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propagande - Page 2

  • Le Monde (occidental) trampouille dans la magouille

    affiche_de_propagande.jpgExcellent texte publié par l’excellent site ACRIMED, garanti 100 % sans complotisme, dont je ne saurais que trop recommander la lecture. Des pros de la presse – et nous avons besoin des pros – qui décryptent jour après jour, dans la joie et la bonne humeur, comment la presse mainstream nous enfume, ou du moins le cherche. En fait, c’est le vrai drame  des journalistes : plaire à l’annonceur ou plaire au lecteur ?

    Les journaux ne tiennent pas sans la pub, et ils sont donc amenés à nous vendre la soupe de l’ordre établi, qui ouvre vers la culture de la soumission ; dans le même temps, les journalistes souhaiteraient être achetés et lus, et pour cela il faut publier des informations qui respectent l’intelligence normale du lecteur… Mais là ça coince, car les patrons de la pub ne laissent pas faire. De ce point de vue, le seul grand journal honorable qui défend librement sa ligne – que je n’apprécie pas plus que ça, mais peu importe – c’est Le Canard enchaîné, qui ne fait son chiffre d’affaires qu’avec ses ventes.

    Alors ce texte d’ACRIMED ? C’est la preuve d'une réécriture d'une interview de Philippe Martinez. Martinez est l’un de nos rares dirigeants de classe nationale et, invité du « Grand Rendez-vous » d’Europe 1, il a été littéralement allumé par un trio de folie : Jean-Pierre Elkabbach (Europe 1), Françoise Fressoz (Le Monde) et Michaël Darmon (Itélé). Les « éditocrates », des commissaires politiques de l’ordre établi. A tous les trois, ils se sont lâchés, un festival.

    Mais là où ça devient bien rigolo, c’est que Le Monde (Occidental) a tellement honte de sa co-production, que pour la publication « papier »,  de l'interview, il a réécrit les questions posées. Vous trouverez ci-dessous les questions reformulées et les vraies, et vous admirerez notamment la finesse des (vraies) questions posées par la poule de référence, Françoise Fressoz. 

    - Le Monde (Occidental) réécrit l’histoire comme la presse de Al-Sissi ?

    - Oui.

    Voici le texte d’ACRIMED

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    Le Monde maquille un interrogatoire de Philippe Martinez

    par Frédéric Lemaire, ACRIMED

    Dans son édition du 21 juin, Le Monde publie une interview de Philippe Martinez, qui se présente comme une retranscription du « Grand Rendez-vous », animé par Jean-Pierre Elkabbach (Europe 1), Françoise Fressoz (Le Monde) et Michaël Darmon (Itélé). Diffusé l’avant-veille sur Europe 1, l’entretien, houleux, a été ponctué de nombreuses prises à partie du responsable syndical par les journalistes. Sur lesquelles Le Monde jette un voile pudique…original.80912.demi.png

    À la lecture de la retranscription par Le Monde du « Grand Rendez-vous » du 19 juin, le ton semble presque cordial entre le secrétaire général de la CGT et ses interlocuteurs. Voici l’intégralité des questions rapportées par le quotidien du soir :

    – « La violence est montée de plusieurs degrés ces derniers jours. N’est-il pas temps de marquer une pause dans les manifestations ? »

    – « Chaque manifestation est marquée par des incidents, cela ne vous interpelle-t-il pas ? »

    – « Pensez-vous qu’il y a une espèce de complicité entre le gouvernement et les policiers ? »

    – « Allez-vous maintenir les deux manifestations prévues les 23 et 28 juin ? »

    – « Manuel Valls réitère son appel. Il vous demande de renoncer à manifester… »

    – « Considérez-vous qu’avec ce texte, François Hollande a déclaré la guerre à la CGT ? »

    – « Les 23 et 28 juin, ce seront les dernières manifestations ? »

    – « Vous allez continuer tout l’été ? »

    – « La CFDT soutient le texte et parle de progrès pour les salariés. Pourquoi la CGT refuse-t-elle si farouchement le développement de la négociation dans l’entreprise ? »

    – « Comment expliquez-vous qu’à chaque élection, la CFDT progresse ? » 

    On note certes une forme d’agacement à l’égard des manifestations : faut-il les « maintenir », y « renoncer », « faire une pause » ? Ces manifestations « marquées par des incidents » vont-elles « continuer tout l’été » ou s’agit-il des « dernières » ? Les questions retranscrites par le quotidien sont pourtant bien loin de refléter l’animosité à laquelle a dû faire face Philippe Martinez, lors de l’interview diffusée sur Europe 1.

    En témoigne l’introduction de l’émission par Jean-Pierre Elkabbach, rapportée par Daniel Schneidermann :

    petain3.jpg« Est-ce que je peux vous féliciter ? […] Bravo Monsieur Martinez. Vous êtes devenu le metteur en scène et l’acteur d’un spectacle douloureux et épuisant pour les Français, et coûteux pour la France et pour son image […] On n’est pas en tête de tous les cortèges et de tous les combats d’arrière-garde, on ne nuit pas à la croissance et aux emplois, sans en payer un jour l’addition […] Philippe Martinez, vous pouvez encore montrer que vous savez tenir compte du danger terroriste qui menace toute l’Europe et même la France, et finir une grève qui est désormais sans beaucoup de grévistes ».

    Une tirade hallucinante et hallucinée suivie d’une série de prises à partie, doublées de prises de parti, dont les éditocrates ont le secret. Nous en reproduisons un florilège ci-dessous. Petit jeu : saurez-vous retrouver, dans cet interrogatoire d’une violence, d’un mépris et d’une malveillance rares, les questions anodines retranscrites par Le Monde ?

    – Jean-Pierre Elkabbach : « La nation toute entière est bouleversée par le meurtre de deux policiers, les gens soutiennent les policiers, leur rend hommage, on vous a rarement entendu dire merci à la police. »

    – Françoise Fressoz : « La violence est partout, on l’a vu en Grande-Bretagne avec le débat sur le Brexit qui se termine par un mort. Est-ce que vous, vous dites il faut arrêter, avec un mort on ne peut pas continuer comme ça [sic]. »

    – Françoise Fressoz (toujours en référence au meurtre de la parlementaire britannique Jo Cox et du « climat de violence ») : « Vous parlez de la radicalité d’extrême-droite, est-ce qu’il n’y a pas, au sein même de vos cortèges, une radicalité d’extrême-gauche qui cultive la même violence ? »

    – Françoise Fressoz : « Certaines de vos sections CGT ont quand même attaqué les policiers… »

    – Jean-Pierre Elkabbach : « Est-ce qu’il y aurait, dans votre esprit, une sorte de complicité, de complot entre le gouvernement et les policiers ? »propagande_petain.jpg

    – Jean-Pierre Elkabbach : « Est-ce que vous demandez aux vôtres d’éviter de vilains contacts avec les policiers ; qu’on ne voie plus, comme les photos l’ont montré, des cégétistes en chasuble rouge jeter des pavés ? »

    – Michaël Darmon : « Est-ce que vous maintenez les prochaines manifestations, et quelles sont les garanties que vous allez pouvoir fournir pour que ça ne dégénère pas ? »

    – Françoise Fressoz (Martinez évoquant le soutien aux mobilisations) :« Vous pensez que l’opinion publique soutient les casseurs ? »

    – Jean-Pierre Elkabbach (Martinez évoquant l’annulation d’une manifestation à Toulouse pour cause de match de l’Euro et de la présence de hooligans) : « D’accord, on protège une nouvelle fois les supporters des matchs de foot, mais l’ensemble des Français non, M.Martinez ? […] Pourquoi vous n’annulez pas les deux prochaines manifestations puisque vous avez entamé une discussion ? »

    – Jean-Pierre Elkabbach : « Vous n’avez aucune idée [du coût des manifestations pour la CGT], vous qui demandez la transparence ? […] Et est-ce que vous avez une idée, depuis quatre mois, de ce que ça a coûté à la fois aux français, et à la CGT ? »

    – Jean-Pierre Elkabbach : « [La croissance] aurait été formidable, s’il n’y avait pas eu toutes ces manifs, cette stagnation… »

    – Jean-Pierre Elkabbach : « Donc vous confirmez que c’est une grève sans grévistes ? »

    – Jean-Pierre Elkabbach (en parlant des menaces d’interdiction de manifestation par Manuel Valls) : « Mais avertir d’une interdiction possible, ce n’est pas interdire […] si de votre côté vous dites tout sera fait pour respecter l’ordre public… »

    – Jean-Pierre Elkabbach : « Pour la précédente manifestation vous avez dit : "Ça a été énooorme !". Et vous avez multiplié les chiffres, etc. Le 23 et le 28 vous dites : “Ça va être énorme !” ? Qu’est-ce que vous dites ? Est-ce que ça va être les dernières manifs ? »

    Confiance.jpg– Jean-Pierre Elkabbach (après un long échange, sur un ton exaspéré) :« Mais M. Martinez, est-ce que ça veut dire que ça va être les deux dernières manifs ? »

    – Michaël Darmon (sur le même ton) : « Vous allez continuer tout l’été ? »

    – Françoise Fressoz : « Le gouvernement, il a dealé avec un syndicat, et il est en train de gagner la partie… »

    – Jean-Pierre Elkabbach : « Vous avez demandé de suspendre les débats et les votes au Parlement. Est-ce que ça veut dire pour vous que la représentation nationale et les députés, les sénateurs sont des marionnettes et qu’ils ne comptent pas ? »

    – Jean-Pierre Elkabbach (en réponse à Philippe Martinez pour qui la CGT a fait des propositions au gouvernement) : « Oui, mais elle met un revolver sur la tête avec un million de gens dans les rues ! »

    – Jean-Pierre Elkabbach : « Mais comme vous ne signez rien, pourquoi vous vous plaignez ? »

    – Françoise Fressoz : « Vous entendez ce que dit Manuel Valls, il dit la CFDT elle a dix ans d’avance sur les autres. Elle est sur une logique d’accord d’entreprise qui n’est pas la vôtre, mais qui est une logique réformiste. »

    – Jean-Pierre Elkabbach : « Il y a deux stratégies, la vôtre et celle de la CFDT. D’un côté il y a la négociation, le compromis, la recherche des réformes, et la contestation de rue, qui va l’emporter ? Pourquoi ne pas aller vers le compromis et la réforme ? Pourquoi ne pas faire de la CGT un syndicat réformiste, qui ne considère pas que la minorité a toujours raison sur la majorité ? »

    *   *   *

    La minorité des éditocrates semble, quant à elle, bien déterminée à « prendre en otage » le débat public, et imposer ses vues sur la nécessité des « réformes », voire du « réformisme ». En direct, tous les coups sont permis : attaques sournoises, amalgames injurieux… Mais sur le papier, il convient d’être plus policé ; et on ne trouvera pas la trace des crocs en jambe adressés à Philippe Martinez dans la retranscription du « quotidien de référence ». Les aboiements des chiens de garde ont-ils résonné trop fort pour les colonnes du Monde ?


    Frédéric Lemaire

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  • Ramadan : La connerie (non établie) de deux abrutis… et ça fait la une !

    Oh purée, le délire islamophobe... Il faut vraiment croire que le ramadan, cet effort que les musulmans font sur eux-mêmes sans gêner personne, travaille les consciences… en voyant à quel point la presse est prête à sortir le moindre micro-événement pour mettre en scène la déferlante musulmane… Ma parole, ils deviennent cinglés.

    Ils ont fouillé de tous côtés pour cette première journée de ramadan, qui concerne entre 5 à 7 millions de personnes en France, et nos grands journalistes d’investigation ont miraculeusement trouvé le fait qui met la civilisation française à genoux… Un peu plus, et ils faisaient choux blanc. Mais il y avait le bon bidon...

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    A Nice – d’après ce qu’on dit – deux abrutis, passant dans l’après-midi devant un café, seraient allés prendre à partie la serveuse, maghrébine, pour lui porter une claque au motif qu'elle servait de l’alcool.

    Avocat un peu rôdé à la pratique des tribunaux, j’ai une petite idée de l’enthousiasme très relatif des Parquets à la plainte de la serveuse d’un bar expliquant ce genre de méfait...

    Là, l’affaire est devenue nationale, ce qui est tout à fait logique car cette claque met la société en péril : la gauche bobo en transe dans Nouvel Obs. ; Le Parisien qui se passionne pour les claques à Nice ; une grande analyse morale dans Le Point ; L’Express tartine, mais glisse quand même un point d’interrogation ; TV5 Monde dramatise et nous déniche un expert avec ce comique de Ciotti – «  Cette agression s’inscrit dans un contexte national de progression continue du fondamentalisme religieux et de montée du communautarisme » ; pour Le Figaro, la patrie est en danger ; c’est BFM qui calme le jeu, en mettant à la Une, mais pour dire que personne ne sait qui s’est passé :« Les enquêteurs restent ce mardi très prudents… Contactées, les autorités ne souhaitent ni confirmer, ni infirmer cette version préférant laisser le temps à l'enquête ».

    Donc :

    1/ On ne sait rien de ce qui s’est passé, les enquêteurs et le procureur refusant d’accréditer l’histoire ;

    2/ Si l’histoire a eu lieu – une femme emmerdée par deux abrutis – c’est bien triste, mais (1) ce n’est pas la société qui se délite et (2) c’est quoi par rapport à tant d’agressions dont sont victimes les femmes.

    Les valeurs du FN, devenues des valeurs de consensus… Réveille-toi la presse… accro au buzz parce que tu es pendue à la pub. Et ne pleure pas parce qu’on ne te lit plus : pose-toi les bonnes questions.

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    La presse : Une grande diversité d'opinions

  • Assaut de Saint-Denis : Des questions majeures sans réponse

    Le 18 novembre au matin, toute la France saluait l’extraordinaire travail du RAID dans l’assaut de Saint-Denis. Un groupe de terroristes lourdement armé, une femme kamikaze qu’il avait fallu neutraliser, des échanges de tirs impressionnants décrivant une véritable scène de guerre, et au final un assaut tellement violent qu’il a ébranlé l’immeuble. Félicitations à la police qui a donc neutralisé ce groupe hyper-armé. 

    Sauf que... il y a plus qu'un doute. 

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    Tout le problème est que du côté des assaillants, la seule arme retrouvée dans les décombres est un Browning semi-automatique. De même, la thèse de la femme kamikaze n’a duré que quelques heures. Par ailleurs, d’autres interrogations sont venues, et le groupe de cinglés réunis autour d’Abdelhamid Abaaoud, apparaît chaque jour plus amateur.

    Il est aujourd’hui acquis que le commando qui avait semé la terreur à Paris – tirs à la kalachnikov sur des innocents, non armés, et aucun acte contre un lieu représentant le pouvoir – ne disposait d’aucune logistique : Abaaoud, qui avait eu la trouille de se faire exploser, était allé se planquer trois jours dans un buisson, avant de trouver refuge dans ce squat de Saint-Denis. L’activité des cours d’assises montre que les délinquants amateurs sont souvent les plus dangereux,… mais le danger qu’ils causent ne suffit pas à les qualifier de professionnels.

    Surtout, Le Monde et L’Express ont eu accès au rapport établi par le RAID à destination des juges d’instruction du pôle antiterroriste, et ce rapport pose des questions sérieuses sur ce qu’a été la réalité de cet assaut.

    Le résultat est impressionnant, avec des corps déchiquetés. Ici, « une tête humaine à laquelle demeure attaché un morceau de colonne vertébrale ». Là, « une partie de visage ». Plus loin, une dent humaine. Ceci, ajouté à la description de destructions matérielles conséquentes, accrédite le fait que les terroristes se seraient au final fait exploser.

    En revanche, tout le problème est qu’aucune arme de guerre n’a été retrouvée, contrairement à ce qui avait été annoncé. Un mois après les faits, la seule arme identifiée est le Browning, qui porte une empreinte d’Abdelhamid Abaaoud.

    L’équipe du RAID a utilisé une masse de munitions. Le rapport de la police judiciaire a retrouvé 1 500 étuis percutés et 4 étuis percutés de grenade. C’est la logique des « tirs de saturation » pour tenir les terroristes à distance,… mais tout ceci manque dramatiquement d’explications et de crédibilité.

    Le Monde ajoute : « Aucune mention non plus des raisons pour lesquelles les explosifs disposés par le RAID sur la porte de l’appartement n’ont pas fonctionné. Aucune précision sur les échanges que des hommes du RAID ont eus avec Hasna Aït Boulahcen lorsqu’elle a demandé à deux reprises de pouvoir sortir. Rien sur le moment où l’un des terroristes a déclenché sa ceinture d’explosifs. Rien enfin sur le fait qu’un seul pistolet automatique ait pu à lui seul donner le sentiment aux équipes du RAID d’être visées par un feu nourri. Ni la direction du RAID ni la direction générale de la police nationale n’ont souhaité répondre à nos questions ».

    Il y a en effet de quoi se poser des questions, et ces questions, on se les pose : un mois après les faits, peut-on envisager de trouver des armes qui auraient été utilisées par les terroristes ? Pourquoi ce déluge de feu par les forces de police si les terroristes étaient à peine armés ? Pourquoi ces informations viennent-elles si tard, et de manière si fragmentée, alors qu’elles étaient connues dès l’origine ? 

    Merci de ne pas nous prendre pour des demeurés. 

    police,terrorisme,propagande

  • Le café de Hollande chez Lucette Brochet : Médaille d’or du bidon !

    L’image était bien belle d’un président proche des gens, profitant d’une visite en Lorraine pour aller saluer une gentille retraitée de 69 ans, et parler avec elle de son logement. Un joli moment de vie simple,… sauf que tout était bidonné comme le montre cette excellente vidéo de Salhia Brakhlia et Fanny Morel, pour BFM. Une franche rigolade assurée… mais en fait, c’est quand même catastrophique sur le niveau politique en France. 

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    Ce mec nous fait honte 

  • « Tout vient du radicalisme en prison » : du grand n’importe quoi…

    Dans le contexte de profonde et saine réflexion de janvier 2015 – « Esprit du 11 janvier, es-tu là ?... » – un constat faisait l’unanimité de nos ersatz de dirigeants, dramatiquement happés par le syndrome du singe dominant : « c’est en prison que les islamistes se radicalisent, il faut donc les regrouper dans des quartiers spéciaux, pour les isoler et les surveiller ».

    Le 21 janvier 2015, dans le cadre d’un plan de lutte contre le terrorisme (George W. Bush in memoriam),  notre excellent Premier sinistre a annoncé la création, d’ici la fin de l’année 2015, de cinq quartiers dédiés au regroupement des personnes détenues radicalisées ou perméables au prosélytisme.

    Ah que tout ceci est beau et bon… Enfin, un problème résolu.

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    Petit problème, au sein des connaisseurs du monde pénitentiaire, personne ne voyait bien l’intérêt, ni comment faire. Le très officiel Contrôleur Général des lieux de libertés, qui est une contrôleuse, Adeline Hazan, publie un long et documenté avis au Journal officiel d’hier, pour dire que c’est une connerie sans nom. Euh, comme Madame la Contrôleuse est courtoise, elle se dit « défavorable » à la chose, et tailler en pièces ce funeste projet.

    Ici, l’avis publié au Journal officiel et là, le rapport. Ca, c’est de l’info, et pas de la propagande pour batraciens.

    Ça tombe dès les premières lignes, car chiffres à l’appui, Madame la Contrôleuse démonte le mythe : « Il faut d’abord relever que la prison est loin d’être le lieu premier de la radicalisation, qui se développe en amont. En effet, selon le ministère de la justice, 16 % seulement des personnes incarcérées pour des actes liés au radicalisme islamiste avaient déjà été incarcérées auparavant ».

    - Quoi, 84% des entaulés pour des folies barbues et radicales n’avaient jamais été en prison ?

    - Oui, le chiffre est certain.

    - Donc ils ne se sont pas radicalisés en prison ?

    - Oui, c’est mathématique.

    - Donc, on parle pour ne rien dire ?

    - Mais si… Au contraire c’est très important. On parle pour te faire croire que la grande affaire, c’est le consensus des gentils contre quelques méchants, et que tu dois oublier le reste qui n’est que secondaire, genre l’emploi, la dette ou l’éducation en panne sèche. On trouve même des ahuris encravatés pour parler de guerre de civilisation… Attention, petit, choisi bien ton camp… sinon tu vas avoir chaud à la barbe !  

    Madame la Contrôleuse poursuit : « Ce regroupement, dont les modalités ne sont pas déterminées, ne correspond a priori à aucun cadre légal précis. Les décisions ont été prises par le Gouvernement après une longue période d’immobilisme, et sans concertation avec les acteurs concernés ».

    Le premier problème est la qualification : « L’identification des personnes détenues concernées par le phénomène de radicalisation doit être précise, pluridisciplinaire, et conçue dans le respect des droits fondamentaux, afin notamment de ne pas y inclure des personnes présentant a priori peu de risques et qui se trouveraient regroupées avec des personnes détenues enracinées de longue date dans une radicalisation profonde. La question des modalités de détection est cruciale ».

    Madame la Contrôleuse explique ce qu’elle a vu par des visites sur le terrain rencontrant tous les acteurs, et que l’on retrouve de manière très détaillée dans le rapport, et voici ses conclusions :

    « Le Contrôleur général des lieux de privation de liberté n’est pas favorable au dispositif de regroupement tel qu’annoncé par les pouvoirs publics en janvier 2015. En effet, outre son caractère potentiellement dangereux, le regroupement de personnes détenues au sein de quartiers dédiés ne découle d’aucune disposition légale applicable, ce régime sui generis ne s’apparentant ni à la détention ordinaire, ni à la mise à l’isolement. La décision de regroupement, prise de façon discrétionnaire par la direction de l’établissement, ne peut faire l’objet d’aucune des voies de recours habituelles. Or elle peut faire grief si elle restreint les droits fondamentaux et détériore les conditions de détention.

    L’absence d’informations précises quant aux modalités d’encadrement et aux conditions de détention de ces nouveaux quartiers de regroupement laisse craindre un éventuel glissement de ce régime vers un isolement de facto de ces personnes.

    En ce qui concerne les programmes dits de déradicalisation, qui s’appuient sur le volontariat des personnes concernées, une évaluation sera nécessaire. D’ores et déjà, il convient de veiller à ce que les fonds alloués à ces programmes ne le soient pas au détriment des actions de réinsertion en direction d’autres personnes détenues et n’obèrent pas la prise en charge de l’ensemble de la population pénale. Enfin, une réflexion doit être engagée par les pouvoirs publics sur la nature de la prise en charge des jeunes de retour des zones de conflit, étant observé que l’incarcération ne peut pas être le mode de traitement indifférencié d’un phénomène qui touche désormais plusieurs centaines de personnes au degré d’engagement disparate ».

    Bref, l’avertissement est assez clair : le problème est complexe, et les solutions préconisées, sans étude ni concertation, le compliquent.

    - Oki, chef. Et maintenant on fait quoi ?

    - On fonce, Alphonse ! 

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    Le Gouvernement défendant les valeurs de la République 

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