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santé - Page 5

  • Quand les méthodes de gestion deviennent du harcèlement moral

    emploi_precarite_Charb-19b81.jpgUne méthode de gestion peut constituer un harcèlement moral : une petite révolution sociale, très en phase avec les mouvements sociaux actuels. C’est une grande avancée, car auparavant le harcèlement ne se comprenait que dans une dimension interpersonnelle. D’où la défense des employeurs : «Mais, détrompez-vous. Je n’ai aucun compte à régler avec ce salarié. C’est du management. Je suis désolé si le résultat est que le salarié craque, mais je n’ai rien contre lui, et ce ne peut donc être du harcèlement ». Difficile à accepter pour le salarié qui craque, tombe en arrêt maladie, et se voit licencié du fait de la prolongation de son absence.  

    Tout change quand le droit accepte de caractériser le harcèlement moral par « les méthodes de gestion mises en oeuvre par un supérieur hiérarchique ». La mauvaise gestion peut être un harcèlement, et rendre nul le licenciement du salarié qui a craqué. Une belle avancée du droit à mettre au crédit de notre vaillant Darcos, ou de notre génial majorité UMP ? Et non, c’est de la jurisprudence que vient de droit très social, loin des rodomontades ministérielles dont personne n’a rien à fiche, et visent juste à faire illusion au jité.  

    Voici  l’analyse de cet arrêt rendu par la chambre sociale de la Cour de cassation, ce 10 novembre 2009 (n° 07-45321).

    Licencié après quatorze ans d’ancienneté…

    bayet.jpgFrédéric a été engagé le 10 janvier 1989 en qualité d'agent d'entretien, gardien de l'établissement et chauffeur par une association gérant des colonies de vacances. Le contrat de travail, ancien et sans embrouille, se poursuit avec en 2001 l’arrivée d’un nouveau directeur.

    Tout se déclenche le 20 août 2003. Le directeur demande à Frédéric d'effectuer un transport pendant sa journée de congé du 25 août 2003. S’en suit une altercation, et Frédéric est placé en arrêt de travail. Par courrier du 29 août 2003 à la présidente de l’association, il dénonce le comportement du directeur depuis plusieurs mois comme « une forme de harcèlement moral ». Les griefs concernent tant l'organisation de son travail (non-respect des plannings, non communication des plannings, non fixation des congés annuels …) que le comportement du directeur à son égard. Certains jours, le directeur l'ignore, communique au moyen d'un tableau, ne lui donne aucune instruction, et exerce une pression destinée à lui faire quitter son travail. Le 13 septembre 2003, la présidente de l'association appelle au dialogue, mais fait par de ses remarques au directeur pour une meilleure organisation du travail. On a bien noté : pas de griefs de type personnel, mais une méthode de gestion qui casse la relation.

    L’arrêt travail est prolongé, jusqu’au 27 novembre 2003. Suit un nouvel arrêt à compter du 10 mai 2004. Le médecin du travail déclare le salarié inapte médicalement et définitivement, ajoutant qu’il serait apte à un poste « sans contact avec son directeur actuel ». Au titre de la maladie qui se prolonge, l’employeur prononce le licenciement de Frédéric salarié le 9 mai 2005. Le salarié saisit le conseil de Prud'hommes.

    Le salarié vise deux textes.

    En application, de l'article L. 122-49 du Code du travail, le licenciement qui résulte d’un harcèlement moral est nul de plein droit. Et le Code du travail définit comme harcèlement moral « des agissements répétés qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte aux droits du salarié et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel ».

    La Cour d’appel de Grenoble ouvre la voie

    wolinski1.gifC’est la Cour d’appel (de Grenoble) qui a ouvert la voie, en retenant le harcèlement par les méthodes de gestion. Il faut pour cela des faits, et des conséquences pour la santé.

    L’arrêt relève d’abord que le président de l’association ne rejette pas les griefs formés par le salarié : « Nous faisons de notre côté nos remarques personnes à Monsieur Y... concernant l'organisation de vos tâches ». Plusieurs témoins évoquent des traits de caractère ou un comportement du directeur en adéquation avec les attitudes dénoncées par Frédéric : non-respect de ses plannings, ton blessant, absence de communication, volonté de diviser l'équipe. Un salarié évoque une pression continuelle, des reproches incessants, des ordres et des contre-ordres, et la division des employés. Les personnes sous les ordres de Frédéric recevaient de consignes directement, sans que Frédéric ne soit informé, et le directeur communiquait avec Frédéric par l'intermédiaire d'un tableau. Pour la cour d’appel, l'ensemble de ces éléments permet de retenir que Frédéric a été victime de la part du directeur « d'agissements répétés de harcèlement moral caractérisés par sa mise à l'écart et le mépris dont il était l'objet », et  « ces agissements ont atteint un point de non-retour ».

    Il faut ensuite examiner les conséquences médicales. La durée du premier arrêt de travail (21 août – 27 novembre 2003) témoigne de la dégradation de l’état de santé. Le médecin généraliste qui a prescrit l’arrêt de travail indique que le salarié s’est présenté « dans un état pitoyable, en pleurs, ce qui chez un homme très calme habituellement était étonnant ».  Le médecin du travail qui l’a examiné le 15 septembre 2003 l’a adressé à un confrère psychiatre en indiquant : « Je le trouve très dépressif, pleurant même devant moi. Le tableau qu’il décrit me semble relever du harcèlement moral et me rappelle le cas d’une de ses collègues ayant également été victime de harcèlement par le même directeur il y a un an et demi et pour laquelle je vous avais également consulté ». Le 15 octobre 2003, le psychiatre consultant, écrit au médecin du travail en évoquant l’état de santé de Frédéric : « Il présente en effet le tableau classique du trouble anxieux généralisé provoqué que l’on rencontre chez les personnes qui se plaignent d’être victime d’un harcèlement moral au travail. En effet malgré un arrêt de travail déjà prolongé, il présente d’abord convenablement avec une certaine retenue et puis dès qu’il évoque ses difficultés professionnelles, les larmes lui montent aux yeux et il ne peut contenir quelques sanglots … Bien sûr, c’est un homme qui jusqu’alors n’avait aucun antécédent, qui paraissait plutôt solide et bien organisé dans sa vie ».

    Et la Cour d’appel de conclure que le licenciement de Frédéric pour inaptitude a pour origine le harcèlement moral dont il a été victime de la part du directeur, ce qui entraîne sa nullité. Voyez caisse : 25 000 €.

    L’employeur, pas content, forme un pourvoi devant la Cour de cassation. Il ne sait pas que par cet acte de procédure, il va permettre à la Cour de cassation d’imposer un bond en avant à la qualité des relations humaines au travail.

    La Cour de cassation enfonce le clou

    travail.gifLa Cour de cassation doit partir de la définition légale du harcèlement, mais elle l’interprète de manière nouvelle, en visant uniquement les méthodes de gestion. C’est ce qu’on appelle un attendu de principe, destiné à faire jurisprudence : « Peuvent caractériser un harcèlement moral les méthodes de gestion mises en oeuvre par un supérieur hiérarchique dès lors qu'elles se manifestent pour un salarié déterminé par des agissements répétés ayant pour objet ou pour effet d'entraîner une dégradation des conditions de travail susceptibles de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel. »

    Quelques lignes qui valent de l'or... Un arrêt de principe a la même force juridique que la loi votée. Surtout, une jurisprudence, c'est une interprétation de la loi. La base reste la loi d'origine, inchangée. Seul le sens donné par cette loi est en cause, mais cette interprétation est de rigueur à partir du moment où elle a été adoptée par la Cour de cassation. C'est la grande force de la jurisprudence, qui en pratique a des effets rétroactifs. Toutes les situtations de fait, quelle que soit leur date, du moment qu'elles ne sont pas définitivement jugées, bénéficient immédiatemment des effets de cette jurisprudence.

    Ce ceci posé, la Cour en tire les conséquences pour l’affaire de Frédéric. Le directeur de l'établissement soumettait les salariés à une pression continuelle, des reproches incessants, des ordres et contre-ordres dans l'intention de diviser l'équipe se traduisant, en ce qui concerne Frédéric, par sa mise à l'écart, un mépris affiché à son égard, une absence de dialogue caractérisée par une communication par l'intermédiaire d'un tableau, et ayant entraîné un état très dépressif. « Ayant constaté que ces agissements répétés portaient atteinte aux droits et à la dignité du salarié et altéraient sa santé, elle a ainsi caractérisé un harcèlement moral, quand bien même l'employeur aurait pu prendre des dispositions en vue de le faire cesser ».

    Avec cet arrêt, c’est un cap important qui est passé. Les DRH sont invités à revenir aux bases, c’est-à-dire à réfléchir à ce que veut dire « ressources humaines »…

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  • Qui veut encore de l’Ordre des infirmiers ?

    Amies infirmières, c’est le denier jour pour s’inscrire à l’Ordre, et le moins que l’on puisse dire, c’est que ça coince. Rapport de forces maximal à l’Ordre des infirmiers... L’Ordre ne fait pas recette, et du fait du régime juridique choisi, on va à vitesse V vers le blocage total.

    Un petit retour en arrière…

    la_folie_des_grandeurs_.jpgAu départ, une immense ambiguïté. La profession infirmière, près de 500 000 actifs, est peu organisée. Les associations sont nombreuses, mais souvent faibles en effectif, et les grandes centrales syndicales peu implantées. D’où l’idée de structurer la profession. Il existait de nombreux modèles, et il fallait à l’évidence tenir compte et du nombre de professionnels (par comparaison, il n’existe « que » 180 000 médecins) et de l’inorganisation de départ. On ne construit pas une cathédrale en un jour, me semble-t-il. La seule solution était de doper les structures consultatives qui existaient, de les régionaliser, et de commencer à produire de la réflexion. Un organisme d’influence, d’une composition très représentative, qui se serait illustré par la qualité de ses travaux, et étape après étape, se serait imposé dans le paysage du monde de la santé.

    Hélas, l’imagination était au pouvoir, et le choix a donc été de recopier ce qu’avaient fait d’autres, à commencer par l’Ordre des médecins. Un remarquable procédé d’émancipation… Tout le problème est que l’Ordre des médecins, créé en 1945, disposait déjà d’un acquis par un syndicalisme très puissant dans les années 30/40. Et que l’histoire a commencé à 40 000 médecins, qui étaient alors tous des libéraux, et avec un système de santé encore rudimentaire.

    Un collectif d’associations s’est constitué, revendiquant bruyamment sans ne rien élaborer de vraiment sérieux. Alors que le ministère était opposé à cette création, le ministre Xavier Bertrand a soudain pensé que ce serait là un bon cheval pour la course aux présidentielles, et contre toute attente, le ministre est devenu avocat de l’Ordre. La loi a été votée dans l’indifférence massive de la profession, et c’est maintenant le réveil avec la gueule de bois.

    Inscription à l’Ordre

     

    affiche-ordre.jpgCes trois ans ont été consacrés à la mise en oeuvre juridique de l’institution, avec un bilan financier qu’il faudra établir un jour, notamment pour l'organisation de magnifiques élections informatisées qui ont recueilli une participation de 13,73 %... On aurait pu arrêter là.

     

    Mais non. Le choix a été de foncer, avec comme pivot cet argument : l’adhésion et la cotisations sont obligatoires de par la loi, donc tout va rentrer dans l’Ordre. Sauf que ce n’est pas si simple. Il manquait quelques heures de cours sur en sociologie du droit.

     

    Je lis sur le site de l’Ordre ce très curieux communiqué.

     

    « A ce jour, tous les dossiers d’inscription ont été envoyés à l’adresse professionnelle des infirmières et infirmiers en exercice. L’Ordre National des Infirmiers reçoit de nombreuses réponses, celles et ceux dont le dossier est complet recevront très prochainement leur carte professionnelle européenne et leur caducée. La carte atteste la qualité de membre de l’Ordre

    National des Infirmiers. »

     

    On s’y croirait, sauf que tout ceci est illégal. « L’Ordre National des Infirmiers », juridiquement, n’existe pas. Ce qui existe, ce sont les « Conseils », et en particulier le Conseil national et les conseils départementaux. Donc être inscrit à une structure qui n’existe pas, c’est mal barré... C’est devant le Conseil départemental qu’il faut s’inscrire, et c’est lui qui est chargé de tenir le tableau départemental. L’Ordre national n’existe pas, et le Conseil national n’a pas compétence en la matière. De plus, la procédure d’inscription n’est pas banale : envoyez votre dossier et nous vous retournerons la carte. Mais qui délibère ? L’Ordre n’est pas un guichet, et doit procéder, en droit, à l’examen des dossiers au regard des critères que lui impose la loi. La mission principale est déjà en solde. Et ajoutons tous ceux qui n’ont pas reçu la précieuse enveloppe…

     

    Donc, tout ceci est nul.

     

    Blocage à venir dans les hôpitaux

     

    voie-sans-issue.jpgMais s’ajoute l’indifférence manifeste de la profession. Dans les hôpitaux, seule une minorité a retourné les dossiers. Ce qui pose deux problèmes décisifs, et on ne pourra pas s’amuser pendant longtemps encore.

     

    Lorsqu’un Ordre est institué, l’adhésion est obligatoire. Le diplôme ne suffit plus. Ce qui signifie que celui qui exerce sans être inscrit à l’Ordre est en situation d’exercice illégal. L’employeur doit donc lui notifier immédiatement la cessation de ses fonctions, faute de quoi il devient complice de l’exercice illégal. 

     

    Ensuite, si l’infirmier est en exercice illégal, il est inassurable. Aussi, l’employeur qui le laisse en exercer place ce salarié ou cet agent de la fonction publique hors assurance. Si survient un dommage, c’est pour sa poche, et sa famille est donc ruinée.

     

    On poursuit ?

     

    Pour simplifier la tache de l’Ordre, la loi HPST du 21 juillet 2009 a prévu, à son article 63, que les établissements de santé transmettraient à l’Ordre leur listings du personnel, aux fins de faciliter l’inscription. Mais cette loi doit être mise en oeuvre par un décret, qui bien sûr n’a pas été publié à ce jour, de telle sorte qu’elle est inapplicable. Un éventuelle transmission d‘informations serait une infraction pénale, prévue par le loi Informatique et Libertés. 

     

    Et la cotisation…

     

    Ordre%20inf.jpgLa cotisation ?  Elle serait obligatoire pour travailler. Non ! Seule l’adhésion est obligatoire. La cotisation est imposée par la loi, et chaque membre de l’Ordre doit y passer. Mais en cas de non paiement, la seule chose que puisse faire le Conseil départemental, c'est d'engager un procès civil. Un procès qu’il lui serait difficile de perdre, certes. Mais comment gérer cette masse de procédures ? Une première fournée de 100 000 procès pour se mettre en forme ? Belle ambiance, et beau budget à prévoir !

     

    Là où ça devient franchement cocasse, c’est qu’un des députés supporters de l'Ordre, Richard Maillé, a écrit le 23 septembre à la présidente de l’Ordre, Dominique Le Bœuf, pour lui dire tout le mal qui pense du processus de mise en œuvre, notamment avec cette cotisation à 75 euros : « En tant qu'auteur de cette loi, je trouve excessive et disproportionnée cette somme de 75 euros. »  Et de rappeler que lors durant les débats, la participation évoquée était de 10 euros par an, ce qui dégageait tout de même un budget de 4,6 millions d'euros, avant d’ajouter : « Avec ce montant élevé, vous risquez de décourager bon nombre d’infirmiers d’adhérer à l’Ordre, et ce dès sa création. C’est regrettable ». Bien vu, Richard.

     

    Alors, il pourrait être intéressant de poser quelques questions à deux de nos gouvernants, Xavier Bertrand qui était ministre à l’époque, et Roselyne Bachelot. Quelques questions sur tout ce bazard, qui ne fait pas avancer d'un centimètre les questions de santé publique. Parce que si je ne me trompe pas, 500 000 infirmiers et infirmières, ça fait 500 000 électrices et électeurs aux régionales, non ?

     

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  • A ta santé !

    27361-040-2009-see-zm.jpgDu président ou pas du président, la santé est une affaire de vie privée. Toute annonce politique de transparence est intenable, et entretient le phantasme pitoyable d’un partage entre les bien-portants, seuls aptes à bien faire, et les malades, placés sur la touche.

     

    Je veux bien comprendre l’argument politique facile qui consiste à dire « je vous dirais tout sur ma santé », mais je rigole doucement car c’est une promesse impossible. Au maximum, on pourrait dire « je publierai à espace réguliers le compte rendu de certains examens ». Au delà, c’est du concours de mensonges organisé.

     

    Connaître l’état exact de sa propre santé est si aléatoire qu’en parler aux autres, en des termes justes, est une gageure. De plus, réduire la santé aux bilans médicaux, c’est s’en tenir à une vision bien rétrécie, car la dimension psychique en est une partie intégrante. Ca me fait une belle jambe de savoir que telle ou telle décideur à électrocardiogramme qui est une promesse de chômage pour les cardiologue ou la force musculaire pour soulever un piano d’une seule main s’il est fou comme un âne. Rappelons quand même que la maladie la plus répandue dans la société française est la dépression.ted_sportif.jpg

     

    Après les expériences de Pompidou et de Mitterrand – je vous dis tout mais je vous dis rien – les forcenés de l’hygiénisme avaient lancé la solution du bonheur : le président doit être en bonne santé et tout vous sera dit. Il n’y a de vrai que la transparence ! Je suis à gré à Chirac d’avoir résisté à cet imperium en refusant toute communication officielle sur le sujet. Le pouvoir a besoin d’être protégé. 

     

    Sarkozy avait évidemment fait l’inverse, en annonçant toute la vérité avec deux bilans par an, et en avait fait des tonnes en se faisant photographier pendant jogging aux quatre coins de la planète. Transpirons, transpirons, il en restera toujours quelque chose. Depuis, Guéant a expliqué qu’une fois par an suffirait, et une hospitalisation pour une bricole n’a été révélée que par un livre sur Cécilia…

     

    Si je résume le drame d’hier : un homme de 54 ans, assez overbooké, est victime un malaise sans gravité alors qu’il faisait son footing à midi, par 30° à l’ombre. Insignifiant, à part que courir le matin ou le soir, c’est mieux…Mais pour avoir tant misé sur cette jeunesse maintenue car si bien 9782723446587.jpgentretenue, ça devient une affaire.

     

    Ce qui semble le plus détestable, c’est l’arrière plan, à savoir la glorification de la bonne santé, comme condition de tout : bilans impecs, pas d’alcool, pas de tabac, footing de rigueur, alimentation biologique, et régime alimentaire. Si possible, un brin hâlé. On se calme… Mais boire un bon canon de temps en temps ou se trimbaler les poignées d’amour à 50 ans, ça va plutôt dans le bon sens…

     

    Avoir des soucis de santé peut devenir invalidant pour le job, c’est le lot de tous les salariés. Ca pose de problèmes particuliers quand le job c’est pilote d’avion, chirurgien… ou président de la République. Dans le cas présent, c’est aux services politiques d’agir, et il existe suffisamment d’exemples dans l’histoire d’homme politiques qui étaient au coeur de l’action alors qu’ils luttaient contre la maladie et qui ont agi plus qu’honorablement.

     

    Défendre l’absolu de la grande forme, c’est dramatiser la confrontation avec la maladie. Non, ce n’est pas le début de la fin. On traite, on soigne, on surmonte… Etre malade est une donnée sanitaire, personnelle, et ne devrait en aucun cas être l’origine d’un basculement social.

     

    Allez, on se détend, et bonne santé à tous…

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  • Obama en appelle aux blogueurs

    911312946.jpg« Les blogs sont ce qu’il y a de mieux pour démonter les mythes. » C’est la conviction d’Obama, qui s’est adressé directement aux blogueurs pour l’aider dans sa réforme du système de santé. « C’est la raison pour laquelle vous allez jouer un rôle important pour notre réussite dans les semaines à venir.»

    Obama et son équipe qui étaient sur une pente ascendante depuis la campagne électorale, entrent en zone de turbulences. Les choses sérieuses ont commencé, et dès les premiers jours, mais en cette fin juillet, ce sont les premières difficultés sérieuses. Le plan de relance est passé, les bourses reprennent des couleurs, l’accord de retrait est signé avec le gouvernement irakien, le message international passe bien, la juge Sotomayor réussit son passage devant le Congrès. Dans le même temps, la Corée du Nord multipliant les provocations et Israël ignorant les demandes de gel de la colonisation montrent que rien ne sera simple.

    L’enjeu décisif est en politique interne, avec la réforme du système de santé, l’engagement phare de la campagne électorale. Et là, ça coince, pour une raison toute simple : le coût. Les dépenses de santé ne sont jamais perdues, et économiquement deviennent dès le lendemain des ressources qui font vivre les hôpitaux. Et les augmentations d’impôts annoncées ne concernent que les revenus élevés, soit à partir de 150 000e de revenus annuels. Mais les républicains tirent à boulets rouges sur ce projet, et plus gênant, nombre de parlementaires démocrates rechignent, par une opposition de principe à toute hausse d’impôt. C’est dire que le front se déplace. C’est le système de santé, mais c’est aussi le  rapport de forces entre Obama et les parlementaires. Le rejet du système de santé marquerait un cantonnement politique, qui pèserait sur tout le mandat. C’est la mésaventure qu’avait connue Clinton. blogger.jpg

    Un autre front s’allume déjà, après l’arrestation d’Henry Louis Gates, le célèbre universitaire, alors qu’il rentrait chez lui. Deux blacks devant le porte d’une grande maison, ce n’est pas normal : au poste ! Sauf que c’était la maison du monsieur… Obama en conférence de presse a stigmatisé une attitude stupide de la police, et dénoncé la pratique des contrôles au faciès pour les afro-américains et le blacks. Les réactions sont parties dans tous les sens. La question raciale va s’installer au coeur du débat social.

    C’est dans ce contexte qu’Obama s’adresse aux blogueurs : « Il est important de garder sous pression les membres du Congrès car ce qui se passe à Washington est par défaut une attitude d'inertie (...) Il faut que nous luttions contre cela, il faut nous assurer que les gens ici perçoivent la détresse que des familles ordinaires ressentent partout dans le pays, chaque jour, quand elles s'inquiètent de savoir si elles vont pouvoir ou non payer leurs primes d'assurance. Les gens ici doivent le ressentir de manière viscérale. Et vous pouvez aider à le faire passer, mieux que quiconque (...) Je sais que les blogs sont ce qu'il y a de mieux pour démystifier ce que les médias traditionnels laissent parfois passer. Et c'est pour cela que vous allez jouer un rôle aussi important dans les semaines à venir. »

    humour-blog2.jpgAlors, les blogs dans la bataille ? Les blogs « the best for debunking myths »… J’approuve bien sûr, camarade Obama, mais attention ! La condition de l’intérêt d’un blog… est qu’il reste un blog : indépendant et personnel. Si le blog devient la petite main d’un grand parti, il est assuré de sombrer à bref délai. Le blogueur ne cherche pas à être réélu, et il n’a pas besoin de plaire, c’est sa force. Son coût économique est dérisoire, c’est sa deuxième force. Mais, il est fragile, et il prendrait la position de l’escargot dans sa coquille s’il apparaissait que sa liberté apparente n’est que la mise en musique d’une partition écrite par d’autres.

    S’exprimer, vouloir tout explorer, ouvrir tous les débats. S’engager dans des combats, oui, certainement ! Soutenir des causes honorables ? Bien sûr ? Pourquoi s’en priver ? Et dans nos pays de liberté, cela me semble un devoir. Démonter les mythes ? Oui, mais librement. Le blog, c’est une histoire à vivre.

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  • H1N1 : Nous y sommes !

    logo_oms.gif"La pandémie ne peut désormais plus être enrayée". C’est l’OMS qui ce 16 juillet s’exprime. Vu des bords de Saône, et avec toutes les douceurs de l’été, cette grippe A H1N1 semble d’un autre monde. Et pourtant, comment ne pas accorder le plus grand crédit aux analyses de l’OMS : des équipes rôdées, une grande expérience et une remarquable centralisation des infos.

    L’OMS explique que la pandémie de grippe 2009 se propage dans le monde entier plus vite que jamais : "Lors de pandémies antérieures, il avait fallu aux virus grippaux plus de six mois pour se propager aussi largement que le nouveau virus H1N1 ne l’a fait en moins de six semaines." De plus nous avançons dans le brouillard : "On assiste à une transmission communautaire durable du virus, et il est extrêmement difficile, voire impossible, pour les pays d’essayer de confirmer les cas en laboratoire."

    L’OMS souligne qu’ultra-rapide en veut pas dire ultra-méchant. Chacun a pu observer que les symptômes dans l’immense majorité des cas sont bénins. Mais l’OMS a observé, dans tous les pays touchés, des cas d’affections respiratoires exigeant une hospitalisation, ou les caractéristiques cliniques inexpliquées ou inhabituelles associées à des cas graves ou mortels.

    Un porte-parole de l'OMS, Gregory Hartl, confirme que le virus ne peut plus être arrêté et que "tous les pays vont avoir besoin de vaccin."

    Quelques chiffres, en cette mi-juillet : quatre-vingt-quatorze mille personnes atteintes, issues de cent trente-six pays, et quatre cent vingt-neuf morts. 170 morts aux Etats-Unis, 137 morts en Argentine, 33 au Chili, 19 en Uruguay…1110_A03.jpg

    Ce 15 juillet, Roselyne Bachelot a annoncé la commande de 94 millions de doses de vaccins pour un montant d'un milliard d'euros auprès de trois laboratoires.

    Brice Hortefeux, qui est en règle générale bien informé, juge "presque inévitable" qu'une pandémie liée au nouveau virus s'installe en France à l'automne, prévoyant des conséquences "considérables."

    Ce n’est pas la première fois que nous nous trouvons face à des catastrophes annoncées, et qui heureusement restent à l’état de crainte ou de fantasme. Aussi, après le coup de chaud planétaire qui avait suivi les premiers cas de grippe,  le scénario avait pu donner le sentiment de se  reproduire. Je vois que depuis l’origine, l’OMS a communiqué avec professionnalisme et sang froid, pour qualifier et annoncer une pandémie mondiale d’une ampleur jamais rencontrée. Désormais, il faut l’admettre : nous y sommes.

    Ce sera aussi une exercice grandeur nature pour vérifier que la santé, si personnelle, est aussi un bien public.

    Vous trouverez ci-dessus le portrait de celle qui sera, pour quelques mois, notre ministre de la santé publique : elle s’appelle Margaret Chan. Et ci-dessous celui du virus qui va nous occuper la même période.

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