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palestine - Page 5

  • Israël : Cinq minutes de joyeuse propagande dans Le Monde (occidental)

    Voici le drolatique article publié hier par Le Monde (occidental) sur la situation en Israël après les actes criminels de Naplouse : un bébé mort, ses parents entre la vie et la mort, dans le contexte de la colonisation. 

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    *   *   *

    Arrestation d’un extrémiste juif en lien avec les violences antipalestiniennes

    Les services de sécurité israéliens ont annoncé avoir arrêté, lundi 3 août, un chef de file juif extrémiste, Meïr Ettinger, quatre jours après l’incendie criminel qui a coûté vendredi la vie à un bébé palestinien en Cisjordanie occupée« Meïr Ettinger a été arrêté à Safed en raison de ses activités au sein d’une organisation juive extrémiste », a indiqué un porte-parole du Shin Beth, le service de sécurité intérieure.

    Âgé d’une vingtaine d’années, M. Ettinger a été arrêté « pour des crimes nationalistes », a affirmé une porte-parole de la police, sans préciser s’il était soupçonné d’être directement impliqué dans l’incendie de vendredi ou s’il était inquiété pour sa participation à d’autres violences racistes. Sur son blog, Meïr Ettinger avait justifié ces derniers jours des attaques contre le « péché » que représente selon lui l’existence d’églises et de mosquées qualifiées de « lieux de cultes païens ».

    Il doit être présenté devant un tribunal mardi pour la prolongation de sa garde à vue. Selon les médias israéliens, il serait soupçonné d’être le cerveau d’un groupuscule responsable de l’incendie le 18 juin de l’église de la Multiplication des pains sur les bords du lac de Tibériade, un des hauts lieux du christianisme.

    Meïr Etttinger est le petit-fils de Meïr Kahane, un rabbin fondateur du mouvement raciste anti-arabe Kach, assassiné en 1990 à New York. Il avait été interdit de séjour au début de l’année pour une période d’un an en Cisjordanie et à Jérusalem « en raison de ses activités », a précisé le porte-parole du Shin Beth.

    Il pourrait être placé en détention administrative pendant plusieurs mois dans le cadre du durcissement de la politique contre les « terroristes juifs » annoncé par le gouvernement. Ces détentions administratives habituellement utilisées contre des Palestiniens peuvent désormais être appliquées à des Juifs si les preuves accumulées contre les suspects ne sont pas suffisantes pour justifier l’ouverture d’une procédure judiciaire normale, ou s’ils refusent de parler durant les interrogatoires.

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    Ah que c’est beau le droit raconté par Le Monde (des ténèbres) … Sauf que…

    1/

    Le fait dont le monde entier parle, c’est un acte criminel, un assassinat en bande organisée. Pour faire sérieux, l’assemblée des crapules, au cerveau programmé par le philosophe George W. Bush, a parlé de terrorisme. Avec ce mot magique, on a vite compris : encore de la manip’ à la con, genre la masse des gentils contre d’irréductibles méchants, ultra-minoritaire... C’est donc le premier tour de passe-passe : rien à dire contre la colonisation, seuls les colons extrémistes qui sont condamnables ! Merci Le Monde (de l’entourloupe)... La colonisation est une violation grave des Conventions de Genève, et un crime de guerre, comme le rappelle l’excellent rapport du Professeur Pal Wrange, de ce mois de juillet, rédigé pour le compte du Parlement européen. Et comme Netanyahu vient de signer l’accord pour 800 nouvelles constructions, on attend l’édito du Monde (des indignations sélectives) : « Violations graves du droit et crimes de guerre : qu’attend la CPI pour poursuivre Netanyahu ? ». Trop franc et trop risqué : ce n'est pas le genre de la maison, qui préfère commenter les communiqués du Shin Beth. 

    2/

    Quand il y a un crime, c’est la police judiciaire qui enquête, soit la police sous le contrôle de la justice, car il faut réunir des preuves dans le cadre du procès équitable. Mais là, c’est le Shin Beth, le service de sécurité intérieure, qui est à la manœuvre. Rien à voir donc avec l’affaire de Naplouse, ni avec l’idée de justice. D’ailleurs, cette arrestation est un pur dérivatif : un mec archi-connu, surveillé par la sécurité 24 heures sur 24, et qui dit tout ce qu’il pense sur son blog. Tellement allumé qu’il a été interdit de séjour en Cisjordanie et à Jérusalem... Donc, on n’a pas progressé d’un centimètre, et cette fausse annonce est juste une manière de nourrir le mythe des colons gentils, pollués par les méchants…

    3/

    Le Monde (qui nous prend pour des crétins finis) nous explique que les services de sécurité israéliens sont tellement bienveillants à l’égard des Palestiniens que le mec a été arrêté alors qu’en fait il n’y a aucune preuve contre lui. Il ne sera donc pas inculpé, et il sera simplement placé en rétention administrative, ce régime qui était réservé aux Palestiniens, et qui par miracle du calendrier, vient d’être ouvert au Israéliens... 

    Admirons au passage cette parfaite culture de la soumission, dans la balance de cette phrase : la rétention administrative était réservé « aux Palestiniens » et elle est désormais possible pour  « les Juifs». La confessionnalisation de l'Etat d’Israël comme un fait acquis... La doctrine Netanyahu parfaitement métabolisée par la propagande occidentale. 

    Donc, pour résumer la pensée du Monde (de la poussière) : la colonisation n’est pas un crime, et les services de sécurité assurent le respect des normes impératives du droit international. Merci les amis du Monde (de la daube), et bonnes vacances ! 

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  • Bébé palestinien assassiné : Pourquoi la Palestine ne juge-t-elle pas les coupables ?

    Le crime a été signé par des graffitis en hébreu « vengeance » et « le prix à payer » sur les murs de la maison. Les faits ont eu lieu dans la nuit de jeudi à vendredi, peu après minuit, dans le village de Douma près de Naplouse, au nord de la Cisjordanie. La famille Dawabcheh, un jeune couple et ses deux enfants dormaient paisiblement. Deux assassins se sont approchés, et ont jeté dans la maison des produits incendiaires. Un désastre. Ali, le petit bébé de 18 mois est mort brulé vif, et la mère, Riham, 26 ans, a été atteinte de brûlures du 3° degré sur 90% du corps. Le père Saad et l’autre fils Ahmed, 4 ans, ont été aussi grièvement brûlés, tous devant être hospitalisés.Le père serait brûlé à 80% au 3° degré. A ce stade, l'option est entre la survie et une vie définitivement cassée. 

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    Le lieutenant-colonel Peter Lerner, porte-parole de l'armée israélienne, a déclaré qu’une enquête avait été ouverte, et qu’il s'agissait de « rien de moins qu'un acte de terrorisme barbare ». Netanyahu a dénoncé un acte terroriste, et a appelé Abbas pour lui dire que la justice israélienne serait intraitable. En soirée, Abbas a déclaré « douter qu'Israël mette en œuvre une véritable justice », ajoutant que « les Palestiniens déposeraient samedi un nouveau dossier pour crime de guerre devant la Cour pénale internationale ».

    Tout ceci est écœurant, de A à Z.

    Un crime, ce sont des faits et un contexte, toujours.

    Le contexte, c’est celui du mépris des droits du peuple palestinien depuis 1947 et la colonisation organisée par tous les gouvernements israéliens depuis 1967, pour miner l’avenir d’un Etat Palestinien. C’est le radicalisme de Netanyahu qui jeudi encore autorisait 300 constructions nouvelles. Le contexte, c’est donc 70 ans de politique sioniste.

    Les faits ? Ils sont hélas simples, et encouragés par l’impunité. En mai, l'ONG israélienne Yesh Din a publié un rapport selon lequel 7,4% seulement des plaintes déposées par les Palestiniens contre les violences des colons conduisent à des poursuites, et un tiers débouche sur une condamnation. Donc 2%. Hier, Ban Ki-moon a critiqué le gouvernement israélien pour son « incapacité persistante à faire cesser l'impunité » des colons.

    Aussi, la question qu’il faut poser, loin des déclarations tonitruantes maintes fois entendues, est simple : alors que ce crime a été commis en Palestine avec des victimes palestiniennes, pourquoi le gouvernement palestinien n’exige-t-il pas de juger lui-même les auteurs ?

    Les dirigeants palestiniens dénoncent à longueur d’année les crimes commis par la puissance occupante et l’impunité qu’elle organise avec méthode, mais jamais l’Etat de Palestine n’a engagé lui-même les poursuites, organisant une instruction judiciaire, lançant des mandats d’arrêts et prenant à témoin l’opinion mondiale devant un Etat d’Israël qui refuserait de lui livrer les criminels… Soixante-dix ans de violation des droits, et pas un seul procès,… il a quand même de sérieuses questions à se poser !  

    Dans cette affaire, les colons sont partis se terrer dans leurs colonies, et ce n’est pas la police palestinienne qui ira les débusquer. Certes. Mais alors que Netanyahu a annoncé un enquête exemplaire, pourquoi le gouvernement de Palestine n’a-t-il pas ouvert lui-aussi une information judiciaire pour ce crime commis contre ses ressortissants et sur son territoire, et demandé que les criminels lui soient livrés ?  Pourquoi renoncer à l’idée de juger les crimes des colons ? Des décennies de colonisation, de crimes, et jamais le début d’un procès...  C’est sidérant, et ça montre ce qu’il en est réellement de la volonté d’exercer le pouvoir d’Etat. C’est un constat, cruel et tellement parlant.  

    Quant à l’histoire de « transférer ce dossier à la CPI », arrêtons la mascarade. Il ne s’agit pas de « transférer le dossier » mais de porter plainte, et malgré la ratification du traité de la CPI, qui est pleinement compétente depuis juin 2014, le gouvernement de Palestine n’a toujours pas déposé plainte pour l’agression militaire commise il y a un an sur Gaza, avec 2100 morts, des blessés graves par milliers, et des destructions de masse de biens civils. C’est donc un transfert d’informations sans plainte, et le seul but est de duper l’opinion...  et discréditer la CPI. Alors qu’il s’agit de défendre les droits les plus fondamentaux, ces gesticulations sont pitoyables. Ce crime crapuleux est-il suffisament lié à l'Etat pour être un crime de guerre? C'est loin d’être évident. 

    Qu’Abbas commence donc par déposer plainte contre Netanyahu pour les 300 constructions nouvelles annoncées jeudi, au nom du crime de colonisation (CPI, art. 8,2,b,viii). Là, on le prendra au sérieux,... mais ce n’est pas demain la veille.

    Spectacle poignant que ce peuple palestinien livré à lui-même, et qui résiste.  

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  • Pacte militaire Grèce-Israël, par Manlio Dinucci

    Quand Tsipras est arrivé au gouvernement en Grèce, l’alarme a sonné en Israël : Syriza, soutien de la cause palestinienne, demandait de mettre fin à la coopération militaire de la Grèce avec Israël. Face à la brutale répression israélienne contre les Palestiniens, prévenait Tsipras, « nous ne pouvons pas rester passifs, parce que ce qui arrive aujourd’hui sur l’autre rive de la Méditerranée, peut arriver sur notre rive demain ». Sept mois plus tard, fin de l’alarme : Panos Kammenos, ministre de la défense du gouvernement Tsipras, est allé en visite officielle à Tel Aviv, où le 19 juillet il a signé avec le ministre israélien de la défense, Moshe Ya’alon, un important accord militaire. Pour ce déplacement, Kammenos, fondateur du nouveau parti de droite Anel, a choisi le moment où la Grèce était prise en tenailles par la question de la dette. L’ «Accord sur le statut des forces », communique le Ministère grec de la défense, établit le cadre juridique qui permet au « personnel militaire de chacun des deux pays de se rendre et résider dans l’autre pour participer à des exercices et activités de coopération ». Un accord semblable n’a été signé par Israël qu’avec les Etats-Unis. Dans l’agenda des entretiens on trouve aussi la « coopération dans le domaine de l’industrie militaire » et la « sécurité maritime », notamment des gisements offshore de gaz qu’Israël, Grèce et Chypre considèrent comme leur « zone économique exclusive », en repoussant les revendications de la Turquie.

    Sur la table de la rencontre « les questions de la sécurité au Moyen-Orient et en Afrique du Nord ». Faisant écho à Ya’alon qui a dénoncé l’Iran comme « générateur de terrorisme, dont l’ambition hégémonique mine la stabilité d’autres Etats », Kammenos a déclaré : « La Grèce aussi est dans le rayon des missiles iraniens ; si un seul réussit à atteindre la Méditerranée, ce pourrait être la fin des Etats de cette région ». Il a ensuite rencontré les dirigeants des forces armées israéliennes pour établir une coordination plus étroite avec celles grecques. En même temps le chef de la marine militaire hellène, le vice-amiral Evangelos Apostolakis, a signé avec la contrepartie israélienne un accord de coopération sur des « services hydrographiques » non mieux précisés. Le pacte militaire avec Israël, stipulé au nom du gouvernement Tsipras, n’est pas seulement un succès personnel de Kammenos. Il entre dans la stratégie USA/Otan qui, dans l’offensive vers l’Est et vers le Sud, vise à intégrer toujours plus étroitement la Grèce non seulement dans l’Alliance mais dans la coalition plus ample comprenant des pays comme Israël, Arabie Saoudite, Ukraine et autres.

    Le secrétaire général  Stoltenberg a déclaré que le « paquet de sauvetage » UE pour la Grèce est « important pour toute l’Otan », la Grèce étant un « solide allié qui dépense plus de 2% de son PIB pour la défense »  (niveau atteint en Europe seulement par la Grande-Bretagne et l’Estonie). Particulièrement importante pour l’Otan la base aéronavale de la baie de Suda en Crète, utilisée de façon permanente par les Etats-Unis et d’autres alliés, dans ces dernières années pour la guerre contre la Libye et les opérations militaires en Syrie. Maintenant utilisable, grâce au pacte avec la Grèce, également par Israël surtout en fonction anti-Iran.

    Dans ce cadre stratégique se recomposent les conflits d’intérêt entre Grèce et Israël, d’un côté, et Turquie de l’autre. La Turquie, où l’Otan a plus de 20 bases et le Commandement des forces terrestres, au nom de la « lutte contre l’Isis » bombarde les Kurdes du PKK (vrais combattants anti-Isis) et, avec les USA et les « rebelles », se prépare à occuper la bande septentrionale du territoire syrien. En vertu de l’article 4 du Pacte Atlantique, car elle considère que sont menacées sa sécurité et son intégrité territoriale.

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    Convictions à vendre, bon état, pas cher, crédit possible  

  • Merkel fait pleurer une jeune Palestinienne

    Comment alimenter les caricatures ? L’une des conséquences de l’accord pourri imposé au peuple grec a été de faire ressortir la caricature d’Allemands implacables quand il s’agit de défendre leurs intérêts. Une caricature, car personne ne confond les choix politiques de quelques-uns avec la société allemande. Nous avons tous trop d’amis en Allemagne pour dire l’air entendu : « Ah, les Allemands…».

    Après, ce serait bien d’avoir un peu de mémoire, pour ajuster les critiques…

    Quand on voit Wolfgang Schäuble, le ministre des finances, jouer les pères la rigueur et donner des leçons de morale alors que ce type était le pivot du système du financement occulte de la CDU à l’époque d’Helmut Kohl… Un financement par des commissions sur des marchés d’armes passés avec l’Arabie Saoudite… Pour se planquer, ces professeurs de vertus inventaient de fausses donations faites par des personnes décédées, et ils faisaient transiter les sommes par des comptes planqués dans des paradis fiscaux. Le dossier a prouvé que Schäuble s’était mis 50.000 € en direct dans la poche… Le même qui vient aujourd’hui persécuter les retraités grecs qui plafonnent, à 500 € par mois.

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    Autre volet, avec cette vidéo d’Angela Merkel qui date de quelques jours. Une vidéo très dure. 

    C’est une opération de com’ : visite d’une école et petit débat public sur le thème « Bien vivre en Allemagne ».

    Dans le tour de table, prend la parole Reem, mignonne à craquer. C’est une jeune palestinienne, qui dans un allemand impeccable, explique que ses parents font l’objet d’une mesure d’expulsion au Liban, qu’elle va elle aussi être expulsée vers ce pays qu’elle a quitté il y a quatre ans, et que c’est sa vie qui bascule :

    « Nous venons d’avoir une période difficile, car nous avons failli être expulsés d’Allemagne. J’allais très mal à l’école, les professeurs et les élèves l’ont remarqué ».

    « Tu devais retourner au Liban ? »

    « Oui, c’est cela. J’ai aussi des projets, je voudrais étudier à l’université, c’est vraiment un souhait, un objectif que je veux atteindre. Et c’est vraiment désagréable de voir que d’autres peuvent savourer l’existence et que soi-même, on ne peut pas partager ça avec eux ».

    Et Merkel se lance sur le thème « nous et les pauvres » : la politique est rude, mais il faut être réaliste. Liban n'était pas un pays en guerre et l'Allemagne ne peut accueillir tous les réfugiés… Et sinon on aura toute l’Afrique… « Tu es devant moi et tu es une personne extrêmement sympathique mais tu sais aussi que dans les camps de réfugiés palestiniens au Liban, ils sont des milliers et des milliers ». Au Liban il y a des dizaines de milliers de prisonniers, et le Liban, qui est plus petit et moins riche que l'Allemagne, est mieux placé pour s’occuper de toi et de ta famille. Tes études universitaires, j'en ai rien à braire. Donc, tu dégages, et le problème de ta vie, je m’en tape.  

     

    La jeune fille fond en larmes, et Merkel s’approche pour lui glisser : « Oh, allez, tu t'en es bien sortie », comme si la jeune fille était émue d’avoir pris la parole en public.

     

    Le modérateur fait remarquer à Merkel qu’elle ne pleure pas pour cela… Merkel fait mine d’acquiescer et gratifie la jeune fille d’une caresse sur la tête… et continuant son discours de pierre...

    Pas le même monde…

    Les internautes ont trouvé la meilleure réponse, par l’humour.

    Merkel s’adresse à des lycéens pour leur expliquer que l’Allemagne ne peut accepter tous les réfugiés, et un lycéen lui répond : « Alors, tu vas devoir retourner en RDA ? »

  • Ramadan : Les Palestiniens musulmans interdits de se rendre à Jérusalem

    J’ose à peine l’écrire : Jérusalem, la ville des trois grandes religions monothéistes, n’est comme aucune autre. C’est la ville de tous. Jérusalem parle au monde.

    Les impérialistes qui tenaient l’ONU en 1945, qui voulaient dépecer l’ancestrale Palestine, avaient adopté la fameuse recommandation de 29 novembre 1947. Une simple recommandation car la majorité dominant l’ONU, quelle que soit sa volonté, ne pouvait pas donner aux sionistes ce qui relevait de la souveraineté palestinienne, attestée par le mandat de 1922 et toute la pratique internationale qui a suivi. Donc une simple recommandation, légitimant le coup de force terroriste de la Nakba. Depuis l’ONU ne cesse de rappeler sa responsabilité, mais c’est du pur bidon.

    Donc, soyons pragmatiques : l’ONU a préparé le terrain, leur donnant l’argument pour recourir aux armes contre les populations civiles arabes de Palestine. L’ONU est le premier fauteur de trouble pour les Palestiniens… gérant benoitement la misère et les réfugiés… sans aucune réaction contre l’agresseur et ses alliés.

    Mais, la faiblesse de l’ONU devant le diktat des puissances occidentales n’était pas sans limite, et la « recommandation » avait réservé le sort de Jérusalem, pour lui prévoir un statut international.

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    Cette photo, c'est la Mosquée Al Aqsa. Au second plan, l'esplanade des mosquées,

    et le Dôme du Rocher, maginifique, mais qui n'est qu'une partie de la Mosquée Al Aqsa

     

     

    Troisième partie : Ville de Jérusalem

    A/ Régime spécial

    La Ville de Jérusalem sera constituée en corpus separatum sous un régime international spécial et sera administrée par les Nations unies. Le Conseil de tutelle sera désigné pour assurer, au nom de l’Organisation des Nations unies, les fonctions d’Autorité chargée de l’administration.

    B/ Frontières de la ville

    La Ville de Jérusalem comprendra la municipalité actuelle de Jérusalem plus les villages et centres environnants, dont le plus oriental sera Abu Dis, le plus méridional Bethléem, le plus occidental Ein Karim (y compris l’agglomération de Motsa) et le plus septentrional Shu’fat, comme le montre la carte schématique ci-jointe (annexe B).

    C/ Statut de la ville

    Le Conseil de tutelle devra, dans les cinq mois à dater de l’approbation du présent plan, élaborer et approuver un Statut détaillé de la Ville comprenant, notamment, l’essentiel des dispositions suivantes :

    1. Mécanisme gouvernemental : ses fins particulières

    L’Autorité chargée de l’administration, dans l’accomplissement de ses obligations administratives, poursuivra les fins particulières ci-après :

    a) Protéger et préserver les intérêts spirituels, et religieux sans pareils qu’abrite la Ville des trois grandes croyances monothéistes répandues dans le monde entier : christianisme, judaïsme et islamisme ; à cette fin, faire en sorte que l’ordre et la paix, et la paix religieuse surtout, règnent à Jérusalem ;

    b) Stimuler l’esprit de coopération entre tous les habitants de la Ville, aussi bien dans leur propre intérêt que pour contribuer de tout leur pouvoir, dans toute la Terre sainte, à l’évolution pacifique des relations entre les deux peuples palestiniens ; assurer la sécurité et le bien-être et encourager toute mesure constructive propre à améliorer la vie des habitants, eu égard à la situation et aux coutumes particulières des différents peuples et communautés.

    2. Gouverneur et personnel administratif.

    Le Conseil de tutelle procédera à la nomination d’un Gouverneur de Jérusalem, qui sera responsable devant lui. Ce choix se fondera sur la compétence particulière des candidats, sans tenir compte de leur nationalité. Toutefois, nul citoyen de l’un ou de l’autre État palestinien ne pourra être nommé Gouverneur.

    Le Gouverneur sera le représentant de l’Organisation des Nations unies dans la Ville de Jérusalem, et exercera en son nom tous les pouvoirs d’ordre administratif, y compris la conduite des affaires étrangères. Il sera assisté par un personnel administratif dont les membres seront considérés comme des fonctionnaires internationaux au sens de l’article 100 de la Charte et seront choisis, dans la mesure du possible, parmi les habitants de la ville et du reste de la Palestine sans distinction de race. Pour l’organisation de l’administration de la Ville, le gouverneur soumettra un plan détaillé au Conseil de tutelle, par qui il sera dûment approuvé.

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    3. Autonomie locale

    a) Les subdivisions locales autonomes qui composent actuellement le territoire de la Ville (villages, communes et municipalités) disposeront à l’échelon local de pouvoirs étendus de gouvernement et d’administration. b) Le Gouverneur étudiera et soumettra à l’examen et à la décision du Conseil de tutelle un plan de création de secteurs municipaux spéciaux comprenant respectivement le quartier juif et le quartier arabe de la nouvelle Jérusalem. Les nouveaux arrondissements continueront à faire partie de la municipalité actuelle de Jérusalem.

    4. Mesures de sécurité

    a) La Ville de Jérusalem sera démilitarisée ; sa neutralité sera proclamée et protégée et aucune formation paramilitaire, aucun exercice ni aucune activité paramilitaires ne seront autorisés dans ses limites.

    b) Au cas où un ou plusieurs groupes de la population réussiraient par leur ingérence ou leur manque de coopération à entraver ou paralyser gravement l’administration de la Ville de Jérusalem, le Gouverneur sera autorisé à prendre les mesures nécessaires pour rétablir un fonctionnement efficace de l’administration.

    c) Pour faire respecter la loi et l’ordre dans la Ville, et veiller en particulier à la protection des Lieux saints et des édifices et emplacements religieux, le Gouverneur organisera un corps spécial de police, disposant de forces suffisantes, dont les membres seront recrutés en dehors de la Palestine. Le Gouverneur aura le droit d’ordonner l’ouverture de crédits nécessaires à l’entretien de ce corps.

    5. Organisation législative

    Un Conseil législatif élu au suffrage universel et au scrutin secret, selon une représentation proportionnelle, par les habitants adultes de la Ville, sans distinction de nationalité, disposera des pouvoirs législatifs et fiscaux. Toutefois, aucune mesure législative ne devra être en opposition ou en contradiction avec les dispositions qui seront prévues dans le Statut de la Ville et aucune loi, aucun règlement ni aucune action officielle ne prévaudront contre ces dispositions. Le Statut donnera au Gouverneur le droit de veto sur les projets de lois incompatibles avec les dispositions en question. Il lui conférera également le pouvoir de promulguer des ordonnances provisoires, dans le cas où le Conseil manquerait d’adopter en temps utile un projet de loi considéré comme essentiel au fonctionnement normal de l’administration.

    6. Administration de la justice

    Le Statut devra prévoir la création d’organes judiciaires indépendants et notamment d’une cour d’appel, dont tous les habitants de la Ville seront justiciables.

    7. Union économique et régime économique

    La Ville de Jérusalem sera incluse dans l’Union économique palestinienne et elle sera liée par toutes les dispositions de l’engagement et de tout traité qui en procédera, ainsi que par toutes les décisions du Conseil économique mixte. Le siège du Conseil économique sera établi dans le territoire de la Ville.

    Le Statut devra prévoir les règlements nécessaires pour les questions économiques non soumises au régime de l’Union économique sur la base non discriminatoire d’un traitement égal pour tous les États membres des Nations unies et leurs ressortissants.

    8. Liberté de passage et de séjour ; contrôle des résidents

    Sous réserve de considérations de sécurité, et compte tenu des nécessités économiques telles que le Gouverneur les déterminera conformément aux instructions du Conseil de tutelle, la liberté de pénétrer et de résider dans les limites de la Ville sera garantie aux résidents ou citoyens de l’État arabe et de l’État juif. L’immigration et la résidence à l’intérieur des limites de la Ville pour les ressortissants des autres États seront soumises à l’autorité du Gouverneur agissant conformément aux instructions du Conseil de tutelle.

    9. Relations avec l’État arabe et l’État juif

    Des représentants de l’État arabe et de l’État juif seront accrédités auprès du Gouverneur de la Ville et chargés de la protection des intérêts de leurs États et de ceux de leurs ressortissants auprès de l’administration internationale de la Ville.

    10. Langues officielles

    L’arabe et l’hébreu seront les langues officielles de la Ville. Cette disposition n’empêchera pas l’adoption d’une ou plusieurs langues de travail supplémentaires, selon les besoins.

    11. Citoyenneté

    Tous les résidents deviendront ipso facto citoyens de la Ville de Jérusalem, à moins qu’ils n’optent pour l’État dont ils étaient citoyens, ou que, Arabes ou Juifs, ils n’aient officiellement fait connaître leur intention de devenir citoyens de l’État arabe ou de l’État juif, conformément au paragraphe 9 de la section B de la première partie du présent plan.

    Le Conseil de tutelle prendra des arrangements pour assurer la protection consulaire des citoyens de la ville à l’extérieur de son territoire.

    12. Libertés des citoyens

    a) Seront garantis aux habitants de la Ville, sous réserve des seules exigences de l’ordre public et de la morale, les droits de l’homme et les libertés fondamentales, liberté de conscience, de religion et de culte, libre choix de la langue, du mode d’instruction, liberté de parole et liberté de la presse, liberté de réunion, d’association et de pétition.

    b) On ne fera entre les habitants aucune espèce de distinctions fondées sur la race, la religion, la langue ou le sexe.

    c) Toutes les personnes résidant à l’intérieur de la Ville auront un droit égal à la protection des lois.

    d) Le droit familial et le statut personnel des différents individus et des diverses communautés, ainsi que leurs intérêts religieux, y compris les fondations, seront respectés.

    e) Sous réserve des nécessités du maintien de l’ordre public et de la bonne administration, on ne prendra aucune mesure qui mettrait obstacle à l’activité des institutions religieuses ou charitables de toutes confessions ou qui constituerait une intervention dans cette activité, et on ne pourra faire aucune discrimination à l’égard des représentants ou des membres de ces institutions du fait de leur religion ou de leur nationalité.

    f) La Ville assurera une instruction primaire et secondaire convenable à la communauté arabe et à la communauté juive, dans leur langue et conformément à leurs traditions culturelles.

    Il ne sera porté aucune atteinte aux droits des communautés de conserver leurs propres écoles pour l’instruction de leurs membres dans leur langue nationale, à condition que ces communautés se conforment aux prescriptions générales sur l’instruction publique que pourrait édicter la Ville. Les établissements scolaires étrangers poursuivront leur activité sur la base des droits existants.

    g) On ne fera obstacle d’aucune manière que ce soit à l’emploi par tout habitant de la Ville de n’importe quelle langue, dans ses relations privées, dans le commerce, les services religieux, la presse, les publications de toute nature et les réunions publiques.

    13. Lieux saints

    a) II ne sera porté aucune atteinte aux droits actuels concernant les Lieux saints, les édifices et les sites religieux.

    b) Le libre accès aux Lieux saints, édifices et sites religieux et le libre exercice du culte seront garantis conformé- ment aux droits actuels, compte tenu du maintien de l’ordre et de la bienséance publics.

    c) Les Lieux saints et les édifices et sites religieux seront préservés. Toute action de nature à compromettre, de quelque façon que ce soit, leur caractère sacré, sera interdite.

    Si le Gouverneur estime qu’il est urgent de réparer un Lieu saint, un édifice ou un site religieux quelconque, il pourra inviter la communauté ou les communautés intéressées à procéder aux réparations. Il pourra procéder lui-même à ces réparations aux frais de la communauté ou des communautés intéressées, s’il n’est donné aucune suite à sa demande dans un délai normal.

    d) Aucun impôt ne sera perçu sur les Lieux saints, édifices et sites religieux exemptés d’impôts lors de la création de la Ville. Il ne sera porté à l’incidence des impôts aucune modification qui constituerait une discrimination entre les propriétaires ou occupants des Lieux saints, édifices ou sites religieux, qui placerait ces propriétaires ou occupants dans une situation moins favorable, par rapport à l’incidence générale des impôts, qu’au moment de l’adoption des recommandations de l’Assemblée.

    14. Pouvoirs spéciaux du Gouverneur en ce qui concerne les Lieux saints, les édifices ou sites religieux dans la Ville et dans toute la région de la Palestine.

    a) Le Gouverneur se préoccupera tout particulièrement de la protection des Lieux saints, des édifices et des sites religieux qui se trouvent dans la Ville de Jérusalem.

    b) En ce qui concerne de pareils lieux, édifices et sites de Palestine à l’extérieur de la Ville, le Gouverneur décidera, en vertu des pouvoirs que lui aura conférés la Constitution de l’un et l’autre États, si les dispositions des Constitutions de l’État arabe et de l’État juif de Palestine relatives à ces lieux et aux droits religieux y afférents sont dûment appliquées et respectées.

    c) Le Gouverneur a également le pouvoir de statuer, en se fondant sur les droits reconnus, sur les différends qui pourront s’élever entre les diverses communautés religieuses ou les divers rites d’une même communauté religieuse à l’égard des Lieux saints, des édifices et des sites religieux dans toute la région de la Palestine. Dans ces fonctions, le Gouverneur pourra se faire aider d’un conseil consultatif composé de représentants de différentes confessions siégeant à titre consultatif.

    D. Durée du régime spécial

    Le Statut élaboré par le Conseil de tutelle, d’après les principes énoncés plus haut, entrera en vigueur le 1er octobre 1948 au plus tard. Il sera tout d’abord en vigueur pendant une période de dix ans, à moins que le Conseil de tutelle n’estime devoir procéder plus tôt à un nouvel examen de ces dispositions. A l’expiration de cette période, l’ensemble du Statut devra faire l’objet d’une révision de la part du Conseil de tutelle, à la lumière de l’expérience acquise au cours de cette première période de fonctionnement. Les personnes ayant leur résidence dans la Ville auront alors toute liberté de faire connaître, par voie de référendum, leurs suggestions relatives à d’éventuelles modifications au régime de la Ville.

    *   *   *

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    Voilà ce qu’avait imaginé la si servile ONU de 1945.

    Depuis, et par la force des armes, Israël a conquis la partie ouest de Jérusalem en 1948, et depuis s’efforce de coloniser la partie-Est, par des violations graves et systématiques du droit international. Après la guerre des Six-jours, le parlement israélien a voté le 28 juin 1967 l’annexion de la partie arabe de Jérusalem, qui a aussitôt été proclamée « capitale éternelle et indivisible d’Israël et du peuple Juif ». Mais l’ONU a toujours refusé de reconnaitre ce coup de force. La résolution 242 du 22 novembre 1967 qualifie cette annexion de « violation du droit international » et considère Jérusalem-Est comme un Territoire occupé, une analyse toujours reprise depuis. De fait, les capitales qui avaient cru pour transférer leurs ambassades de Tel-Aviv à Jérusalem ont toutes fait machines arrières.

    Mais Israël fait comme si de rien était : « Jérusalem, c’est à moi ».

    Donc, Jérusalem c’est de la colonisation x2.

    *   *   *

    Quand le ramadan approche, les agences israéliennes de com’s de la ville entonne le discours – totalement illégal car Israël est illégitime à Jérusalem, voir ci-dessus – que tout sera parfait pour accueillir les merveilleux amis musulmans. Pour qui sait un minimums c’est qu’est la vie des Palestiniens à Jérusalem, c’était déjà une pure provocation.  

    Au summum de sa bonté, la puissance militaire occupante de la Palestine avait accepté que des Palestiniens de Cisjordanie (obligé d’aller à Amman pour voler vers Tel Aviv, c’est débile) et des habitant de Gaza allaient pouvoir se rendre à Jérusalem pour s’y recueillir et prier à l’occasion du ramadan.

    Mais ce n’était que la com’.

    Il y a quelques jours, Israël a retiré les permis d'entrée de Palestiniens de Cisjordanie du fait de l’attaque d’un flic en faction devant la porte de Damas à Jérusalem.

    Hier, Israël a annulé mercredi l'autorisation délivrée à 500 habitant de Gaza de se rendre à à Jérusalem, au motif d'un tir de roquette aventureux, tombé dans le désert, et tiré par des groupes manipulés qui n’ont pour but que de nuire à l’autorité du Hamas sur le territoire. Rappelant que le Hamas a totalement respecté le cessez-le-feu.

    Impossible de se rendre à la Mosquée Al-Aqsa, qui représente tout, construit dès le VII° siècle, et dont le Dôme du Rocher est un élément.   

    De la part de la puissance occupante – puissance occupante selon la définition de la IV° Convention de Genève – c’est une punition collective violant la liberté de religion.

    C’est évident : faire supporter par des personnes hors de cause des faits commis par d’autres, et en punissant par le non-respect des convictions religieuses.

    Dans notre brave monde occidental, ça passe comme une lettre à la poste. Là-bas, qui on identifie très bien qui profite du terrorisme, pour violer les droits fondamentaux. Cette violence n’aura qu’un temps, car il y a trop d’histoire. Jérusalem est notre ville. 

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