique, et le Parquet étant sous l’autorité du garde des Sceaux, le procureur a appliqué la circulaire.

    Les futurs époux ont alors formé un recours devant le tribunal de grande instance, et la, patatras… le tribunal a écarté et la loi, et la convention franco-marocaine.  

    Pour le tribunal de Chambéry, depuis la publication de la loi, « deux personnes de même sexe peuvent contracter mariage lorsque, pour au moins l'une d'elles, soit sa loi personnelle, soit la loi de l'Etat sur le territoire duquel elle a son domicile le permet ». Alors, la convention n’a pas disparu, mais ses dispositions ne peuvent pas être appliquées en droit interne si elles heurtent « l’ordre public international français ». En clair, le droit interne accepte de prendre en compte des dispositions de régimes juridiques étrangers, à condition de ne pas remettre en cause le cœur du système, ce fameux « ordre public international français »,... dont vous vous doutez bien que le contenu et les limites sont toujours l’objet de débats délicats.

    Le tribunal a constaté que la loi avait posé un principe clair, sans exception, et que les exceptions prévues par une circulaire pouvaient circuler. La loi a donc « implicitement mais nécessairement modifié l'ordre public international français » et cela « justifie l'éviction de l'article 5 de la convention franco-marocaine ». Sous-entendu, le tribunal applique la loi, et il aurait statué différemment si la loi - toute orientée vers l'égalité - avait fait référence à ces conventions.

    Le parquet peut faire appel, et on devait le savoir aujourd’hui. Le débat reste assez ouvert car ces conventions sont globalement appliquées. Elles ont une force supérieure à la loi, sous réserve de l'appréciation cet « ordre public international français », et pour ce faire, il faut aussi tenir compte d’autres textes internationaux, dont la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme, qui interdit toute forme de discrimination. Pas simple…

    Alors, appel ou pas appel ?

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    En toute logique, le parquet devait faire appel. S’abstenir, ce serait dire que la circulaire ministérielle ne vaut plus rien… et cet abandon en rase campagne serait de nature à fâcher les Etats en cause. Et puis, tôt ou tard, le problème réapparaîtra, alors il serait préférable que les recours soient formés, et bien sûr jusque devant la Cour de cassation, voire la Cour eulérienne des Droits de l’Homme.

    L’autre solution, la plus nette, serait que le ministère des affaires étrangères prennent attache avec tous ces pays amis, pour leur expliquer que le mariage pour tous,... c’est pour tous ! Mais c’est bizarre, notre Fafa qui il y a quelques jours voulait partir en guerre contre le méchant dictateur, je le sens soudain un peu mou du genou pour ces histoires de cœur… 

  • Le Maire refuse de nous marier : Que faut-il faire ?

    De ce que je lis, non sans surprise, des maires un peu coincés du fondement refuseraient d’appliquer la loi qui permet notre mariage… Un maire délinquant ? C’est grave. Il faut donc porter plainte, car force doit rester à la loi, mais aussi agir contre l’Etat pour pouvoir se marier. Résultat garanti dans la semaine.

    Quel est le devoir du maire ?

    Pour notre mariage, joue l’article 143 du Code civil, issu de la loi n° 2013-404 du 17 mai 2013 : « Le mariage est contracté par deux personnes de sexe différent ou de même sexe ».

    L’article 74 du Code civil précise : « Le mariage sera célébré, au choix des époux, dans la commune où l'un d'eux, ou l'un de leurs parents, aura son domicile ou sa résidence établie par un mois au moins d'habitation continue à la date de la publication prévue par la loi ».

    Quel est le statut du maire, officier d’état civil ?

    Selon l’article L. 2122-32 du Code général des collectivités territoriales, « le maire et les adjoints sont officiers d'état civil », et l’article L. 2122-34 ajoute : « Dans le cas où le maire, en tant qu'agent de l'Etat, refuserait ou négligerait de faire un des actes qui lui sont prescrits par la loi, le représentant de l'Etat dans le département peut, après l'en avoir requis, y procéder d'office par lui-même ou par un délégué spécial ».

    Ah, ça nous intéresse... Le maire, officier d’Etat civil, n’est plus le boss de la commune, mais agit au nom de l’Etat.

    Oui, mais le Maire refuse !la_loi_poster.jpg

    Ah bon ! Quel ahuri… Son cas va être vite réglé.

    La réponse de base est l’article 432-1 du Code pénal : «  Le fait, par une personne dépositaire de l'autorité publique, agissant dans l'exercice de ses fonctions, de prendre des mesures destinées à faire échec à l'exécution de la loi est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 75000 euros d'amende ».

    La loi a anticipé les manips du syndicat des exclusionnistes, avec l’article 432-7. Il s’agit d’une discrimination, définie par les  articles 225-1 et 225-1-1 du Code pénal, et lorsque cette discrimination est commise par une personne dépositaire de l'autorité publique ou chargée d'une mission de service public, dans l'exercice de ses fonctions, elle est punie de cinq ans d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende.

    Alors, nous allons porter plainte…

    …Oui, mais comment on se marie ?

    Porter plainte va permettre de condamner le maire délinquant, mais ça ne va pas nous marier.

    La réponse, c’est le référé prévu par l'article 809 du Code de procédure civile qui permet d'obtenir en urgence les mesures permettant de mettre fin à un trouble manifestement illicite.

    Avant d’engager un référé, la procédure de référé sera engagée  contre le préfet qui représente le maire car en tant qu'officier d'Etat civil il engage l'Etat et non pas la commune.

    C'est l'un des rares cas où le préfet peut être assigné devant le juge judiciaire.

    Vous devez d’abord adresser la demande de mariage à la mairie, et relancer par LR-AR ou sommation d’huissier si le maire fait l’andouille.

    Après, votre avocat va rédiger et faire délivrer l'assignation en référé avec une date d'audience qui peut être fixée dans à peu près une semaine.

    Vous devez justifier de l’urgence, et c’est bien le cas se faire arbitrairement privé de ce droit prévu par loi par un loustic qui fait du boudin à long terme caractérise l’urgence.

    Vous allez ensuite démontrer que le maire enfoiré viole un droit fondamental, ce qui est acquis par la jurisprudence du Conseil constitutionnel (Décisions du 13 août 1993 n° 93-325 et du 20 novembre 2003 n° 2003-484).

    Il restera à démontrer que l’atteinte portée à cette liberté est grave et manifestement illégale, ce qui ne pose aucune difficulté car le maire n’a aucun argument, à part son psyché de traviole... Les représentants de l'Etat doivent appliquer la loi.

    Alors, un petit référé contre l’Etat, et vive l’amour…

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  • Manif pour tous : Ils s’en prennent même à Jean Moulin !

    Se tenait à Lyon ce 21 juin une cérémonie honorant la Résistance, à l’occasion des 70 ans de l’arrestation de Jean Moulin, et ce devant la prison de Montluc, où ce héros de la liberté a été torturé à mort par les nazis.

    Ces cérémonies sont bizarres, car si l’engagement de Jean Moulin nous parle de l’essentiel, et si la ville a compté nombre de martyrs, elles participent au mythe collectif de « Lyon, capitale de la Résistance », enjolivé par tant de facilités. Or, le mensonge ternit tout.

    Edouard Herriot, maire de Lyon, avait marchandé avec Pétain pour obtenir que Lyon soit déclaré « ville ouverte » le 18 juin… Le jour du fameux appel… Avant même la signature de l’armistice… De fait, aucun coup de feu n’a été tiré et aucune forme de résistance n’a été opposée lors de l’arrivée des soldats d’Hitler. jeanmoulinlivre.jpg

    Herriot a joué le jeu de la victoire nazie et de la fin de la démocratie. Il a renoncé à embarquer pour Alger avec Pierre Mendes et les premiers résistants, sur le Massilia. Il a tout fait pour aider le coup d’Etat de Pétain alors qu’il était président de la chambre des députés, acceptant une séance publique de pure forme, l’essentiel des débats se tenant à huis clos, sans retranscription au Journal officiel… Il est resté président de l’Assemblée, comme une fiction, alors que Pétain s’était attribué le pouvoir législatif… pour la seule raison que Pétain lui assurait le versement d’une indemnité. Il a violé la séparation des pouvoirs et les bases de l’honnêteté politique en transmettant à la Cour de Justice de Pétain (Procès de Riom) les archives de l’Assemblée Nationale pour accuser Léon Blum. Il a désigné les parlementaires Juifs (sur quels critères?) pour leur demander de démissionner, a accrédité par son silence les plus criminelles des lois - anti-juives, anti-étrangers et instaurant la répression politique - pour finalement démissionner quand le régime lui a coupé la précieuse indemnité… En 1944, il était encore en contact avec Laval.

    Et aujourd’hui la ville qui se vante « capitale de la résistance » a donné le nom de ce mec à la grande rue qui conduit à la mairie, au plus grand hôpital de la ville, au port sur la Saône, à un grand Lycée… Tout le monde le sait, et tout le monde réécrit l’histoire, alors, franchement, c’est bon… Et on pourrait raconter tant d’autres choses. Que la ville arrête de se mentir, et tout sera plus simple…

    Mais un hommage à Jean Moulin, à la Résistance et aux déportés, en présence du premier ministre, ça, c’est hors polémique.

    J’ai à la maison un exemplaire du livre posthume de Jean Moulin - Premier Combat - édition de 1947, aux Editions de Minuit. Jean Moulin était alors préfet d’Orléans, et il décrit l’arrivée des réfugiés, puis celle des troupes nazies, avec les exactions, les exécutions des soldats sénégalais… Courrez vite acheter ce livre si vous ne l’avez pas encore.

    La prison de Montluc est aussi un lieu qui impose le respect. C’était une antichambre de la mort, tenue par la Wehrmacht depuis 1942. Près de 8.000 personnes y ont été détenues, pour être interrogées sous la torture, et la plupart ont été déportées vers les camps d’extermination.

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    Eh bien rien n’arrête la Manif pour tous, même pas ça.

    Lors de la cérémonie, les Manif pour tous ont commencé à hurler des slogans anti-Hollande et ils ont sifflé durant le Chant des marais, composé par les premiers déportés. Les flics se sont positionnés pour les isoler, mais l’un d’eux s’est glissé sur le banc de la presse, et lorsque Ayrault a commencé son discours, il s’est écriée : « Regardez comme ils sont beaux, ces enfants ! Eux, ils ont un père et une mère ». Le mec a été viré.

    Jean-François Carenco, le préfet, était écœuré : « On n’a pas le droit de faire ça devant tous les anciens déportés qui étaient présents. On n’a pas le droit de faire ça devant ceux qui sont sortis des camps d'Auschwitz ou de Dora. Aujourd'hui, c'est comme si on leur avait fait un bras d'honneur ».

    Alors, bien sûr, la Manif pour tous a déploré ces abus… Eh bien pas du tout. Jean-Baptiste Labouche, l'un des représentants locaux approuve : « Les gens s'expriment où ils peuvent. L'endroit n'était pas le meilleur, mais ce qui est arrivé est la conséquence de l'autisme du Gouvernement ».

    Au passage je signale à ce brillant penseur que l’autisme n’est pas une faute, ni une incurie, mais une maladie, et qu’accuser quelqu’un d’une maladie, sur le ton de l’injure, c’est juste ignoble. 

  • Militant de la Manif pour tous en prison : La Droite découvre le Code Pénal

    Nicolas B., 23 ans, étudiant, un actif de La Manif pour tous, a été condamné mercredi 19 juin par la 16e chambre correctionnelle de Paris à quatre mois de prison, dont deux avec sursis, pour rébellion et fourniture d'une identité imaginaire, et à une amende de 1 000 euros pour refus de prélèvement de son ADN et de ses empreintes. La condamnation a été assortie d'un mandat de dépôt, et le condamné a été écroué. La Droite est partie dans un de ces délires d’inculte dont elle a le secret,... et très franchement, ça devient vraiment lourdingue. On attend, de toute urgence, que la Manif pour tous devienne le Zen pour tous…13307971-zen-pierres-de-basalte-et-de-l-39-orchidee-de-rosee.jpg


    La première affaire

    Le jeune homme a un casier vierge, alors qu’il a déjà été condamné par le tribunal correctionnel de Paris le 28 mai, il y a moins d’un mois. Il était poursuivi, à la suite d'une manifestation non autorisée, pour des faits de « non dispersion d'un rassemblement non autorisé », « entrave à la circulation » et « fourniture d'identité imaginaire ». Le tribunal avait fait preuve d’une bienveillance remarquable, en ne prononçant qu’une peine d’amende 200 euros avec sursis. Le parquet a fait appel, estimant cette peine trop clémente, et donc, il y a une première affaire mais pas de condamnation au casier. Mais il reste que le tribunal retrouvait une personne jugée il y a peu pour des faits proches. Le jeune homme n'avait pas fait appel de sa condamnation, ce qui accrédite l’idée que les faits étaient reconnus. Le tribunal ne rejuge pas cette affaire, mais il doit tenir compte de la globalité d’une situation,... et donc les faits antérieurs sont des éléments d’appréciation de la nouvelle affaire.

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    La seconde affaire

    Ce nouveau passage au tribunal, et pour des faits plus graves, montre que la personne n’a eu que fiche du jugement d’apaisement prononcé par le tribunal. Regardons les nouveaux griefs, qui ont peu à voir avec le débat d’idées et beaucoup avec la délinquance de base.

    1/ Rébellion

    Il participait à une manifestation à l’occasion de la venue de Hollande à M6, et cette manif avait été autorisée. Donc, où est la répression politique ? C'est nul. A la fin, tout le monde se barre, sauf 150 personnes qui vont vers les Champs Elysées, et là ça devient une manif non autorisée. Les mecs brassent un peu, mais la police laisse faire gentiment, et le groupe se sépare. Mais reste une vingtaine de gus, qui continuent et que la police décide d’interpeller : une petit tour au commissariat, et tout le monde est relâché. Cool la police.

    Oui, mais un – le chef ! – a refusé d’obtempérer, s’est opposé physiquement et a pris la fuite, les flics étant obligés de le courser pour l'arreter en faisant usage de la force physique strictement nécesaire. Ces faits sont prévus par l’article 433-6 du Code pénal : « constitue une rébellion le fait d'opposer une résistance violente à une personne dépositaire de l'autorité publique ou chargée d'une mission de service public agissant, dans l'exercice de ses fonctions, pour l'exécution des lois, des ordres de l'autorité publique, des décisions ou mandats de justice ». La rébellion est punie d'un an d'emprisonnement et de 15000 euros d'amende.

    Ici, la marge de contestation est faible, surtout quand tu as plusieurs flics comme témoins, et que tous les indices matériels montent la rébellion. Quand un flic s’approche de toi et décline son identité, tu as le devoir d’obtempérer. Si tu n'es pas d’accord, tu le dis, et tu pourras même faire ensuite tous les procès que tu voudras. Mais faire la leçon au flic sur le coin d’une rue, lui expliquer qu’il n’est qu’un guignol, refuser de le suivre et le contraindre à une arrestation physique, c’est une infraction. Et heureusement car sans cela, je ne sais pas comment les flics pourraient faire leur travail.

    2/ Dégradations volontaires

    Pour se protéger de la course poursuite avec les flics qui tournait à son désavantage, le jeune homme est entré dans une pizzeria, et l’arrestation s’est faite dans un contexte mouvementé au premier étage, avec de la casse. Le tribunal, comme l’explique Le Monde, n’a pas retenu l’infraction, car il n’était pas facile de faire la part entre des dégradations volontaires et les contrecoups de l’arrestation mouvementée. Donc relaxe.

    3/ Fourniture d’une identité imaginaire

    L’infraction est prévue par l’article 781 du Code de procédure pénale, et la peine encourue est de 7 500 euros d'amende.

    4/ Refus de donner son ADN

    Ça, c’est le Fichier national automatisé des empreintes génétiques (Fnaeg) créé sous Guigou pour la délinquance sexuelle, et depuis étendu à toutes sortes d’infractions par Sarko, en dépit du bon sens. Le tarif est de un an de prison et de 15 000 euros d'amende, et le tribunal a fixé la peine à 1000 €. Cette infraction est une plaie pour les militants, mais cette plaie est un cadeau de l’UMP… (que ne songe pas à remettre en cause le PS).

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    Alors, cette peine, sévère ?

    Un jeune homme en prison, pour une courte peine, c’est une décision lourde, mais c’est du quotidien, et surtout, c’est l’application de la loi. Une fin de manif qui part en sucettes, des accrochages avec les flics et des attitudes d’insubordination face aux forces de l’ordre,… un vieux film, et ce n’est pas la première fois que ça se finit avec de la prison ferme. Ce qui est plus inhabituel, c’est le mandat de dépôt immédiat. Mais je subodore que l’attitude à l’audience n’a peut-être pas été au niveau de ce que doivent être les relations dans un Palais de Justice. Le tribunal, expérimenté, doit jauger la situation pour voir où le prévenu en est dans son rapport à la loi, et a priori les réponses ont été un peu décevantes…

    Et puis, il s'instaure ces temps-ci une grande erreur collective, tendant à faire croire que les peines de prison de moins d'un an ne sont pas effectuées. C'est le cas si un juge d'application des peines est saisi, et que peut être engagée une démarche montrant l'amendement de la personne, avec toutes sortes d'obligations à respecter dans un cadre de suivi contraignant. Mais le tribunal peut prononcer un mandat de dépot, à effet immédiat, si l'ordre public le commande et que l'attitude du condamné laisse sceptique sur la démarche d'amendement. 

    Il faut également avoir en tête la problématique du juge, qui a pour mission d’appliquer la loi,... et la loi prévoit un an ferme. Le juge doit prendre en compte tous les circonstances atténuantes, pour réserver le maximum légal aux cas les plus graves. Or, cette affaire est une illustration parfaite de ce qu’est l’infraction de rébellion, et une rébellion qui est revendiquée ! Alors, la peine prononcée de deux mois de prison ferme est loin du maxi… prévu par le législateur.

    Aussi, on peut poser de la question des courtes peines, mais parler de répression politique est idiot. On n’est pas place Taksim… et la Droite se ridiculise en attaquant – encore une fois – les juges qui appliquent les lois qu’elle a votées.

    De même, je ne peux que déplorer les déclarations de mon excellent confrère, Benoît Gruau, l'avocat du condamné, qui a expliqué à la télé : « La juge voulait faire un exemple. Je souhaite une excellente carrière à cette présidente du tribunal. Après cette affaire, elle risque d'être très bien notée par sa hiérarchie ». Mettre en cause un juge, sur des médias grand public, en lui imputant de vouloir faire un exemple pour être bien noté, c’est à la fois niveau zéro et grave. Ça n’a rien à voir avec ce que doit être la défense, dans un pays libre. 

    Un peu de calme et de sérénité...

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  • Homophobie : Ces maires qui ont une mentalité de skin

    mariage gay,république,code civilLa République, c’est le respect de la loi. Loin les élucubrations larmoyantes sur les « valeurs » ou le « vivre ensemble », notre société repose sur cette règle, simple et forte. Des cornichons de skins pensent que la violence est une manière de continuer l’argumentation ; des cornichons de maires pensent la loi s’arrête devant leur argumentation. Je les mets dans le même sac, qui est un sac poubelle, option sans recyclage.

    L’ahuri de service s’appelle Jean-Michel Colo, maire « divers Droite » d'Arcangues, dans les Pyrénées-Atlantiques. Monsieur le Maire fait du boudin et ses adjoints aussi. Il a décidé de ne pas appliquer la loi sur le mariage gay. Comme ça, juste parce que le mec s’est pris le melon : «J'irai jusqu'à la potence ! Je ne donne pas de leçons, je n'incite pas d'autres maires à suivre mon exemple, mais je n'appliquerai pas une loi illégitime.»

    Jean-Michel Martin et Guy Martineau-Espel, deux quinquagénaires, habitants de la commune, ont demandé à se marier, mais le chef à plumes Jean-Michel Colo refuse d’appliquer la loi. Affirmant ne pas être homophobe, il ajoute tranquillement : « J’ai en effet été saisi d’une demande, mais nous avons informé le préfet que nous ne célébrerions aucun mariage homosexuel à Arcangues. Chacun fait ce qu’il veut quand il ferme la porte de sa chambre, mais si on me demande en tant que maire de cautionner cela, alors là je suis très mal à l’aise. Mes sept adjoints et moi, on est tous d'accord pour dire qu'on ne participera pas à cette mascarade.»

    A 60 ans, le mec bave de bonheur de venir enfin célèbre : «Vont-ils aller jusqu'à faire de moi une victime?»

    Alors, gentille banane, on va t’expliquer comment ça marche, la loi.campagne-contre-les-discriminations02.jpg

    1/ Si tu es maire, c’est grâce à la loi. S’il n’y a pas la loi, demain le Comité des fêtes d'Arcangues dira qu’il est maire, et tu retourneras aux champignons. Quand tu ouvres la porte de la Mairie, que tu signes un papier, que tu prends une décision, que tu convoques le conseil municipal, c’est en application de la loi. Sans la loi, tu n’es rien. Oki ? 

    2/ Tu crois pouvoir refuser d’appliquer la loi parce qu’elle serait « illégitime ». Mon pauvre ami, c’est bled de chez bled dans ta tête… Loi illégitime, c’est post-adolescent... Si tu ne t’en es pas aperçu, nous sommes dans un Etat de droit, et le Conseil constitutionnel juge depuis des décennies que la loi n’est légitime que dans le respect des principes. Sauf que pour cette loi, le Conseil constitutionnel s’est prononcé, et il l'a déclarée conforme aux principes. Si tu n’es pas d’accord, tu peux saisir la Cour Européenne des Droits de l’Homme, et si tu es libre de  toutes les critiques contre la loi,... mais tu n’as aucun droit pour t’en extraire, ou en faire une application discriminatoire.

    3/ Si appliquer la loi sur le mariage te travaille tant la psychée, alors c’est tout simple, mon chouchou : tu démissionnes, et tu laisses la place à des républicains. Pour tout ce qui concerne l’état civil, tu exerces les missions de l’Etat. Ta décision est d’autant plus irresponsable que tu n’engages pas la responsabilité de la commune, mais celle de l’Etat. Donc, je permets ce conseil (très municipal) : « Ecrase ».

    4/ Pour te faire condamner, nous n’aurons pas besoin de te faire reconnaitre « homophobe ». Ça, c’est le secret de la pensée, et la loi, sur laquelle tu vomis ton inculture, respecte la liberté de pensée. « J’suis par raciste, mais… » On connait la musique... En revanche, on te jugera sur des actes, comme le refus mariage gay,république,code civildiscriminatoire du mariage (Code pénal, Article 225-1). Tu rêves d’un peu de prison ferme, qui t’assurerait le plateau de Canal et le première page de Sud-Ouest, mais ne rêve pas trop,  Jean-Michel. Les juges, eux, ont un cerveau dans le crâne et ils s’en servent…

    5/ J’espère que le « Gouvernement » saura répondre à cette goujaterie. Il peut suspendre le maire ou prononcer la dissolution du conseil municipal. J’ai un peu de doute, car il a été jusque-là, été bien faible pour faire admettre, par la force de la conviction, cette évolution importante du mariage au regard de ce qu’est la société française, préférant se réfugier derrière le slogan publicitaire de « l’égalité » et la force blindée de sa majorité parlementaire. Et je n’oublie pas le leader minimo lâchant au congrès des Maires de 2012 que la loi permettait une clause de conscience… pour dire l’inverse quelques jours plus tard. Mais quelques qu’aient été ces faiblesses, qui laissent en jachère les questions de la PMA et de la GPA, il reste ce point incontournable : la loi doit être respectée.

    Alors, après le chapitre distrayant des amours contrariés de Frigide et Christine, voici celui du lunaire collectif « Maires pour l'enfance ». Le premier n’était pas très sexy, mais là, on plonge carrément dans le lugubre.

    Il reste à savoir ce qu'en pense la cousine du maire...

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