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présidentielles 2017 - Page 2

  • Ils nous ont bien foutu dans la merde

    La situation du pays est grave, il y vraiment de quoi être inquiet. Nos interrogations et inquiétudes ne font que commencer, alors commençons par une vérité : ces deux-là ne sont pas les seuls responsables, mais il nous bien foutu dans la merde. 

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  • Drôle d’ambiance...

    Macron n’ayant pas de parti, tout se jouera aux législatives, et attention, le jeu sera compliqué parce qu’on pourra aller vers nombre de triangulaires et de quadrangulaires. Pour le moment, les quatre mouvements font les comptes et scrutent ce qui peut se passer dans chacune des 577 circonscriptions. Macron n'a à ce jour désigné que 14 candidats...

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    Le pouvoir se tiendra à l’Assemblée. La France est pour le moment nettement à droite, et pour peu que Les Républicains se réveillent, se trouvent une direction, et oublient leurs querelles pendant deux mois, l’hypothèse la plus réaliste est la victoire de la droite, et une cohabitation. De son côté, le PS va dealer à fond avec En Marche ! pour sauvegarder au mieux son réseau. Quant à Mélenchon, il sait qu’il perd tout s’il soutient franchement Macron et sa politique qui sécrète le vote FN.

    En réalité, tout est en calcul.

    En 2002, avec Jean-Marie Le Pen au deuxième tour, c’était la patrie en danger, les grandes manifs émotionnelles, et l’union sans faille derrière Chirac.

    En 2017, rien de cela. La question va être : jusqu’où laisser monter Le Pen pour fragiliser le fragile Macron, et mieux se refaire aux législatives ? Accrochez vos ceintures, ça va chahuter dans les quinze jours qui suivent. La France ne veut pas revenir au franc, donc défaite assurée de Le Pen, mais les marchandages vont s’accélérer.

    Et Macron, est-il assez costaud et investi pour saisir ce moment du pays ? Franchement, son comportement de vainqueur de la présidentielle dimanche soir était choquant, voire glaçant. Juste deux points d’avance sur Le Pen, les grands partis qui vacillent, le président en exercice marginalisé, un corps électoral chamboulé, un pays qui va mal, et le voilà comme si c’était fait, se donnant en spectacle avec Madame avant de partir bringuer… Je vois ce type comme une culture hors sol. Mais bon, il y avait du beau monde à cette soirée, dont le génial Stéphane Bern, qui explique : « Quand il vous serre la main, il vous regarde dans les yeux et à ce moment-là, vous êtes la personne la plus importante du moment. Il n’y a que chez la reine d’Angleterre et quelques têtes couronnées que j’ai vu ça ». Alors là, en effet…

  • Bonsoir Marie, Bonsoir Marianne,

     

    Je vous dirais d’abord que cette présidentielle est insaisissable, et qu’en réalité tout se jouera aux législatives. C’est la seule chose dont je suis sûr. Nous allons élire le Prince de l'Elysée. Si Fillon gagne, ce qui est toujours possible, il aura une majorité écrasante, mais il ne dirigera pas les législatives, ce sera l'affaire de Sarko et Wauquiez. Si c'est Macron, nous allons provisoirement passer à un régime d’Assemblée. Macron est un dérivatif parfumé de Davos, rien de plus. En l’état actuel, les deux grands partis (Les Rep et le PS) laissent des candidats qu’ils ne maîtrisent pas jouer leur vie, car ils savent que la reprise en main se fera à l’occasion des législatives. Ce sont les législatives qui donnent le pouvoir, les réseaux et l’argent, un truc un peu plus sérieux que cette présidentielle qui est devenu un show.

    Il ne se ressortira rien de solide de cette présidentielle, et ne perdez pas votre temps à me foutre la trouille avec une victoire Le Pen, un truc hors sujet. Mélenchon aurait pu surprendre, mais il préfère une défaite honorable, c'est son problème. La vie politique reprendra son cours. Le PS va récupérer les points un à un, en vue des municipales de 2020, sa vraie base. On tournera la page du feuilleton « Macron, Mélenchon, Hamon et leurs amours », pour revenir aux choses sérieuses. La vie politique est structurée, c’est comme ça.  

    Je n’ai pas soutenu Hamon…

    Oui, et c’est pas demain la veille, mais j’ai essayé d’être logique. Une dizaine de jours après la primaire PS, j’exprimais l’idée que Hamon avait vraiment une carte à jouer .

    Je n’ai jamais soutenu Hamon, ni la « Gauche du PS ». Ça avait de la gueule quand c’était Jean Poperen, mais depuis c’est usurpé par des Mélenchon, Hamon, Montebourg et autre Dray, de l’enfumage. Une gauche du discours, comptant cyniquement sur les déceptions que va mécaniquement créer le courant majoritaire du PS, pour garder une zone d’influence qui permet d’avoir son lot de permanents et  d'investitures. No future...

    Retour à 2017

    Littéralement, il y avait des choses intéressantes dans les textes de Hamon. Oki. Mais il ne faut pas inverser le jeu politique. La responsabilité de la campagne dépend du candidat, et pas des soutiens. Or qu’a fait Hamon ?

    Alors qu'il était député PS, il avait soutenu une motion de censure contre le gouvernement PS, il y a un an. Ce n’est pas rien. Il avait sans doute raison, mais quand un an plus tard, il voulait être le leader de ce parti, il fallait quand même faire des gestes politiques,... surtout quand il n’a jamais fait plus de 10 % aux congrès du PS. Vouloir être Président de la République, ce n’est pas animer un club d’amis philosophiques. Il devait abandonner son confort de minoritaire, et assumer l’étiquette PS qu’il avait sollicitée.

    Candidat PS, faut assumer

    Au premier tour de la primaire, Hamon a fait le score inespéré de 36 %. Or il sait très bien qu’il ne pèse pas 36 %, mais que nombre d’amis ont voté pour lui pour bloquer El Blanco.

    Hamon sait qu’il ne représente, au mieux 20 % du PS, et je suis généreux. Aussi, parce qu’il ne se présentait pas en free-lance mais comme institutionnel du Parti, il devait dès le lendemain partir à l’assaut des élus, fédérer les réseaux internes, composer avec tous dans le respect des influences, jouer la fibre historique du PS, et dealer avec l’arme-clé, les investitures pour les législatives.

    Or, il est allé se perdre dans des configurations insensées avec les Verts, et pour quel résultat ? Il a fini de se marginaliser pour laisser une circonscription indue à Paris à Duflot, qui n’a aucun programme à part emmerder le PS.

    Tout le monde aurait accepté que Hamon modère son programme, tourne la page des frondeurs, aille rameuter les sections PS du territoire, restées fidèles à 95 %, et basta. Mais Hamon a oublié les sections pour ses petits jeux parisiens. Et puis pour quelle politique européenne ? Quelle politique internationale ? Quelle politique sur la Syrie ? Incapable d’assumer une posture PS crédible, donc c’était cuit pour lui. Mélenchon a beaucoup défauts, mais il est seul et il assume. Si vous êtes élu en interne du PS, il faut savoir respecter les codes.

    Hamon a choisi une autre voie et il s’est isolé. C’est sa responsabilité, pas la mienne. Mais vous verrez qu’Hamon est décevant. Je donne rendez-vous au prochain congrès du PS, où on le verra batailler pour récupérer son pourcentage, avec ses permanents et ses investitures. Il se retrouvera heureux et minoritaire, et pourra nous livrer son « discours de gauche ».

    Je ne crois pas être négatif, mais seulement réaliste.

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  • Mélenchon ne veut pas sortir de l'Europe !

    18973509.jpg« Ne croyez pas ce qu'ils vous disent : il veut sortir de l'Europe, de l'euro, allons, un peu de sérieux », a déclaré hier soir Mélenchon, évoquant les « enjeux immenses de savoir si nous allons nous opposer les uns aux autres en Europe ou si nous allons faire baisser les tensions qui existent entre les peuples ». Et il n’y aura pas à sortir de l’Europe, car Mélenchon s'est dit « sûr » de parvenir à négocier une modification des traités, soulignant que les autres pays « ne sont pas nos ennemis mais ne sont pas aussi nos maîtres, ils sont nos partenaires et dans un partenariat on discute des problèmes pour les régler ».

    Ça me laisse rêveur.

    Mélenchon est « sûr » de parvenir à une modification des traités. Mais pour renégocier les traités, il faut un accord unanime des Etats membres, ce qui est hors de propos : à ce jour, aucun n’a en tête une telle renégociation, surtout que s’ouvre le Brexit, et les dirigeants les plus influents – Allemagne, Espagne, Italie, Pays-Bas, Belgique – sont tous marqués à droite, partisans du libéralisme économique, en opposition directe avec les thèses de la France Insoumise. Ce ne sont pas « nos maîtres », certes, mais si tu veux négocier les traités, il faut l’unanimité,... laquelle est hors sujet. Le seul appui aurait pu être la Grèce, mais elle subit les reniements de Tsipras, ces lascars au discours social qui se révèlent les meilleurs pour faire accepter par le peuple ce qu’il devrait refuser.

    Le choix se resserre.

    Comme il sera impossible de renégocier les traités, vu de l’absence d’unanimité, il y reste deux options. La première est de quitter l’Europe, sur le modèle de la Grande-Bretagne : pourquoi pas, mais il faut le dire, et assumer. La seconde est d’accepter les traités tels qu’ils sont, et donc de conduire une politique inscrite dans le modèle dominant en Europe, à savoir le libéralisme économique et la rigueur financière, dans le respect des engagement pris par la France. Donc, tout le programme s’écroule.

    L’Europe n'est pas libérale par nature : elle l’est parce que les peuples européens ont choisi des gouvernements libéraux. Si les gouvernements influents étaient sur la ligne de la France Insoumise, il n’y aurait pas à renégocier les traités car il suffirait d’appliquer une politique différente, l’Europe reposant sur le principe démocratique.

    Cela pose aussi un autre problème, à savoir la valeur de nos engagements internationaux : la France respecte-t-elle sa signature ? La France n’est pas soumise à un diktat. Elle est fondatrice des choix économiques européens depuis le Traité de Maastricht, voté par Mélenchon, et elle n’a cessé de prendre des engagements sur la réduction de sa dette. Et la France, membre permanent du Conseil de Sécurité, pourrait sans dommage revenir sur les engagements qu’elle a souscrit elle-même ?

    Mélenchon fait une belle campagne, et ses meetings ne sont des réussites. Mais, ça ne change rien : je ne lui ai jamais fait confiance, il y a trop de verbiage, et ce n’est pas pour demain. J’ajoute aussitôt que ça ne me donne pas envie de voter pour les autres, les garants de l’orthodoxie, cette orthodoxie qui fait que la sixième économie du monde a un endettement égal à son produit intérieur brut à 2000 milliards €, 3 millions de chômeurs, 4 millions de personnes mal logées et des services publics qui sont tous en souffrance.

    La campagne présidentielle est profondément décevante… Marie me demande pour qui je vote... Mélenchon sans y croire, pour se débarrasser du PS ? May be... Les grandes manœuvres ont commencé pour les législatives, mais nous n'avons aucune visibilité. Franchement, Marie, je n’en sais rien. Vote avec ton cœur et ton intelligence...

  • Qui conduira la bataille des législatives ?

    Si Fillon est au second tour, l’affaire est pliée : on aura la droite 100% pour cinq ans, avec des législatives au meilleur score jamais connu. Dans cette hypothèse, les candidats fantômes de Macron disparaitront, le FN n’aura pas un député, et la gauche fracassée sera en survie. Cette perspective est tellement belle pour la droite qu’il faut prévoir une dernière semaine de toutes les surrenchères et de tous les coups tordus.

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    Sinon ?

    Fillon éliminé, c’est le retour de Sarko

    Si Fillon est éliminé au premier tour, c’est que Le Pen sera qualifiée, et ce sera donc à fond le « tous contre Le Pen ». Juppé étant sorti de la campagne, le seul leader après l’élimination de Fillon sera Sarko, qui se dépêchera d’appeler à voter Macron, et prendra à l’instant même le leadership pour les législatives, avec pour but d’imposer une cohabitation à Macron, qui sera alors limité à une sorte de Prince de la Principauté. Je vois mal les fantomatiques candidats aux législatives d’En Marche ! se faire une notoriété en un mois. Du coté, des Républicains, ce sera des efforts tous azimut vu les enjeux. Et ce sera Sarko qui fera la VIeme République, en contrôlant le pouvoir depuis l’Assemblée nationale.

    Mélenchon contre Fillon ou Macron

    Si le second tour, c’est Mélenchon contre Fillon ou Macron, c’est plié. Les votes Fillon/Macron deviendront interchangeables, et la gauche, divisée, sera perdante aux législatives.

    Reste Mélenchon/Le Pen

    Je n’y crois pas trop car à deux jours du premier tour, l’électorat Fillon/Macron choira celui des deux qui sera le mieux placé. Mais admettons.

    Mélenchon a derrière lui 30 ans de PS, et il s’était allié avec Rocard pour diriger le PS. S’il est qualifié, il soldera en une heure son programme au nom de l’unité et du barrage à Le Pen (ce que n'a pas su faire Hamon) et sur cette base, il peut gagner la présidentielle. Mais il n’aurait pas assez de temps pour investir des candidats cool dans tout le pays, et « président de tous les Français », il ne pourrait diriger la campagne des législatives. Qui, pour prendre le relais, alors qu’il a tout organisé autour de sa personne ?... Et il ne pourra pas virer Cazeneuve, qui sera ipso facto le patron des législatives, et activera tous les réseaux pour faire élire les députés PS, bien ancrés sur le terrain, et pas trop atteints par la défaite de Hamon, vu qu’ils auront fait le service minimum.

    On retrouverait alors Mélenchon Prince de la Principauté. Cazeneuve irait pépère se prendre un vote de soutien – et pas d’investiture, pas besoin – à l’Assemblée. Le président ne pourrait même pas nommer le Premier ministre, vu que Cazeneuve ne démissionnerait pas. Le pays serait dirigé par le Premier ministre, à partir de sa majorité à l’Assemblée, mettant en place au jour le jour, la VIeme République.

    Je ne veux fâcher personne, mais il me semble voir que la faiblesse des candidats à la présidentielle est telle qu’elle est entrain de niquer la Veme.

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