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présidentielles 2017 - Page 5

  • La politique est par terre

    La-guerre-des-boutons.jpgFranchement c’est du jamais vu, mais je dois dire, du jamais imaginé, quand Fillon fait le beau – genre : moi je respecte la loi – en expliquant que, lui, quand il est convoqué chez les juges pour une mise en examen, il y va, alors que l’autre, la grosse vilaine n’y va pas… Voilà où nous en sommes !

    Dimanche, on apprend que Fillon s’est fait offrir par des amis généreux 48 000 € de vêtements : trois vestes « type forestier » à 7000 €, un blazer à 4500  €, deux pantalons pour 5000 € et deux pulls en cachemire pour 4000 €. Je rappelle que le SMIC net mensuel est à 1 139,81 €.

    À la question du journaliste, la réponse est : « Et alors ? ». Traduction : « Je t’emmerde, pauvre pauvre ».

    Le lendemain, on apprend que les enfants, alors étudiants, payés par Fillon, sur de l’argent public,  avec des salaires indécents quand on sait ce qu’est la vie des étudiants, reversaient pratiquement tout à leurs parents…

    - Les enfants remboursent leurs parents pour les dépenses que les parents ont fait pour eux, ah bon ?

    - Et alors ?

    - Mis en examen... donc indices graves et concordants de détournement de fonds publics, ce n'est pas rien. Il avait dit que s’il était mis en examen il renonçait, et il fait l’inverse…

    - Et alors ?

    - Il avait dit qu’il s’expliquerait devant les juges, et il fait l’inverse…

    - Et alors ?

    On poursuit la revue du cheptel ?

    Le Pen, totalement in love avec son papa, malgré une petite chronique médiatique, poursuivie pour des emplois fictifs qui se voient comme le nez au milieu de la figure, cette pouf’ qui s’affirme héros populaire, alors qu’elle ne doit sa fortune qu’à un héritage zarbi et des dissimulations fiscales. Une telle fortune en n’ayant jamais travaillé… Une grande gueule entourée en tout et pour tout de quatre lascars qui se haïssent entre eux.

    Hamon microscopique, qui a passé 15 jours à faire un accord avec EELV – 2% dans les sondages –  un accord de boutiquier qui oblige le PS à verser 200 000 €, et offre des circonscriptions en or,… que le PS vient de refuser, humiliant Hamon. El Blanco, quand même premier ministre pendant trois ans, qui zigouille le candidat PS, et qui déprime, bichette…

    Le nébuleux Macron, qui veut gouverner « avec la gauche, le centre, et la droite », mais qui est dans l’incapacité d’investir des candidats sérieux aux législatives… Ni programme, ni équipe de campagne, à part sa délicieuse épouse. Et le voilà à juste titre objet d’une enquête du Parquet, pour avoir monté entre quelques jours une opération de pub à Las Vegas,  avec 300 000 € dépensés pour une soirée.

    - Hé Macron, l’argent public, c’est le nôtre.

    Mélenchon qui se proclame insoumis, mais qui  n’a d’existence qu’en mendiant les parrainages communistes, et qui n’est donc qu’un insoumis soumis aux vieux stals…

    A part çà ?

    La finance domine le monde : le gouvernement français, quel qu’il soit, est condamné à respecter les consignes du FMI et de Merkel, faute de quoi les banques augmenteraient leur taux, et le paiement des intérêts de la dette ferait exploser la société française. Je rappelle que nous n’avons plus aucune capacité de rembourser le capital, et que le fruit de l’impôt sur le revenu ne suffit plus pour payer les intérêts de cette dette. Merkel, qui voit se barrer le Royaume-Uni, a besoin de la France et va la protéger des appétits des banquiers, mais c’est pitoyable pour notre pays.

    L’OTAN cornaque nos Etats européens pour leur interdire toute indépendance, et met les budgets sous tension pour financer l’effort militaire contre la Russie. Qu’il y ait à discuter avec la Russie, bien évidemment, mais qui peut m’expliquer pourquoi nous sommes ennemis militaires de la Russie, ce pays voisin, qui est tant lié à notre histoire et à notre culture, et qui est membre du Conseil de l’Europe, acceptant la juridiction de la Cour européenne des droits de l’homme ?

    Ces questions fondamentales ont-elles la moindre place, même cinq minutes dans la campagne ?

    Des candidats qui ne dépassent pas le niveau du chef d’atelier, et encore : je connais beaucoup de chefs d’atelier très sympathiques, ce qui n’est pas le cas des candidats.

    Que faire ? En toute hypothèse il faut rester logique, et donc d’abord les mépriser, genre mépris total et absolu, et d’autre part se poser la question : « où est réellement le pouvoir ? ». Il est bien évident que ce n’est pas le pantin qui sortira de cette élection qui exercera le pouvoir.

    Voilà où cette caste nous a conduit : d’un côté, des financiers organisés et sans scrupule, et de l’autre une magnifique société qui, avec compétence et sens de la solidarité, cherche à créer de vrais liens et à avancer.

  • Présidentielles : Ca démange Hollande

    la-surprise-du-chef-112762 (1).jpgSe programme-t-il un épisode Hollande ? Une hypothèse sérieuse.

    Dans ce monde politique où la communication est reine, il est bien difficile de croire que c’est par le fait du hasard que l’on trouve soudain dans la presse une série d’informations et de confidences. Tout est calcul, et se décide à la dernière minute.

    Coup sur coup, on trouve l'information que Hollande a gelé 500 parrainages, une réunion du conseil des ministres dans sa formation large, alors qu’aucun sujet ne le justifie vu la léthargie actuelle du gouvernement, les déclarations de Hollande qui apparaissent ici ou là sur « la campagne électorale qui n’a pas démarré », qui « n’est pas à la hauteur », des primaires qui « sont un échec et contraires à l’esprit de la Ve République »… et bien sûr l’argument magique : Hollande serait le seul à faire barrage à Le Pen.

    Hollande voit ses concurrents à portée de main : Mélenchon qui voulait faire le malin est obligé de négocier en catastrophe avec les communistes pour obtenir ses parrainages ; Hamon patauge dans ses contradictions, cherchant à se débarrasser du programme qui lui a permis de gagner la primaire, et dont il n’a rien à fiche ; l’immature Macron comme une baudruche sondagière, toujours sans programme et sans parlementaires ; le Fillon qui a pour programme de « résister » à la justice, ce qu’il élimine du deuxième tour.

    Aussi franchement, c’est tentant.

    La primaire de gauche se révèle artificielle, car elle n’a entrainé aucun mouvement politique réel. Hollande la critique, mais elle lui a rendu le meilleur service : éliminer El Blanco. Ceci dit, il est certain que Hamon candidat, personne n’y croit. Le type est minoritaire au PS entre 15 et 20%, et il n’a pas bougé.

    On pouvait penser qu’il y aurait un large mouvement pour rejoindre Macron, mais non. Macron, qui n’avait que le Gégé de Lyon, vient de récupérer Delanoë, quel mouvement populaire... Ces lascars avaient prévu de lancer un grand appel pour rallier les cadres du PS chez Macron, mais ils ont renoncé car ils ont compris que c’était voué à l’échec : c’est un tournant.

    Ce que l’on observe en réalité, c’est que ceux qui font l’armature du PS n’ont pas renoncé au PS. Ce bon vieux PS qui, bon gré mal gré, donne les investitures dans les circonscriptions, et ainsi garanti les carrières. Ainsi, les parlementaires pro-Hollande ou pro-Valls ne rejoindront jamais Macron, car ils s’organisent pour prendre le contrôle du parti.

    Macron est utile, car dans les sondages, il place Fillon en troisième position et donc la droite éliminée. Bonjour l’ambiance… avec un Fillon qui organise le renouvellement et le rassemblement de la droite en récupérant tous les sarkozystes…

    Alors, un Macron aérien, élu comme président sans parlementaires, et donc le bloc PS qui tiendrait le pouvoir à l’assemblée, c’est une solution.

    L’autre solution, qui justifie les fuites dans la presse de ces jours-ci, est la candidature de Hollande, avec le regroupement des ministres et des parlementaires. L’argument serait bien entendu que c’est le seul moyen de faire barrage à Le Pen, et tous les petits marquis socialistes verraient leur héritage assuré, histoire d’assurer le consensus.

    Il ne reste plus longtemps, car le dépôt des candidatures c’est pour le 17 mars.

  • Les Républicains, prix Nobel de la girouette

    coq6.jpgGrandiose : un virage à 180°, par vents contraires et avec le sourire. Encore une fois, il faut remercier les merveilleux scénaristes de cette présidentielle. Comme le disait Edgar Faure, « ce n’est pas la girouette qui tourne, mais le vent ».

    Dimanche, ils étaient tous fous furieux contre Fillon, qui avait appelé à manifester contre la justice, avec le spectacle affligeant d’un candidat se précipitant pour obtenir la précieuse immunité présidentielle, alors que sa femme et ses enfants resteront justiciables de droit commun. Par paquets entiers, ils démissionnaient et larguaient les amarres, devant un Fillon qui sentait le gaz. Dimanche, Fillon, par son aveuglement, allait donner la victoire à Le Pen. Lundi, par sa lucidité, il était devenu le rempart contre Le Pen. Et lundi tout va bien. 

    - Dimanche à 15 heures, personne ne voulait être sur la photo, et lundi à 19 heures ils se précipitaient tous pour être sur la photo ?

    - Eh oui… Pas tous : Juppé était dans la très belle ville de Bordeaux.

    Gardons cela comme un précieux souvenir,… toute cette espèce de cornichons cravatés, retournés comme une crêpe. C’est un cas rare de girouette collective.

    En réalité, ils s’en fichent.

    Ils s’en fichent d’abord parce que, à part une extrême minorité qui aspire à être ministre, les gros bataillons sont des élus locaux qui demandent seulement à être tranquilles dans leur circonscription.

    - Je suis tranquille pour l’investiture et je peux être réélu quand les eaux de la droite sont hautes, pourquoi aller chercher plus loin ?

    Ils s’en fichent ensuite parce qu’ils savent que la gauche est en lambeaux. Le vote Macron, c’est une surprise-partie de samedi soir, rien de plus, ça peut s’écrouler. Avec ses méthodes d’apparatchik, le conscienceux, Hamon va s’organiser pour arriver, pas à pas, à un score honorable,… c’est-à-dire au-dessus du score de Jospin, soit 16,18% des voix. Si avec ça, il n’est pas le prochain premier secrétaire du parti socialiste…

    Seule petite nouvelle réjouissante au passage, le fait que Sarko, qui se croyait surpuissant en coulisse, voit son clan s’éclater  et lui perdre les manettes.

    - Tu veux dire que les gens se fichent de ce que je pense ?

    - Oui, tout à fait.

  • Sarko va-t-il réussir à imposer Baroin ?

    Jeu difficile des paris et des suppositions dans notre aussi imprévu feuilleton de la présidentielle, mais on essaie.

    Hier Fillon n’a pas fait un exploit. C’était plutôt correct mais un service minimum. Dire que l’on a réuni 200 000 personnes au Trocadéro,… franchement on ne doit pas parler du même… Et réunir à Paris pour une manif de deux heures, 40 000 personnes un dimanche après-midi,… avec les transports gratuits pour ceux qui n’habitent pas la région parisienne… Non, restons calme, ce n’est pas un grand mouvement populaire. Un coup pour rien, sauf pour montrer son isolement dans l'appareil des Républicains. Comme c’était un meeting contre la justice, je vois avec satisfaction que la justice reste encore bien considérée dans notre pays

    Fillon proclame qu’il a l’investiture, les parrainages qu’il est le seul à pouvoir décider de l’avenir, et il a raison. Il a toute liberté de se retrouver troisième ou quatrième au premier tour, d’être éliminé, d’offrir un tremplin à la gauche ou à Le Pen, et de fracasser les parlementaires aux législatives.  

    Sauf que ça ne se produira pas, car pour 2017, le pouvoir doit revenir à droite.

    Tout conduit à penser que ce lundi matin Juppé va renoncer. Pour qu’il se présente, il faut un minimum de temps pour s’organiser car il doit refonder sa campagne, et il ne peut l’envisager que dans le cadre d’une transmission loyale avec Fillon. On en est loin, surtout avec Sarko aux commandes.

    La seule question est de savoir si Sarkozy va réussir à imposer Baroin. Hier j’ai bien noté que tous les sarkozystes influents étaient absents du Trocadéro, sauf un seul : le Baroin, qui a fait de jolies photos avec Monsieur et Madame Fillon. Qui peut imaginer qu’il soit venu sans les consignes de Sarko ?

    Alors imposer un Baroin, transparent et mollasson, pour en faire un obligé et mieux le manipuler pendant cinq ans ?

    Demain, nouvel épisode du feuilleton…

  • Fillon : Au Trocadéro, pour la cérémonie des adieux

    51faqY02-AL._SX299_BO1,204,203,200_.jpgAh, quel feuilleton cette présidentielle ! Personnages iconoclastes, retournements de situation, incertitudes et suspens jour après jour, redistribution des cartes, retour des éliminés,... franchement le spectacle vaut le détour. Je crains juste que cela ouvre une crise pour le cinéma, car la concurrence est vive.

    Il faut souhaiter que, à droite comme à gauche, on fasse le bilan catastrophique des primaires, qui jouent surtout comme des flatteries de l’opinion, pour revenir à une élection contrôlée par les partis. Nous aurons l’occasion d’en reparler, mais revenons au feuilleton.

    Dans quelques temps, on en saura plus sur ce qui se passe en coulisse ces jours-ci. A prévoir une floraison de livres dans quelques mois…

    Du point de vue judiciaire, c’est du classique. Le Code de procédure pénale, voté par le député Fillon, déroule ses charmes et son efficacité.

    Sur le plan politique, c’est plus obscur, mais on voit qu’aujourd’hui Fillon ne tient plus la maison.

    Pour comprendre, il faut revenir à la primaire de la droite et du centre, qui a traduit un mouvement sincère des électeurs, et a éliminé les deux piliers du parti, Sarkozy d’un côté, Juppé de l’autre. Tant que Fillon était flambloyant, ça allait, maintenant qu’il a des tracas, tout s’écroule, car Fillon n’a pas de forces à lui. Il parle et vocifère, mais il n’est maître de rien, les vrais décideurs étant ceux qui tiennent le parti et ses réseaux.

    Juppé pense que c’est son heure d’être président, car parmi le cheptel actuel, il est le seul à faire la maille, et vu que Sarko tient les rouages de Les Républicains, il n’a jamais engagé le bras de fer, et a toujours joué sur une carte « droite paisible et centre ».

    Sarko sait qu’il ne sera pas président, mais il veut être l’homme d’influence qui tient le parti et le réseau des parlementaires. Pour lui, la vraie échéance, ce sont les législatives, en jugeant qu’une défaite de Fillon n’empêcherait pas forcément un vote majoritaire pour Les Républicains, et en tout cas, ne conduira pas à un écroulement parlementaire, car Macron n’a qu’un maillage territorial de débutant.

    Fillon s’en était remis à Sarkozy pour tenir son discours fracassant d’hier midi. Victoire de l’option sarkozyste : avec Juppé éliminé et Fillon perdant, on voit bien quel aurait été le gagnant de l’opération, et qui détiendrait le vrai pouvoir.

    Problème dès aujourd’hui… car le clan Fillon n’a pas tenu sa langue, et Sarko apparaît comme jouant la perte de la présidentielle pour garder son influence. De plus, le discours sarkozyste de Fillon était tellement violent et lunaire que des pans entiers de l’appareil disent stop. Les élus locaux connaissent leurs électeurs... Dès lors, l’hypothèse la plus probable est le lâchage de Fillon par Sarkozy, par dépit, mais parce que celui qui fera perdre la présidentielle et divisera le parti n’aura plus d’avenir. Or, on peut prendre cela dans tous les sens : le seul candidat crédible de la droite, c’est Juppé. Et Juppé ne s’engagera que s’il trouve un consensus, pour une majorité parlementaire. Bref, si Sarko et Juppé s’entendent sur les investitures aux législatives et les postes-clés du parti, s’en sera fini de Fillon.

    Pour Fillon, la prochaine étape n’est pas la mise en examen, mais dès ce samedi, le rassemblement qu’il a programmé au Trocadéro, pour manifester non pas contre la gauche, mais contre la justice et la presse. Du grand n’importe quoi… De tous côtés, les leaders se défilent, et comme le parti, tenu par le sarkozyste Wauquiez, n’a pas voulu bouger, Fillon a dû s’en remettre à Sens Commun pour organiser cette manif express, c’est-à-dire aux organisateurs de la Manif pour tous, qui sont aussi efficaces... que minoritaires.

    Alors qui sera sur la tribune samedi à côté de Fillon au Trocadéro ? À mon avis, pas grand monde… Poursuivi par la justice, en déchéance dans les sondages, sans troupes et largué par ses amis politiques, Fillon survivra-t-il à la manif du Trocadéro ?  

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