Avertir le modérateur

santé - Page 2

  • 102 ans, et un record du monde à vélo

    Le super Robert Marchand, c’est la grande vedette du sport. A 102 ans, ce grand amateur de vélo a battu son propre record de la distance parcourue en une heure, dans la catégorie des centenaires, avec 26,927 km. L'Union cycliste internationale (UCI) a créé la catégorie des « Masters des plus de cent ans », mais le trop sympathique Robert est un peu seul dans sa catégorie. Heureusement, il a appris qu’un chinois s’entrainait pour battre son record, alors il demande à le rencontrer pour l’encourager.

    Ses projets ? « Je vais continuer à faire du vélo, mais je vais essayer de vivre encore un an, deux, trois, quatre, cinq ans. Il ne faut pas en vouloir de trop dans la vie. On met neuf mois pour arriver au monde, on met trente secondes pour claquer ! » Merci pour tout, Robert

    robert_marchand.jpg

  • Les libertés menacées dans les EHPAD ?

    berthe-bernage--liberte-cherie.jpgJean-Marie Delarue, le contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPJ) vient de jeter un joli pavé dans la mare en proposant que sa mission soit étendue aux EHPAD, au motif des « risques d’atteinte aux droits fondamentaux ». Résultat garanti ! Réaction indignée de Florence Arnaiz-Maumé, déléguée générale du Synerpa, premier syndicat des maisons de retraite privées, qui dénonce la «violence de l'amalgame», et de la sous-ministre Machine Chose… Et pourtant…

    En l’état actuel, le contrôleur ne pas peux pointer le nez de ses équipes dans les EPHPAD, car la loi ne l’y autorise pas. L’obstacle juridique est qu’il n’y a pas de décision d’autorité emportant privation de l’exercice des libertés. Certes. De plus, les EHPAD sont des lieux de soins qui visent à protéger l’autonomie des personnes. Beaucoup est fait pour sortir des vieux clichés des maisons de retraite, et aller le plus loin possible dans la respect des libertés, de toutes les libertés. Certes encore. Enfin, vu le nombre de structures concernées, il faudrait doubler les effectifs du CGLPL. On comprend donc que ce ne sera pas demain la veille…

    Certes tout ceci, mais ça n’empêche pas de se poser quelques questions avec l’ami Delarue.

    Chères amies et chers amis qui travaillez dans les EPHAD, ne vous fâchez pas en lisant cela : dans les EPHAD, toutes les libertés fondamentales sont remises en cause. Toutes ! Mais pour autant, cela ne veut pas dire que le droit est violé. Les contraintes de la vie collective et de la compensation de la dépendance imposent de fixer des limites à l’exercice des libertés. C’est la problématique du conflit de droit, qui est un classico autrement plus intéressant que PSG/OM. Toutes les libertés peuvent être limitées, et ces limitations ne sont abusives que si elles excèdent ce qui est nécessaire au vu des contraintes collectives.  684540_5086836.jpg

    Placer une personne dans un service fermé, c’est une atteinte à sa liberté d’aller et venir ; si cette personne, atteinte de démence, est désorientée au point de ne pouvoir se repérer dans un espace aussi habituel que celui de l’EHPAD, l’interdiction de sortie sera peut-être justifiée. Mais il faudra aussi voir si cette mesure est régulièrement évaluée ou si elle est générale, et vérifier si les modes alternatifs, notamment de sorties accompagnées, sont utilisés chaque fois qu’il serait souhaitable. Et il en va ainsi pour toutes les libertés fondamentales : pensée, expression, convictions, intimité, gestion des biens, relations…

    La question se pose aussi de manière crue pour les contentions. Quand elle est nécessaire et limitée à ce qu’impose réellement la vie quotidienne, la contention est une atteinte à la liberté… qui est légitime. Mais est-on sûr que tout est toujours calé sur le minimum indispensable ?

    Ce qui est intéressant avec la proposition de Delarue, c’est de contrôler la liberté comme donnée de fait, alors même qu’il n’existe pas de cadre juridique de contrainte.

    Le 7 janvier 2013 le Gouvernement a créé le « Comité national pour la bientraitance et les droits des personnes âgées et des personnes handicapées », formule rafraichie du « Comité national de vigilance contre la maltraitance des personnes âgées »… Pourquoi pas,… mais ces organismes croupions n’ont jamais fait avancer le schmilblick d’un centimètre.  Par contre, le regard tiers par la visite d’équipes rodées serait décapant, et permettrait, hors contentieux, de régler des situations déviantes.

    Alors, pourquoi refuser un progrès du droit ? 

    h-20-1863825-1262188781.jpg

  • Portable et cancer : La Cour de cassation italienne retient le lien de causalité

    post9.jpgL’usage du téléphone portable peut-il causer des tumeurs ? Les scientifiques ne sont pas d’accord, mais la Cour de cassation italienne a tranché… et elle a dit oui ! Avis de gros temps à prévoir chez les opérateurs…

     

    Innocente Marcolini, cadre supérieur, aujourd’hui âgé de 60 ans souffrait d’une tumeur au cerveau, qui s'était développée près de son oreille gauche. Il a été opéré avec succès, mais restent des effets secondaires handicapants, comme des maux de tête intenses et répétés. Devant cet état séquellaire imputable au cancer, il a demandé que le cancer soit reconnu imputable au travail, comme maladie professionnelle.

     

    Sur le plan factuel, il soulignait l’importance de l’exposition au risque : son travail de manager commercial l’avait obligé à une utilisation intensive du portable, soit 30 heures par semaine pendant douze ans.

     

    Sur le plan médical, il se fondait sur les travaux du Pr Levis, oncologue à l’Université de Padoue et co-fondateur de l’association italienne pour la prévention contre les nuisances des ondes électromagnétiques A.P.P.L.E.

     

    Sa demande a été rejetée par l'INAIL, l'agence d'assurance italienne pour les maladies liées au travail. Motif simple : la preuve n’est pas rapportée d’un lien de cause à effet entre les conditions de travail et l'apparition de cette tumeur.

     

    L’INAIL avait pris pour référence l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), qui avait conclu en mai 2010 qu’« à ce jour, aucun lien ne peut être établi entre les tumeurs au cerveau et l'utilisation du téléphone portable ». Les experts du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), une agence de l’OMS, avaient procédé à une étude conduite pendant 10 ans et sur 17 pays, à partir de cas de tumeurs diagnostiquées, et ils concluaient à une simple probabilité : « Un risque accru de tumeur cérébrale n'a pas été mis en évidence de manière définitive, mais en même temps, on ne peut pas conclure qu'il n'y a pas de risque ». duniach-leclerc-bois-1924-e1324924460954.jpg


    Une simple probabilité qui avait été balayée quelques mois plus tard par une étude danoise pratiquée sur 300 000 Danois pendant dix-huit ans, publiée par le British Medical Journal.

     

    Innocente Marcolini a formé un recours, et il a réussi à convaincre la Cour d'Appel de Brescia qui a reconnu l’imputabilité au travail.


    La Cour s’est fondée notamment sur les conclusions du Groupe Lennart Hardell de l'Université Örebro en Suède, qu'elle a jugée plus fiable et indépendant que les autres études concluant à l’absence de lien de causalité. Pour ces scientifiques suedois, l'utilisation du portable présente un risque pour le ganglion situé dans l'appareil auditif. Et Innocente Marcolini faisait aussi état des scientifiques qui avaient pointé les insuffisances de l’étude de l’OMS et critiqué la méthode de l’étude danoise.

     

    Recours des organismes sociaux, et la Cour de Cassation ce 18 octobre… a confirmé l’arrêt de la Cour d’appel, contre l’avis des autorités sanitaires et judiciaires du pays. Pour la Cour de cassation, il n’y a pas de certitude absolue, mais une certitude raisonnable, qui est le critère en droit social italien pour les maladies professionnelles.

     

    emetteurbell.jpeg

    1876, le premier téléphone d'Alexander Graham Bell

     

  • Fusillade d’Aurora : Une ruine pour les victimes…

    La fusillade d’Aurora, ce sont 12 morts et 58 victimes, dont vingt toujours hospitalisées, souvent dans un état grave. A prévoir une hospitalisation qui se prolonge et de longues périodes de rééducation. Problème : plusieurs d’entre elles, surtout parmi les plus jeunes, ne bénéficient d’aucune prise en charge par l’assurance maladie.

    Le coût des soins s’annonce astronomique,… et il va falloir payer. En fait, c’est le lot courant de la population jeune et pauvre, mais cette tuerie donne un redoutable effet de loupe. Dans le Colorado, un habitant sur trois ne dispose pas d'une assurance crédible.

    Seule solution : le charity business.

    Le plus simple pour vite obtenir quelques sous a été de négocier des récits exclusifs avec la presse, mais l’actu passe à autre chose.

    Un fonds de soutien a été créé avec appel aux donataires via Internet, et la Warner Bros, qui produit Batman, s’est dépêchée de faire savoir qu’elle avait versé son écot.

    Pour le reste, chacun se débrouille.

    Voici l’un des sites ouverts pour l’appel à la générosité, celui de Farrah Soudani, blessée à la jambe et à l’abdomen :

    http://www.gofundme.com/Help-Farrah#description

    us,sécurité sociale,santé,crime

    On parle beaucoup de la situation de Caleb Medley, un jeune artiste blessé d’une balle reçue dans l’œil. Il est placé en coma artificiel et sa vie sera sauve, mais il faut prévoir des soins très lourds, évalués à 2 millions de dollars. La famille dit avoir récolté 500 000 dollars. Voici le site :

    http://calebmedley.com/help

    us,sécurité sociale,santé,crime

    Chloe Anderson est la sœur d’une des victimes, Petra, jeune étudiante blessée à la tête et au bras. Elle explique sur une vidéo que la famille s’était organisée pour financer les soins de leur mère, atteinte d’un cancer, et qu’il n'y a plus de marge :

    http://diasolifeontheborder.org/2012/07/23/the-petra-anderson-story-readytobelieve4petra/

    us,sécurité sociale,santé,crime

    Les hôpitaux examinent les situations individuelles, et vont proposer des solutions exceptionnelles de solidarité…

    L'État du Colorado dispose d’un fonds d'aide aux victimes de crime, mais il n'offre que 20.000 dollars d'assistance par personne.

    Je pense que ce dessin résume bien le problème.

    http://www.cartoonmovement.com/cartoon/4459

    us,sécurité sociale,santé,crime 

  • La visite médicale à l’embauche… ou une indemnité !

    santé, travailLa visite médicale à l’embauche, on connaît… et on s’en passe souvent, par accord réciproque. Pas possible, rappelle la chambre supersociale de la Cour de cassation (11 juillet 2012, n° 11-11709), très attachée à défendre la santé des salariés, protégée par une obligation de résultat…

    Lucien avait été engagé par trois contrats à durée déterminée pour des animations commerciales. Au total 17 heures 50 minutes ! La situation était restée là, sauf que l’employeur se faisait tirer l’oreille pour remettre les documents administratifs liés à ces brefs contrats. Du classique, et on se retrouve au Prud’hommes de Nice, mais figurait parmi les demande l’une moins habituelle : le salarié, au moment de l’embauche, n’avait pas été soumis à une visite médicale. Ah, ah…

    En cause les dispositions des articles R. 4624-10 alinéa 1er et R. 4624-11 du Code du travail, selon lesquelles « le salarié bénéficie d'un examen médical avant l'embauche ou au plus tard avant l'expiration de la période d'essai par le médecin du travail. L'examen médical d’embauche a pour finalité :

    1º De s'assurer que le salarié est médicalement apte au poste de travail auquel l’employeur envisage de l'affecter ;

    2º De proposer éventuellement les adaptations du poste ou l'affectation à d'autres postes ;

    3º De rechercher si le salarié n'est pas atteint d'une affection dangereuse pour les autres travailleurs ».

    Pas de visite médicale… Lucien avait ajouté une demande d’indemnisation.

    Le Conseil de prudhommes avait peu apprécié. Certes, l’employeur « avait l'obligation de faire passer la visite médicale d'embauche », ce qui n’avait pas été fait. Mais les juges s’étaient fâchés : « Lucien, particulièrement de mauvaise foi, produit un certificat médical de son médecin généraliste d’octobre 2007 indiquant : "il semble en particulier que l'anxiété provoquée par des situations professionnelles à type de contrat à durée déterminée majore nettement son anxiété et soit de nature à favoriser des rechutes dépressives plus fréquentes et plus profondes" ». Coopératif lesanté, travail toubib !  Mais pour le Conseil,  tout çà, c’est du pipo. Lucien ne démontrait « aucun lien de cause à effet entre son état dépressif et l’absence de visite médicale d'embauche » lors de la conclusion des ces contrats précaires. La juridiction prudhommale ajoutait que Lucien avait souvent connu de ces contrats courts, et que sa dépression répondait à une analyse plus générale.

    Lucien de mauvaise foi ? Il a formé un recours, qui compte tenu du faible montant des sommes en jeu, est un pourvoi et là, c’est la Cour de cassation qui s’est fâchée : « L'employeur, tenu d'une obligation de sécurité de résultat, doit en assurer l'effectivité, en sorte que le manquement à son obligation cause nécessairement un préjudice au salarié dont le juge doit fixer la réparation ».

    Le Conseil des Prudhommes s’est fourvoyé en demandant au salarié de prouver que l'absence de visite médicale d'embauche lui avait causé un préjudice. L'employeur avait manqué à son obligation en n’organisant pas la visite, et comme il s’agit d’une obligation de résultat, cette absence a nécessairement causé un préjudice.

    L’affaire a été renvoyée devant le Conseil des Prudhommes de Cannes, et Lucien obtiendra gain de cause. L’indemnité n’ira pas loin, mais permettra au moins de passer une bonne soirée entre amis, par exemple avec une superbe paëlla royale au Grand Bleu du cours Saleya, avec un bon Rioja de derrière les fagots…

    En attendant, les employeurs savent à quoi s’en tenir, même pour une embauche d’un jour !

    santé, travail

Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu