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Actualités du droit - Page 5

  • Mélenchon va-t-il demander l’asile politique dans le 9-3 ?

    Je n’en sais rien, mais c’est bien probable, parce qu’il n’y a que deux options.

    La 1/ c’est 65 ans et deuxième gadin aux présidentielles, il se casse, sur l’air « Nous avons créé le printemps, mais c’est vous qui cueillerez les fleurs ». Sauf que dans ce jeu unipersonnel qu’a été France Insoumise 2017, on ne voit pas très bien le leader de rechange. Je ne veux fâcher personne, mais quand même… après cette campagne hyper-personnalisée, la retraite du leader filerait un sacré gadin au mouvement.

    La 2/ c’est je reste dans le circuit, et on mise à fond sur les législatives, en blindant toutes les circonscriptions gagnables, avec le jeu suave des triangulaires et quadrangulaires. L’objectif est au final d’avoir un groupe à l’Assemblée, en espérant qu’il n’y ait pas de majorité nette à l’issue des législatives, de telle sorte que tout se jouerait accord parlementaire après accord parlementaire, ce qui donnerait un rôle décisif à la France Insoumise. Et n’oublions pas le volet finance : un bon score au premier tour des présidentielles ne rapporte rien. En revanche, un bon score aux législatives, c’est un financement public assuré pendant cinq ans, et un groupe parlementaire à l’Assemblée, bref de vrais moyens de fonctionnement

    - Ouais, super, et tu crois que je pourrais embaucher mon épouse ?

    - Sois gentil, lâche-nous, François…

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    Ceci posé, la suite est simple : on cherche les circonscriptions où ça a cartonné.

    Dans le Val-de-Marne, c’est pas mal avec 32,70 à Champigny, 37,32 à Bonneuil, 42,00 à Valenton, 39,67 à Ivry et 35,24 à Vitry.

    Dans les terres qualifiées FN, les scores révèlent de belles surprises : dans les Bouches-du-Rhône, 29,54 à Martigues et 44,33 à Port-de-Bouc ; en Meurthe-et-Moselle, 35,53 à Villerupt et 37,89 à Homécourt.

    Bons scores aussi dans de nombreux endroits du territoire : dans l’Isère avec 32,61 à Saint-Martin-d’Hères et 29,90 à Échirolles ; dans la Loire avec 32,31 à La Ricamarie ; dans les Landes avec 31,21 % à Tarnos ; dans l’Oise avec 39,69 à Montataire ; en Indre-et-Loire avec 36,68 à Saint-Pierre-des-Corps ; dans l’Essonne avec 42,28 à Grigny ; en Seine-Maritime avec 36,40 à Saint-Étienne-du-Rouvray et 46,51 % à Gonfreville-l’Orcher. Je n’oublie par 29,70 à Toulouse.

    Mais le mieux, c’est le 9-3. Mélenchon est à 45,07 à Villetaneuse, 41,10 à Aubervilliers, 43,39 à Saint-Denis, 47,09 à Gennevilliers, 32,97 à Nanterre, 36,28 à Bagneux, 44,36 à La Courneuve...

    Alors, une petite place au chaud dans le 9-3 ? Justement, on parle de la 4e circonscription, qui regroupe La Courneuve, Blanc-Mesnil, Stains et Dugny, avec un score supérieur à 40%. Pour le moment, Marie-George Buffet est investie au nom du PCF, mais elle a bien envie de passer la main, et c’est une grande amie de Jean-Luc.

    - Donc tout va bien ?

    - Non, c’est un peu plus compliqué.

    Plus compliqué, car tous ces bons scores se font sur les dernières réserves du Parti communiste. France Insoumise peut-elle imposer de partout des candidats contre les camarades du Parti Communiste ? Le vote de premier tour des présidentielles est-il assez significatif pour espérer renverser des élus et réseaux communistes bien ancrés ? France Insoumise va-t-elle dealer avec le Parti Communiste ?

    A suivre. Les candidatures pour les législatives seront déposées entre le 15 et le 19 mai.

  • L’Etat de droit et la citoyenneté

    eldorado-le-tresor-de-la-cite-perdue.jpgVu le sens politique acéré du fluet, la force de son implantation dans les réalités sociales, et le génie de son staff, il vaut mieux se préparer sagement à la victoire de Le Pen, histoire de voir ce que ça pourrait donner.

    En fait, je ne vais pas parler de son programme, car mon psychiatre, pour une fois d’accord avec mon cardiologue, m’a déconseillé les efforts inutiles, et donc de le lire.

    Ce que fera Le Pen n’est pas mon problème, la question, c’est ce que nous ferons.

    Ici, il faut déjà mettre à l’aise nos amis abstentionnistes et adeptes du vote blanc : la citoyenneté dans un État de droit ne se résume pas au fait de voter. Voter, ce n’est qu’une petite partie de la citoyenneté,... et heureusement, car il est désormais bien clair que nous votons pas en fonction de nos attachements, mais à partir des candidats désignés.

    - Je rejette les politiques du fluet ou de Le Pen…

    - Certes, mais tu es obligé de voter pour l’un d’eux, ou alors tu es un mauvais citoyen.

    - Donc, être citoyen, c’est voter une fois tous les cinq ans pour celui qu’on rejette le moins ?

    - Exact. Après tu rentres dans ton trou, et on te sifflera dans cinq ans.

    - Sauf que non…. Le vote, c’est si un candidat me va. La citoyenneté, c’est tout ce que je vais faire, à titre personnel et dans des associations, chaque jour pendant les cinq ans, pour défendre les libertés publiques, les droits sociaux et la démocratie contre les abus des autorités étatiques.

    - Non, non, ça c’est pas bon. Tu as voté, donc tu as donné ton avis dans une démocratie représentative, et tes représentants doivent pouvoir gentiment exercer le pouvoir pour lequel tu les as mandatés.

    - Arrête ton char, on croirait les cours de morale citoyenne pour le cours élémentaire. En 2012, on a voté « gauche » et El Blanco, qui s'était ramassé avec 5%, a été nommé premier ministre. De même, explique-moi si la déchéance de nationalité était dans le programme… Et la refonte des accords européens pour obtenir un plan de relance, elle est passée où ? Et le mignon banquier, nourri par le monde de la finance… Plus aucune confiance.

    - Si tu n’es pas d’accord, tu voteras contre eux cinq ans après. Correct ?

    - Correct, rien du tout, car tu auras trouvé d’autres candidats sympas pour « rénover la vie politique ». Stop. La politique française n’a pas été détruite par l’abstention des électeurs, mais par les acteurs du jeu politique. Un jeu politique se résume à des postures, et le but est de nous faire obéir, en faisant croire que nous avons choisi la règle qu'on nous oppose. Ça ne marche plus. Car attention : en même temps que la politique s’est affaiblie, le droit s’est renforcé. La France est un État de droit, qui prend place dans deux institutions européennes, l’Union européenne et le Conseil de l’Europe, qui sont également des communautés de droit, et dans un régime international, affaibli par les impérialismes, mais qui reste aussi une communauté de droit, avec le statut de l’ONU, outil de la paix dans le monde, et du Pacte des droits civils et politiques de 1966, sous la protection du Comité des droits de l’homme de l’ONU.

    - Mais ce ne sont que des mots, que du juridisme, rien de concret…

    - Détrompe-toi, c’est un système qui marche pas si mal que ça. La loi est l’œuvre des majorités politiques, mais elle n’est légitime que dans le respect des principes. L’unité d’un pays se structure autour des principes du droit. Pour construire ce type de recours, il faut des professionnels, des spécialistes, mais ces techniciens inventifs n’agissent qu’en fonction des demandes qui leur parviennent. La notion fausse, c’est celle de la désobéissance civile, comme si, en 2017, fallait passer dans l’illégalité pour défendre le droit. La notion de désobéissance civile est une pure illusion, inventée justement pour sauvegarder l’ordre établi : on veut faire renoncer à la défense du droit par les citoyens en faisant croire qu'il faut, pour dénoncer le droit dominant, basculer dans l’illégalité… Dans cette logique, il faudrait demander aux fonctionnaires de refuser de respecter les ordres des autorités hiérarchiques… N’importe quoi. Dans un État de droit, chaque citoyen est garant de la légalité, et en dehors du vote qui l’occupe cinq minutes tous les cinq ans, et qu’il doit assumer avec un choix très libre, il s’investit sur le terrain, opposant la force du droit aux majorités politiques qui s’égarent. Pour tenir l’outil, il faut des spécialistes, les professionnels du droit, mais concevoir le plan de bataille est l’œuvre des citoyens.

    - Donc d’après toi, une personne qui refuse de voter, parce qu'aucun candidat ne lui va, remplit son devoir de citoyen à partir du moment où elle va agir pour la défense des droits, par l’action militante et par des recours en justice ciblés, pour défendre les principes qui fondent la société ?

    - T’as tout compris. Dans une cité perdue, le droit est un trésor.

  • Cette fois-ci, je me suis peut-être bien gourré pour de bon…

    Je n’ai jamais cru à une victoire de Le Pen parce que la France n’est pas raciste, parce que sa société, très ouverte, a le souci de ce qu’elle représente dans le monde, et que, de fait, nous sommes trop attachés à l’Europe pour revenir aux frontières et au franc. Et puis, pour gouverner, il faut une équipe et une coalition. Même De Gaulle avait besoin d'une coalition, que refuse le FN.

    J’ai toujours souhaité que la déconfiture de ce fluet de Macron vienne avant le premier tour, parce que ça limiterait la casse. Tôt ou tard… Un banquier sans aucune expérience politique, choisi par Hollande pour arranger sa popularité, un pur produit du système, maquillé en anti-système…, un « progressiste »… Une belle entourloupe, mais qui a conduit où ? Les autres candidats étant ce qu’ils sont, la domination économique de la vie politique et médiatique faisant le reste, c’est ce fluet qui a gagné le premier tour. En sous-main, le PS a mobilisé ses réseaux.

    Question : le fluet est-il sûr de gagner le 7 mai ? Très franchement, je n’en sais rien.

    Son attitude de sale gosse déréglé le dimanche soir, la persistance dramatique de l'absence de toute assise politique réelle dans le pays, l’enchaînement des scènes médiatiques, et une personnalité, une vie, qui ne convainc pas. Les seuls appels sincères au vote Macron viennent des hollandais, de Juppé, d’Estrosi… et l'enthousiasme n'est pas flagrant. Et puis, s'il a ses soutiens, il a aussi face à lui un refus massif d'amplifier une politique économique qui marque tant d'échecs dans la société, qui inquiète, et beaucoup. Les problèmes de fin de mois...

    En 2002, si la France s’était mobilité, c’était contre la xénophobie. Le programme économique de Jean-Marie Le Pen n’était pas dans les débats.

    En 2017, c’est bien différent. La xénophobie n’est plus un débat. Sarko avait commencé la réappropriation des thèmes FN, et Hollande a parachevé le travail, allant jusqu’à reprendre à son compte la déchéance de nationalité. Et El Blanco a fini de tout brûler avec son hystérie anti-musulmane.

    Alors à ce jour, Macron n’a rien à dire à Le Pen sur la xénophobie. Tout se reporte sur l’économie. Si Le Pen modère ses lubies sur le retour au franc, tout tombe.

    Ceci dit, ça ne m’inquiète pas outre mesure. Sur les questions de la xénophobie et des politiques discriminatoires, nous avons un arsenal juridique pour casser des lois ou des pratiques gouvernementales. Le très fatigué journal Le Monde, une feuille électorale de Macron, posait l’autre jour la question de la désobéissance des fonctionnaires si le Pen passait. Complètement à côté de la plaque… Nous sommes plus en 1940 avec Pétain. Nous sommes en 2017 avec le régime de protection des droits fondamentaux, et des procédures ajustées en droit constitutionnel, en droit européen et en droit international pour combattre en cinq minutes des lois xénophobes ou discriminatoires. Le personnel politique n’a plus rien à dire, mais soyez sûrs que les hommes de loi, eux, sont prêts à agir, pour la défense des vrais droits de personnes.

  • Ils nous ont bien foutu dans la merde

    La situation du pays est grave, il y vraiment de quoi être inquiet. Nos interrogations et inquiétudes ne font que commencer, alors commençons par une vérité : ces deux-là ne sont pas les seuls responsables, mais il nous bien foutu dans la merde. 

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  • Drôle d’ambiance...

    Macron n’ayant pas de parti, tout se jouera aux législatives, et attention, le jeu sera compliqué parce qu’on pourra aller vers nombre de triangulaires et de quadrangulaires. Pour le moment, les quatre mouvements font les comptes et scrutent ce qui peut se passer dans chacune des 577 circonscriptions. Macron n'a à ce jour désigné que 14 candidats...

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    Le pouvoir se tiendra à l’Assemblée. La France est pour le moment nettement à droite, et pour peu que Les Républicains se réveillent, se trouvent une direction, et oublient leurs querelles pendant deux mois, l’hypothèse la plus réaliste est la victoire de la droite, et une cohabitation. De son côté, le PS va dealer à fond avec En Marche ! pour sauvegarder au mieux son réseau. Quant à Mélenchon, il sait qu’il perd tout s’il soutient franchement Macron et sa politique qui sécrète le vote FN.

    En réalité, tout est en calcul.

    En 2002, avec Jean-Marie Le Pen au deuxième tour, c’était la patrie en danger, les grandes manifs émotionnelles, et l’union sans faille derrière Chirac.

    En 2017, rien de cela. La question va être : jusqu’où laisser monter Le Pen pour fragiliser le fragile Macron, et mieux se refaire aux législatives ? Accrochez vos ceintures, ça va chahuter dans les quinze jours qui suivent. La France ne veut pas revenir au franc, donc défaite assurée de Le Pen, mais les marchandages vont s’accélérer.

    Et Macron, est-il assez costaud et investi pour saisir ce moment du pays ? Franchement, son comportement de vainqueur de la présidentielle dimanche soir était choquant, voire glaçant. Juste deux points d’avance sur Le Pen, les grands partis qui vacillent, le président en exercice marginalisé, un corps électoral chamboulé, un pays qui va mal, et le voilà comme si c’était fait, se donnant en spectacle avec Madame avant de partir bringuer… Je vois ce type comme une culture hors sol. Mais bon, il y avait du beau monde à cette soirée, dont le génial Stéphane Bern, qui explique : « Quand il vous serre la main, il vous regarde dans les yeux et à ce moment-là, vous êtes la personne la plus importante du moment. Il n’y a que chez la reine d’Angleterre et quelques têtes couronnées que j’ai vu ça ». Alors là, en effet…

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