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14.04.2011

Embarqué au poste à 7 ans !

logocouleurgf.jpgUn grand malfaiteur de 7 ans et ses comparses de 10 ans : un remarquable coup de filet de la police d’Angers. Il faudrait aussi songer à marauder du côté de la halte garderie pour repérer les futurs truands : remonter les filières, prendre le mal à la racine… quel boulot ! Rue 89, qui nous raconte l’affaire, rapporte cette explication du commissariat : « Si on les laisse faire, ça peut dégénérer. C'est un début. Ils finissent par casser des abris de bus. » Waouh !

Alors, à quels méfaits s’adonnait cette bande organisée ?

Ces bandits, quatre filles et un garçon, sans scrupules opéraient le mercredi, et au lieu de mettre à profit ce jour vaqué pour réviser leurs partiels, ils consacraient leur temps à jouer dans la cour de l’immeuble. L’oisiveté est la mère de tous les vices, ont aussitôt pensé les policiers à qui on ne la fait pas, et derechef ils ont ouvert une enquête de flagrance, bien décidés à ne pas laisser une nouvelle zone de non-droit s’installer.

Et bingo !  Ces redoutables hors-la-loi jouaient ostensiblement, sans même se cacher, bafouant l’essence de la valeur travail, et pire : ils faisaient des dessins sur les murs avec des copeaux de bois. Ca commence comme ça, et ça finit par le braquage de banque. Eh oui, réfléchissez deux minutes ! Que fait l’enfant qui dessine ? Il s’invente un monde meilleur, et comme il ne pourra pas l’atteindre, il sombrera dans les hold-up. C’est tout tracé. Le dessin d’enfant devrait être interdit.

Du délire absolu.

Les policiers ont embarqué les cinq enfants dans la plus grande discrétion, alors qu’ils étaient dans le jardin d’un groupe de petits immeubles en U, avec les parents juste à proximité. Un coin très tranquille. Une maman explique « J'ai l'habitude de laisser mes petites filles. Le jardin est protégé par une grille très haute et je jette des coups d'œil de temps en temps par la fenêtre. Si elles ont besoin de quelque chose, elles peuvent m'appeler. »

Une grande sœur, depuis la fenêtre, a vu les policiers embarquer ses deux petites sœurs, des jumelles de 8 ans : « Je leur ai demandé ce qu'ils faisaient, ils m'ont dit qu'elles dessinaient sur les murs et qu'il fallait aller les chercher au commissariat. »

Du côté des policiers, c’est un délégué du syndicat SGP-FO qui plaide : « Les collègues ont parlé cinq minutes avec les gosses avant de demander où habitaient leurs parents, Personne n’a répondu. On ne les a pas ramenés au poste parce qu’ils avaient gribouillé les murs, mais parce qu’ils étaient livrés à eux-mêmes. S’il s’était passé quelque chose, on aurait sûrement parlé de la faute des policiers ! »

Bien vu : si les policiers n’étaient pas intervenus, les enfants auraient continué à dessiner, en toute impunité.

Ces efforts méritent d’être encouragés, et je me permets donc d’adresser à la police d’Angers quelques pistes pour ouvrir de nouvelles enquêtes.

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17.01.2011

Tu t’es vu quand t’as bu ?

Bel_Amour_1950.jpgYannick était en avril 2008 gendarme adjoint volontaire, joueur de rugby et bon bringueur.

Une fin d’entraînement à Pau, et que faire ? Réviser ses cours pour réussir l’examen ? Non, vive l’aventure ! Du classique : une boîte de nuit, une cascade de vodka,… et une joliette qui tombe sous le charme. Enchainement fatal par un « je te raccompagne chez toi » d’anthologie, et c’est avec dans la tête un grand huit magnifié par la vodka que notre gendarme adjoint volontaire rugbyman traverse Pau au bras de la belle. Eh oui, l’esprit s’affaiblit quand d’autres parties s’éveillent… Rassure-toi, Yannick, tu n’es ni le premier, ni le dernier. 

Le chemin est long et les amoureux s’organisent une pause salvatrice sur un banc public soudain devenu très privé, voire intime. (…) (Pas de problème pour décrire une scène de crime, mais pour raconter un moment d'amour, on risque la censure, comme le rappelait Boris Vian). La belle, moyennement emballée par les talents de notre gendarme adjoint volontaire rugbyman, explique qu’elle doit après ce petit apéritif régler quelques menus détails pour préparer le grand lupanar, et elle s’éclipse en annonçant son retour sous quelques minutes. « Yannick, mon chou… » Non, Yannick, planté comme un chou. Car la belle n’est pas revenue !

Un gendarme adjoint volontaire rugbyman, le gosier encore émerveillé par le plus célèbre des breuvages russes et l’âme émoustillée par un océan de douceur qui lui tend les bras, ne saurait s’arrêter en si bon chemin. Ce n’est pas le moment de baisser les bras,… ni le reste d’ailleurs. Et voilà Yannick qui part en enquête. Un immeuble derrière le banc… C’est sûrement le domicile de la belle !  Bien vu : la chérie a laissé la porte de son appartement ouverte.

C’est le nirvana qui attend Yannick. Il se dirige vers la chambre, et se déleste des atours qui font le charme du gendarme et du rugbyman. Délivré de l’uniforme et du maillot, il se glisse nu comme un ver – ni luisant, ni reluisant – dans le lit de la belle et entreprend de flatter toutes ces belles formes douces et arrondies, bien plus suaves dans un lit que sur un banc… même quand on est un soldat !

Là tout se complique. Au lieu de roucouler, la belle se rebiffe et hurle :

- Chéri, il y a un homme dans le lit !bel_ami.jpg

- Mais c’est moi, ma belle, m’aurais-tu oublié en moins de cinq minutes ?

Pas si simple… Car notre Yannick qui avait perdu la tête et la boussole a trouvé par hasard cette porte ouverte, qui n’était pas l’appartement la belle mais celui d’un couple bien tranquille. Le mec, le vrai, débusque notre Yannick, manifestement rond comme une queue de pelle, et voici la maréchaussée virée comme une malpropre.

Mais Yannick est du signe du sparadrap, et loin de déguerpir, il escalade le portail. Le mec, le vrai, anticipe la manœuvre et entreprend de courser Yannick en faisant tournoyer un nunchaku. La BAC passe par là et identifie la scène comme insolite. Gyrophare, pimpon, brassards… et tout le monde au commissariat. Le mec, le vrai, ne sera libéré qu’en début d’après-midi.

Jeudi dernier, Yannick était devant le tribunal correctionnel de Pau pour répondre des faits commis lors cette partie de fesses en l’air. Selon le Code pénal, texte valeureux mais qui reste d’une puissance érotique très modérée, cela devient les préventions de violation de domicile et d’attouchements sexuels.

Le procureur a demandé une peine d’avertissement, ce qui, à tout prendre, est mon grave qu’une peine de cœur.

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02.01.2011

La preuve parfaite

image-5.pngUn voleur qui s’endort sur les lieux de son méfait… Un genre inédit de flagrant délit, qui pour le coup, devient vraiment la preuve parfaite.

On innove tous les jours, mais celle-là, je la trouve quand même pas banale. C’est l’histoire survenue à Ahaus, en Allemagne, à un type de 26 ans. Il avait repéré une bonne affaire à réaliser avec son agence de conseil pour l’emploi, situé à proximité de chez lui. Pas de coffre rempli de pièces d’or, mais tout un lot de matériel informatique et d’équipement du premier intérêt.

Le fric frac commence, et ça marche. Un premier voyage à la maison, puis un deuxième, puis un troisième… Mais, le matériel est lourd, et ce déménagement est tout aussi illicite que crevant. Alors, un p’tit coup à boire pour se redonner du tonus… Et ça repart : nouvel aller retour et nouveau rinçage de gosier… Au terme de quelques voyages, bien content de lui, notre ami prend le temps de faire la pose, et s’assoupit sur son butin.

Mais avec ce petit problème : il s’est endormi dans les locaux de l’agence. Et il pique un gros roupillon, montrant que le sommeil de l’injuste vaut bien celui du juste.

Dans les bras de Morphée, jusqu’à un doux réveil… par la maréchaussée, venue le conduire au commissariat pour y finir la nuit, en lui rappelant ce slogan bien connu : boire ou voler, il faut choisir.

Et si je puis me permettre, ce petit conseil : au lieu de boire un coup, notre ami aurait mieux fait de se raconter des histoires à dormir debout.

19.12.2010

Brésil: Un laboratoire de raffinage de cocaïne dans une prison

26962.jpgToujours plus : le raffinage de cocaïne à l’intérieur d'une prison, au Brésil, pour alimenter les détenus ! La police a aussitôt fermé ce petit commerce.

 

 

L’histoire se passe à la prison de Caceres, à 250 km de Cuiabá, la capitale de l'Etat amazonien du Mato Grosso. Ce mercredi, les flics engagent une vase mission d’inspection, et trouvent vite ce qu’ils cherchaient : un labo pour raffiner la cocaïne, planqué derrière de faux murs.  Ils ont saisi un kilo de pâte base de cocaïne, 27 téléphones portables et 20 flacons de produits tels l'acétone, l'éther ou la xylocaïne, produits permettant de raffiner la pâte base pour la transformer en cocaïne.

 

 

Le lieutenant colonel Jadir Metelo de la police militaire, responsable de la perquisition, a expliqué au quotidien O Globo que les trafiquants « préparaient la drogue pour la commercialiser dans la prison ».

 

 

 

Le directeur de la prison est resté en prison. Mais plus en qualité de directeur...

 

 

-          Allo, chérie, ce soir je dois rester à la prison

-          Ah bon, tu es retenu à la prison…

-          Euh, non, j’y suis détenu !

18.11.2010

Un cas rare de zoophilie

9782841569021.jpgUne passion sexuelle pour les chèvres, mais les chèvres aimées étaient ensuite mises à mort. Tarif : cinq mois de prison avec sursis et un abonnement chez le psy. Le tribunal n’a pas été vache.

 

Sinistre découverte, au détour d’un bois à Usseau, dans le sud du département des Deux-Sèvres : une chèvre retrouvée morte, et mutilée. Et puis dans les jours qui suivent une autre, et puis une autre. Que passa ? Un ours des Pyrénées émigré en Charente-Poitou, et qui, un peu perdu, confondait un chamois et une chèvre ? Foncièrement anormal : il y avait anguille sous roche. De quoi faire tourner en bourrique le propriétaire des bêtes ! Aussi, il  a choisi, tel un aigle, de monter la garde,… pour découvrir le pot aux roses, qui est un cas rare de zoophilie : un homme accrochait une chèvre par le cou à un arbre, puis lui faisait subir ses assauts. Une histoire sans queue ni tête.

 

Les gendarmes ont arrêté l’agresseur qui a reconnu s'être rendu à plusieurs reprises dans cet élevage pour avoir des rapports sexuels avec des chèvres. D'après Le Courrier de l'Ouest, l'homme a expliqué « être particulièrement attiré par les chèvres ». Bon, mais de là à les tuer…

 

Ce mercredi 17, c’était le procès devant le tribunal correctionnel de Niort. Mais des débats, on ne saura rien, car a été utilisé le plaider coupable – la comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC) – qui se joue pour l’essentiel à huis clos dans le bureau du procureur. Résultat des courses : l’agresseur, un célibataire de 52 ans, a été condamné cinq mois de prison avec sursis, 150 euro d’amende, l’interdiction définitive de posséder un animal de compagnie, une obligation de soin, 2 600 € pour indemniser le propriétaire et un euro symbolique à trois associations protectrices de la cause des animaux qui s’étaient constituées partie civile.  

 

Lors de son procès, l’homme est resté muet comme une carpe.

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- Au moins là, il ne viendra pas nous chercher !
- Quel monde : on n'est plus en sécurité nulle part...
- Mais que fait donc la police ?

21.10.2010

Villiers-le-Bel : L’enquête commence trois ans plus tard

le_voyage_de_l_escargot-2.jpgTrois ans après, l’enquête commence à Villiers-le-Bel : le conducteur de la voiture de police a été mis en examen pour homicide involontaire. Il y a des procédures qui avancent à la vitesse de l’escargot.  

Le 25 novembre 2007, Moushin et Laramy, deux petits gones de Villiers-le-Bel, font les zigs sur une minimoto : pas de casque, pas de frein, vitesse trop rapide, priorité grillée… et ils se télescopent avec une voiture de police. Les deux jeunes sont morts. Très vite s’impose la thèse de la faute exclusive du conducteur de la moto. S’en suivent deux nuits d’émeutes, et de nombreux policiers blessés, visés par des tirs directs.

L’enquête sur la collision suit son cours, mais le 23 octobre 2009, le juge d’instruction prononce un non-lieu. Appel des parties civiles, et le 7 avril 2010, la chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Versailles ordonne un supplément d’instruction, alors que la partie civile démontre que la voiture de police ne roulait en patrouille, tranquille, à 30/40 km/h, mais était à 64 km/h, en phase d’accélération, sans gyrophare ni pimpon.

Hier, la chambre de l’instruction, après ce supplément d’instruction, a prononcé la mise en examen du conducteur de la voiture de police. La mise en examen n’est pas la condamnation. Fondamentalement, c’est un droit de la défense : le policier va pouvoir prendre connaissance du dossier et de demander des expertises ou des actes complémentaires. Trois ans à faire semblant de ne pas voir.

Sans connaître l’arrêt de la cour, il serait bien aventureux de se prononcer sur la suite de cette affaire. Mais quand même. Si se trouve établie la réalité des 64 km/h en phase d’accélération, c’est que les quatre flics occupants la voiture ont menti. C’est un plus que fâcheux pour un accident qui a causé la mort de deux jeunes.  

L’infraction en cause est l’homicide involontaire, définie par l’article 221-6 du Code pénal : « Le fait de causer par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation de sécurité ou de prudence imposée par la loi ou le règlement, la mort d'autrui constitue un homicide involontaire puni de trois ans d'emprisonnement et de 45 000 euros  d'amende ».V2633HugolEscargotAffiches.jpg

La jurisprudence la plus établie précise qu’il n’est pas nécessaire que la faute soit exclusive, c’est-à-dire quelle soit la seule cause du décès. Toute faute par imprudence, inattention, ou manquement à une obligation de sécurité dont il est certain qu’elle participé à la réalisation du dommage doit être sanctionnée.

Imprudence ou inattention : voir la vitesse excessive et l’absence d’attention pour la moto des deux jeunes.

Manquement à une obligation de sécurité : c’est la question de l’absence d’utilisation du pimpon (Code de la Route, art. R. 92.5° et R. 95), avec parmi les lectures qui s’imposent, un arrêt de la chambre criminelle de la Cour de cassation du 26 avril 2000 (n° 99-80716).

Dans cette affaire, un véhicule des sapeurs-pompiers de Grenoble, se rendant sur les lieux d'un incendie mais la sirène éteinte, avait en franchissant un feu rouge heurté une voiture automobile, causant un mort et un blessé grave. Qu’avait jugé la Cour de cassation ? « La priorité spéciale conférée par l'article R. 28 du Code de la route aux véhicules de lutte contre l'incendie ne s'applique qu'à la condition que leur approche ait été annoncée par l'emploi des signaux lumineux et sonores, dans des conditions de temps et de lieu permettant aux autres usagers de leur céder le passage ».

Cet arrêt ne dit pas ce qui sera jugé à Versailles, avec des faits sensiblement différents. Mais il montre que la défense du conducteur sera bien délicate.

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Justice : Le temps de la réflexion

16.09.2010

Les sources de la violence

road_to_perdition.jpgRetour au réel d’une société envahie par la violence. L’histoire de ce lycéen roué de coups ce mercredi après-midi, et qui se retrouve entre la vie et la mort.

Le lendemain matin, on sait peu sur le déroulement exact des faits exacts, mais finalement que je crois qu’on en sait bien assez.

C’est lycéen de 17 ans, en classe de première, qui sort du lycée après les cours, et va prendre son bus, à l'angle de la rue Albert et de la rue de Tolbiac. Sur le dos, il porte son sac, qui mentionne un club du XIV° arrondissement. Oui, mais le lycée est dans le XIII°… Pour ce simple motif, une bande de quinze personnes l’attendait, et l’a roué de coups, plusieurs portés avec une barre de fer. Le lycéen est entre la vie et la mort à l'hôpital de Lariboisière.

Le Parisien ciste deux témoins.

 « C’est un acte de barbarie. Ce pauvre garçon était allongé contre le trottoir. Quand je suis arrivé, il avait des convulsions et sa tête était couverte de sang. Ça fait trente ans que j’habite ici, je n’ai jamais vu ça. »
« J’ai juste eu le temps de voir un des jeunes lui donner des coups de pied. On aurait dit qu’il voulait l’achever »

On en est là…  Les phénomènes de bandes ont toujours existé. Ces faits d’une violence totale sont rarissimes, mais il est impossible de ne les limiter aux données individuelles. Une telle violence a des sources profondes.

28.08.2010

Bettencourt : Le médecin des pauvres entre en scène

medecin_01.jpgWoerth est tranquille sur ce coup : il n’a aucune compétence médicale. Dans l'affaire Liliane Bettencourt, le centre de gravité se déplace pour quelques jours, mais il faut bien dire que toutes les infos cumulées laissent le sentiment que les fics n’enquêtent sans doute pas pour rien. L'argent ferait-il perdre la boussole ? 

Sur ce volet médical, beaucoup de rumeurs, et quelques infos sûres. Par exemple que l’Ordre des médecins  a décidé d’entendre une dizaine de bons docteurs. A ce  stade, le conseil départemental prend des renseignements à partir d’infos pouvant traduire des comportements non orthodoxes. Pas d’accusation donc, et encore moins de jugement.  

Gilles Brücker s’est expliqué dans la presse. Ami de François-Marie Banier, et bon pote de Bernard Kouchner, il est devenu le médecin de Liliane Bettencourt à la fin des années 1990, fait aujourd’hui établi. Il est ausi établi qu'il a été désigné exécuteur testamentaire, ce qu’il a « pris comme une marque de confiance » mais c’est l’officier de police chargé de l'enquête qui lui a appris que cette fonction était assortie d'une dotation d'un million d'euros. C’est aussi l’enquête qui lui a appris que l'île d'Arros devait revenir à François-Marie Banier et à trois associations médicales présidées par lui-même ou sa compagne, Christine Katlama, une chercheuse spécialiste du sida, trois associations financées par la Fondation Bettencourt-Schueller. « Leurs comptes peuvent être fouillés, comme mes comptes personnels » proteste-t-il. Enfin, il confirme que Liliane Bettencourt a offert à sa fille un appartement d'une valeur de 500.000 euros, mais il précise n’avoir vu aucune raison de demander à cette dernière de renoncer à ce cadeau, car « Liliane Bettencourt était très en empathie avec ma fille ».

Laissons bien l’Ordre des médecins faire la lumière sur ces faits, et sur les sympathiques relations qui existaient entre les médecins gravitant sans la sphère Bettencourt, avec toute la dose de coups tordus et de rumeurs. Mais si l’on ne sait pas grand chose des faits, on sait en revanche très bien ce que dit la déontologie, comme cela ressort des dispositions du Code, et des commentaires publiés par l’Ordre.

Pas d’immixtion dans les affaires de famille

Medecin-des-pauvres-1913.jpgArt. R.4127-51 du code de la santé publique. – Le médecin ne doit pas s'immiscer sans raison professionnelle dans les affaires de famille ni dans la vie privée de ses patients.

Analyse de l’Ordre. Cet article définit les limites de l'action du médecin admis à pénétrer l'intimité de la famille dans le cadre de son exercice professionnel.

Le médecin est le conseiller naturel des patients et des familles et souvent leur confident. Il ne donne pas seulement des conseils thérapeutiques, d'hygiène de vie mais aussi de psychologie. L'avis du médecin est souvent sollicité sur la nécessité d'un changement de résidence, d'une retraite anticipée, de la pratique d'un sport, etc. De même le pédiatre sera interrogé sur l'intérêt d'un redoublement scolaire, d'un changement d'établissement, le choix d'une région pour les vacances...

La confiance dont il bénéficie peut le mettre dans des situations délicates et le conduire au-delà des limites de son rôle professionnel s'il n'y prend pas suffisamment garde.

Le médecin doit s'interdire aussi la curiosité et s'en tenir, dans la vie privée du patient et de sa famille, aux informations nécessaires à la compréhension de la situation qu'il prend en charge. Il est évidemment impensable qu'il puisse exploiter une information obtenue au cours de son exercice professionnel à des fins personnelles.

Pour s'en prévenir, le médecin ne doit jamais se départir de son impartialité. En cas de conflit, il doit analyser les faits et prodiguer ses conseils sans jamais prendre un parti quelconque. Il peut chercher à concilier les points de vue en présence, mais doit savoir constater l'échec de sa mission et refuser alors de s'ériger en juge de la situation ou effectuer un arbitrage, particulièrement dans les situations de divorce où il ne doit jamais prendre le parti de l'un ou de l'autre, pour la garde des enfants notamment. Il ne doit pas non plus établir à cette occasion un certificat médical imprudent qui pourrait être par la suite sujet à interprétation tendancieuse.

Il en va de même lors des successions et de tous les actes officiels de la vie du patient auxquels le médecin se doit de rester étranger. Il doit garder une parfaite neutralité en limitant ses conseils à ceux que l'objectivité lui permet de prodiguer.

Enfin, dans toutes les situations difficiles, quand le discernement n'est pas aisé, il ne trouvera que des avantages à s'en ouvrir au président ou à l'un des membres de son conseil départemental.

Prohibition des avantages

medecin.jpgArticle R.4127-52 du Code de la santé publique. – Le médecin qui aura traité une personne pendant la maladie dont elle est décédée ne pourra profiter des dispositions entre vifs et testamentaires faites par celle-ci en sa faveur pendant le cours de cette maladie que dans les cas et conditions prévus par la loi.

Il ne doit pas davantage abuser de son influence pour obtenir un mandat ou contracter à titre onéreux dans des conditions qui lui seraient anormalement favorables.

Analyse de l’Ordre. En cohérence avec l'article précédent, le code de déontologie précise désormais des dispositions admises depuis toujours au nom de l'éthique médicale. Cette obligation, dégagée par la jurisprudence de l'ancien régime, inscrite dès le début du XIXème siècle dans le code civil, n'était auparavant définie que par l'article 909 du code civil qui indique : "Les docteurs en médecine ou en chirurgie, les officiers de santé et les pharmaciens qui auront traité une personne pendant la maladie dont elle meurt, ne pourront profiter des dispositions entre vifs ou testamentaires qu'elle aurait faites en leur faveur pendant le cours de cette maladie. Sont exceptées :

1°) les dispositions rémunératoires faites à titre particulier, eu égard aux facultés du disposant et aux services rendus ;

2°) les dispositions universelles dans le cas de parenté jusqu'au quatrième degré inclusivement, pourvu toutefois que le décédé n'ait pas d'héritiers en ligne directe ; à moins que celui au profit de qui la disposition a été faite ne soit lui-même du nombre de ces héritiers..."

Au-delà du cas d'espèce de la dernière maladie, c'est une attitude générale de prudence qui s'impose au médecin en la matière. Il ne doit en aucune circonstance pouvoir être suspecté d'avoir profité de son statut professionnel et de l'influence qui en découle pour tirer un avantage matériel quelconque de la part de son malade.

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12.07.2010

Mort pour une cigarette

violencep5.jpgTué en plein Paris pour avoir refusé une cigarette. L'agresseur ne connaissait la victime que depuis une heure. Mort comme çà...

Vendredi soir, déjà un peu samedi matin. Il est une heure, nous sommes Place du Comtat-Venaissin, un quartier paisible du XV° arrondissement de Paris. Samir, 31 ans, et deux de ses amis sont là, tranquillement, discutant dans la nuit qui s’avance, à la recherche’ d’un peu d’air frais. Un jeune homme passe, et demande une cigarette, en insistant, mais bon : il n’y a pas de cigarettes. Le type peut partir, et la discussion reprend.

Mais quelques minutes plus tard, le jeune homme revient, cette fois-ci accompagné deux de ses potes, venus pour en découdre. Le ton monte de suite, les trois bousculent les autres, et les coups se mettent à tomber.

Samir parvient en s’enfuir, mais il est rattrapé. Il reçoit un coup de couteau dans le dos, et s’écroule place Etienne-Pernet, près de l'église Saint-Jean-Baptiste de Grenelle. Les secours arrivent très vite, mais le coup a été fatal : le décès est constaté une heure plus tard, à l'hôpital de la Pitié Salpêtrière.

L'auteur présumé du coup de couteau, un jeune homme d'une vingtaine d'années a été arrêté, et ses deux collègues se sont présentés au commissariat dans la journée. D’après Le Parisien, les deux groupes d'hommes ne se connaissaient pas. Ainsi, tout est parti du refus d'une cigarette…

Y a-t-il intention de tuer ? Oui de manière certaine, au moins lorsque le coup a été porté, dès lors que Samir fuyait. Il a fallu le rattraper, juste pour lui porter le coup… pour tuer. Y-a-t-il préméditation ? Ce n’est pas impossible, mais seule l’enquête pourra le dire. Si le jeune homme qui s’est vu refusé la cigarette, et rentré lui, a pris le couteau, a demandé à ses deux potes de l’accompagner, est venu régler un compte à Samir, et l’a poursuivi malgré la fuite, jusqu’à pour frapper dans le dos, dans une partie vitale, alors ce sera un assassinat. Et ce scénario n’est pas impossible.

Cette violence contenue… et cette envie de tuer. De tuer quelqu’un qu’on ne connaissait pas une heure plus tôt...  Adieu, Samir...

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07.07.2010

M6 toujours plus bas...

media--image-352537-article-ratio_450.jpg« Trompe-moi si tu peux », une géniale émission de M6 prévue pour ce jeudi 8 et annoncée comme sulfureuse. Mais Jipé, l’un des candidats, s’est suicidé il y a quelques jours, et M6 renonce à publier ce divertissement. Misère de la télé…

M6 est une chaîne qui flatte l’intelligence et la convivialité, c’est bien connu. Après, on imagine, de très nombreux conseils d’administration d’encravatés notoires et impénitents, elle a inventé et programmé pour cet été un jeu génial et créateur de consensus social, en ces périodes de polygamie fantasmée : « Trompe-moi si tu peux ». Comment, dans la joie et la bonne humeur, tromper son chéri ou sa chérie, rien que pour se marrer, et se surcroit, se foutre de sa gueule en public. 16 jours à tenir, pour gagner 39 000 euros. interdiction-penser2short.jpg

Un vrai petit délice. Dans une grande maison, très bourgeoise et très bonne société, se trouvent enfermés sous les caméras une série de couples. Des vrais couples : amour, sentiments, projet de vie, et tout et tout. Recruté par le comité d’éthique de M6, ce qui donne une sérieuse garantie. Chacun doit cacher aux autres quel est son véritable compagnon, ce qui est encore assez banal. Mais pour rendre l’affaire intéressante, tout le monde est invité à fricoter avec tout le monde : vu que X fait la chose Y, tu crois que X et Y sont en affaires sentimentales, et bien non, c’est Z qui est le cocu notoire, d’ailleurs regarde sa gueule. Génial. Qu’est-ce qu’on se marre... Traduit avec les éléments de langage de M6, ça devient : « Quitte à brouiller les pistes en se rapprochant d'une autre personne... A chaque épisode, qui dure deux jours, le candidat se retrouve avec un nouveau partenaire. Les 20 concurrents, dont un couple gay et un autre lesbien, s'adonnent alors à des jeux intimes, dont des massages, des danses sexy et à un l'effeuillage mutuel. De quoi attiser la jalousie du conjoint (ou de la conjointe) et de pimenter ainsi l'émission ». Chaque couple repéré, genre crétins fidèles, est aussitôt éliminé. L'émission, tournée en avril en République dominicaine, devait être diffusée à partir de ce jeudi 8.

Mais là survient un drame : l’un des candidats s’est suicidé. Aussitôt, M6 a supprimé la page Internet de l'émission, ainsi que toutes les photos et vidéos officielles. Florence Duhayot, la directrice générale de la société de production, Studio 89, explique : « Rien ne laissait présager ce drame, avant, pendant et après l'enregistrement du programme ». Aussi, nous devrons nous passer du jeu « le plus incroyable jamais créé à la télévision française ».

tf1-m6.jpgUn homme préfère mourir plutôt que vivre : qui peut se permettre de dire quoi que ce soit de cet homme, quand il le connait, et encore plus quand il ne le connait pas ? Rien à dire, seul reste le silence du recueillement.

Mais en revanche, l’activisme de M6 pour inventer le plus pourri des jeux, avec des millions d’euros à la clé dans la lutte contre TF1, en amenant de braves gens à solder leur honneur pour l’espoir de 39 000 euros, il y a juste de quoi vomir. S’il faut analyser les naufrages de la société, il suffit de penser à c’est qu’est devenu un outil aussi extraordinaire que la télé.

Vient l’envie de régler le compte à cette télé par un geste salutaire, mais il faut se rappeler la belle chanson de François Béranger :

« Rien de changé depuis qu’un jour j’ai pissé

« Sur la télé tellement c’était chouette

« Et bien sûr, toute l’électricité

« M’est passée dans la quéquette ».

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