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  • La fausse accusation de Trump à Obama ? par Manlio Dinucci

    Le gentil Obama critiqué par le méchant Trump parce qu’il aurait financé l’effort militaire US sans assez de contreparties pour les US… Pas du tout, répond le New York Times, le porte-parole d’Obama, on les a mis à genoux, et ça nous rapporte un max. Merci Manlio…

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    La fausse accusation de Trump à Obama ?

    par Manlio Dinucci

    Face à l’accusation du président nouvel élu Trump contre l’administration Obama, parce qu’elle n’aurait à peu près rien obtenu des alliés en échange de la « défense » que les États-Unis leur assurent, le New York Times est descendu dans l’arène. Il a publié le 16 janvier une documentation, fondée sur des données officielles, pour démontrer ce qu’a fait l’administration Obama pour « défendre les intérêts des USA à l’étranger ».

    Ont été conclus avec plus de 30 pays des traités qui « contribuent à apporter de la stabilité dans les régions économiquement et politiquement les plus importantes pour les Etats-Unis ». A cet effet les USA ont déployé en permanence outremer plus de 210 000 militaires.

    En Europe, ils maintiennent environ 80 000 militaires, plus la Sixième Flotte basée en Italie, pour « défendre les alliés Otan » et comme «dissuasion contre la Russie ». En échange, ils ont obtenu l’engagement des alliés Otan de « défendre les États-Unis » et la possibilité de garder leurs propres bases militaires proches de Russie, Moyen-Orient et Afrique, dont le coût est assumé pour 34% par les alliés. Ce qui permet aux USA d’avoir l’Ue comme plus grand partenaire commercial.

    Au Moyen-Orient, les États-Unis maintiennent 28 000 militaires dans les monarchies du Golfe, plus la Cinquième Flotte basée à Bahrein, pour « défendre le libre flux de pétrole et gaz et, en même temps, les alliés contre l’Iran ». En échange ils ont obtenu l’accès à 34% des exportations mondiales de pétrole et à 16% de celles de gaz naturel, et la possibilité de maintenir leurs propres bases militaires contre l’Iran, dont le coût est assumé pour 60% par les monarchies du Golfe.

    En Asie orientale, les États-Unis maintiennent plus de 28 000 militaires en Corée du Sud et 45 000 au Japon, plus la Septième Flotte basée à Yokosuka, pour « contrecarrer l’influence de la Chine et soutenir les alliés contre la Corée du Nord ». En échange ils ont obtenu la possibilité de maintenir leurs propres « bases militaires près de la Chine et de la Corée du Nord », dont le coût est assumé par les alliés dans la proportion de 40% en Corée du Sud et de 75% au Japon. Cela permet aux USA d’avoir le Japon et la Corée du Sud comme importants partenaires commerciaux.

    En Asie du Sud-Est, les États-Unis maintiennent un nombre variable de militaires, de l’ordre de plusieurs milliers, pour soutenir la Thaïlande et les Philippines avec l’Australie dans le Pacifique. C’est dans ce cadre qu’entrent « les exercices militaires pour la liberté de navigation en Mer de Chine Méridionale », où passe 30% du commerce maritime mondial. En échange les États-Unis ont obtenu la possibilité de « protéger » un commerce maritime d’une valeur de plus de 5 000 milliards de dollars annuels. En même temps ils ont obtenu « une région plus amie des États-Unis et plus en mesure de s’unir contre la Chine ». On oublie dans cette liste le fait que le Pentagone, pendant l’administration Obama, a commencé à déployer contre la Chine, à bord de navires de guerre, le système Aegis analogue à celui déjà déployé en Europe contre la Russie ; système en capacité de lancer non seulement des missiles anti-missiles, mais aussi des missiles de croisière armables de têtes nucléaires.

    Elle est donc infondée, la critique de Trump à Obama, lequel a démontré dans les faits ce qu’il affirme dans son dernier message sur l’État de l’Union : « L’Amérique est la plus forte nation sur la Terre. Nous dépensons pour le militaire plus que ne dépensent ensemble les huit nations suivantes. Nos troupes constituent la meilleure force combattante dans l’histoire du monde ».

    Voilà quel est l’héritage laissé par le président « bon ». Que fera maintenant le « méchant » ?

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  • Bientôt la fin de la maison Clinton ?

    Si on résume, Donald Trump est un fou furieux, ignorant la politique, un affairiste frelaté doublé d’un pervers sexuel, et pour le flinguer, on trouve l’appareil sur-financé du Parti démocrate, et les trois plus grand médias : New York Times, Washington Post et CNN. Le Parti républicain, fatigué de ses saillies véreuses, a pris ses distances, ce alors que les veilles mamies xénophobes, à commencer par le Ku Klux Klan, lui apportent leur soutien.

    - Donc, le mec est carbonisé, KO technique ?

    Et bien non. Dans les sondages nationaux, les candidats sont au même niveau, et pour ces derniers jours de campagne – on vote le 8 – la dynamique est du côté de Trump.

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    Les sondages nationaux montrent les tendances, à savoir qu’il n’y a plus de favori, mais la victoire va dépendre du vote dans les fameux « Swing States ». Pour les présidentielles, le vote est comptabilisé dans chacun des 50 Etats, et le camp victorieux envoie un certain nombre de délégués à un «Collège électoral» de 538 personnes, qui désignera le vainqueur, à la majorité de 270 voix. Un certain nombre d’Etat sont stables, avec un équilibre des deux camps. La Californie, qui compte 55 délégués, vote démocrate, alors que le Texas, avec 38 délégués, est acquis aux Républicains. Tout se joue donc dans les « Swing States », ces Etats qui peuvent basculer, et on surveille en particulier la Floride, avec 29 délégués et l’Ohio, qui en compte 18.

    Trump est hors norme, et joue avec fracas son côté antisystème. Il a su gagner la primaire, mais il y a en lui trop d’excès, d’outrance, d’incompétence, et il est loin d’être populaire. Le mec est spécial, oui, mais le pouvoir est au Congrès, pas à la Présidence,… et la Cour suprême peut calmer les furies de Trump. Sur le plan extérieur, le type s’annonce comme bien moins interventionniste que Clinton.

    Du côté de Clinton, c’est la misère. Elle s’était faite sérieusement accrocher par Sanders, et malgré l’armada du Parti démocrate, ça patauge. La maison Clinton sent la magouille, l’enrichissement familial via l’action publique, notamment avec cette si douteuse Fondation Clinton : action désintéressée,… mais pas pour tout le monde. Avec les Clinton, c’est toujours limite.

    Le Directeur du FBI – la police fédérale, celle des grands bandits – a annoncé avoir rouvert l’enquête sur les e-mails de Clinton, cette secrétaire d’Etat – ministre des affaires étrangères contrôlant 40% des dépense militaires du monde – qui refusait de passer par les messageries de l’Etat et utilisait son propre serveur pour être tranquille. James Comey, directeur du FBI, avait conclu que c’était d’une grande légèreté, mais avait classé. Mais voilà qu’on retrouve des milliers d’e-mails de Clinton sur le portable de l’ex de sa conseillère Huma Abedin, un mec sexuellement dépravé. James Comey a annoncé la découverte – comment pouvait-il faire autrement ? – et il a obtenu un mandat judiciaire pour saisir ces e-mails…

    Pour les jours qui viennent, ça va y aller tous azimuts. Les candidats n’ont rien à dire sur le fond, alors c’est tout sur le dézingage personnel.

    Obama, qui part avec un bilan maigrichon, fait campagne pour Clinton, car Trump balaierait tout en quelques semaines. Comme il y a péril en la demeure, on va sans doute prévoir un grand show avec la très populaire Michelle Obama,… ce qui en fait ne fait que souligner l’incapacité de Clinton.

    Alors, nous allons continuer à suivre. Il y aura un vainqueur, oui,… mais le fruit d’une construction artificielle.  

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    Mécanisme d'entraînement à vis sans fin

  • Manlio Dinucci : Le rôle USA et Otan dans le rapport de l’UE avec la Chine

    Excellent texte de Manlio Dinucci dans Mondialisation.ca, offrant une vision large des rapports de force qui vont façonner le monde. Il s’agit de l’intervention de l’ami Manlio à l’Académie de marxisme près l’Académie chinoise de sciences sociales, Association politico-culturelle Marx XXI, Forum Européen 2016 / La « Voie Chinoise » et le contexte international, Rome, 15 octobre 2016.

    Texte à lire et à débattre, on n’est pas obligé d’être d’accord sur tout… du moment où l’on est d’accord pour chercher à comprendre.

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    Je vais tout de suite au nœud de la question. Je pense qu’on ne peut pas parler de relations entre Union européenne et Chine indépendamment de l’influence que les Etats-Unis exercent sur l’Union européenne, directement et par l’intermédiaire de l’Otan.

    Aujourd’hui 22 des 28 pays de l’Ue (21 sur 27 après la sortie de la Grande-Bretagne de l’Ue), avec plus de 90% de la population de l’Union, font partie de l’Otan, reconnue par l’Ue comme « fondement de la défense collective ». Et l’Otan est sous commandement USA : le Commandant suprême allié en Europe est toujours nommé par le Président des Etats-Unis d’Amérique et tous les autres commandements clé sont aux mains des USA. La politique étrangère et militaire de l’Union européenne est ainsi fondamentalement subordonnée à la stratégie étasunienne, sur laquelle convergent les plus grandes puissances européennes.

    Cette stratégie, clairement énoncée dans les documents officiels, est tracée au moment historique où la situation mondiale change à la suite de la désagrégation de l’URSS. En 1991 la Maison Blanche déclare dans la National Security Strategy of the United States : « Les Etats-Unis demeurent le seul Etat avec une force, une portée et une influence en toute dimension – politique, économique et militaire – réellement globales. Il n’existe aucun substitut au leadership américain ». En 1992, dans la Defense Planning Guidance, le Pentagone souligne : « Notre premier objectif est d’empêcher qu’une quelconque puissance domine une région dont les ressources seraient suffisantes pour engendrer une puissance mondiale. Ces régions comprennent l’Europe occidentale, l’Asie orientale, le territoire de l’ex Union Soviétique et l’Asie sud-occidentale ». En 2001, dans le rapport Quadrennial Defense Review, – publié une semaine avant la guerre USA/Otan en Afghanistan, aire de première importance géostratégique à l’égard de Russie et Chine- le Pentagone annonce : « La possibilité existe qu’émerge dans la région un rival militaire avec une formidable base de ressources. Nos forces armées doivent conserver la capacité d’imposer la volonté des États-Unis à n’importe quel adversaire, y compris États et entités non-étatiques, de façon à changer le régime d’un État adverse ou occuper un territoire étranger jusqu’à ce que les objectifs stratégiques états-uniens soient réalisés ».

    Sur la base de cette stratégie, l’Otan sous commandement USA a lancé son offensive sur le front oriental : après avoir démoli par la guerre la Fédération Yougoslave, de 1999 à aujourd’hui elle a englobé tous les pays de l’ex Pacte de Varsovie, trois de l’ex Yougoslavie, trois de l’ex URSS, et sous peu elle en englobera d’autres (à commencer par la Géorgie et l’Ukraine, cette dernière de fait déjà dans l’Otan), en déplaçant bases et forces, y compris nucléaires, toujours plus près de la Russie. En même temps, sur le front méridional étroitement relié à celui oriental, l’Otan sous commandement USA a démoli par la guerre l’Etat libyen et a essayé d’en faire autant avec celui de la Syrie.

    USA et Otan ont fait exploser la crise ukrainienne et, accusant la Russie de « déstabiliser la sécurité européenne », ils ont entraîné l’Europe dans une nouvelle guerre froide, voulue surtout par Washington (aux dépens des économies européennes à qui les sanctions et contre-sanctions ont porté préjudice) pour casser les rapports économiques et politiques Russie-Ue néfastes aux intérêts étasuniens. C’est dans la même stratégie qu’entre le déplacement croissant de forces militaires étasuniennes dans la région Asie/Pacifique dans une fonction anti-chinoise. La U.S. Navy a annoncé qu’en 2020 elle concentrera dans cette région 60% de ses forces navales et aériennes.

    La stratégie étasunienne est focalisée sur la Mer de Chine Méridionale, dont l’amiral Harris, chef du Commandement USA pour le Pacifique, souligne l’importance : c’est là que passe un commerce maritime d’une valeur annuelle de plus de 5 mille milliards de dollars, dont 25% de l’export mondial de pétrole et 50% de celui du gaz naturel. Les USA veulent contrôler cette voie maritime au nom de celle que l’amiral Harris définit comme «liberté de naviguer fondamentale pour notre système de vie ici aux Etats-Unis », en accusant la Chine d’«actions agressives en Mer Chinoise Méridionale, analogues à celles de la Russie en Crimée ». Pour cela la U.S Navy « patrouille » la Mer de Chine Méridionale. Dans le sillage des Etats-Unis arrivent les plus grandes puissances européennes : en juillet dernier la France a sollicité l’Union européenne pour « coordonner la patrouille navale de la Mer Chinoise Méridionale afin d’assurer une présence régulière et visible dans ces eaux illégalement réclamées par la Chine ». Et tandis que les Etats-Unis installent en Corée du Sud des systèmes « anti-missiles » mais en mesure de lancer aussi des missiles nucléaires, analogues à ceux installés contre la Russie en Roumanie et bientôt en Pologne, en plus de ceux qui sont embarqués sur des navires de guerre en Méditerranée, le secrétaire général de l’Otan Stoltenberg reçoit le 6 octobre à Bruxelles le ministre des affaires étrangères sud-coréen, pour « renforcer le partenariat de l’Otan avec Séoul ».

    Ces faits et d’autres encore démontrent qu’en Europe et en Asie la même stratégie est à l’œuvre. C’est la tentative extrême des Etats-Unis et des autres puissances occidentales de maintenir la suprématie économique, politique et militaire, dans un monde en forte transformation, dans lequel émergent de nouveaux sujets étatiques et sociaux. L’Organisation de Shanghai pour la coopération, née de l’accord stratégique cino-russe, dispose de ressources et de capacités de travail capables d’en faire la plus grande aire économique intégrée du monde. L’Organisation de Shanghai et les Brics sont en mesure, avec leurs organismes financiers, de supplanter en grande partie la Banque mondiale et le Fonds monétaire international qui, pendant plus de 70 ans, ont permis aux USA et aux plus grandes puissances occidentales de dominer l’économie mondiale à travers les prêts usuraires aux pays endettés et d’autres instruments financiers. Les nouveaux organismes peuvent en même temps réaliser la dédollarisation des échanges commerciaux, en ôtant aux Etats-Unis la capacité de décharger leur dette sur d’autres pays par l’impression de papier monnaie utilisé comme devise internationale dominante.

    Pour maintenir leur suprématie, toujours plus vacillante, les Etats-Unis utilisent non seulement la force des armes, mais d’autres armes souvent plus efficaces que celles proprement dites.

    Première arme : les dits « accords de libre-échange », comme le « Partenariat transatlantique sur le commerce et les investissements » (TTIP) entre USA et Ue et le « Partenariat Trans-Pacifique » (TPP) dont le but n’est pas seulement économique mais géopolitique et géostratégique. C’est pour cela que Hillary Clinton qualifie le partenariat USA-Ue de « plus grand objectif stratégique de notre alliance transatlantique », en projetant une « Otan économique » qui intègre celle politique et militaire. Le projet est clair : former un bloc politique, économique et militaire USA-Ue, toujours sous commandement étasunien, qui s’oppose à l’aire eurasiatique en ascension, basée sur la coopération entre Chine et Russie ; qui s’oppose aux Brics, à l’Iran et à tout autre pays qui se soustraie à la domination de l’Occident. Comme les négociations sur le TTIP ont du mal à avancer à cause de divergences d’intérêt et d’une vaste opposition en Europe, l’obstacle est pour le moment contourné avec l’ « Accord économique et commercial global» (CETA) entre Canada et Ue : un TTIP camouflé étant donné que le Canada fait partie du NAFTA avec les USA. Le CETA sera probablement signé par l’UE le 27 octobre prochain, pendant la visite du premier ministre canadien Trudeau à Bruxelles.

    Seconde arme : la pénétration dans les pays cible pour les désagréger de l’intérieur. En s’appuyant sur les points faibles qu’a tout pays en mesure diverse : la corruption, l’avidité d’argent, l’arrivisme politique, le sécessionnisme fomenté par des groupes de pouvoir locaux, le fanatisme religieux, la vulnérabilité de vastes masses à la démagogie politique. En s’appuyant aussi, dans certains cas, sur un mécontentement populaire justifié quant à la conduite de leur gouvernement. Instruments de la pénétration : les soi-disant « organisations non gouvernementales » qui sont en réalité la main longue du Département d’état et de la Cia. Celles qui, dotées d’énormes moyens financiers, ont organisé les « révolutions colorées » dans l’Est européen, et ont tenté la même opération avec la soi-disant « Umbrella Revolution » à Hong Kong : qui visait à fomenter des mouvements analogues dans d’autres zones de la Chine habitées par des minorités nationales. Les mêmes organisations qui opèrent en Amérique Latine, avec l’objectif premier de subvertir les institutions démocratiques du Brésil, en minant ainsi les Brics de l’intérieur. Instruments de la même stratégie : les groupes terroristes, type ceux armés et infiltrés en Libye et en Syrie pour semer le chaos, en contribuant à la démolition d’Etats entiers attaqués en même temps de l’extérieur.

    Troisième arme : les « Psyops » (Opérations psychologiques), lancées à travers les chaînes médiatiques mondiales, qui sont définies ainsi par le Pentagone : « Opérations planifiées pour influencer à travers des informations déterminées les émotions et motivations et donc le comportement de l’opinion publique, d’organisations et de gouvernements étrangers, afin d’induire ou renforcer des attitudes favorables aux objectifs préfixés ». Avec ces opérations, qui préparent l’opinion publique à l’escalade guerrière, on fait apparaître la Russie comme responsable des tensions en Europe et la Chine comme responsable des tensions en Asie, en les accusant en même temps de « violation des droits humains ».

    Une dernière considération : ayant travaillé à Pékin avec ma femme dans les années Soixante, contribuant l’un et l’autre à la publication de la première revue chinoise en langue italienne, j’ai vécu une expérience formatrice fondamentale au moment où la Chine – libérée depuis à peine quinze ans de la condition coloniale, semi-coloniale et semi-féodale- était complètement isolée et non reconnue par l’Occident ni par les Nations Unies comme Etat souverain. De cette période restent imprimées en moi la capacité de résistance et la conscience de ce peuple, à l’époque 600 millions de personnes, engagé sous la conduite du Parti communiste à construire une société sur des bases économiques et culturelles complètement nouvelles. Je pense que cette capacité est également nécessaire aujourd’hui pour que la Chine contemporaine, qui est en train de développer ses énormes potentialités, puisse résister aux nouveaux plans de domination impériale, en contribuant à la lutte décisive pour l’avenir de l’humanité : la lutte pour un monde sans plus de guerres dans lequel triomphe la paix indissolublement liée à la justice sociale.

    Manlio Dinucci

    Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

    La source originale de cet article est Mondialisation.ca

    Copyright © Manlio Dinucci, Mondialisation.ca, 2016

  • Immunité de juridiction : L’impérialisme US en toute tranquillité

    Les parlementaires étatsuniens (Amérique du Nord, territoire indien occupé) ont l’impérialisme serein et tranquille. Ils viennent d’adopter une loi appelée Justice Against Sponsors of Terrorism Act (Jasta) qui permet de poursuivre devant le juge étatsunien des Etats accusés de terrorisme. Un culot d’acier de la part de l’Etat qui a déclenché toutes les grandes guerres du monde depuis 40 ans et le Vietnam. Culot d’acier de la part d’un Etat qui s’autorise à recourir à la première frappe nucléaire. Culot d’acier de la part d’un Etat qui décide 1000 assassinats ciblés par an en dehors de ses frontières, sur la base de renseignements informatiques. Culot d’acier pour un Etat qui assure chaque jour 1,8 milliard de dollars de dépense militaire.

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    Des familles avaient voulu engager des recours contre l’Arabie Saoudite suite aux attentats du 11 septembre 2001, mais elles butaient sur le Foreign Service Sovereignty Act, garantissant l'immunité aux officiels étrangers. D’où l’idée de voter une loi d’exception, et c’est la Justice Against Sponsors of Terrorism Act (Jasta). Obama avait opposé son véto, mais il vient de se faire laminer par deux votes de la Chambre des représentants (348 contre 77 voix) et du Sénat (99 contre 1). Ce qui au passage donne une juste idée de l’autorité réelle d’Obama en cette fin de mandat.

    Quel effet aura cette loi, et les juges sont-ils l’appliquer alors que le principe de l’immunité de juridiction des Etats étrangers, attaché aux principes d’indépendance, de souveraineté et d’égalité des Etats, est une norme de droit coutumier international ? C’est une règle universelle : un Etat ne peut s’ériger juge d’un autre Etat sans son consentement pour un acte accompli dans l’exercice de sa souveraineté. Un Etat ne saurait être jugé par son égal. Je souligne que nous parlons là de la responsabilité des Etats, pas des chefs d’Etat, pour qui s’est moins tranché.

    En France, la question serait pliée en deux minutes s’agissant d’actes d’autorité de l’Etat étranger, d’autant plus que la Cour européenne des droits de l’homme reconnait ce principe qui « ne fait qu’observer le droit international afin de favoriser la courtoisie et les bonnes relations entre Etats grâce au respect de la souveraineté d’un autre Etat » (CEDH, Al Adsani et Forgaty c/ Royaume Uni, 21 novembre 2001, § 53 et suivants).

    Quant à ce qui se passera aux Etats-Unis, je n’en sais rien, ne sachant pas comme le juge réagit devant une loi et une norme de droit international coutumier. La justice US patauge dans le tribalisme judiciaire, refusant toute application directe du droit international et toute soumission à une juridiction internationale. C’est la sauce maison des petits chefs… Alors, nous verrons ce que fera la juge de cette loi, qui ne vise pas que l’Arabie Saoudite, mais tous les Etats suspectés d’être impliqués dans le terrorisme.

    Alors, pour Alep, bientôt un procès contre la Russie, bande de rigolos ? Oh, pas vrai, un coup de mou ?

    Dans l’immédiat, on peut penser que cette initiative appellera des réponses symétriques. On pourrait commencer par des lois en Irak, en Afghanistan et au Pakistan, pour juger les Etats-Unis…

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  • Réchauffement climatique : Coup de chaud à 26°

    Il est bien difficile de parvenir à suivre la campagne US, avec d’un côté la part dominante de la presse, pro-Clinton à 100 %, et de l’autre les médias allumés de la frange droite des Républicains, pro-Trump à 100 %. Le tout est illisible, et je remercie quiconque pourrait nous donner les bonnes adresses. Du côté de la presse française, c’est hélas du délire

    Les deux candidats sont des rescapés des primaires, qui l’un comme l’autre recueillent des sondages d’opinions défavorables, voire catastrophiques. C’est ainsi. Du fait du jeu des partis, c’est-à-dire de la manière avec laquelle les staffs ont su irriguer l’argent, les candidats officiels ont bien peu la cote dans le pays.

    Jusqu’à maintenant, Clinton a fait le service minimum, imposant l’idée qu’elle doit nécessairement gagner car elle est du côté des gentils – le parti démocrate – et qu’elle était une femme. Mais, elle n’a pas de programme, à part la continuation. Piètre orateur, elle se repose sur Barack et Bill… ce qui concourt à l’affaiblir. De plus, elle est empêtrée dans son affaire d’e-mails, qu’elle gérait alors qu’elle était Secrétaire d’État depuis un serveur installé dans la cave de la maison. Le FBI s'abstient de la poursuivre, mais ça patauge grave… Ajoutez la Fondation de Bill, avec la fille, une incroyable pompe à finances pour de pseudos objectifs humanitaires, qui a entretenu des jeux relationnels hors norme, ce alors qu’Hillary était Secrétaire d’État (ici, CNN, porte-parole officieux de Clinton). Et surtout, car c'est sur l'économique et le social que ça se jouera, les choix libéraux de Bill ont ruiné bien des familles dans les grandes villes ouvrières, Trump en fait son miel. Des faits précis,... mais Hillary ne répond pas.

    Et elle qui se plaint d’interférences russes dans la campagne alors qu’elle est reconnue comme une interventionniste tous azimuts, et que son premier projet de faire dégager El-Assad…

    Là-dessus, s’ajoute l’événement d’hier, qui va avoir une importance considérable.

    Le clan Trump soutient que Clinton, malade, n’est pas physiquement apte à exercer la fonction. Dans une campagne électorale, et s’agissant d’une personne âgée de 68 ans, la question n’est pas incongrue. Sauf que Clinton a réglé cette question comme les autres : par le mépris.

    Par le mépris,… jusqu’à hier matin, quand elle a dû après une heure et demie, quitter la cérémonie « essentielle » du 11/9, chancelante, aidée par ses proches pour tenir debout. Première déclaration : un coup de chaud,… à 26°. Sorry : you’re wrong.

    Un coup de fatigue quand vous fonctionnez à 100%, multipliant les déplacements et les réunions, c’est presque banal. J’allais dire, c’est humain. Sauf que quand vous niez tout, même les faits les plus évidents, cela devient important.

    Après son malaise, Clinton est allé se reposer chez sa fille, pour sortir deux heures plus tard en annonçant que la vie était belle : « I’m feeling great. It’s a beautiful day in New York ».

    Problème : quelques heures plus tard, le médecin officiel de la campagne, le Docteur Bardack, après examen, a expliqué que Clinton était atteinte d’une pneumonie, et qu’elle devrait se reposer.

    Alors,.. à deux mois du vote, et alors que s’annoncent les trois débats télévisés ?

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