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29.01.2012

Mais qui mettra Davos en faillite ?

la-mafia-fait-la-loi-12453-1236823330.jpgChaque année à Davos, une association de malfaiteurs se réunit en toute impunité, devant une presse qui se pâme devant ce ballet de Porsche Cayenne sur fond de sapins enneigés.  

Ce truc s’appelle le forum économique mondial, qui réunit – ne riez pas – les élites économiques du monde. Donc, nous sommes les crétins, privés de Davos, et les élites se réunissent chaque année pour savoir ce qu’elles vont faire de nous.  

Il y a la fashion week…, et là, c’est la economic week, avec son défilé de mecs ventripotents et de femmes reliftées. On ajoute même « des intellectuels et des journalistes », comme le cuisinier qui rehausse le rôti avec du persil et une pincée de quatre épices.

Vous dirigez une entreprise de plâterie-peinture, vous êtes artisan boulanger ou vous êtes le boss d’une clinique médicale, et vous voulez aller à Davos pour distiller vos bonnes idées ? Bon, c’est un peu plus compliqué. Car pour être membre de l’asso qui gère le forum, il faut un chiffre d’affaires supérieur à cinq milliards de dollars.

La mafia des castes… Oui, et le système est raffiné.

Pour qu’un pédégé à plus de cinq milliards puisse poser son délicat postérieur sur une chaise à Davos, sa firme doit payer une cotisation de 60 000 francs suisses (50 000 €). Cà, c’est pour le patron boudu. Car tout se joue au sein des Industry Partners et Strategic Partners qui versent 250 000 francs suisses (200 000 €) et 500 000 (400 000 €) pour mener le bal à Davos.

Mille enfoirés,… et cinq cents « journalistes », qui œuvrent en toute indépendance, cela va de soi.

Chacun comprend donc qu’on retrouve dans les Industry Partners et Strategic Partners tous les petits lascars qui ruinent le monde.

Aujourd’hui, on tape sur Sarko. Pourquoi pas ?

Mais comment se fait-il qu’en toute impunité se tienne ce regroupement d’affameurs de populations ? En trente ans, ils n’ont pas vu venir une seule des grandes évolutions, de l'effondrement boursier au printemps arabe. Ce groupe d’encravatés représente tout ce qu’il y a de plus nocif sur le plan boursier et financier, et il légitime, pour la défense de ses petits intérêts, les pires agressions économiques et sociales contre le monde vivant.

Non, tout ce qu’ils méritent, c’est une assignation en liquidation judiciaire, vu le dommage causé.

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Davos, en attendant le tribunal ?

15.01.2012

Le tribunal du blog acquitte Standard & Poor’s !

De toute urgence, j’ai demandé à la police spéciale du blog d’aller arrêter Standard et Poor’s au motif de flagrant délit d’outrage à Notre-Bien-Aimé-De-Sa-Dame Président de la République. Sitôt dit, sitôt fait, et voici le susnommé devant le tribunal du blog.  

-       Nom, prénom ? pn_poire.jpg

-       Standard &  Poor’s 

-       Qualité ? 

-       Très gentil, car j’aide les peuples vertueux à négocier de bons taux d’emprunts auprès de leurs banquiers, qui eux ne rêvent que les voir dans la mouise pour mieux les plumer.

-       Depuis combien de temps exercez vous votre métier de bienfaiteur ?

-       C’est très ancien, mais depuis vingt ans, les Etats ont oubliés qu’ils étaient des Etats, et ils sont allés draguer les banques pour négocier les prêts comme s’ils étaient des entreprises privées. Les banques étaient très contentes car les Etats empruntent comme des fous. Ca a asséché le crédit aux entreprises, mais c’est la nouvelle raison d’Etat : « Gouverner, c’est emprunter ».

-       Qu’en pense Monsieur le Procureur ? 

-       Ce sont là des discours aussi nuls que la campagne des présidentielles. Venons-en aux faits, qui sont graves. Il en va de l’autorité de Notre-Bien-Aimé-De-Sa-Dame Président de la République, que je salue affectueusement.

-       Le premier chef d’accusation concerne le sommet de l’Union européenne du 9 décembre 2011. Standard & Poor’s, qu’avez-vous a déclarer ?

-       Les conclusions du sommet de l’Union européenne du 9 décembre 2011 et les communiqués des décideurs politiques qui ont suivi nous ont conduit à penser que l’accord ne représentait pas une percée d’une importance et d’une ampleur suffisantes pour répondre entièrement aux problèmes financiers de la zone euro. Pour nous, l’accord atteint au niveau politique n’apporte pas assez de ressources ou de flexibilité opérationnelle supplémentaires pour renforcer les opérations européennes de sauvetage ou pour soutenir suffisamment les pays de la zone euro soumis à un accroissement des pressions des marchés.

-       Qu’en pense Monsieur le Procureur ?

-       C’est absolument scandaleux. Comment jeter ainsi le discrédit sur une telle réussite… Prenez n’importe quel Français, il est en encore ému !... Ah, mon substitut me passe des notes (Il les parcourt en vitesse, et prend grise mine). Bon en effet, je vois que rien n’a encore été mis en œuvre de ce plan. L’Allemagne n’en fait qu’à sa tête, et la Grande-Bretagne mène ses affaires dans son coin. D’ailleurs, le plan de la Grèce adopté il y a six mois n’est toujours pas effectif, et la seule réponse a été, il y a quinze jours, d’annoncer une réforme des traités européens. Rien de flexible, ni d’opérationnel… Bon, j’abandonne ce premier grief, mais vous verrez, Monsieur le président que la suite est accablante.

-       Le deuxième grief concerne la recherche des causes de la crise et les remèdes mis en place. Standard & Poor’s, qu’avez-vous a déclarer ?02a.jpg

-       Nous estimons également que l’accord repose sur une vision seulement partielle des origines de la crise (que la crise financière actuelle vient essentiellement du gaspillage budgétaire à la périphérie de la zone euro). Pour nous toutefois, les problèmes budgétaires que la zone euro doit affronter sont tout autant la conséquence de l’accentuation des déséquilibres et des divergences en matière de compétitivité entre le cœur de la zone euro et sa prétendue « périphérie ». À cet égard, nous estimons qu’une réforme reposant sur le seul pilier de l’austérité budgétaire pourrait avoir un effet contraire à ses intentions, avec une chute de la demande intérieure résultant de la montée des préoccupations des consommateurs sur l’emploi et leurs revenus disponibles, avec pour conséquence une érosion des recettes fiscales nationales.

-       Qu’en pense Monsieur le Procureur ?

-       C’est absolument scandaleux. C’est toute la glorieuse politique économique de France qui est bafouée. Ah, mon substitut me passe des notes (Il les parcourt en vitesse, et prend grise mine). Oui, effectivement, il y a un loup. Si on se colle une cure d’austérité, on va casser la consommation, et les entreprises qui vendront moins n’auront pas trop envie d’embaucher. Nos amis allemands sont à 3% de croissance, ce qui suffit pratiquement à dégonfler la dette, pendant que nous nous pataugeons entre 0 et 1%. Tout est dit dans cette phrase : « Une réforme reposant sur le seul pilier de l’austérité budgétaire pourrait avoir un effet contraire à ses intentions ». On étrangle la croissance avec cette cure d’austérité, ce n’est pas compliqué ! Même notre moine heureux Saint-François Hollande est obligé de revoir le programme qu’il n’a pas encore écrit. Bon, j’abandonne ce deuxième grief, mais vous verrez, Monsieur le président que la suite est accablante.

-       Le troisième grief concerne les perspectives de la France. Standard & Poor’s, qu’avez-vous a déclarer ?

La perspective de la note à long terme de la France est négative, ce qui indique qu’il y a une chance sur trois que nous puissions l’abaisser encore en 2012 ou 2013 si :

* ses finances publiques devaient dévier du chemin tracé en matière de consolidation budgétaire. Les mesures budgétaires annoncées à ce jour par le gouvernement français pourraient être insuffisantes pour respecter les objectifs de déficit en 2012 et 2013 au cas où la croissance tomberait sous les actuelles prévisions de 1 % et 2 %, respectivement. Si le déficit public de la France devait rester proche de ses niveaux actuels, conduisant à une augmentation graduelle de la dette publique nette au-delà de 100 % du PIB (contre juste au-dessus de 80 % actuellement) ou si la croissance économique devait rester faible pour une période prolongée, cela pourrait conduire à un abaissement (de la note) d’un cran.

* si une intensification des risques financiers et économiques dans la zone euro devait conduire à une augmentation significative de ses engagements ou à une aggravation de ses conditions de financement extérieur. 

-       Qu’en pense Monsieur le Procureur ?cf2218567ed2e896155c3dc234685f36.jpg

C’est absolument scandaleux. C’est une attaque en règle contre la France, un véritable attentat à sa sûreté économique. Ah, mon substitut me passe des notes (Il les parcourt en vitesse, et prend grise mine). Ouaip… Effectivement, on y arrive à la dette qui fait 100% du PIB : pas de croissance et une économie éreintée par l’austérité, c’est mécanique. On emprunte pour rembourser les intérêts, et de ce fait la masse du crédit disponible va partir pour l’Etat, ce qui va finir de planter les entreprises. Ajoutons que l’Europe est en ébullition, avec de grandes économies comme l’Italie ou l’Espagne qui sont chancelantes. Bon, j’abandonne ce troisième grief, mais vous verrez, Monsieur le président que la suite est accablante.

-       Le dernier grief concerne le scénario alternatif. Standard & Poor’s, qu’avez-vous a déclarer ?

 

-       Inversement, ses notes pourraient se stabiliser à leur niveau actuel si les pouvoirs publics réussissent à réduire encore le déficit public de manière à stabiliser le ratio de la dette publique (vis à vis du PIB) dans les deux à trois prochaines années et à mettre en œuvre des réformes favorisant la croissance économique.  

-       Qu’en pense Monsieur le Procureur ?... Mais où est passé-t-il passé ? Monsieur le Substitut, savez-vous où est parti Monsieur le Procureur ?...

-       Il vient de partir, mais il m’a laissé un mot à l’attention du tribunal : « J’en ai ras-le-bol d’être dirigé par des incompétents, je suis parti me faire embaucher chez Standard & Poor’s. Amitiés ».

-       Plus de procureur, et les griefs abandonnés, c’est bien fâcheux. Standard & Poor’s levez-vous, je vais rendre mon jugement.

 

Le tribunal du blog,

Attendu que selon le proverbe chinois, quand le sage montre la lune, l’idiot regarde le doigt,

Attendu le tribunal, même s’il n’est pas toujours sage, n’est toutefois pas idiot, et qu’il va donc regarder la lune,

Attendu que l’économie française est dans le bousin, et qu’elle y a été conduite par ses dirigeants,

Attendu que le tribunal du blog a encore les oreilles charmées par les beaux discours tenus par les dirigeants politiques depuis le deuxième septennat de Tonton, sur les vertus magiques du libéralisme économique,

Attendu que le tribunal du blog a encore les oreilles charmées par les beaux discours de la campagne des présidentielles de 2007 qui clamaient la nécessité de limiter l’endettement, pour ne pas laisser la dette aux enfants, et autres couplets du même acabit,

Attendu que loin de ces belles résolutions, tout a été de mal en pis,

Attendu que les dirigeants de l’Etat ont renoncé au rôle régulateur de la puissance publique,

Attendu que désormais la première dépense de l’Etat est le remboursement des intérêts de la dette, et que l’Etat doit emprunter pour rembourser ces intérêts, du délire quoi,

Attendu que ce résultat était inévitable, dès lors que l’Etat pendant des années a dépensé plus qu’il ne gagnait,

Attendu que deux et deux font quatre, et qu’il faut remercier l’accusé Standard & Poor’s de nous l’avoir rappelé,

Attendu que le principe de la légalité des délits et des peines ne permet de condamner que si les faits correspondent à une qualification légale,

Attendu que le tribunal du blog va donc relaxer l’accusé Standard et Poor’s,

Attendu qu’en cas d’innocence proclamée, il n’y a plus lieu d’appliquer le principe de la légalité des délits et des peines qui a juste pour objet de protéger la présomption d’innocence

Attendu que la France est notre mère patrie, et que si ça continue, on va tous plonger, ce qui impose de savoir prendre quelques mesures de bon sens, car on ne peut pas rester gouvernés par des pieds nickelés.

Par ces motifs

Vu le proverbe chinois

Relaxe Standard et Poor’s et le déclare innocent

Mais, la patrie économique étant en danger

Condamne Standard et Poor’s à un travail d’intérêt général qui consistera à mettre en place la politique qu’il préconise, à savoir la rigueur budgétaire, la relance de l’économie et le renforcement de l’Europe.

Et ce sera justice.

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Le libéralisme économique, il n'y a que ça de vrai

03.01.2012

SeaFrance : Un plan qui oublie la loi

Un plan pour sauver SeaFrance, avec les 880 emplois maintenus. C’est si simple,… alors pourquoi ne pas l’avoir fait plutôt ? Et aussi, pourquoi un dépôt de bilan si l’affaire est si belle ? Ce plan est irréaliste, mais surtout illégal.

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Une grosse affaire de com’ ?

Sarko ne pouvait pas commencer l’année de la présidentielle par 880 salariés au chômage, dans un secteur para-public. C’est donc de la bonne grosse manip’, pour une solution qui relève du délire pur et simple. Le plus drôle était de voir les « ministres » soutenir lundi l’inverse de ce qu’ils disaient vendredi. Pour le réveillon, Mariani s’est offert une dégustation de couleuvres, et la digestion n’a pas été facile, si j’en juge par sa tronche hier soir sur le plateau de LCI. Voir Mariani défendre les coopératives ouvrières, c’était d’un chou !

Quelle est la grosse faille ?

La première est l’impasse sur les perspectives de business. Quel est le projet industriel assurant la rentabilité à 880 salariés, quand les boss du secteur n’ont pas de solution à plus de 600 salariés, et encore dans une logique de groupe ? Trouver de l’argent pour passer un cap difficile, c’est une chose. Mais sur un marché bien défini, peu extensible, trouver les moyens d’un développement à long terme, et sur la basse inchangée des 880 emplois, c’est de la magie. Il y a évidemment un marché,… mais aux conditions de la rentabilité.

Que disent les boss du secteur ?

Le danois DFDS, poids lourd du transport maritime et expert – regardez la carte du Danemark – a fait une dernière proposition à plus de 600 salariés,… qui a été refusée par les salariés… Un autre gros du secteur, Louis Dreyfus Armateurs, a abandonné. Alors, il est bien difficile de croire que la SCOP va devenir rentable à 880 salariés, et sans le rattachement à un groupe…

Le plan du gouvernement…

Le plan de rien du tout ! La société SeaFrance, filiale de la SNCF à 100%, a déposé le bilan, et s’applique la loi sur les faillites. C’est le Tribunal de commerce de Paris qui arrêtera le plan, s’il y a un plan… Le tribunal ne peut pas faire n’importe quoi, car il doit respecter la loi. Et puis lui, il n’est pas candidat aux présidentielles.

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Mais l’argent est là, via les indemnités !

C’est la seconde grande faille. On se demande où ils vont chercher çà... Le président de la SNCF, une société indépendante,  convoqué à l’Elysée pour se voir intimer de verser de super indemnités de licenciement et à vitesse grand V… Le jour où on annonce les augmentations  des tarifs ferroviaires, car la SNCF ne s’en sort pas…

Les salariés peuvent investir l’argent dans la SCOP !

Pour qu’il y ait indemnité de licenciement, il faut qu’il y ait licenciement. Donc, le plan passe par la liquidation judiciaire de SeaFrance et c’est le liquidateur qui prononcera les licenciements. Chaque ex-salarié sera libre de faire ce qu’il veut de son argent. S’il estime judicieux de verser ses indemnités – on parle d’une moyenne de 75 000 euros par salarié – dans le capital de l’entreprise, alors que les business man refusent d’investir,... ça sera effectivement sa liberté !

La société nouvelle sera viable car elle aura les quatre bateaux à l’œil…  

Troisième faille. Le plan, c’est la SNCF qui rachète les bateaux à 1 euro et les louera gratis à la SCOP. Restons sérieux. Une faillite, c’est une masse de dettes cumulées. Le liquidateur doit procéder à la vente des biens aux meilleures conditions, en vue de limiter la casse pour les créanciers. Le tribunal n’aurait aucun droit pour avantager la SNCF, qui détient 100% de SeaFrance, alors qu’on peut vendre les bateaux pour peut-être 50 millions d’euros… et reverser l’argent aux créanciers de SeaFrance.

Les bateaux vont donc être vendus…

Oui, et publiquement. C’est la loi. Tout investisseur pourra enchérir, payer, et devenir propriétaire des bateaux. Le danois DFDS et Louis Dreyfus Armateurs – ou d’autres – pourraient ainsi devenir acquéreurs, partir avec… ou rester, et reprendre le marché sur des bases rentables. La SCOP n’a aucune chance de se retrouver avec les bateaux, sauf si elle participe aux enchères… mais elle n’a pas l’argent nécessaire.

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Pourquoi l’Etat ne recapitalise-t-il pas ?

Pourquoi l’argent public devrait-il financer des structures industrielles auxquelles les industriels ne croient pas ? D’ailleurs les règles de la concurrence, européennes notamment, interdisent ces actions publiques qui permettraient tous les coups tordus, et qui mettraient à mal l’argent public.

La SCOP est-elle une bonne solution ?

C’est un modèle éprouvé, et certaines marchent très bien. Mais sur un secteur concurrentiel, très capitalistique, une SCOP disposant de si peu de fonds propres,… c’est plus qu’aventureux ! Quel concours cette SCOP pourra-telle trouver de son banquier, alors que les boss du secteur jugent le projet injouable et qu’elle n’aura aucun patrimoine à donner en garantie, car elle ne sera pas propriétaire des bateaux ?

Quelle solution alors ?

La liquidation, les licenciements, la vente des bateaux et l’indemnisation des créanciers. L’acquéreur des bateaux tentera de monter un business valable et embauchera au niveau raisonnable. Les salariés garderont leurs indemnités, et tant mieux pour ceux qui pourront être réembauchés.  

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16.11.2011

PS-VERTS : L’EPR contre quelques circonscriptions ?

le_chat_nucleaire.gifEdouard Herriot, maire glorifié de Lyon malgré son attitude crapoteuse avec Pétain, avait finement qualifié ce qui fait la bonne andouillette, pilier de la cuisine des bouchons : « Pour être bonne, l’andouillette doit avoir un petit goût de merde. Pas trop ; juste ce qu’il faut ». Sage parole, qui vaut en cuisine gastronomique comme en cuisine politique.  

Les cuisiniers du moment s’appellent les Socialistes et les Verts – Europe Ecologie Les Verts – et on discute du programme qui fera le bonheur du peuple quand Sarko aura été promu en mai 2012 membre du Conseil constitutionnel. On peut toujours rêver.

La pierre d’achoppement, c’est le nucléaire, avec deux volets.

D’abord, la sortie du nucléaire. Ces amiables crétins sont en désaccord fondamental, mais ça n’a aucune importance. Usant des charmes, nuances et subtilités de la langue française, ils nous cuisinent une formule aussi creuse que la pensée politique de Xavier Bertrand, mais qui fera joli sur le programme. Michel Sapin, le négociateur du guerrier François Hollande, explique : « Nous sommes dans des questions d'écriture ». Pour sortir du nucléaire, on devrait parler de chiffres et d’un calendrier, mais ça pourrait être contraignant. Donc, on préfère l’entourloupe.

Ensuite, l’arrêt de l’EPR. Eva Joly a gonflé ses petites muscles de 5% ce dimanche devant les caméras de TF1 : « J'affirme solennellement, tranquillement, fermement, qu'il n'y aura pas d'accord avec les socialistes si nous n'avons pas d'arrêt du chantier EPR de Flamanville ». Crévinzou…. « Solennellement ». Elle rigole pas la mère tape dur. Il faut dire que le même jour, Nicolas Hulot, du haut de son arbre, explique que c’est une ligne infranchissable.

Tout le problème est que le PS ne veut pas en entendre parler. Le PS veut bien se fâcher avec l’UMP, mais il ne prendra jamais le risque de se fâcher avec EDF, car il est dépressif, mais pas fou. Comme Henri Proglio a joué le catastrophisme – l’arrêt du nucléaire mettrait en péril 1 million d'emplois en France – Michel Sapin a fait semblant de s’énerver, mais c’était pour rire, car le PS est irrémédiablement accro à la mamelle EDF.

L’accord PS-Verts a été annoncé pour cette semaine, et on retrouve ici l’arrière-goût de l’andouillette : combien de circonscriptions pour faire passer la pilule EPR ? avec comme sauce, une commission d’experts indépendants sur la sécurité de l’EPR. Indépendants… Ah, ah, ah…

On revient à la ligne de Cohn-Bendit : renoncer à la présidentielle et négocier un groupe de députés. Reste juste une question : pourquoi les électeurs écolos voteraient-ils pour un parti qui n’est plus écolo ? 

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Tout ceci, c'est pour ton bien, mon amour...

15.07.2011

Les US en cessation des paiements ?

la-maison-des-otages-affiche_53308_6131.jpgOn banalise vite les infos, mais celle là, elle n’est pas rien : le US sont à quinze jours de la cessation des paiements.

Les négociations entre la Maison Blanche et le Congrès durent depuis deux mois, et c'est ces jours-ci la tension maximale. Le plafond légal de la dette, 14 294 milliards de dollars, a été dépassé en mai, et ça a tenu avec les astuces de la gestion. Mais la crise est là, maintenant, car il y a une échéance de 100 milliards de dollars de bons du Trésor à rembourser le 2 août, et pour lesquels il faudrait emprunter.

D’où la nécessité de modifier ce plafond légal, mais aussi de trouver des mesures pour ne pas pateauger dans quelques mois dans la même mélasse.

C’est sur le plan d'accompagnement que tout se joue car le plafond a déjà été relevé 74 fois depuis 1962, dont 10 fois depuis 2001... C’était de la routine, et là c’est le cirque comme jamais vu.

Le montant de la dette totale garantie par le Trésor est estimé à 16.000 milliards de dollars, car il inclut notamment les obligations des établissements de refinancement hypothécaire, les célèbres et drolatiques Fannie Mae, Freddie Mac et autres. De l’argent qui est du gaz, et si ça dégringole, le Trésor qui ne peut déjà plus payer les fonctionnaires sera balancé dans un tourbillon désastreux.

Accroissement de la dette, augmentation des impôts et coupes dans les dépenses sociales, c’est sûr que ce n’est pas fameux pour les Démocrates quand s’ouvre une année électorale avec novembre 2012 en ligne de mire.

Aussi, les Républicains jouent le rapport de forces maximal, pour ajouter à ce tableau la cessation des paiements, et Obama a du se décider à mener lui-même les négociations avec les parlementaires ! Avec hier une réunion tendue, et lassé de se faire contredire comme un débutant, Obama a quitté la séance avec fracas.18868665.jpg

Hier aussi, la sympathique et avenante agence de notation Moody's a mis le AAA américain sous surveillance.

On commence à parler de divisions chez les Républicains, mais les plus allumés font encore monter la pression, pensant qu’un blocage décrédibiliserait Obama, obligé de prendre des mesures très impopulaires, car il devrait choisir ce qu’il paie, tout en privilégiant les remboursements financiers. La Chine détient pour 1 000 milliards de bons du Trésor, et autant dire que les surenchères des Républicains ne font pas rire à Pékin.

Obama est bien placé dans les sondages, et il vient de récupérer un max de dons pour financer sa campagne. Il est très favori, et les givrés de la droite du Parti républicain, le Tea Party, pensent qu’il n’y a pas d’issue électorale s’ils n’affaiblissent pas Obama. A partir de là, tout est bon.

Le futur prix Nobel d’économie, Sarah Palin a ainsi exprimé son auguste pensée aux parlementaires : « Ne reculez pas, rechargez ! »

Palin est en perte de vitesse, et la vedette actuelle est Michelle Bachmann, qui multiplie les insanités et fonce sur tout ce qui pue, prête à tout pour faire la Une.  Elle vient de signer un texte sur la vie familiale, où on lit : « L’esclavage a eu un impact désastreux sur les familles afro-américaines mais, hélas, un enfant né en esclavage en 1860 avait plus de chances d’être élevé par sa mère et son père dans un foyer avec deux parents qu’un bébé afro-américain né après l’élection du premier président afro-américain des États-Unis ».

L’hypothèse la plus crédible est que l’accord se fera in extremis, mais la pression reprendra dès le lendemain. Nous sommes otages de ces ravagés.

 

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17.04.2011

Baroin fait joujou avec 1000 €

farfelu-copy.jpgCe farfadet de Baroin sait-il ce que travailler veut dire : se lever pour gagner son fric ? Sait-il ce que veut dire 1 000 € dans la France de 2011 ?

Voilà cette sorte de têtard encravaté qui ajuste les graves de la sono pour annoncer : « Les salariés vont toucher une prime de 1000 € ». Se foutre du monde en espérant que ça marche. Indécent.

Tu vois, mon Baroin, 1 000 € c’est pour un bon quart de la population une vraie bouée, un espoir. Solder un arriéré de loyer ou un découvert de compte bancaire qui se creuse inexorablement, éviter la carte de crédit machin pour faire les courses au supermarché, payer des médicaments ou des examens, verser la quotte part qui permettra aux enfants de partir en séjour linguistique avec le reste de la classe, dépanner un proche qui s’enlise. C’est tout çà 1000 €, tu dois respecter.

1 000 € de prime salariale,… mais versé par qui ? C’est le gouvernement qui fait les paies comme au temps de Brejnev ? As-tu un centimètre de loi pour contraindre des patrons à faire la paie ? Tu veux scinder les salariés selon la richesse de leur employeur ? Non, alors tu vas sûrement faire un geste pour les fonctionnaires ? Comme te le rappelle aujourd’hui Laurence Parisot, sais-tu que dans notre économie stagnante, une PME de 300 salariés a beaucoup de chance si elle dégage 300 000 € de bénéfices ?

Et aux retraités, aux chômeurs, aux étudiants, tu offres quoi ? Un kleenex parce qu’ils n’avaient qu’à se faire embaucher dans une grosse firme ?   

Voir le pays gouverné par des gus de ce calibre, ça pose vraiment un problème.

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24.03.2011

Tapie : L’Etat pris la main dans le sac

Tapie est une grande gueule qui, question business, n’a jamais fait rien d’autre que de racheter pour pas un rond des entreprises en faillite. Il vendait aussitôt es actifs fragiles, réinvestissait le fruit de ces ventes sur l’entreprise, lui redonnant ainsi des couleurs très provisoires, et il revendait très vite l’entreprise ainsi dopée, sans avoir investi ni avoir mouillé la chemise. Merci à la loi du grand humaniste Badinter Robert, et merci aux services du grand humaniste Borloo Jean-Louis, avocat du prédateur.

L’affaire Adidas00794896-photo-affiche-le-voleur.jpg

Les affaires ayant pris de l’ampleur, Bernard Tapie, en août 1990, rachète Adidas pour 1,6 milliard de francs (240 millions d'euros). C’est la gloire. Fin 1992, il entre au gouvernement du socialiste Mitterrand François, et doit se séparer de ses affaires. Il le fait d’autant mieux qu’il les sait fragiles. Il donne mandat à la SBDO, une filiale du Crédit Lyonnais, de vendre et fixe le prix à 2 milliards. 400 millions de francs (610 Millions d’euros) en deux ans pour son génie.

Voici comment, en jouant la procédure et les réseaux, il obtiendra finalement 210 millions d'euros, payés par le contribuable. Et on appelle ça un homme d'affaires... Un mendiant, oui.

La cession est réalisée un an plus tard, en février 1993, à un groupe d'investisseurs… En réalité, ces investisseurs sont des coquilles vides, et c’est une filiale du Crédit Lyonnais qui a conclu. Une banque d'affaires, c'est son job : acheter pour revendre. 

En décembre 1994, les coquilles vides manœuvrées par le Crédit Lyonnais revendent les actifs à Robert Louis-Dreyfus, pour 4,4 milliards de fancs. Bernard Tapie, via ses liquidateurs, se réveille et réclame une plus-value dans l’enrichissement dont à profité le sympathique Crédit Lyonnais.

Mais, triste réalité des chiffres, la baudruche se dégonfle, et le groupe de Bernard Tapie est placé en liquidation judiciaire en décembre 1995.

La liquidation de Tapie et le CDR

Dans le même temps, le Crédit Lyonnais plonge, emporté par ses frasques. On crée une scission entre les bonnes affaires, qui restent « Le Crédit Lyonnais » et affaires pourries, confiées au « Consortium de Réalisation (CDR) », une structure étatique à 100%, qui gère entre autres les affaires Tapie.

Les liquidateurs de Tapie attaquent le CDR, es-qualité d’héritier du Crédit Lyonnais, et en 2004, la Cour d'appel de Paris condamne le CDR à verser 145 millions d'euros de dommages et intérêts à Tapie. Le CDR fait appel et, victoire, en octobre 2006, la Cour de cassation casse cet arrêt.

Vous savez comment ça marche. La Cour de cassation ne rejuge pas les affaires. Elle ne s’occupe que de donner la solution juridique. Dans son arrêt de 2006, elle a dit que le Crédit Lyonnais, donc le CRD, n’avait commis aucune faute dans la gestion du mandat. C'est plumeau pour Nanard. Elle renvoie l’affaire à la Cour d’appel de Paris, qui va appliquer la solution juridique dégagée par la Cour de cassation. Pour Tapie, ce sera une main devant, une main derrière, et pour le contribuable « Pas un rond ». Film-Ali-Baba-Et-Les-40-Voleurs.jpg

C’est là qu’entre en jeu une certaine élection présidentielle de mai 2007, et un Sarko qui croit alors, que pour assurer sa réélection de 2012, il faut recycler toutes les vieilles mamies du PS : Koukouch au gouvernement, DSK au FMI et Tapie gavé de pognon.

Et c’est là qu’intervient la grande entourloupe

Le CDR, c’est-à-dire l’Etat, a tout gagné devant la Cour de cassation. Il reste une formalité : la Cour d’appel qui va appliquer l’arrêt de la Cour de cassation et dégager Tapie : zéro euro, zéro centime.

Oui, mais voilà. Tapie va pleurer chez Sarko, et lui dit que contre quelques centaines de millions d’euros, il est prêt à quitter la glorieuse Gauche pour adorer la non moins glorieuse Droite.

Et là, c'est l'enchantement.

En décembre 2007, Lagarde renonce à l’arrêt de la Cour de cassation, et décide de s’en remettre à un tribunal arbitral ! La justice d’Etat est bafouée, et permet à Tapie de plaider sa cause en excluant l’arrêt de la Cour de cassation !  Contribuables, sortez-vos chéquiers pour enrichir le plus célèbre des mendiants, Tapie Bernard.

En ce début 2011, l’affaire rebondit.

La Cour des Comptes a réexaminé tout le processus, et elle tombe vite que l’évidence : l’Etat a trahi les contribuables pour arranger Tapie, lequel a déclaré sa flamme à Sarko.

Le gouvernement savait que le reclours à l'arbitrage était illégal. Or, il a organisé cet arbitrage et a renoncé à exercer un recours après la sentence.

La Cour de Comptes, qui juge les comptes mais non les personnes, a saisi la Cour de discipline budgétaire et financière (CDGF), qui juge les personnes, ie les hauts fonctionnaires impliqués dans cette affaire.

Bien sûr, ces hauts fonctionnaires, qui ont signé les documents au nom du CDR, n’ont pas agi de leur propre chef. Les boss s’appellent Lagarde et Sarkozy. Ils ont décidé, contre toutes les évidences et tous les avis donnés, de renoncer à la jurisprudence de la Cour de cassation pour libérait l’Etat de tout paiement pour s’en remettre à une procédure d’arbitrage qui favoriserait Tapie. Lequel manifesterait en retour son amour pour Sarko. braquage_alahongroise.jpg

Les hauts fonctionnaires en cause risquent bien de se faire ratiboiser par la Cour de Discipline Budgétaire et Financière, car si j’en lis le rapport de la Cour de comptes, ils ont tout fait pour assurer la magouille. Jean-François Rocchi, président du CDR, avait convaincu le conseil d'administration de cette structure d'abandonner les procédures judiciaires.

Ils vont donc se prendre une dégelée, bien méritée, mais qui ne réglera pas tout.

On passe aux vrais responsables ?

Sarko et Lagarde sont les vrais responsables. Il faut prévoir une saisine de la Haute Cour de Justice. Ca prendra du temps, mais les faits sont tellement limpides que ça va cartonner, un jour ou l’autre.

C’est Christine Lagarde qui a donné l'ordre à Jean-François Rocchi de recourir à la procédure d'arbitrage, alors que les services de Bercy déconseillaient ce choix.

Autre fait grave : la Cour des comptes a exprimé, au moment des faits, dans un référé adressé au premier ministre, ses doutes sur la capacité du CDR à recourir à une procédure d'arbitrage, normalement interdite aux établissements publics.

Résultat de l’arbitrage : 210 millions d'euros sur le patrimoine contrôlé par Tapie (Soit 1,3 milliards de francs pour les 2 milliards réclamés), dont 45 millions de préjudice moral, empoché personnellement et hors impôts, aux frais de l’Etat. Selon d’autres calculs, le chiffre exact serait de 260 millions d’euros. 03C003C000903878-photo-affiche-le-voleur-et-la-menteuse.jpg

A l’époque, tout le monde avait dénoncé l’entourloupe pour ce Tapie, qui s’enrichissait en dormant: Adidas acheté .

Selon le Nouvel Obs, Rocchi aurait mis sa démission dans la balance et modifié des procès-verbaux de séance du conseil d'administration pour que le businessman empoche ces indemnités au montant outrageant, alors qu’un recours était possible contre la sentence.

Lagarde avait ensuite raconté : « Mes services m'ont indiqué que après déduction des impôts et des créances détenues par l'Etat 30 millions d'euros devront être réglés au bénéfice des époux Tapie ». Nouveau mensonge, grotesque.

Nanard, tu rends le fric ?

Mais vient l’autre volet. Il faut que Tapie rende l’argent. Sarko et Lagarde ayant refusé d’exercer les voies de recours, la sentence est définitive. Pour revenir sur cette sentence, ne peuvent agir… que les parties intéressées, à savoir Sarko et Tapie ! C’est mal barré… Et il faudrait que le gouvernement prouve qu’il a été fraudé… alors qu’il a été complice du fraudeur de A à Z. Seule l’opinion publique peut faire trembler ces gougnafiers.

Le bureau de la Commission des finances de l’Assemblée, manifestement écœurée par ces magouiles, a décidé de publier un certain nombre de documents qui s’annoncent instructifs : l'ensemble des comptes rendus des auditions qui se sont déroulées sur le sujet en Commission des finances, le rapport d'information rédigé à la demande de la Commission, les référés de la Cour des comptes et les réponses, ainsi qu'une note du Président de la Commission des finances.

Tous ces mecs sont malades de l’argent. Ca les perdra.

Pïerre Mendès-France

Un autre époque, celle de la République

17.12.2010

Faut-il sauver l'euro ?

couv-economie-pour-les-nuls.jpgJe devrais faire camembert, car je ne connais rien à l’euro et à la finance internationale. Mais le sujet me parait d’une importance telle que je veux en causer.

Si je méconnais les règles qui guident l’économie, j’essaie d’être un citoyen attentif et je constate que personne n’est en mesure d’expliquer pourquoi il faut tout faire pour sauver l’euro. Et quand j'entends notre président à 28% nous dire d’un air inspiré « il faut défendre l’euro, parce que l’euro, c’est l’Europe », je flippe carrément.

Je veux juste poser deux questions à la recherche de réponses cohérentes.

-          - L’euro peut-il tenir ?

-          - Si l’euro tient, c’est à quel coût social ?

Comme un brave soldat de la construction européenne, la paix par la prospérité et réciproquement, j’avais voté pour la monnaie unique. Nous avions alors le cœur heureux et les yeux plein d’avenir : une croissance soutenue, des échanges intra-européens en développement, avec en perspective des économies qui allaient se rapprocher. Aussi, la monnaie unique était un outil très présentable. Chaque pays gérait sa politique, et il était seulement demandé de ne pas creuser le déficit public – les fameux 3%  – pour ne pas déstabiliser l’ensemble en aiguisant les appétits des banquiers.

Aujourd’hui, deux problèmes changent tout :

-          les politiques économiques sont très distinctes, car les Etats doivent privilégier la cohésion interne, la démocratie européenne étant embryonnaire ;

-          les Etats se sont endettés, d’une manière importante mais pas forcément excessive, sauf au regard de la règle des 3% qui est la condition de la tenue collective de l’euro.  1163561962.jpg

A Bruxelles, semaine après semaine, se suivent les réunions, avec toujours le même menu : « réunion de crise pour sauver l’euro » ; et le même communiqué triomphal : « l’euro est sauvé, jusqu’à la semaine prochaine ». L’Europe s’enferme dans un tête-à-tête avec « la finance internationale », comme si le reste devenait anecdotique.

La Grèce, abasourdie par le plan qui lui a été imposé, a fait face quelques mois, mais le remède est plus fort que la maladie, malgré les déclarations inspirées de DSK. C’est la misère qui s’installe, et la société chancelle. Déjà, l’Irlande se rebelle…

Même cata, dans un autre genre, à voir la France se coller au centimètre près à ce que décide l’Allemagne, avec la grande trouille étant d’être emportée en 2011 par la chute de l’Espagne, que tout le monde redoute.

Alors, serait-il une aberration absolue de dire que l’idéal de la monnaie commune n’est plus de mise quand les grandes puissances économiques – Etats-Unis, Chine, Japon – font de la politique monétaire un pilier de leur développement ? Les inconvénients seraient-ils pires que les avantages ?

On a aimé l’euro, qui reste un aiguillon pour l’Europe. Mais dans la période actuelle, mettre l’euro entre parenthèse pour quelques années en laissant des mécanismes d’entraide, serait-il vraiment un drame ?   

Poser la question n’est pas un sacrilège, et il est logique d’attende des réponses raisonnées, et non pas des litanies pathétiques.

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L'euro est-il un prince charmant ou un crapaud ?

26.11.2010

Dette publique : On va dans le mur

-la-tete-contre-les-murs.jpgL’Etat emprunte pour payer les fonctionnaires. Dans le secteur privé, ça s’appelle la faillite. Et d’ailleurs, ça ne se verrait pas : quelle entreprise, déjà endettée jusqu’au cou, serait en mesure de demander à son banquier de débloquer un prêt pour assurer les paies de la fin du mois ? Nous allons droit dans le mur.

Cette info réduit à pas grand-chose les grandes déclarations sur le déficit public, avec des chiffres toujours plus extraordinaires. Dans l’année, on stabilise, l’an prochain, on amorce le mouvement, dans deux ans on accélère et dans trois ans on n'a plus de dette. Ben, voyons ! Encore ces jours-ci, l’ultra-compétente Lagarde et le super-génial Baroin rivalisaient de déclarations enthousiastes. Idem pour Fillon, notre héros des carpettes, tout en transe après la standing ovation du groupe UMP. Avec cette mâle déclaration : « Il faut nous libérer des déficits pour maintenir les taux d’intérêt à un niveau aussi bas que possible et retrouver des marges de manœuvre ».  Bien parlé… Pour l’action, c’est autre chose.

Hier, un communiqué du Sénat est venu briser cette touchante scène de délire collectif en annonçant qu’avait été autorisé un prêt urgent pour faire les paies de décembre des fonctionnaires. Juste une bricole : 930 millions d'euros ! Je salue au passage ce communiqué du Sénat, car ni le Gouvernement, ni l’Assemblée Nationale n’avait jugé utile d’en parler.

Résumons.

(1). Le Parlement est entrain de voter un budget en déficit. C'est-à-dire que d’emblée, on annonce qu’on dépensera plus qu’il n’y a de recettes. Dans l’absolu, ça peut se défendre, si c’est un moyen de financer le développement du pays par de grands programmes que seul l’Etat peut conduire. Oui, mais voilà. Le montant de la dette est déjà exorbitant. la_tete_contre_les_murs01.jpg

(2). Le service de la dette, soit le paiement des intérêts, représente environ 60 milliards d’euros, soit en recettes sensiblement le montant de l’impôt sur le revenu, en en dépense davantage que le ministère de la Défense ou celui de l’Education nationale. En 2011, compte tenu de ce niveau d’intérêts et des prêts qui vont arriver à échéance, on estime le besoin de financement par l’emprunt à 200 milliards d'euros. Si les banques augmentent leur taux d’intérêt de 1%, c’est un surcout de 2 milliards, soit le montant du Ministère de la Culture.  

(3). Donc, on vote un budget en déficit, et avec cet engagement de 930 millions d’euros, on commence à dépenser en 2010 le budget de 2011 ! C’est la technique des décrets d’avance, procédure permet faire financer par anticipation des dépenses. C’est le cas pour des actions imprévues, genre catastrophe naturelle ou pération militaire, ou parce que les dépenses avaient été sous-évaluées. Mais là, c’est nouveau : c’est pour assurer la paie de décembre de huit ministères… Le président de la commission des finances du Séant, le centriste Jean Arthuis, confirme que c’est une première.

(4). Alors on va aggraver le déficit, c’est évident…. Jamais de la vie, nous répond Arthuis, car on va annuler à due concurrence des autorisations sur 2011. Grandiose : le Parlement est entrain de voter le budget 2011, que l’on commence à dépenser en 2010, et des dépenses prévues pour 2011 seront annulées pour compencer ces avances sur dépenses.

Demain, les mêmes petits galopins qui nous gouvernent vont nous faire de grands discours, genre Jaurès recyclé, sur la moralisation du capitalisme et les abus du monde bancaire. Vu du côté du banquier, il y a vraiment de quoi rigoler. Pour ce qui est du citoyen, c’est nettement moins drôle.  

 

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03.10.2010

La Chine vaillante et l’asthmatique FMI

sauveteur_intro.jpgSous la dictée du FMI, l’Europe a imposé à la Grèce un plan de redressement, qui sur le papier est excellent, avec  de jolies flèches gaillardes de toutes les couleurs, mais qui, sur le plan de la réalité, est un étranglement spectaculaire. Le pays pour se sortir de la crise doit renforcer ses capacités économiques en se ruinant et en saignant tous ses circuits d’investissement. Mais le FMI, c’est très sérieux. On ne rigole pas. C’est juste le truc : le malade sera mort quand il sera guéri.

Le plan pour la Grèce a pleinement joué pour la phase 1, ie : on réduit les dépenses, car à défaut, les gentilles banques cornaquées par le FMI coupent les vivres. Mais pour le point 2, comment redresser l’économie sans aucun moyen, les génies du FMI sont restés en rade.

La Grèce, ce pays magnifique, cœur de la civilisation, avec son emplacement, et toute la puissance de sa population… Trop compliqué pour le FMI, et hors d’atteinte des dirigeants politiques de l’Europe. Par contre, les Chinois ont vite compris ce qu’il y avait à faire après cet abandon en rase campagne la Grèce.

Le premier ministre chinois Wen Jiabao était ce samedi au port du Pirée, près d'Athènes. Peut-être pour déguster quelques poissons grillés, avec un petit Ouzo bien de chez nous, bien sûr, mais surtout pour le plus prometteur des commerces : sauver les pays européens que le FMI a largués.

Tant qu’à rire, nos amis chinois font un magnifique bras d’honneur au sommet de Copenhague (le plus grand cirque jamais vu !) avec la création « d’un centre de recherche pour économiser de l'énergie et réduire les émissions de gaz à effet de serre » dans la marine marchande. Le nouveau banquier de l’Europe, Wen Jiabao, explique sans rire : « Pour moderniser Le Pirée, il faut faire des efforts pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Pour procéder dans ce domaine, nous les premiers, nous sommes convenus avec la Grèce de créer un centre de recherche consacré à la réduction des émissions de gaz à effet de serre dans la marine marchande».

Et d’annoncer un grand plan d’investissement en dopant les moyens du géant chinois Cosco, implanté depuis 2008 au Pirée et qui assure la moitié du trafic commercial. « Je suis convaincu que ce centre des transports du Pirée va devenir la perle de la Méditerranée et également le pont de communication entre la Chine et la Grèce, un port moderne, un port de première classe. Lee nombre prévu de conteneurs transitant par le port du Pirée va s'élever cette année à 800.000 conteneurs et d'ici 2015 ce nombre atteindra 3,7 milliards conteneurs ».

Wen Jiabao et Papandréou ont signé deux accords bilatéraux pour renforcer la coopération économique entre les deux pays, et onze accords ont été signés entre des entreprises grecques et chinoises.

Allô la Commission européenne ? Allô le FMI ? Personne ?...

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- Dragon chinois -

PS pour mon pote Nico : Tu as bien raison de focaliser les efforts de redressement du pays en tapant sur les femmes en burqa et le Roms. Ces gens sont puissants et dangereux, et ils menacent le développement de notre douce Europe. Merci et la bise à Carlita.

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- Président français -

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