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économie

  • Effet Sarko : Damned, je ne peux plus aller chez Ibis ou Mercure !

    $(KGrHqVHJC8E+WwjKDdoBQKLY084+Q--60_57.JPGLes déplacements professionnels, c’est tout sauf fun. Tu arrives en fin de soirée, après une journée de travail, cassé par l’avion ou les heures de train, et loin de la maison, tu souhaites juste un petit endroit tranquille où tu retrouves des habitudes, pour te simplifier la vie. Avec Booking ou la carte de fidélité, tu te retrouves vite chez Ibis ou Mercure. Tu pars à l’étranger, et c’est le même jeu.

    Problème. J’apprends ce soir que, dans le cadre de son stage de réadaptation sociale, le prévenu Sarkozy Nicolas est devenu membre du conseil d’administration de AccorHotels, avec pour mission d’ « accompagner la vision internationale du groupe ». Wahou… L’éliminé de la présidentielle a été « coopté » en tant qu’administrateur indépendant et va présider un comité de « stratégie internationale ». Lequel éliminé se déclare « très heureux de participer au développement et au rayonnement international d’AccorHotels, un des fleurons des entreprises françaises », ajoutant : « La réussite de ce groupe et la qualité de son management en font une des plus belles vitrines du paysage économique français ». Le PDG du groupe, Sébastien Bazin, affirme sans rire que « l’expertise internationale de Nicolas Sarkozy et sa parfaite connaissance des enjeux géopolitiques mondiaux seront de formidables atouts pour le groupe ».

    - Ibis ou Mercure… Mais je croyais que Sarko tapait d’habitude un peu au-dessus ?

    - C’est la crise…

    - Le mec voulait être président de la République, et il se retrouve taulier ? Oh, cher ami de droite, ça te brasse pas un chouïa ?

    - Si.

    - Donc, je réserve chez Ibis ou Mercure, et j'enrichis Sarko ?

    - Oui.

    - Oki. Alors, tchao, Ibis et Mercure… Un tout petit effort pour changer les habitudes, en scrutant du côté des indépendants, chez qui on est si bien.

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  • Moribond en 2014, PSA va racheter Opel

    De quoi parle-t-on ? Que vaut le discours ambiant ? L’une des bases du consensus est l’écroulement de l’industrie française, menacée par le jeu européen et international. Bon.

    En économie, mes connaissances sont celles d’un brave débutant de première année, aussi je ne m’aventure guère. Ceci étant, je suis capable d’ouvrir les pages économiques de la presse et de me renseigner.

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    Quelle n’a pas été ma surprise en découvrant hier que le PSA, l’un des meilleurs représentants de ce qu’est la tradition de l’industrie française, qui dans ma tête était, après le plan de sauvetage de 2014, une entreprise moribonde ou souffreteuse, a en trois ans remboursé ses dettes nuisibles, dégagé un max de cash, et s’apprête à acheter deux fleurons de l’industrie allemande, Opel et Vauxhall, des filiales de General Motors. Pour ce qui est d’Opel, il y a une coopération avec Peugeot depuis cinq ans, et c’est le moment de confirmer. Et Vauxhall, c’est la première victime du Brexit : les entreprises ont besoin de stabilité.  

    - Attends, tu es en train de raconter qu’une entreprise familiale de Sochaux rachète de grandes entreprises allemandes, en les arrachant à l’empire US ?

    - Oui, c’est exactement ça !

    - Mais les jérémiades incessantes sur l’Europe et la mondialisation qui détruisent nos grandes industries, c’est du bidon ?

    - Ben, on dirait.

    - Et l’autre crétin et sa marinière ?

     - Requiescat in pace.  

    Avec cette opération, qui d’après la presse est financée, Peugeot va devenir le numéro deux en Europe, après Volkswagen, et va rejoindre le club des grands mondiaux, qui vendent plus de 10 millions de voitures par an : Volkswagen, Toyota, General Motors, Renault-Nissan.

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    Je précise que le siège social de PSA est en France, et celui de Opel en Allemagne, deux terres européennes où on paie un max de charges, mais où on trouve des facteurs incroyables de développement, en commençant sur le plan humain.

    Rien n’est simple, et tout se complique comme disait Sempé. Mais, regardons nos vraies capacités : nous avons toute notre place dans l’avenir, il suffit juste d’être réaliste. Comme vous, j’étudie, je m’interroge, j’essaye de traquer les fake : le plus difficile est de parvenir à voir la réalité telle qu’elle est. De ce point de vue, dans notre actualité, l’Europe reste un lieu béni pour le développement économique et le respect des droits.

    - Ben, c'est sûr. Les deux sont liés. 

    - Ah bon ?

    industrie,europe

    Prêt à conquérir le monde

  • 500.000 fonctionnaires de moins ?

    J’apprécie beaucoup de pouvoir parler d’économie, parce que comme je n’y connais rien, ou si peu, je pars le nez en l’air, et je compte sur les amis pour m’infliger les remontées de bretelles adéquates.

    Fillon a pour programme de supprimer 500 000 emplois de fonctionnaires, ou, a-t-il ajusté 500 000 emplois  publics, avec pour base les chiffres annuels des départs à la retraite, soit 120 000, et des renouvellements de contrat, soit 100 000.

    Alors quelques questions.

    1/ 500.000 emplois supprimés, 500.000 chômeurs de plus ?

    La priorité est la lutte contre le chômage. A priori, si on supprime 500 000 emplois – au nom de la mythique société libérale – on crée 500 000 chômeurs. 120 000 fonctionnaires partent à la retraite chaque année, mais autant de jeunes arrivent sur le marché du travail, et ils ne pourront accéder aux 500 000 emplois supprimés.

    Donc question : comment peut-on supprimer 500 000 emplois sans faire 500 000 chômeurs de plus ? La réponse m’intéresse beaucoup.

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    2/ Des emplois sans futur ?

    Au titre du libéralisme radicalisé, les fonctionnaires âgés ne seront pas remplacés, et vu les règles d’avancement dans la fonction publique, c’est tout l’encadrement qui va se trouver dézingué.

    - Je pars à la retraite, qui me remplace ?

    - Personne, la déesse du Libéralisme économique a tranché. Il faut dégager 100.000 postes par an.

    - Mais qui fera ce que je faisais ?

    - S’il te plait, ne pose pas de questions déplacées, la déesse du Libéralisme économique ne l’apprécierait pas.

    - Et puis, le service public ne fait qu’évoluer, pour répondre aux besoins de la société. Si le principe est la destruction de 100.000 emplois par an, il n’y a plus aucune mobilité des effectifs qui soit possible…

    - S’il te plait, ne pose pas de questions déplacées, la déesse du Libéralisme économique ne l’apprécierait pas.

    3/ On ne renouvelle plus les contrats.

    - D’accord, mon grand, mais quand l’administration recourt à des contractuels, c’est justement pour répondre à des besoins urgents. Alors, comment vont fonctionner les services si on détruit la variable d’ajustement ?

    - S’il te plait, ne pose pas de questions déplacées, la déesse du Libéralisme économique ne l’apprécierait pas.

    4/ On coupe où ?

    On commence où la saignée ? La police, les personnels hospitaliers, les militaires, la pénitentiaire, l’éducation nationale, la protection de l’enfance, les services aux personnes âgées ?

    - S’il te plait, ne pose pas de questions déplacées, la déesse du Libéralisme économique ne l’apprécierait pas.

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    Fillon étudie l'économie

  • Alstom et le « péril TGV »

    L_Impasse_tragique.jpgUn emploi, sauvé, super. Mais quelle cohérence économique, et quelle égalité entre les citoyens ? Je suis un débutant en économie, mais je suis curieux, et je pose des questions.

    Alstom, c’est 400 emplois, et le coût direct pour l’Etat – juste pour l’achat des 15 TGV – c’est 500 millions d’euros. Donc 1,2 million pris sur le budget de l’Etat par emploi. Est-ce que mon calcul est juste ? Est-ce qu’il y a un endroit où l’on débat de ce genre de questions avant d’engager l’argent public ?

    Alstom Belfort cale parce qu’il n’a plus de commandes de TGV, et il n’y a plus de commandes parce que la SNCF n’a plus besoin de TGV. Mais comme il faut des TGV pour sauver les 400 emplois, on va installer des TGV… sur des lignes classiques, à la place des Intercités, où ils vont rouler au maxi à 200 km/h, alors qu’ils sont construits pour 320. Sur le même modèle, je propose à l’Etat d’installer des salles de chirurgie dans les EHPAD, ce qui va doper l’industrie, de passer des commandes d’études parfaitement inutiles aux cabinets d’avocats, ça leur fera du chiffre d’affaires, et de faire patrouiller les flics dans des Renault Talisman, pour le prestige de la nation. Egalement, cet hiver merci de laisser les fenêtres ouvertes quand vous chaufferez votre appartement, c’est pour assurer des bonnes affaires à EDF.

    Je n’ai rien compris,… car ces TGV c’est pour les futures lignes TGV du Sud Ouest. On anticipe mon fils ! Certes, mais j’ai lu jeudi dernier le rapport du Sénat qui demande à l’Etat de « geler pendant une quinzaine d'années le financement des nouveaux projets de lignes à grande vitesse (LGV)» et de donner la priorité à la modernisation des réseaux existants ». Pour ce groupe paritaire droite/gauche, les projets de LGV reliant Bordeaux à Toulouse et Dax, Poitiers à Limoges et Montpellier à Perpignan « apparaissent comme des investissements excessifs » et leur construction « mérite d'être différée, à tout le moins pendant une quinzaine d'années ». Exactement ce qu’avait conclu le rapport d’enquête publique, mais le gouvernement était passé outre.

    Et si le Sénat se cabre, c’est parce qu’il fait siennes, enfin, les analyses de la Cour de Comptes. Dans son rapport sur les trains à grande vitesse publié le 23 octobre 2014, la Cour des comptes disait tout de l’impasse ruineuse des TGV : « La grande vitesse ferroviaire un modèle porté au-delà de sa pertinence ».143389.jpg

    Depuis 2008 par un trafic en stagnation : « La rentabilité des lignes diminue au fil de nouveaux projets de plus en plus coûteux », avec de longs développements pour conclure : « Le financement des projets de LGV déjà décidés n’est donc pas assuré ». En clair : les élus foncent, et les déficits catastrophiques qui s’annoncent seront à la charge du contribuable, en dehors de toute logique, alors que la seule voie raisonnable est d’améliorer le classique existant.

    Première mesure à prendre : « limiter la circulation des TGV aux lignes à grande vitesse ».

    - Donc, pile l’inverse de ce qu’annonce le gouvernement ?

    - Et oui.

    - Bon. Mais il y quand même les commandes de TGV pour le Paris-Turin…

    - Ce n’est pas mieux !

    Ce 29 aout, la Cour des comptes a rendu public un rapport sur l’Agence de financement des infrastructures de transport de France (AFITF), qui est la structure de l’Etat qui finance le Lyon-Turin. Pour le moment, on parle du tunnel, à 8,6 milliards d’euros, dont 2,2 milliards pour l’AFITF. Problème : les comptes de l’AFITF sont explosés.

    La Cour des comptes explique que l’AFIFT comptait sur les produits de l’écotaxe poids lourds, qui a été enterrée. Un trou d’air… Fin 2015, l’AFIFT cumule 700 millions d’euros de dette, et on va mécaniquement ajouter 600 millions d’euros de plus à l’horizon 2019. Un projet « hors de portée budgétaire de l’agence »…

    - Comme c’est hors de portée budgétaire, on va le faire… et à grande vitesse !

    - Oui, t’as tout compris.

  • De gros, gros, gros nuages sur AREVA, EDF et le nucléaire

    L_Impasse.jpgEDF et AREVA, grandes entreprises et fiertés nationales, la référence pour le nucléaire… L’analyse de l’économie n'est pas mon secteur, mais ça ne m'empêche pas de me renseigner, et de poser quelques questions, surtout quand le constat est un gouffre pour l’argent public. Parce que, comme disait Coluche, c'est nous qu'on paie. 

    AREVA en quasi-faillite

    AREVA, créé pour devenir leader mondial, est en quasi-faillite grâce à l’excellente gestion d’Anne Lauvergeon. La survie  passe par un plan de renflouement qui va coûter 5 milliards € à l’État.

    Olivier Fric, businessman et époux d'Anne Lauvergeon, a été mis en examen pour délit d’initié et blanchiment pour avoir bénéficié d’informations privilégiées sur le rachat par AREVA en 2007, de la société minière canadienne UraMin pour 1,8 milliard d’euros, un actif qui s’est effondré en quatre ans, les faits ayant été révélés par un cinglant rapport de la Cour des Comptes. Vous entendrez parler du scandale UraMin.

    EDF bien malade

    La semaine dernière, Thomas Piquemal, le directeur financier d'EDF, après avoir plusieurs fois alerté, a présenté sa démission. En cause, le projet de construction de deux réacteurs nucléaires EPR à Hinkley Point, sur la côte ouest de l’Angleterre, pour 23,3 milliards €. Oui, 23,3 milliards… Un montant jugé démentiel, alors que l’EPR finlandais d’AREVA est une impasse ruineuse, et que l’EPR de Flamanville d’EDF a tout du chantier non maîtrisé, avec une échéance peut-être en 2018. De fait, aucun autre groupe ne veut s’engager sur cet investissement aux cotés d'EDF. Le gouvernement pousse, car il ne veut pas entendre parler d’une renonciation à un an des élections, alors que cette renonciation signifierait l’incapacité d’EDF à financer les EPR, vantés comme les investissements du futur. Les syndicats, comme Piquemal, s'opposent à cet investissement qui, en cas d’échec, serait fatal pour l’entreprise.L_Impasse_tragique.jpg

    Début mars, Hollande et Cameron avaient réaffirmé leur soutien au projet d’Hinkley Point : « EDF prépare actuellement tous les éléments nécessaires pour l’annonce de la décision finale d’investissement dans un avenir proche, avec le soutien entier du gouvernement français », Emmanuel Macron soulignant qu’il s’agissait d’un « très bon investissement ».

    Bing ! Hier, Jean-Bernard Lévy, le PDG d’EDF a annoncé que le projet était repoussé... Le début de la grande marche arrière qui sera l’enterrement de la filiale EPR ?

    Et comme si cela ne suffisait pas, EDF a annoncé que pour faire face financièrement, elle devait engager une augmentation de capital de 4 milliards €, dont 3 pour l’État, actionnaire à  85%. Il faut donc trouver 3 milliards !

    EDF découvre qu’elle doit se recentrer sur son activité traditionnelle, avec la nécessité de financer la maintenance des 58 réacteurs nucléaires français, soit entre 50 à 70 milliards € sur dix ans.

    À part ça tout va bien et la filière nucléaire est toujours une fierté nationale.

     

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