Avertir le modérateur

obama - Page 4

  • Ben Laden : Le témoignage d’un des assassins

    Le livre sortira le 11 septembre, il s’appelle No easy day et c’est un des membres du commando qui a exécuté Ben Laden le 2 mai 2011, qui raconte l’histoire. media_96c60a33f9aa44188303d263f7fd2fba_t607.jpg

    Je rappelle pour mémoire que :

    -          le Pakistan ne fait pas partie du territoire des Etats-Unis, et seules les autorités pakistanaises peuvent procéder à des arrestations et faire usage des armes ;

    -          les Etats Unis connaissaient bien Ben Laden pour l’avoir financé, formé et armé afin d’alimenter la guérilla contre les soviétiques qui occupaient l’Afghanistan ;

    -          il n’existe aucun jugement ayant condamné Ben Laden à la peine capitale, ni aucune enquête judiciaire d’ailleurs ;

    -          tuer quelqu’un avec préméditation est un assassinat ;

    -          pratiquer un assassinat avec un groupe armé – et d’armes de guerre – en attaquant un domicile privé, de nuit et tuer la personne pendant son sommeil sont autant de circonstances aggravantes ;

    -          emporter le cadavre pour le jeter à la mer et contraire à toutes les lois et à toute morale.

    Le chef du gang, un certain Obama Barack, avait revendiqué l’assassinat, en en faisant l’apologie par la formule « Justice has been done ».

    35fk9n.jpgJe n’ai évidemment aucune sympathie quelconque pour cet agent US retourné qu’était Ben Laden, qui n’a jamais été le leader d’autre chose que de ses intérêts. Le groupe Al Qaeda n’a frappé que des faibles et ses actions, réelles ou supposées, ont été le prétexte donné aux Etats pour renforcer leurs contrôles sur mille choses de notre vie. Quant à son influence réelle, il suffit de constater le désintérêt des populations pour son sort.

    Alors, ce livre… Un membre du commando d’assassins a décidé de publier le récit. Nous verrons.

    Il était militaire, et il ne l’est plus. Mais l’ex-mirliton pourrait être poursuivi si le livre porte atteinte à la sécurité nationale. L’éditeur précise que le texte a été relu par un avocat connaissant bien ces questions.

    Selon le droit français, la publication ne mériterait une condamnation que si le livre était une apologie du crime ou s’il contenait des détails attentatoires à la dignité humaine. L’éditeur attire le chaland en indiquant que l’auteur « était présent lorsque Ben Laden est mort », mais il en faudrait plus, beaucoup plus…

    Dans l’affaire Aussaresses, la France avait été condamnée par la CEDH le 15 janvier 2009 (n° 20989/05) pour avoir condamné l’éditeur des mémoires du vieux tortionnaire.3qai2k.jpg

    Aussaresses n’était pas partie à la procédure, mais la CEDH avait jugé défendable son objectif, à savoir « persuader le lecteur de la légitimité, de l'inévitabilité de la torture et des exécutions sommaires pratiquées durant la guerre d'Algérie ». La Cour soulignait que ce témoignage « s’inscrivait indubitablement dans un débat d'intérêt général d'une singulière importance pour la mémoire collective » et  que « le fait que l'auteur ne prenne pas de distance critique par rapport à ces pratiques atroces et que, au lieu d'exprimer des regrets, il indique avoir agi dans le cadre de la mission qui lui avait été confiée, accomplissant son devoir, est un élément à part entière de ce témoignage ».

    Quand à l’éditeur, la CEDH avait dénoncé que l’on puisse « sanctionner un éditeur pour avoir aidé à la diffusion du témoignage d'un tiers sur des événements s'inscrivant dans l'histoire d'un pays entraverait gravement la contribution aux discussions de problèmes d'intérêt général ».

    Sur le plan de la liberté d’expression, il faudrait donc que le livre aille très loin pour justifier d’une condamnation juridique. Le cas est bien différent pour Obama, qui au lieu d’argumenter, s’était contenté d’un slogan de western « Justice has been done » et qui l’avait fait le jour même de l’assassinat et des funérailles.

    Une chose est sûre : si le chef de gang n’est pas réélu en novembre, il devra rester planqué aux US pour ne pas avoir à rendre des comptes à la Justice.  

    23227807.jpg

  • Obama innocente la Goldman Sachs

    Goldman Sachs a été injustement critiquée alors que cette banque est mue par les idéaux du Resto du Cœur, et c’est le gentil Obama qui le dit. Il vient d’ordonner l’abandon des poursuites pénales contre Goldman Sachs. En période de campagne électorale, le garant des valeurs morales US sait reconnaître les mérites des banques.

    us,obama,banque

    En avril 2010, le gendarme de la Bourse US, la Securities and Exchange Commission (SEC) avait déposé une plainte pénale pour fraude. Ces affaires de gros sous se traitent d’habitude au civil, avec d’importantes compensations financières, mais les crapuleries de Goldman Sachs avaient été telles que la SEC, qui a pourtant tout vu passer, avait choisi le pénal.

    Je précise que la très indépendante SEC était présidée par Mary Shapiro, nommée par Obama. A l’époque de la tempête médiatique, et à quelques mois des élections de la mi-mandat, Obama avait besoin de faire le mastard pour annoncer qu’il voulait réguler le marché de la finance. Ce qui a presque été fait.  

    Les griefs formés contre Goldman Sachs sont parfaitement connus. La banque avait créé des produits dénommés « subprimes » présentés aux braves gens comme le nirvana lié à des financements immobiliers. En réalité, le marché immobilier était pourri et les subprimes étaient des poubelles financières. Goldman Sachs incitait ses clients – les dindons – à acheter ces produits en leur expliquant que l’immobilier était à la hausse,… pendant qu’avec d’autres clients – ceux plein de fric – la banque jouait à la baisse sur les mêmes valeurs. Le plus célèbre de ces produits était l’Abacus. Parmi les bons clients de la banque, le milliardaire John Paulson, qui vendait à découvert de l’Abacus, s’est gavé d’un milliard de dollars.

    La Goldman Sachs, avec sa puissance, a réussi : les subprimes se sont écroulées, ruinant les emprunteurs, pendant que les vendeurs de vent avaient décuplé leur fortune. D’où la plainte de la SEC.

    us,obama,banque

    Le mécanisme avait été mis à jour, chiffres à l’appui, et chacun a pu apprécier les ravages, bien au-delà de la banque.

    De nombreux documents internes confirment la volonté de truander. Le Sénat avait publié une série de mails croustillants, les produits en cause étant qualifiés de « contrats de merde » et un mail s’amusant « des pauvres petits emprunteurs peu solvables qui ne vont pas se faire de vieux os ». D’autres traitaient les clients des subprimes de « pantins ».

    Mais nous sommes en août 2012, à trois mois de la présidentielle, et Obama a besoin d’un climat serein avec les banques.

    Ce qui donne ce communiqué publié hier par le ministère de la Justice : « Après un examen attentif des informations fournies et après plus d'un an d'enquête fouillée, le ministère de la Justice et plusieurs autres agences gouvernementales dont le FBI ont déterminé qu’il  n'y a pas de base viable pour engager des poursuites pénales contre Goldman Sachs ou l'un de ses employés ».

    Aucune base pour le moindre reproche,… mais Goldman Sachs, en juillet 2010, a quand même versé 550 millions de dollars – une broutille au regard de ses profits – pour marquer sa volonté de transiger. C’était donc un don de charité.

    us,obama,banque

    Ce qui est parfaitement choquant, c’est que le ministère de la Justice abandonne les poursuites sans même tenter de défendre son argumentaire devant le juge. Il faut dire que le juge aurait été capable de condamner Goldman Sachs, et çà, vraiment, c’est pas possible.

    Un sénateur influent du parti démocrate, Carl Levin a dénoncé cette renonciation : « Que la décision du Ministère de la Justice soit le résultat de lois ou d'autorités d'application de lois faibles, il reste que les actions de Goldman Sachs étaient trompeuses et immorales et ont contribué à la crise financière qui nous a presque plongé dans une deuxième grande dépression ».

    Godman Sachs a été laconique : « Nous sommes heureux que ce problème soit derrière nous ».

    La banque avait versé un million de dollars à la campagne d’Obama de 2008. Pas de doute qu’elle fera un effort complémentaire cette année,... pour un Prix Nobel de la Paix, ça le vaut bien.

    Moi, je ne peux pas remettre en cause la décision du gouvernement du pays des valeurs. Donc, notez bien : tout ce que vous avez lu, entendu ou vu sur le scandale des subprimes et la déferlante financière mondiale qui a suivi, eh bien tout cela n’a jamais existé. Parole d’Obama.

    us,obama,banque

    Je recommande cet excellent livre

  • Jimmy Carter dénonce les violations du droit commises par Barack Obama

    Dans une tribune publiée par le New York Times, Jimmy Carter dénonce un recours systématisé à des graves violations du droit par les dirigeants politiques US, déplorant une généralisation des pratiques depuis une dizaine d’années, qui selon lui « encourage nos ennemis et aliène nos amis ». Alors que la campagne s’engage, ce texte ne passe pas inaperçu aux Etats-Unis. Le texte appelle naturellement la critique comme pour la glorification d'un âge d'or qui ne serait entâché que de quelques erreurs... Mais bon, c'est une bonne base pour un débat.  

    La presse française reste très favorable à Obama, et pourquoi pas, sauf à ne pas oublier qu’Obama a repris à son compte et amplifié toutes les violations du droit instaurées par Bush.

    A suivre aussi dans l’actu, l’affaire Fast and Furious. Un coup tordu des services secrets qui, selon un rapport parlementaire, a conduit à la perte de 2 000 armes que l'Agence fédérale sur l'acool, le tabac et les armes  (ATF) avait fait passer en contrebande au Mexique avec l'objectif de piéger des membres de cartels mexicains en suivant ces armes à la trace… Un fiasco et les armes ont été à l’origine de mains crimes et règlements de comptes. Obama a donné l’ordre à son ministre de la justice Eric Holder de ne pas communiquer les documents réclamés par la Chambre des représentants invoquant « le privilège de l’exécutif », une invention de Reagan, bien pratiquée par Bush.

    Même doute sur la géniale réforme de la santé… qui oblige les habitants à souscrire des contrats d’assurance privée, sous peine de sanction pénale ! Comme politique de solidarité, çà se pose là… Le projet d’origine retenait la possibilité d'une assurance sociale par un système géré par l’État fédéral – la public option – mais ce projet a été abandonné pour tout laisser au privé. Aussi, la réforme est peu populaire, car elle redoutée par les familles au budget modeste comme une charge lourde, vu les coûts des établissements de santé…

    C’est un autre débat.

    Voici le texte de Jimmy Carter,… traduit, de manière artisanale et trop rapide. Dans les notes, vous trouverez le lien avec le texte original, et n’hésitez surtout pas à me signaler les rectifications nécessaires.

    515523-lieu-rendre-monde-plus-violations.jpg

     

    Les Etats Unis sont en train de perdre leur rôle de pays leader des droits de l’homme.

    Les révélations selon lesquelles de hauts responsables désignent les personnes devant être assassinées à l'étranger, y compris les citoyens américains, ne sont que la plus récente, et la troublante preuve, montrant jusqu'où notre nation a étendu la violation des droits de l'homme. Cette évolution a commencé après les attentats terroristes du 11 septembre 2001, et a été poursuivie avec des textes adoptés par les grands deux partis politiques, sans grande critique dans l’opinion publique. Le résultat est que notre pays ne peut plus parler avec autorité morale sur ces questions cruciales.

    Notre pays avait fait des erreurs dans le passé, mais les violations généralisées des droits de l'homme au cours de la dernière décennie ont marqué un changement radical. Grâce au leadership des États-Unis, la Déclaration universelle des droits de l'homme a été adoptée en 1948 comme «le fondement de la liberté, la justice et la paix dans le monde ». Ce fut un engagement audacieux et clair pour dire que le pouvoir ne pourrait plus servir de couverture pour opprimer des personnes, et le résultat a été d’établir à égalité pour toutes les personnes les droits à la vie, à la liberté, à la sécurité, à la protection égale de la loi et d’assurer la protection contre la torture, la détention arbitraire ou l'exil forcé.

    declaration_of_human_rightsriacale.jpgLa déclaration de 1948 a été invoquée par les militants des droits de l'homme et la communauté internationale pour remplacer la plupart des dictatures par les démocraties et promouvoir la primauté du droit dans les affaires intérieures et mondiales. Il est consternant de constater que, au lieu de renforcer ces principes, les politiques antiterroristes de notre gouvernement ont clairement violé au moins 10 des 30 articles de la Déclaration, y compris l'interdiction des « traitements cruels, inhumains ou dégradants ». La législation récente a donné le droit au président de détenir une personne indéfiniment sur ​​de simples soupçons de proximité avec des organisations terroristes ou des « forces associées », une puissance totalement floue qui peut conduire à tous les abus, sans contrôle significatif des juges ou du Congrès. Ce texte viole le droit à la liberté d'expression et la présomption d’innocence, deux autres droits énoncés dans la déclaration.

    En plus de désigner des citoyens américains ciblés en vue de l'assassinat ou de la détention indéfinie, les lois récentes ont annulé les restrictions prévues dans le Foreign Intelligence Surveillance Act de 1978, le but étant de permettre des violations sans précédent des droits garantissant la vie privée. L’administration peut ainsi écouter sans mandat judiciaire nos communications électroniques.  Des lois permettre désormais d’arrêter et de mettre en détention des personnes en raison de leur apparence, de leur manière de vivre ou de la personnalité de leurs proches.

    Malgré le caractère arbitraire de la règle selon laquelle n'importe quel homme tué par des drones est déclarée être un terroriste ennemi, la mort de proches, des femmes et des enfants innocents est acceptée comme une fatalité. Après plus de 30 frappes aériennes sur les maisons des civils cette année en Afghanistan, le président Hamid Karzaï a exigé que la fin de telles attaques, mais la pratique se poursuit dans les régions du Pakistan, la Somalie et le Yémen qui ne sont pas dans n'importe quelle zone de guerre. Nous ne savons pas combien de centaines de civils innocents ont été tués dans ces attaques, qui toutes ont été approuvées par les plus hautes autorités à Washington. Cela aurait été impensable dans le passé. les_droits_homme.jpg

    Ces politiques affectent clairement la politique étrangère américaine. De hauts responsables du renseignement et militaires, ainsi que les défenseurs des droits dans les zones ciblées, affirment que l'escalade dans les attaques de drones conduit les famille atteintes à se tourner vers des organisations terroristes, les populations civiles à nous considérer comme des ennemis,  et c’est pour des gouvernements répressifs le prétexte justifiant leur propre comportement despotique.

    Pendant ce temps, le centre de détention de Guantánamo Bay, à Cuba, abrite aujourd'hui 169 prisonniers. Environ la moitié, le dossier conduit à ordonner  leur  libération, mais ils n’ont pratiquement aucune chance d’obtenir leur liberté. Les autorités américaines ont révélé que, dans le but d'obtenir des aveux, les quelques uns qui ont été jugés, et seulement par des tribunaux militaires, ont subi la torture du waterboarding plus de 100 fois ou ont été intimidés avec des armes semi-automatiques, des perceuses électriques ou des menaces à l'agresser sexuellement leurs mères. Étonnamment, ces faits ne peuvent pas être utilisés comme un moyen de défense par l’accusé, parce que le gouvernement prétend qu’ils se sont produits sous le couvert de la «sécurité nationale». La plupart des autres prisonniers n’ont aucune chance d’être jamais inculpés ou jugés.

    À une époque où les révolutions populaires ont balayé la planète, le rôle des Etats-Unis devrait être de renforcer, et non pas d’affaiblir, les règles de base du droit et les principes de justice énoncés dans la Déclaration universelle des droits de l'homme. Au lieu de rendre le monde plus sûr, la violation des droits humains internationaux par les Etats-Unis encouragent nos ennemis et aliènent nos amis. En tant que citoyens responsables, nous devons persuader Washington de renverser le cours des choses et de récupérer le leadership moral selon les normes internationales du droit que nous avions adoptés et défendues pendant toutes ces années.

    us,obama,terrorisme

     

  • Les US bafouent le droit à un juge

    Sept personnes détenues à Guantanamo depuis 10 ans et jamais inculpées viennent de voir la Cour suprême, abandonnant sa propre jurisprudence, refuser d’examiner leur cas.

    Ils sont sept détenus de Guantanamo, répondant aux noms de Latif, Al-Bihani, Uthman, Almerfedi, Al-Kandari, Al-Madhouani et Aloui. Ils sont détenus depuis des années – entre sept et dix ans – et vous doutez bien que leur cas sont graves et les charges accablantes. Eh bien non, et c’est tout le problème. Leurs dossiers sont vides. Rien de rien de rien. Même pas le moindre indice pour justifier qu’une inculpation montrant un lien quelconque avec un groupe terroriste. Pas d’accusation, mais l’administration Obama estime qu’il faut les garder en détention à vie. C’est un scandale absolu : les autorités militaires elles-mêmes ont estimé que 87 détenus étaient « libérables », mais ni les juges, ni les autorités administratives ne donnent suite.

    sans-titre.png

    Leur problème est finalement assez simple :

    -       Aucun juge pour les accuser, car il n’y a aucune charge contre eux ;

    -       Aucun juge pour les libérer ;

    -       Aucun juge pour statuer sur ces violations du droit.

    Dans l'affaire « Boumediene contre Bush », jugée le 12 juin 2008, la Cour suprême avait reconnu que les détenus avaient droit de représenter une requête devant un juge fédéral pour qu’il soit statué sur le respect de leurs droits fondamentaux : droit de connaître l’accusation, droit de ne pas être détenu sans accusation, droit de ne pas être accusé sans preuve, doit d'être interrogé sans recours à la torture, droit de contester devant un juge les mesures atteignant les libertés fondamentales. Cet arrêt avait été considéré comme une grande avancée, alors que c’était tout de même la moindre des choses. Mais, voilà, cet arrêt est resté sans suite.    

    Les sept détenus avaient formé les recours, passant patiemment toutes les étapes procédurales, pour se voir systématiquement opposer des refus d’examiner leurs demandes.

    Leur cas a enfin été porté devant la Cour suprême, visant les droits fondamentaux et l’arrêt  « Boumediene contre Bush » du 12 juin 2008.

    Obama, au nom de l’Etat fédéral, s’est opposé à ces demandes, soutenant que la justice n’avait pas à examiner ces requêtes.

    22obama-600.jpg

    Hier lundi, la Cour suprême a suivi l’argumentaire d’Obama et a refusé d’examiner les sept recours, sans exposer le moindre motif.

    Pour les 169 personnes encore détenues à Guantanamo, les voies judiciaires s’arrêtent donc à cour d'appel de Washington. Or, cette cour ne respecte pas l’arrêt « Boumediene contre Bush », et a refusé de libérer les détenus restant sans accusation. Et c’est justement pour cela que les détenus avaient saisi la Cour suprême.

    Le Centre pour les Droits Constitutionnels (CCR), dont des avocats défendent plusieurs détenus de Guantanamo, analyse dans un communiqué : « La Cour abandonne sa promesse formulée dans son propre jugement. Cette décision laisse le sort des détenus entre les mains d'une cour d'appel de Washington hostile, qui a levé des barrières juridiques innombrables et injustifiées, rendant presque impossible pour un détenu de gagner », estime aussi le CCR, dans un communiqué. L’un des avocats, Adam Thurschwell, ajoute : « La Cour de Washington s'est montrée acharnée dans son déni des droits des détenus de Guantanamo et maintenant la Cour suprême lui laisse les rênes pour continuer sur cette voie ».

    Les Etats-Unis, qui dominent le monde de leur force armée et donnent des leçons sur les valeurs au monde entier, ne sont que des voyous internationaux. Leur impunité tient à un motif simple : ils refusent tout contrôle juridictionnel. Cour Pénale Internationale, Comité des Droits de l’Homme de l’ONU, Cour Interaméricaine des Droits de l’Homme…, c’est bon pour les autres, mais pas pour eux. Ils pourraient prendre exemple sur la Russie, qui accepte de se soumette à la Cour Européenne des Droits de l’Homme.

    Sacré Obama qui en janvier 2009 avait signé la fermeture de Guantanamo… Le Prix Nobel de la Paix a renié sa signature et actuellement se passionne pour les assassinats ciblés, effectués dans des pays étrangers à partir de drones… Comment dit-il, déjà, le cow-boy ? Ah oui : Justice has been done...

    obama-sign-getty-8440433.jpg

    Un sacré farceur entrouré d'autres sacrés farceurs

  • Le Mali, première victime de l’OTAN en Libye

    Le méchant Kadhafi renversé par la gentille OTAN, avec BHL pour assurer les sacrements, et Sarko et Cameron comme enfants de chœur… Que l’histoire était jolie sur TF1 et autres médias lobotomisés…

    Car déjà, on savait tout. L’intervention était illégale ; aucune armée  n’a gagné une guerre en dehors de son territoire ; l’armement des groupes terroristes allait déstabiliser la région. (Les vrais groupes terroristes, à ne pas confondre avec un sale gosse devenu dingue parque qu’un juge lui a refusé un aménagement de peine).

    Pour comprendre le Mali, il faut commencer par la carte de géographie.

    Vu de loin

    Afrique_du_Nord_carte-satel.jpg

     

    Vu de près

    carte-mali.jpg 

    Un territoire infernal, coupé en deux. Le Mali, c’est un territoire de deux fois et demi la surface de la France. Le PIB de la France est de 2 800 milliards de dollars, et celui du Mali de 10 milliards de dollars, 124° du classement mondial. Vous avez les clés du problème.

    La carte montre la coupure du pays, et le Nord du Mali est depuis des années une zone de grande insécurité. Un refuge pour les groupes terroristes, qui sont surtout des bandes de brigands, mais surtout une réalité socio-économique : une vraie misère pour la population de cette partie du Sahel.

    Retour un an en arrière

    affiches-colo-3.jpgL’OTAN, violant ouvertement le mandat de l’ONU en Libye, a envoyé ses troupes au sol, et distribué des masses d’armes. Le but ? Renverser le « dictateur » ? Tu parles, de la fumisterie. Les objectifs des lascars de l’OTAN étaient de se répartir la richesse du pétrole et de déstabiliser la région pour mieux justifier son interventionnisme à venir.

    Une bonne part des armes de l’OTAN distribuées en Libye a été remise aux groupes armés incontrôlables du Sahel, avec une mission simple : « Foutez le bazar, ça renforcera le jeu de l’Oncle Sam, et profitons en tant que la Chine n’a pas d’influence militaire en Afrique ». Obama Prix Nobel de la Paix et de l’Assassinat ciblé engrange les dividendes.

    Les armes de l’OTAN et de BHL sont arrivées en quelques mois chez les rebelles touaregs, qui ont aussitôt repris l’offensive : plus de 200 000 personnes déplacées depuis le début janvier. Qui en parle ?

    Les soldats maliens dérouillaient, avec un pouvoir civil asphyxié économiquement et dépassé. L’armée a donc pris le pouvoir et instauré un couvre feu. Les putschistes fustigent « l'incapacité du gouvernement à gérer la crise » dans le Nord.

    Le scénario annoncé se confirme, réglé comme du papier-musique.

    Le Conseil de sécurité de l'ONU a appelé au « rétablissement immédiat de l'ordre constitutionnel et du gouvernement démocratiquement élu ». La France a décidé de « suspendre toutes ses coopérations régaliennes avec le Mali » et les Etats-Unis ont entamé le réexamen de leur aide annuelle de 137 millions de dollars. Cette junte tiendra-t-elle ? Attendons quelques jours ou quelques semaines, et ces malades du colonialisme prépareront les plans pour installer un pouvoir à leur main, justifié… par la nécessité de combattre les troupes rebelles qu’ils ont armés il y a un an.

    Bien sûr, tout le monde regarde du côté de l’Algérie qui dans cette zone désertique a plus de 1000 kilomètres de frontières avec le Mali.

    Alger est dans la mouise totale. Bien sûr, un communiqué a fusé pour dénoncer ce coup d’Etat. Mais après, que faire ? Le choix est totalement pourri. Il est impossible de gérer la situation en reconnaissant les rebelles comme interlocuteurs, et il faudra soit dealer avec les militaires de Bamako, soit assurer l’ordre. Rien ne dit que le nouveau gouvernement malien, objectivement très faible, ne pourra assurer l’unité du pays. Quelles seront les options pour Alger : choisir entre les groupes rebelles du Nord ? Assurer le ménage anti-terroriste, pour éviter une intervention des US ?

    Qui un jour pourra présenter une facture à l’OTAN ? Quiconque cause un dommage à autrui doit réparation, non ?

    6Fi9833.jpg

Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu