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palestine - Page 5

  • Mon indignation, Jacques Tardi

    Voici la publication de Jacques Tardy, dans L'Humanité

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    C’est mon indignation totale qui a motivé ce dessin. Un an après les massacres à Gaza, il faudrait que l’on fasse la fête sur les berges de la Seine. C’est de la provocation. C’est presque une insulte. C’est complètement obscène et irresponsable de la part de la Mairie de Paris. Il y a eu plus de 2 000 morts, et on fait comme si de rien n’était, comme si on voulait effacer les crimes de guerre. Cette commémoration festive des tueries est monstrueuse. On parle de culture, mais ce qu’il y a de culturel à Paris Plages, c’est surtout des recettes de cuisine et des raquettes… Tel-Aviv, ville de la tolérance ? Oui, au sens où elle tolère bien l’apartheid et l’occupation de la Palestine, même si je sais qu’il y a des Israéliens contre la colonisation. Quand au procès en antisémitisme, ça ne marche plus : on a le droit de s’exprimer sur la politique d’un état qui viole chaque jour le droit international. Ces accusations m’indiffèrent. Ce n’est pas le sujet.

  • Gaza sur Seine : Du fait du blocus, hausse du taux de mortalité infantile

    Pour la première fois en 50 ans, le taux de mortalité infantile à Gaza est en hausse, et c’est une conséquence du blocus imposé depuis neuf ans par la puissance occupante, Israël, a annoncé hier l'UNRWA, l'agence de l'ONU en charge des réfugiés palestiniens.

    En 1960, sur 1000 naissances, 127 bébés gazaouis mouraient avant l'âge d'un an. En 2008, ce chiffre tombait à 20,2, affirme l'UNRWA. Mais lors du dernier décompte en 2013, il est remonté à 22,4. De même, le nombre de bébés n'atteignant pas les quatre semaines dans la bande de Gaza est passé de 12 pour 1000 en 2008 à 20,3 en 2013, note l'UNRWA.

    Akihiro Seita, directeur du programme Santé de l'UNRWA, explique : « La mortalité infantile est l'un des meilleurs indicateurs de santé d'une population. Les progrès en termes de mortalité infantile ne connaissent normalement pas de recul, une telle hausse paraît sans précédent. Les seuls autres exemples qui me viennent à l'esprit sont ceux de pays africains ayant connu des épidémies de Sida. Il est difficile de déterminer les causes exactes de la mortalité des nourrissons mais j'ai peur qu'elle ne fasse partie d'un phénomène plus large. L'UNRWA est très inquiète de l'impact sur le long terme du blocus sur les infrastructures de santé, les fournitures en médicaments et en équipements médicaux pour Gaza ».

    L’OMS, qui avait dénoncé les attaques contre les établissements de soins à Gaza lors de l’attaque israélienne de l’été dernier, a de longue date expliqué que le blocus ruinait la santé publique à Gaza.

    En février 2015, 30 organismes internationaux d'aide humanitaire dans une déclaration de presse commune, dont le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA), le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), l'ONU-Femmes, le Programme alimentaire mondial (PAM) et l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) avaient déploré l’absence de reconstruction effective, du fait du blocus, exposant que la plupart des résidents étaient incapables de pourvoir à leurs besoins alimentaires et que plus de sept années de blocus avaient sévèrement compromis l'accès de la population aux services de base, notamment à la santé et à l'eau.

    L’OMS rappelait que près de 400.000 enfants de Gaza souffrent de détresse psychosociale à la suite du conflit armé de 50 jours en 2014. Dans ce contexte, on ne peut que saluer l’initiative de la mairie de Paris, car avec « Gaza sur Seine », l’occasion de faire la fête avec « foodtrucks, DJ set, animations ludiques et gratuites »

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    La plage de Gaza  

  • Israël : Cinq minutes de joyeuse propagande dans Le Monde (occidental)

    Voici le drolatique article publié hier par Le Monde (occidental) sur la situation en Israël après les actes criminels de Naplouse : un bébé mort, ses parents entre la vie et la mort, dans le contexte de la colonisation. 

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    *   *   *

    Arrestation d’un extrémiste juif en lien avec les violences antipalestiniennes

    Les services de sécurité israéliens ont annoncé avoir arrêté, lundi 3 août, un chef de file juif extrémiste, Meïr Ettinger, quatre jours après l’incendie criminel qui a coûté vendredi la vie à un bébé palestinien en Cisjordanie occupée« Meïr Ettinger a été arrêté à Safed en raison de ses activités au sein d’une organisation juive extrémiste », a indiqué un porte-parole du Shin Beth, le service de sécurité intérieure.

    Âgé d’une vingtaine d’années, M. Ettinger a été arrêté « pour des crimes nationalistes », a affirmé une porte-parole de la police, sans préciser s’il était soupçonné d’être directement impliqué dans l’incendie de vendredi ou s’il était inquiété pour sa participation à d’autres violences racistes. Sur son blog, Meïr Ettinger avait justifié ces derniers jours des attaques contre le « péché » que représente selon lui l’existence d’églises et de mosquées qualifiées de « lieux de cultes païens ».

    Il doit être présenté devant un tribunal mardi pour la prolongation de sa garde à vue. Selon les médias israéliens, il serait soupçonné d’être le cerveau d’un groupuscule responsable de l’incendie le 18 juin de l’église de la Multiplication des pains sur les bords du lac de Tibériade, un des hauts lieux du christianisme.

    Meïr Etttinger est le petit-fils de Meïr Kahane, un rabbin fondateur du mouvement raciste anti-arabe Kach, assassiné en 1990 à New York. Il avait été interdit de séjour au début de l’année pour une période d’un an en Cisjordanie et à Jérusalem « en raison de ses activités », a précisé le porte-parole du Shin Beth.

    Il pourrait être placé en détention administrative pendant plusieurs mois dans le cadre du durcissement de la politique contre les « terroristes juifs » annoncé par le gouvernement. Ces détentions administratives habituellement utilisées contre des Palestiniens peuvent désormais être appliquées à des Juifs si les preuves accumulées contre les suspects ne sont pas suffisantes pour justifier l’ouverture d’une procédure judiciaire normale, ou s’ils refusent de parler durant les interrogatoires.

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    Ah que c’est beau le droit raconté par Le Monde (des ténèbres) … Sauf que…

    1/

    Le fait dont le monde entier parle, c’est un acte criminel, un assassinat en bande organisée. Pour faire sérieux, l’assemblée des crapules, au cerveau programmé par le philosophe George W. Bush, a parlé de terrorisme. Avec ce mot magique, on a vite compris : encore de la manip’ à la con, genre la masse des gentils contre d’irréductibles méchants, ultra-minoritaire... C’est donc le premier tour de passe-passe : rien à dire contre la colonisation, seuls les colons extrémistes qui sont condamnables ! Merci Le Monde (de l’entourloupe)... La colonisation est une violation grave des Conventions de Genève, et un crime de guerre, comme le rappelle l’excellent rapport du Professeur Pal Wrange, de ce mois de juillet, rédigé pour le compte du Parlement européen. Et comme Netanyahu vient de signer l’accord pour 800 nouvelles constructions, on attend l’édito du Monde (des indignations sélectives) : « Violations graves du droit et crimes de guerre : qu’attend la CPI pour poursuivre Netanyahu ? ». Trop franc et trop risqué : ce n'est pas le genre de la maison, qui préfère commenter les communiqués du Shin Beth. 

    2/

    Quand il y a un crime, c’est la police judiciaire qui enquête, soit la police sous le contrôle de la justice, car il faut réunir des preuves dans le cadre du procès équitable. Mais là, c’est le Shin Beth, le service de sécurité intérieure, qui est à la manœuvre. Rien à voir donc avec l’affaire de Naplouse, ni avec l’idée de justice. D’ailleurs, cette arrestation est un pur dérivatif : un mec archi-connu, surveillé par la sécurité 24 heures sur 24, et qui dit tout ce qu’il pense sur son blog. Tellement allumé qu’il a été interdit de séjour en Cisjordanie et à Jérusalem... Donc, on n’a pas progressé d’un centimètre, et cette fausse annonce est juste une manière de nourrir le mythe des colons gentils, pollués par les méchants…

    3/

    Le Monde (qui nous prend pour des crétins finis) nous explique que les services de sécurité israéliens sont tellement bienveillants à l’égard des Palestiniens que le mec a été arrêté alors qu’en fait il n’y a aucune preuve contre lui. Il ne sera donc pas inculpé, et il sera simplement placé en rétention administrative, ce régime qui était réservé aux Palestiniens, et qui par miracle du calendrier, vient d’être ouvert au Israéliens... 

    Admirons au passage cette parfaite culture de la soumission, dans la balance de cette phrase : la rétention administrative était réservé « aux Palestiniens » et elle est désormais possible pour  « les Juifs». La confessionnalisation de l'Etat d’Israël comme un fait acquis... La doctrine Netanyahu parfaitement métabolisée par la propagande occidentale. 

    Donc, pour résumer la pensée du Monde (de la poussière) : la colonisation n’est pas un crime, et les services de sécurité assurent le respect des normes impératives du droit international. Merci les amis du Monde (de la daube), et bonnes vacances ! 

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  • Bébé palestinien assassiné : Pourquoi la Palestine ne juge-t-elle pas les coupables ?

    Le crime a été signé par des graffitis en hébreu « vengeance » et « le prix à payer » sur les murs de la maison. Les faits ont eu lieu dans la nuit de jeudi à vendredi, peu après minuit, dans le village de Douma près de Naplouse, au nord de la Cisjordanie. La famille Dawabcheh, un jeune couple et ses deux enfants dormaient paisiblement. Deux assassins se sont approchés, et ont jeté dans la maison des produits incendiaires. Un désastre. Ali, le petit bébé de 18 mois est mort brulé vif, et la mère, Riham, 26 ans, a été atteinte de brûlures du 3° degré sur 90% du corps. Le père Saad et l’autre fils Ahmed, 4 ans, ont été aussi grièvement brûlés, tous devant être hospitalisés.Le père serait brûlé à 80% au 3° degré. A ce stade, l'option est entre la survie et une vie définitivement cassée. 

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    Le lieutenant-colonel Peter Lerner, porte-parole de l'armée israélienne, a déclaré qu’une enquête avait été ouverte, et qu’il s'agissait de « rien de moins qu'un acte de terrorisme barbare ». Netanyahu a dénoncé un acte terroriste, et a appelé Abbas pour lui dire que la justice israélienne serait intraitable. En soirée, Abbas a déclaré « douter qu'Israël mette en œuvre une véritable justice », ajoutant que « les Palestiniens déposeraient samedi un nouveau dossier pour crime de guerre devant la Cour pénale internationale ».

    Tout ceci est écœurant, de A à Z.

    Un crime, ce sont des faits et un contexte, toujours.

    Le contexte, c’est celui du mépris des droits du peuple palestinien depuis 1947 et la colonisation organisée par tous les gouvernements israéliens depuis 1967, pour miner l’avenir d’un Etat Palestinien. C’est le radicalisme de Netanyahu qui jeudi encore autorisait 300 constructions nouvelles. Le contexte, c’est donc 70 ans de politique sioniste.

    Les faits ? Ils sont hélas simples, et encouragés par l’impunité. En mai, l'ONG israélienne Yesh Din a publié un rapport selon lequel 7,4% seulement des plaintes déposées par les Palestiniens contre les violences des colons conduisent à des poursuites, et un tiers débouche sur une condamnation. Donc 2%. Hier, Ban Ki-moon a critiqué le gouvernement israélien pour son « incapacité persistante à faire cesser l'impunité » des colons.

    Aussi, la question qu’il faut poser, loin des déclarations tonitruantes maintes fois entendues, est simple : alors que ce crime a été commis en Palestine avec des victimes palestiniennes, pourquoi le gouvernement palestinien n’exige-t-il pas de juger lui-même les auteurs ?

    Les dirigeants palestiniens dénoncent à longueur d’année les crimes commis par la puissance occupante et l’impunité qu’elle organise avec méthode, mais jamais l’Etat de Palestine n’a engagé lui-même les poursuites, organisant une instruction judiciaire, lançant des mandats d’arrêts et prenant à témoin l’opinion mondiale devant un Etat d’Israël qui refuserait de lui livrer les criminels… Soixante-dix ans de violation des droits, et pas un seul procès,… il a quand même de sérieuses questions à se poser !  

    Dans cette affaire, les colons sont partis se terrer dans leurs colonies, et ce n’est pas la police palestinienne qui ira les débusquer. Certes. Mais alors que Netanyahu a annoncé un enquête exemplaire, pourquoi le gouvernement de Palestine n’a-t-il pas ouvert lui-aussi une information judiciaire pour ce crime commis contre ses ressortissants et sur son territoire, et demandé que les criminels lui soient livrés ?  Pourquoi renoncer à l’idée de juger les crimes des colons ? Des décennies de colonisation, de crimes, et jamais le début d’un procès...  C’est sidérant, et ça montre ce qu’il en est réellement de la volonté d’exercer le pouvoir d’Etat. C’est un constat, cruel et tellement parlant.  

    Quant à l’histoire de « transférer ce dossier à la CPI », arrêtons la mascarade. Il ne s’agit pas de « transférer le dossier » mais de porter plainte, et malgré la ratification du traité de la CPI, qui est pleinement compétente depuis juin 2014, le gouvernement de Palestine n’a toujours pas déposé plainte pour l’agression militaire commise il y a un an sur Gaza, avec 2100 morts, des blessés graves par milliers, et des destructions de masse de biens civils. C’est donc un transfert d’informations sans plainte, et le seul but est de duper l’opinion...  et discréditer la CPI. Alors qu’il s’agit de défendre les droits les plus fondamentaux, ces gesticulations sont pitoyables. Ce crime crapuleux est-il suffisament lié à l'Etat pour être un crime de guerre? C'est loin d’être évident. 

    Qu’Abbas commence donc par déposer plainte contre Netanyahu pour les 300 constructions nouvelles annoncées jeudi, au nom du crime de colonisation (CPI, art. 8,2,b,viii). Là, on le prendra au sérieux,... mais ce n’est pas demain la veille.

    Spectacle poignant que ce peuple palestinien livré à lui-même, et qui résiste.  

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