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droit pénal des affaires

  • Crise financière : Les Etats comme remparts.

    images.jpgCrise financière : Les Etats comme remparts. Avec une force inconnue, le marché financier part en vrille et tous les regards se tournent vers les Etats. Un défi qui est loin d’être gagné alors qu’on découvre l’impréparation des mécanismes de garantie.

     

    Le rejet du plan Paulson, du nom du Secrétaire d’Etat au Trésor, a joué comme un coup de tonnerre. On se rappellera longtemps de ce vote de la Chambre des représentants refusant ce plan qui mobilisait 700 milliards de dollars destinés à endiguer en urgence le naufrage des systèmes financiers américains. Un vote sur lequel il faudra encore bien des explications. Sur 433 votants, 228 ont voté contre dont 133 républicains et 95 démocrates. Surprise d’autant plus grande que si le plan faisait l’objet de vives réserves depuis l’origine, il avait depuis été négocié, et présenté comme bi-partisan. Il bénéficiait de l’appui des deux candidats, et Nancy Pelosi la présidente démocrate de la Chambre des représentants présentait le vote comme acquis. Coup de tonnerre donc avec une chaîne de répercussion à grande vitesse sur les marchés financiers. A 24 heures du vote l’Europe ne s’en tire pas trop mal, mais le gouvernement belge doit sauver la banque franco-belge de Dexia qui a perdu le tiers de sa valeur en une journée en bourse : un coup public de 6 milliards d’euros, dont un milliard versés par la France.Etat.gif

     

    Alors le plan Paulson 2 pour quand ? La tension est telle qu’on évoque un projet modifié qui pourrait être présenté à la Chambre des représentants dans la semaine. Il faut dire que le consensus qui s’était rapidement formé autour de ce plan n’empêchait pas les interrogations. Sans doute il faut agir en urgence et l’implication des Etats est indispensable. Mais pourquoi 700 milliards? Pas plus, pas moins? Un montant jamais connu, et pourquoi sous cette forme. ?  Sommairement l’idée était de sortir des banques les créances douteuses pour les faire reprendre par le Trésor. Une manière simple d’assainir. Mais que faire ensuite de 700 milliards de créances douteuses. Les passer à la trappe serait transférer la charge aux contribuables, ce qui est impensable.  Par ailleurs, l’Etat est-il mieux à même de gérer de telle créance ? Comment, à supposer que le marché reparte, rétablir une responsabilité des banques vis-à-vis de la prise en charge de ces créances pourries ? Quelle contrepartie exiger des banques dans leur attitude vis-à-vis des entreprises et des particuliers ? Ce qui semble ressortir des déclarations des parlementaires américains, c’est un clivage entre deux lignes.  La première consistait à sortir ces créances pour les faire gérer par l’autorité publique, ce qui en pratique crée un endettement majeur pour des structures non préparées. La seconde ligne est de renflouer les établissements en fonction des besoins réels, pour les laisser eux dont c’est le métier gérer cette situation, mais c’est prendre le risque de remplir un panier percé. L’Etat comme rempart oui. Peut-il être moteur, c’est une autre question.

     

    Dans l’immédiat, se bousculent toutes sortes de questions. ages.jpg

     

    Quelle impréparation d’abord ! Il apparaît bien que rien n’a jamais été préparé, ni même imaginé. C’est en urgence et le dos au mur que les décisions sont prises.

     

    Les grands établissements privés, contrairement à la légende ont un fonctionnement beaucoup plus opaques que les administrations publiques. On ne sait rien, et on découvre tout.

     

    S’il existe incontestablement un mal particulier dans l’endettement américain, les établissements européens, français en particulier, se trouvent violemment secoués. Les regards se tournent vers les Etats, mais encore plus contre l’Europe car personne ne peut croire à des solutions seulement nationales. Un grand rendez-vous.

     

    Personne ne pleure sur les banques. Si personne ne souhaite leur écroulement, c’est bien du fait des répercussions sur l’économie et les populations en situation les plus fragiles, piégées par l’inévitable choc économique. L’aide aux banques, massive et nécessaire, ouvrirait vers des incompréhensions majeures si elle ne s’accompagnait pas avec la même intensité par des compensations sociales.

     

    Maintenant suivons l’évolution des faits, d’heure en heure, alors qu’une tempête s’annonce sur le village planétaire.

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