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palestine - Page 3

  • Abbas aux funérailles de Péres

    Les dirigeants israéliens n’étaient pas présents aux funérailles de Yasser Arafat, mais Abbas était présent à celles de Shimon Péres. Et il y était le seul dirigeant arabe... Même l’Egypte, pourtant signataire d’un traité de paix avec Israël, n’avait mandaté que son ministre des affaires étrangères. Péres le père de la colonisation et du nucléaire israélien, que lui avait refilé la Gauche française, en rupture avec la politique française. Pour se rendre à Jérusalem, Abbas a du mendier un sauf-conduit, imposé par les sinistres accords d’Oslo… Voilà où en est la « direction » palestinienne…  

    Il y a une vision israélo-étatsunienne des évènements, parfaitement mise en lumière par la presse mainstream européenne. Et puis il y a la réalité de ceux qui vivent la réalité, et les faits parlent. Pas un seul dirigeant arabe n’a osé se rendre à Jérusalem pour une raison simple : cela aurait causé un soulèvement dans leur pays. Tous ont renoncé, parce que tous ont peur de leur peuple, et parce que les peuples arabes ont de la mémoire. Prix Nobel de la Paix…

    Pour donner de l’info, je n’ai pas besoin d’aller loin. Je vous livre quatre articles publiés dans le très institutionnel quotidien L’Orient – Le Jour. 

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    1/ Massacre de Cana, colonisation, accords d'Oslo... Shimon Peres en quelques points

    Article publié le 28 septembre 2016, avec un excellent reportage de France 2.

    Timour Goksel, porte-parole de la Finul, racontera aux journalistes du Monde, après le massacre, que les combattants du Hezbollah, "postés à 300 mètres du QG fidjien", avaient "tiré deux salves de roquettes Katioucha sur le nord d'Israël, quelques instants avant le bombardement israélien de Cana". "Nous avons demandé à plusieurs reprises aux Israéliens de faire cesser ces tirs sur le QG fidjien en leur disant que nous avions des victimes civiles, mais en vain. Les Israéliens connaissent parfaitement l'emplacement du QG du contingent fidjien, vaste et visible, et savaient parfaitement qu'il abritait des civils", avait ajouté M. Goksel.

    Réunis à Moscou dans le cadre d'un sommet du G7, les leaders des grandes puissances disent leur indignation après le carnage.

    Une mission d'enquête onusienne, menée après le massacre, a conclu, dans un rapport publié en mai 1996, qu'il "était peu probable que le bombardement du poste onusien (à Cana) soit le résultat d'une erreur technique et/ou procédurale grossière". Le rapport avait été qualifié, par Israël d'"imprécis" et de "partial".

    Dans un autre rapport, daté de septembre 1997, l'ONG Human RIghts Watch a indiqué, après avoir mené une enquête sur l'opération "Raisins de la colère", que "l'absence de prise de précautions avant l'attaque ainsi que les méthodes d'attaque choisies par l'armée israélienne font qu'Israël a violé la loi internationale sur l'humanitaire. Israël n'a pas rempli ses obligations qui consistent à ne pas mettre en danger des civils lors de la conduite d'opérations militaires". HRW rappelle que l'attaque s'est poursuivie alors même que la Finul avait alerté Israël que c'est un poste onusien qui était bombardé. "Enfin, les déclarations d'Israël selon lesquelles il n'avait pas connaissance de la présence de centaines de civils dans le poste onusien de Cana ne sont pas crédibles", précise HRW. "La décision, prise par ceux qui ont planifié l'attaque, d'opter pour un mélange d'obus d'artillerie hautement explosifs, dont des bombes anti-personnelles, destinés à faire un maximum de dommages, violent les principes clés du droit humanitaire international", note encore HRW.

    HRW avait également accusé le Hezbollah d'avoir violé les règles de la guerre, en visant des concentrations de civils en Israël, et en tirant ses roquettes à partir de zones proches de foyers de civils au Liban-Sud.

    Lors de l'opération "Raisins de la colère", peut-on lire dans un rapport de l'ONG Human Rights Watch daté de septembre 1997, les pilotes israéliens ont mené 600 raids et les unités d'artillerie ont tiré quelque 2500 obus en territoire libanais. 154 civils ont été tués au Liban, et 351 blessés. Le Hezbollah, pour sa part, a tiré 639 roquette katiousha en territoire israélien. Trois Israéliennes ont été sérieusement blessés.

    Peres et la colonisation

    Alors ministre de la Défense, M. Peres avait cautionné dans les années 70 en Cisjordanie occupée les premières colonies, ces implantations considérées comme illégales par l'ONU qui ont proliféré depuis et sont largement considérées comme un obstacle à la paix. M. Peres avait ainsi déclaré que les colonies étaient "les racines et les yeux d'Israël".

    Avec le temps, M. Peres avait eu des déclarations différentes sur la colonisation. En 2012, le président Peres avait dénoncé les dangers d'une colonisation à tout-va sur l'avenir d'Israël. Le président, opposé à l'option d'un Etat binational, avait déclaré en juillet 2012, que les "implantations dans des zones à forte densité arabe pourraient provoquer un changement démographique dont nous ferions bien de tenir compte". "Sans une majorité juive, il est douteux qu'un État juif puisse rester juif", avait-il aussi averti à un moment où il craignait une accélération de la colonisation en Cisjordanie.

    En mars 2013, lors d'une tournée européenne, M. Peres, alors toujours président, avait néanmoins rejeté les critiques de l'UE sur la colonisation israélienne. Alors que président du Conseil européen Herman Van Rompuy rappelait l'opposition de l'UE à l'expansion illégale de la colonisation, Shimon Peres avait répondu que ce n’était pas la colonisation israélienne mais le "terrorisme" qui entravait le chemin vers la paix.

    Le père du programme nucléaire israélien

    A la direction générale de la Défense, M. Peres a jeté les fondations du programme nucléaire israélien et œuvré à la construction du réacteur de Dimona, avec la France comme fournisseur majeur. Il se créditait d'avoir instauré à l'époque la politique, toujours en vigueur, d'ambiguïté de la part d'Israël sur le fait qu'il aurait ou non l'arme nucléaire. Peres a justifié la construction de Dimona par la pénurie de ressources énergétiques en Israël, mais a aussi invoqué les vertus de dissuasion du réacteur. "Je n'ai aucun doute sur le fait que Dimona a conféré à Israël une dimension de dissuasion. Pour moi, Dimona a constitué le premier pas vers Oslo", disait-il en 2014.

    Le protégé de Ben Gourion

    Né en 1923 au sein d'une famille aisée dans ce qui était alors la Pologne et aujourd'hui le Bélarus, M. Peres a émigré en 1934 vers la Palestine sous mandat britannique.
    Très tôt engagé en politique au kibboutz, il avait rejoint en 1947 la Haganah, la devancière de l'armée israélienne et avait été pris sous son aile par David Ben Gourion, qui proclama l'Etat d'Israël. Elu au Parlement en 1959, il y a servi quasiment sans discontinuer jusqu'à son accession à la présidence en 2007.

     

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    2/ Massacre de Cana : « un cauchemar ! », se souvient Timur Goksel, ex-porte-parole de la Finul et témoin

    Article publié le 28 septembre 2016

    L'ancien président israélien Shimon Peres, décédé dans la nuit de mardi à mercredi, était Premier ministre en 1996 lorsque l'armée israélienne bombarda un camp de l'Onu au Liban-Sud. Timur Goksel, porte-parole de la Finul à l'époque, se souvient de ce jour-là, dans un entretien à L'Orient-Le Jour.

    Suite à l'annonce du décès, dans la nuit de mardi à mercredi, de l'ancien président israélien Shimon Peres, les hommages ont afflué, à travers le monde, pour saluer la mémoire d'un artisan de la paix. En 1994, alors qu'il était le chef de la diplomatie israélienne, Shimon Peres avait reçu le prix Nobel de la paix, avec le chef de l'OLP, Yasser Arafat, et le Premier ministre Yitzhak Rabin. Cette prestigieuse décoration venait couronner "les efforts" des trois hommes "en faveur de la paix au Moyen-Orient" qui s'étaient concrétisés, un an plus tôt, par le premier accord d'Oslo. Cet accord jetait les bases d'une autonomie palestinienne et offrant un espoir de règlement du conflit. Espoir largement évanoui, 23 ans plus tard.

    Si nombreux sont donc ceux à avoir salué, aujourd'hui, la mémoire de l'ancien faucon devenu partisan de la paix, au Liban, le parcours de Shimon Peres suscite plus d'amertume. Ce dernier était en effet Premier ministre lorsque fut lancée, le 11 avril 1996, l'opération militaire "Raisins de la colère" dont l'objectif était d'éliminer des cibles situées en territoire libanais afin de détruire ou fragiliser le Hezbollah, qui menait une guérilla anti-israélienne depuis le Liban-Sud, alors occupé par l'armée israélienne. C'est dans le cadre de cette opération, qui prendra fin le 27 avril, que fut perpétré, le 18, le massacre de Cana. Ce jour-là, l'armée israélienne bombarde un camp onusien accueillant des déplacés près de ce village du Liban-Sud. 106 civils, dont des femmes et des enfants, sont tués. Des dizaines d'autres sont horriblement mutilés.

    A cette époque, Timur Goskel était le porte-parole de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul). Pour L'Orient-le Jour, il revient sur cette journée tragique.

    "On nous bombarde"

    "J'étais dans mon bureau à Naqoura, ce jour-là. Comme d'habitude, mon poste radio était constamment allumé, se souvient-il. Dans un premier temps, je ne comprends pas ce qui se passe. Puis, je reçois un appel d'un officier libanais posté à proximité du camp de déplacés de Cana. +Nous sommes attaqués, on nous bombarde, me lance-t-il en pleurant+".

    Au même moment, le contingent fidjien de la Finul, en charge du poste de Cana, essuie un barrage de tirs lancé par l'artillerie israélienne positionnée derrière la frontière libanaise. "34 obus se sont abattus sur le camp où se trouvaient entre 700 à 800 déplacés libanais qui étaient sous protection de la Finul. Les projectiles explosaient dans l'air pour faire un maximum de victimes", se souvient l'ex-responsable onusien.

    Comprenant que l'affaire est grave, Timur Goksel envoie son assistant sur le terrain afin de s'enquérir de la situation. "Nous (la Finul, ndlr) avons envoyé toutes nos équipes médicales afin de porter secours aux victimes. Nous avons également appelé en renfort nos équipes situées dans la ville de Tyr".

    "Nous ne comprenions pas pourquoi le contingent fidjien était bombardé par les Israéliens. Ces derniers savaient qu'il n'y avait que des civils et des militaires de la Finul dans la zone. Ils avaient les cartes de la zone. En outre, un drone ainsi que plusieurs hélicoptères israéliens survolaient la zone".

    Suite au massacre, Israël a évoqué une erreur technique. "Dire que c'était une erreur n'est qu'un mensonge", lance Timur Goksel.

    Une enquête menée par l'Onu après le massacre, parviendra à la conclusion suivante en mai 1996 : "On ne peut écarter totalement cette hypothèse, mais il est très peu probable que le bombardement du poste des Nations unies (à Cana) soit le résultat d'une grossière erreur technique et ou de procédure".

    Les Israéliens avaient également justifié leur bombardement en évoquant des tirs du Hezbollah provenant de la région de Cana.

    "Plusieurs éléments du Hezbollah ont tiré sept à huit obus de mortier à partir d'un vieux cimetière situé à Cana. Mais ces obus ne pouvaient en aucun cas atteindre le territoire israélien", affirme M. Goksel. "Par ailleurs, et contrairement à ce qu'affirmait Shimon Peres à l'époque, des soldats israéliens se trouvaient en territoire libanais dans le village voisin de Hanaouay. Ils y plantaient des mines. Ce sont eux qui étaient visés par le Hezbollah. Pris de panique, ils ont réclamé l'envoi de renforts. Un officier, en pleurs, a réclamé, par radio, que l'artillerie israélienne bombarde fortement."

    "Il ne s'agit pas d'une erreur"

    L'armée israélienne, poursuit l'ancien responsable de la Finul, voulant assurer la sécurité de ses soldats, a donc lancé une pluie d'obus sur le camp, et ce en dépit de la présence de civils.

    "La plupart des victimes étaient des femmes et des enfants. Les militaires fidjiens, qui avaient été entraînés à réagir en cas de bombardement, ont réussi à se mettre à l'abri", raconte Timur Goksel. "Ce fut la journée la plus cauchemardesque de ma vie. Je suis allé sur place, j'ai vu les corps des civils tués...", lâche-t-il.

    "Il ne peut s'agir d'erreur. Ils (l'armée israélienne) savaient ce qu'ils faisaient. Ils ont paniqué et ont voulu sauver leurs soldats", martèle Timur Goksel. Israël a rejeté les conclusions du rapport onusien, les qualifiant de "partiales" et "imprécises".

    3/ Shimon Peres couvert de sang palestinien « des pieds à la tête »

    Voici l’article de l’OLJ, du 15 septembre

    Un député arabe israélien a provoqué un tollé en Israël en décrivant Shimon Peres comme couvert de sang palestinien « des pieds à la tête », détonnant dans le concert de sympathie adressé au prix Nobel de la paix victime d'un accident vasculaire cérébral majeur.

    « Il est couvert de notre sang des pieds à la tête", a écrit sur sa page Facebook Basel Ghattas, député de la Liste arabe unie, en parlant de M. Peres et des Palestiniens. M. Ghattas est membre de la communauté des Arabes israéliens, c'est-à-dire des descendants des Palestiniens restés sur leurs terres à la création d'Israël, à la différence de centaines de milliers d'autres. Représentant 17,5% de la population israélienne, de nationalité israélienne, ils se disent communément Palestiniens.

    Peres a réussi « à se faire passer pour une colombe de la paix, jusqu'à obtenir le prix Nobel de la paix », a écrit M. Ghattas. En réalité, il est « le responsable direct de crimes et de crimes de guerre à notre encontre » et « l'un des piliers les plus anciens, les plus méprisables, cruels, extrémistes du projet colonialiste sioniste », a-t-il dit.

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    4/ La poignée de main entre Netanyahu et Abbas, vif débat chez les Palestiniens

    Dans l’OLJ, ce 30 septembre

    « Je suis ravi de vous voir, cela faisait longtemps », a assuré M. Abbas en anglais au chef de gouvernement israélien, avant de saluer son épouse Sara Netanyahu, selon une vidéo diffusée par le porte-parole du Premier ministre.

    Les deux hommes ne s'étaient pas serré la main depuis le sommet sur le climat à Paris il y a près d'un an. Et M. Abbas ne s'était pas rendu en visite officielle à Jérusalem depuis des années, le président palestinien devant bénéficier d'un accord spécial des Israéliens pour aller dans la Ville sainte.

    Aucun président arabe n'a fait le déplacement vendredi. L'Egypte, l'un des deux seuls pays arabes à avoir fait la paix avec Israël, a dépêché son ministre des Affaires étrangères.

    Abbas est venu accompagné du numéro deux de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) Saëb Erakat, qui a participé aux négociations des accords d'Oslo, pour lesquels M. Peres avait obtenu le prix Nobel de la paix, aux côtés du leader palestinien Yasser Arafat et du Premier ministre israélien de l'époque Yitzhak Rabin.

    Abbas avait salué mercredi la mémoire d'un "partenaire pour la paix des braves". Il a été vivement critiqué par le Hamas pour sa venue aux funérailles de M. Peres, un "criminel" pour le mouvement islamiste et la rue palestinienne. 

    La vidéo de la poignée de mains entre MM. Abbas et Netanyahu était largement partagée sur les réseaux sociaux. Le débat faisait rage parmi les Palestiniens, la grande majorité condamnant le déplacement de M. Abbas.

    Certains raillaient le fait que le président ait dû solliciter les autorités israéliennes pour obtenir un laissez-passer, une procédure née des mêmes accords d'Oslo.

    Un internaute, sous le nom Tweet Palestine, dénonçait la venue d'Abbas "et de ses mercenaires", lançant: "C'est sans surprise que les criminels de guerre se saluent entre eux".

    Ali Abunimah, militant et fondateur d'un site d'information pro-palestinien très suivi sur Twitter, s'insurgeait, lui, de voir M. Abbas se lever au passage du défilé entourant le cercueil alors que "les mêmes forces de défense israéliennes poursuivent leurs crimes contre +son+ peuple".

    "Le président Abbas accomplit son devoir pour son peuple et ne peut être blâmé alors qu'il compose seulement avec la réalité de l'occupation sioniste", estimait pour sa part Brahim Boukala.

    Malgré les accords d'Oslo et la conversion à la paix de cet ancien faucon, les Palestiniens ont une image bien plus sombre de l'homme qui a cautionné les premières colonies juives de Cisjordanie occupée et qui était Premier ministre quand l'artillerie israélienne a bombardé le village libanais de Cana, tuant 106 civils en avril 1996.

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  • Palestine : La France organise sa prochaine humiliation

    François Hollande, le seul chef d’État du monde à avoir approuvé Netanyahou lors de l’opération militaire contre la population de Gaza lors de l’été 2014 – « Faites ce qui est nécessaire pour votre sécurité » – celui qui a renoncé à ce qu’était la politique arabe de la France, celui qui, avec une fidélité absolue, approuve la politique d’Israël et de l’Arabie Saoudite, a décidé d’inclure dans son calendrier de campagne électorale pour 2017 une conférence sur le conflit israélo-palestinien. La France, qui ne vaut plus un clou dans la région – au point de se trouver éjectée de notre cher Liban – va organiser ce cirque… sans aucune préoccupation pour les populations concernées, mais seulement pour parler à son opinion intérieure.

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    Le but du jeu est bien entendu de faire comprendre qu’il y a des solutions mais que les Palestiniens les refusent. Pour mémoire, notre électoraliste gouvernement avait affirmé dans un premier temps que si sa géniale conférence n’était pas conclue par un succès, la France reconnaîtrait la Palestine comme État. Les promesses… Netanyahou a froncé un sourcil, et Hollande s’est calmé.

    La réunion est tellement importante qu’elle va se tenir sur… un jour (le 3 juin) ! On annonce 20 délégations, qui auront au plus cinq minutes pour s’exprimer… On peut donc en rester là : l’essentiel est que le jité passe de jolies images.

    La France encouragerait donc une solution à deux Etats ? Ah bon ? Regardons un peu cela.

    - Personne n’imagine un État qui soit mité par des localités et des routes dépendant d’un État étranger. Donc pour qu’il y ait deux Etats, il faut supprimer les colonies israéliennes existantes en Cisjordanie.

    - Non. C’est une raison de sécurité. Il n’y a pas de discussion possible sur ce plan.

    - Personne n’imagine un État qui ne dispose pas d’une capitale, et il faut donc que Jérusalem, au moins Jérusalem-Est, soit capitale de l’État palestinien.

    - Non. C’est une raison de sécurité. Il n’y a pas de discussion possible sur ce plan.

    - Personne n’imagine un État qui ne dispose pas de la continuité territoriale, il faut donc que les habitants de la Cisjordanie, de Jérusalem-Est et de Gaza puissent circuler librement chaque jour.

    - Non. C’est une raison de sécurité. Il n’y a pas de discussion possible sur ce plan.

    - Personne n’imagine un État qui puisse être soumis au blocus militaire d’un autre, ce en violation de toutes les conventions internationales car il s’agit de la punition collective d’un peuple.

    - Non. C’est une raison de sécurité. Il n’y a pas de discussion possible sur ce plan.

    - Personne n’imagine que les ressortissants d’un Etat, donc que des Palestiniens, ne puissent revenir, même avec un visa de touriste, sur la terre de leurs aïeuls et donc retrouver la maison dans laquelle ont vécu leurs parents.

    - Non. C’est une raison de sécurité. Il n’y a pas de discussion possible sur ce plan.

    - Bon, je vois que c’est compliqué. Mais personne ne peut imaginer un État où il n’y a pas un territoire, une population et un gouvernement disposant de toutes les prérogatives de l’Etat.

    - Non. C’est une raison de sécurité. Il n’y a pas de discussion possible sur ce plan.

    - Alors la réunion du 3 juin, c’est un grand dîner des cons ?

    - Oui. Il n’y a pas de discussion possible sur ce plan. 

  • Israël détruit les maisons palestiniennes financées par l’Europe : Les citoyens européens doivent réagir

    L’info vient d’un excellent reportage de Cyrille Louis, envoyé spécial du Figaro en Cisjordanie, territoire palestinien occupé. Voici donc ce texte, et je ferai après quelques commentaires juridiques.

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    Cisjordanie : Israël détruit une dizaine d'habitations financées par l'UE

    Par Cyrille Louis

    Le hameau palestinien de Jinba, posé au bout d'une piste accidentée qui s'étire à l'extrême-sud de la Cisjordanie, semble avoir été balayé par un tremblement de terre. Ses habitants, hagards, s'affairent autour de leurs maisons éventrées et tentent de sauver ce qui peut l'être encore. Mardi matin, l'armée israélienne a détruit quinze préfabriqués dans lesquels résidaient une soixantaine de personnes, dont trente-huit mineurs, ainsi que plusieurs latrines et des panneaux solaires. Sept autres habitations ont été démontées dans le village voisin de Khirbet Halaweh, laissant une vingtaine de personnes sans abri. «Il s'agit clairement d'une des plus vastes opérations de démolitions menées ces dernières années», constate, navré, un diplomate européen.

    Des tentatives de médiation infructueuses

    Pour les habitants de Jinba, l'arrivée matinale des buldozeurs ne fut pas totalement une surprise. Voici en effet plus de vingt-cinq ans que l'armée israélienne cherche à aménager dans les collines situées au sud d'Hébron une «zone de tir» vierge de toute présence humaine. En novembre 1999, quelque 700 résidents palestiniens furent évacués par la force d'une douzaine de villages situés dans cette zone aride et vaste de 3.000 hectares. Mais la cour suprême autorisa la population semi-nomade à regagner temporairement les lieux. Plusieurs tentatives de médiation se sont depuis succédé sans résultats tangibles, jusqu'à ce que le gouvernement israélien décide, lundi 1er février, de sonner la fin de la partie. «Quelques heures après, des soldats se sont présentés à Jinba pour marquer une quarantaine de structures condamnées à la démolition au motif qu'elles ont été édifiées sans permis de construire», se désole Yehuda Shaul, de l'ONG israélienne «Rompre le silence».

    Lundi, sitôt les militaires repartis, les adultes du hameau ont commencé à reconstituer des abris de fortune tandis que leurs enfants emmenaient paître les moutons comme si de rien n'était. «Que voulez-vous qu'on fasse d'autre?», interroge Khaled Hussein Jabarin, tandis que d'autres villageois inspectent les multiples grottes qui mitent la colline à la recherche d'un abri pour les prochaines nuits. «Cette terre nous appartient et nous n'avons nulle part où aller», rebondit Mahmoud Ahmed Issa, 30 ans, dont la maison n'est plus qu'un amas de pierres et de parpaings. «Mon grand-père et mon père sont nés ici, alors nous allons faire le dos rond en attendant de pouvoir reconstruire nos maisons…»

    Des milliers d'habitations menacées

    L'administration civile israélienne, qui contrôle 60% de la Cisjordanie (zone C) en vertu des accords d'Oslo, ne voit pas les choses de la même façon. Aiguillonnée par l'aile ultranationaliste de la coalition gouvernementale, elle se targue de faire appliquer le droit en imposant la démolition d'un nombre croissant de structures édifiées sans autorisation. Un vaste programme, dans la mesure où l'immense majorité des demandes de permis de construire formulées par des Palestiniens établis en zone C se soldent par une réponse négative. «Des milliers d'habitations palestiniennes en Cisjordanie risquent d'être démolies en raison d'obstacles qui peuvent être légalement fondés, mais qui sont discriminatoires en pratique», s'est alarmé lundi le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-Moon, dans les colonnes du New York Times.

    La situation de ces communautés palestiniennes établies en zone C donne lieu, depuis plusieurs mois, à un bras de fer feutré entre Israël et l'Europe. Invoquant le droit humanitaire, l'UE finance l'installation de structures provisoires destinées à des populations menacées de déplacement forcé. Mais l'État hébreu, qui entend défendre ses revendications sur le territoire palestinien, n'hésite désormais plus à s'attaquer à ces constructions. Selon un premier décompte, une dizaine des préfabriqués démolis lundi matin dans le sud d'Hébron avaient d'ailleurs été financés par le service humanitaire de la Commission. Chacun d'entre eux avait coûté entre 2.000 et 3.000 euros aux contribuables européens.

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    Merci Cyrille, voici maintenant quelques remarques.

    1/ L’occupant fait un bras d’honneur aux contribuables européens

    Dix maisons détruites, c’est 30.000 € financés par les contribuables européens explique l'article. Raisonnablement, il faut alourdir la note pour tenir compte des frais de transport et d’administration générale, car il faut des heures et des heures pour réaliser ce type de programme. Je précise que c’est juste un début alors qu’environ 1000 habitants sont concernés par ce « programme » de l’occupant. Donc, payez vos impôts dans la joie et la bonne humeur, la puissance occupante en Palestine vous gratifie d'un bras d’honneur.

    2/ Une violation flagrante du droit

    La « seule démocratie du Proche-Orient » s’est spécialisée dans la destruction de maisons lorsque l’un des membres de la famille a été qualifié de « terroriste » par ces tribunaux qui n’ont de tribunal que le nom, et en fonction de lois qui n’ont de loi que le nom.

    Là, c’est une autre variante. Du fait des merveilleux accords d’Oslo, on est en zone C, donc 60 % de la Cisjordanie, placée sous le contrôle de l’occupant qui refuse de permis de construire aux Palestiniens, présents sur cette terre depuis des millénaires. La situation est tellement grotesque que l’Union européenne finance des constructions de maisons. Une personne vivant sur son sol a le droit de construire une maison pour y vivre et protéger sa famille, non? Je me trompe ?

    L’occupant réplique par d’invraisemblables procédures, toutes validées par l’invraisemblable Cour suprême d’Israël, qui n'est que la Cour suprême de la colonisation. Abusant de la force armée, la puissance occupante ne cesse de conquérir par la force de nouveaux territoires, avec pour but de changer la structure des populations. Se prétendre puissant alors que l’on ne fait que voler des terres fertiles… Comme les cow-boys…

    3/ Tout ceci relève de la Cour pénale internationale

    Tout ceci relève de la Cour pénale internationale, mais hélas, l’Autorité palestinienne a décidé de ne rien faire à part des discours, et elle refuse obstinément de déposer plainte devant la Cour. Elle entretient la culture de l’impunité, préférant gérer les subventions européennes que défendre la souveraineté palestinienne...

    4/ L’Europe est en dessous de tout

    Les responsables européens voient bien qu’il y a un problème sérieux… mais ils ne font rien de sérieux en réponse, alors que les facilités permanentes qu’ils accordent à la puissance occupante en Palestine engagent leur responsabilité sur le plan international. L’Europe a de temps à autres un petit remord, mais en réalité, elle accorde tout à la politique colonialiste de la puissance occupante. Spécialement par son scandaleux avis du 12 novembre 2015, qui donne un statut par « étiquetage spécial » aux produits de la colonisation, cherchant à assurer une sécurité juridique aux colonisateurs.

    5/ Les règles budgétaires européennes

    L’Union européenne fonctionne grâce un budget, qui répond à un certain nombre de principes :

    - Principe d’équilibre : les prévisions de recettes doivent être égales à celles des dépenses ;

    - Principe de spécialité des dépenses : elles sont destinées à un but spécifique et ne peuvent être utilisées à d'autres fins.

    - Principe de bonne gestion financière : Des objectifs vérifiables sont mis en œuvre selon des principes d'efficacité, d'économie et d'efficience.

    - Principe de transparence : L'établissement, l'exécution du budget et la reddition des comptes doivent respecter le principe de transparence.

    L'Union européenne ne prélève elle-même aucun impôt. Ses recettes sont composées de ressources propres et d’une TVA communautaire, mais le gros morceau est le prélèvement sur revenu national brut (RNB) des Etats membres de l'Union européenne, qui représente environ 75 % des recettes.

    Donc, c’est doublement ton pognon : par des dépenses budgétaires gaspillées, et par des prélèvements qui sortent bel et bien de ta poche. Toutes ces principe doivent à être respecté, et le citoyen européen doit entrer en action car il ne peut accepter que l’argent public soit ainsi dilapidé et que les instances européennes ferment les yeux sur les violations commises par la puissance occupante en Palestine, au point qu’il s’agit de véritables provocations. Dans l’affaire Kadi et Al Barakaat, du 3 septembre 2008, la Cour de Justice de l’Union Européenne a posé le principe de la primauté du droit dans l’ensemble de l’espace européen.

    6/ Suspendre l’accord UE/Israël

    L’accord d’association conclu entre l’Union européenne et Israël est conditionné par le respect de l’article 2 : « Les relations entre les parties, ainsi que toutes les dispositions de l'accord lui-même, doivent être fondées sur le respect des droits de l'homme et des principes démocratiques, qui inspire leurs politiques interne et internationale, et constitue un élément essentiel de cet accord ».

    Cet accord doit donc être suspendu :

    - avec ces destructions de maisons, la puissance occupante en Palestine viole les droits fondamentaux, bafouant l’article 2 qui est la condition d’application de l’accord ;

    - ces destructions lèsent directement les droits des contribuables européens, qui bénéficient d’un droit établi à la meilleure utilisation des fonds publics, de telle sorte que l’inaction des instances européennes serait cas de responsabilité.

    Or, ces instances se contentent de faire des ronds dans l’eau, tout en reconnaissant la réalité du problème. Il revient donc aux citoyens et aux groupes militants de prendre le relais, en Europe comme en Palestine, d’une part en faisant pression sur les parlementaires, et d’autre part en agissant directement devant les tribunaux pour rendre effectives les dispositions de l’article 2. Dès maintenant, il faut exiger que l'Union européenne introduise une clause de réserve de propriété lorsqu'elle finance de tels équipements, pour qu'elle puisse agir elle-même en remboursement en cas de destruction. 

    De même, les sociétés livrant des engins qui procèdent à ces destructions criminelles doivent être attaquées en justice pour complicité, et Volvo est le premier sur la liste :  

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    La loi doit être la même pour tous : il faudra bien s’habituer !

  • L'inacceptable impunité d'Israel et ses causes

    Devant le Conseil de Sécurité, notre ami Ban Ki-moon a presque failli se fâcher à propos de la situation en Palestine… C’est dire… Des propos plus que mesurés qui ont mis en transe les Israéliens, pendant que les Etats-Unis approuvent, et que les Palestiniens tirent contre leur camp… ce qui est le vrai problème.

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    Ban a condamné les attaques menées depuis plusieurs mois par des Palestiniens contre des civils israéliens mais a ajouté qu’il était « dans la nature humaine de réagir face à l’occupation qui sert d’incubateur à la haine et à l’extrémisme », ajoutant : « Les mesures sécuritaires ne pourront pas réduire à elles seules les violences. Elles ne peuvent pas résoudre le profond sentiment d'aliénation et de désespoir ressenti par certains Palestiniens - en particulier les jeunes. La force de la loi doit être exercée sur tous ceux qui commettent des crimes - avec une justice s'appliquant de manière égale aussi bien à l'encontre des Israéliens qu'à l'encontre des Palestiniens. La frustration palestinienne grandit sous le poids d’un demi-siècle d’occupation et la paralysie du processus de paix. »

    Le secrétaire général s'est ensuite déclaré « profondément inquiet » de nouveaux projets israéliens de construction de logements en Cisjordanie : « Ces initiatives provocatrices ne peuvent que faire monter encore la tension et nuire à toute perspective de règlement politique ». Et Ban a souligné : « Pour faire des progrès vers la paix il faut un gel de l'entreprise de colonisation. La poursuite des implantations est un affront fait à la population palestinienne et à la communauté internationale et soulève des questions fondamentales sur l'engagement d'Israël envers une solution à deux Etats. Les parties doivent agir, et agir immédiatement, pour éviter que la solution à deux Etats ne disparaisse pour toujours. Mettre en œuvre cette vision – deux Etats vivant côte à côte dans la paix et la sécurité - offre le seul moyen à Israël de conserver à la fois sa majorité juive et son statut démocratique. Alors que l'ensemble du Moyen-Orient continue d'être en proie à une vague incessante de terreur extrémiste, Israéliens et Palestiniens ont l'occasion de redonner espoir à une région déchirée par l'intolérance et la cruauté. Je leur demande instamment d'accepter ce défi historique ».

    Ban n’a pas oublié les réalités palestino-palestiniennes : « Je continue à penser que les conditions à Gaza posent une menace grave pour la paix et la sécurité sur le long terme dans la région ».

    Ce texte n’est pas un exploit, mais le service minimum du rappel des réalités, et il faut prendre cinq minutes pour rappeler les responsabilités vis-à-vis du peuple palestinien.

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    La première est celle de l’ONU, qui en 1947 a adopté un plan de partage de la Palestine. Or, l’ONU - celle d’avant la décolonisation qui était le club des puissances impérialistes - n’avait aucun droit pour donner ce qui ne lui appartenait pas et elle ne pouvait donner ni la terre de Palestine, ni la souveraineté du peuple palestinien. Jusqu’à preuve du contraire, on ne partage que ce qui existe, et il est bien évident que la Palestine existait, une Palestine de toutes les religions. Cette recommandation a donc conduit à la violence, la Nakba, et n’a jamais pris fin.

    La seconde est celle d’Israël, avec son armée professionnelle du crime de guerre.

    La troisième est celle des puissances occidentales qui soutiennent les yeux fermés la politique annexionniste de l’État d’Israël, quels qu’en soient les méthodes, quel qu’en soit le coût. Pour en rester à 1967, il ne serait pas difficile pour les Etats européens de condamner la colonisation de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est, reconnue comme violation flagrante du droit international par le Conseil de sécurité, non par des jolis mots mais par des mesures efficaces, en poursuivant toutes les entreprises européennes impliquées et en refusant tout statut aux produits issus de ce crime de colonisation.

    La quatrième est celle des dirigeants palestiniens qui se sont laissés engluer dans des négociations-reddition, conduisant au dépeçage de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est, et à la marginalisation de Gaza, la plus grande prison à ciel ouvert : 1,8 millions de personnes. Après des évènements qui ont brassé toute la société palestinienne et tant de fausses pistes, déserteur de la justice, Abbas s’est finalement résolu à ratifier le Traité de la Cour Pénale Internationale, mais en renonçant à déposer plainte contre Israël, et en dissimulant cette énième rouerie par des déclarations de perroquet énervé. La CPI peut agir demain: il suffit d’un fax de Ramallah déposant plainte.

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  • Rohani et Hollande : Quel avenir ?

    La diplomatie, ce sont les relations d’Etat à Etat, les sourires sans la sympathie, et la diplomatie compte surtout quand les Etats ne sont pas d’accord entre eux. De ce point de vue, la visite du président Hassan Rohani à Paris, ce week-end, ce sera un grand moment tant il existe entre les points de vue français et iraniens des désaccords majeurs, reposant sur des conceptions fondamentalement différentes du droit international.

    Le président iranien, à l'approche de cette visite, a donné une interview à Europe 1 et France 2, et sur deux questions au cœur de la politique étrangère française, il développe – sans surprise – le point de vue iranien, mais avec une assurance qui devient un défi à Hollande.

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    D’abord, Israël

    C’est le point de vue établi de l’Iran, mais à trois jours d’une réception officielle à l’Elysée, ça pèse.

    «Nous pensons que toutes les personnes qui étaient d'origine palestinienne et qui sont en errance à l'étranger doivent pouvoir tous revenir sur leurs terres. Il faut qu'il y ait des élections publiques sous la supervision des Nations unies et, quels qu'en soient les résultats, nous les accepterons ». Invité à préciser sa pensée, M. Rohani a déclaré qu'il ne parlait pas de deux États (un israélien et un palestinien), mais « d'un seul ».

    « Nous disons que tout le monde doit se réunir pour voter sur l'ensemble du territoire palestinien tel qu'il était dans ses frontières d'avant 1948. Nous disons que tous les juifs, tous les musulmans, tous les chrétiens et toutes les personnes qui sont originaires de la Palestine et qui sont en errance doivent pouvoir revenir en Palestine ».

    Interrogé sur la légitimité d’Israël, Rohani poursuit : « L'État actuel d'Israël n'est pas légitime. C'est pourquoi nous n'avons pas de relations avec eux car nous ne considérons pas cet État comme légitime ».

    Un chef d’Etat sera donc reçu à l’Elysée, après cette déclaration, et la réitérera manifestement si un journaliste lui pose la question.

    Ensuite, la Syrie

    La politique française est bien connue : la nécessité inconditionnelle du départ de Bachar El-Assad.  

    Là encore, Rohani défend la ligne de l'Iran, mais les termes choisis s’adressent à Hollande :

    « Je pense que nous devons changer la manière de poser la question, ce n'est pas une question de personnes mais du peuple syrien, il est question de stabilité et de sécurité. Certaines personnes essaient de détourner le débat, nous devons éradiquer le terrorisme en Syrie ».

    « Pensez-vous qu'on puisse lutter contre le terrorisme sans un état légitime à Damas? Quel pays peut lutter contre le terrorisme sans un état fort ? On n'a pas le droit de décider pour un pays qui doit être candidat et qui ne doit pas l'être, c'est au peuple syrien de décider ».

    Alors, Hollande ?

    Hollande,…et la classe politique ? Car il y a en France un large consensus sur ces questions. Et bien hier, aucun écho ou presque, alors que si un citoyen français se risquait à tenir de tels propos sur Israël, ce serait la correctionnelle.

    Donc, on suivra à la loupe la rencontre entre Rohani et Hollande. Bien sûr, Hollande défendra ses choix politiques, … et ses analyses juridiques. Avec comme alliés-pivots Israël et l’Arabie-saoudite, et rejetant la Russie, la Turquie, l’Iran et la Syrie.

    Tout le problème est que les rapports de force ont profondément changé au Proche-Orient. Il ne reste rien des discours ambitieux d’Obama, qui désormais laisse filer. La Russie et l’Iran tiennent la corde pour résoudre la crise syrienne, et toute la région va s’en trouver transformée. Alors un clash avec l’Iran, pourquoi pas, mais quels moyens se donne la France garder un poids politique au Proche-Orient ?

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