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justice

  • Les Républicains, prix Nobel de la girouette

    coq6.jpgGrandiose : un virage à 180°, par vents contraires et avec le sourire. Encore une fois, il faut remercier les merveilleux scénaristes de cette présidentielle. Comme le disait Edgar Faure, « ce n’est pas la girouette qui tourne, mais le vent ».

    Dimanche, ils étaient tous fous furieux contre Fillon, qui avait appelé à manifester contre la justice, avec le spectacle affligeant d’un candidat se précipitant pour obtenir la précieuse immunité présidentielle, alors que sa femme et ses enfants resteront justiciables de droit commun. Par paquets entiers, ils démissionnaient et larguaient les amarres, devant un Fillon qui sentait le gaz. Dimanche, Fillon, par son aveuglement, allait donner la victoire à Le Pen. Lundi, par sa lucidité, il était devenu le rempart contre Le Pen. Et lundi tout va bien. 

    - Dimanche à 15 heures, personne ne voulait être sur la photo, et lundi à 19 heures ils se précipitaient tous pour être sur la photo ?

    - Eh oui… Pas tous : Juppé était dans la très belle ville de Bordeaux.

    Gardons cela comme un précieux souvenir,… toute cette espèce de cornichons cravatés, retournés comme une crêpe. C’est un cas rare de girouette collective.

    En réalité, ils s’en fichent.

    Ils s’en fichent d’abord parce que, à part une extrême minorité qui aspire à être ministre, les gros bataillons sont des élus locaux qui demandent seulement à être tranquilles dans leur circonscription.

    - Je suis tranquille pour l’investiture et je peux être réélu quand les eaux de la droite sont hautes, pourquoi aller chercher plus loin ?

    Ils s’en fichent ensuite parce qu’ils savent que la gauche est en lambeaux. Le vote Macron, c’est une surprise-partie de samedi soir, rien de plus, ça peut s’écrouler. Avec ses méthodes d’apparatchik, le conscienceux, Hamon va s’organiser pour arriver, pas à pas, à un score honorable,… c’est-à-dire au-dessus du score de Jospin, soit 16,18% des voix. Si avec ça, il n’est pas le prochain premier secrétaire du parti socialiste…

    Seule petite nouvelle réjouissante au passage, le fait que Sarko, qui se croyait surpuissant en coulisse, voit son clan s’éclater  et lui perdre les manettes.

    - Tu veux dire que les gens se fichent de ce que je pense ?

    - Oui, tout à fait.

  • François et Marine demandent le statut de réfugié politique !

    C’était la blague du week-end : François et Marine demandent le statut de réfugié politique pour ne plus être persécutés par cette odieuse et dictatoriale justice de la République française.

    Alors qu’ils briguent la présidence de la République, ils vomissent sur les services publics de la police et de la justice… rejoignant Hollande qui a traité les juges de lâches.

    Je rassure François et Marine : nous sommes dans un État de droit, avec des juges indépendants dans toutes les villes, et des garanties internationales importantes avec la Cour de justice de l’Union européenne, la Cour européenne des Droits de l’Homme et le Comité des Droits de l’Homme de l’ONU. C’est-à-dire qu’avec un avocat pas trop manchot, vous avez la possibilité d’exercer des recours efficaces à tous les degrés et tous azimuts.

    Tout le problème est qu’il faut avoir quelque chose à dire, en droit, pour sa défense, défense qui peut être virulente si elle est argumentée, mais qui sombre lorsqu’elle devient haineuse, discréditant les fonctionnaires. Car bien entendu nous ne sommes ni dans un film, ni en Égypte, mais dans la réalité française : les fonctionnaires appliquent la loi, avec scrupule. Dans une société civilisée, tout passe par le droit, et on n'attaque la loi qu’au nom des principes du droit. Sinon, c’est l’oubli de la loi, et on bascule dans la violence.

    Le plus grotesque est cette affirmation partagée par François et Marine : « Du moment que je m’adresse aux électeurs pour être élu, la justice ne peut plus s’occuper de moi ».

    - C’est la trêve

    - Trêve de mes deux !

    Vous déconnez, mes très chers. Comme vous avez la prétention de gouverner le pays, nous avons le droit de savoir si oui ou non vous avez détourné de l’argent public, en embauchant votre femme pour un emploi fictif financé par les contribuables français, ou votre collaboratrice du parti politique pour un emploi fictif financé par les contribuables européens.

    J’espère que la justice va aller vite et loin, bouleversant son calendrier pour que nous puissions voter en connaissance de cause, sur la manière dont ces gens-là manient l’argent public.

    S’ils veulent desserrer l’étreinte de la justice, c’est simple : il leur suffit de s’expliquer. À longueur de journée, ces bavards impénitents nous saoulent de discours sur tout et sur rien, mais quand ça les concerne, ils n’ont plus rien à dire et préfèrent jouer les victimes outragées pour déposer leur dossier de réfugié politique, contre cette justice dictatoriale… qui ne fait qu’appliquer la loi.

    Comme plus personne ne croit en la politique, je compte sur les juges pour que l’on puisse encore croire en la justice.

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    La Justice combattant l’Injustice

    Jean-Marc Nattier (1685 – 1766)

  • Pas encore élu, Juppé est déjà un bon bourrin sarkozyste !

    N’écoutant que mon courage, j’ai lu – et oui ! – un texte d’Alain Juppé. Heureusement pour mes neurones, il s’agit d’un texte court, à savoir la lettre d’amour d’Alain aux policiers.

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    - Mais, Alain, pourquoi tu ne parles qu’aux policiers ? Les gendarmes n’existent pas ?

    - Ecoute, lâche-moi, je suis en plein exercice d’incarnation de la France, alors….

    Le texte du futur président commence ainsi :

    « Mesdames, Messieurs,

    « A vous tous qui chaque jour, parfois au péril de votre vie, assurez la sécurité de vos concitoyens avec courage et dignité, je veux dire mon admiration et ma reconnaissance ».

    Toute mort prématurée est un drame, et pour la police, le chiffre est en moyenne d’une dizaine de morts par an. C’est beaucoup, et c’est trop. Mais si Alain aborde cette carte, il doit être correct, et donner aussi le chiffre des accidents mortels du travail, soit 500, dont une grande part dans le bâtiment.

    - Dis donc, Alain, alors tu vas écrire aussi une lettre d'amour aux salariés du bâtiment, qui risquent leur vie au quotidien sur les chantiers ?

    - Ecoute, lâche-moi, je suis en plein exercice d’incarnation de la France, alors….

    On continue avec la légitime défense, gros succès d’audience assuré.

    « Aujourd’hui, le cadre de la légitime défense n’est pas clair, ce qui vous place dans une situation dangereuse où, même lorsque votre intégrité physique est menacée, vous hésitez à faire usage de votre arme. Cette situation n’est pas acceptable, le cadre de la légitime défense doit être clarifié pour les policiers, à l’exemple de ce qui existe pour les gendarmes »

    - Là, Alain, tu déconnes à plein tube. Le droit est parfaitement clair, rodé par des années de pratique et de jurisprudence, et tu sombres déjà dans le délire sarkozien de bidouiller les textes pour faire de la com’. La base pour les policiers et pour les gendarmes, c’est la loi, et donc la légitime défense (Code pénal, art. 122-4) et – tu l’oublies – l’état de nécessité (Code pénal, art. 122-7). Dans le cadre du maintien de l’ordre public, policiers comme gendarmes peuvent faire usage de la force si des violences sont exercées contre eux en cas d'attroupement (Code pénal, art. 431-3 et Code de la sécurité intérieure, art. 211-9 et D. 211-10 s.) Les militaires de la gendarmerie peuvent déployer la force armée dans les cas énumérés à l’article L. 2338-3 du Code de la Défense, notamment pour empêcher la fuite d’une personne, après sommations, et s’il n’existe aucun autre moyen. Une petite différence réduite a peu de choses, car la jurisprudence nationale et européenne a largement harmonisé ces régimes, qui reposent au final sur une base claire : absolue nécessité et proportionnalité. Et on retrouve tout cela dans le Code de déontologie de la police nationale et de la gendarmerie nationale. Donc, Alain, qu’est ce qui est flou, et qu’est-ce que tu veux changer ?

    - Ecoute, lâche-moi, je suis en plein exercice d’incarnation de la France, alors….

    - Tu parles, tu t’incarnes en aspirateur à voix de flics, avec des promesses neuneu.

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    On continue ?

    « Redonner sa crédibilité à la réponse pénale : à quoi bon dépenser votre énergie à arrêter les délinquants si la justice n’est pas en mesure d’apporter la réponse pénale appropriée ? Je propose de rétablir les peines planchers supprimées par l’actuel Gouvernement, d’abaisser le seuil au-delà duquel les peines de prison ne peuvent être aménagées et de supprimer les réductions automatiques de peines ».

    - Wahou, arrête Alain, là tu fais du sous-Sarko de première année ! Alors, toi aussi tu entretiens le mythe de la vilaine justice qui bloque l’action des policiers ? Je te croyais un peu plus costaud. Et le retour des peines-plancher… qui n’ont jamais existé car elles seraient inconstitutionnelles, la base étant l’individualisation de la sanction par le juge, sachant que toute sanction excessive viole le droit et devient une pépinière de la délinquance.  

    Et ça continue.

    « Ce réarmement pénal sera vain si nous ne retrouvons pas la capacité à incarcérer, aujourd’hui entravée par la surpopulation carcérale : je construirai 10 000 places de prisons sur 5 ans ».

    Le « réarmement pénal », c’est un autre TOC – trouble obsessionnel compulsif – de la maison Sarko. Parfaitement nul alors qu’il n’y a jamais eu autant de détenus en France. Dans ce discours de bon bourrin, Alain encourage le propos de bistrot sur la prison qui protège, alors qu’en termes de lutte contre la délinquance, les seules questions pertinentes l’alternative à la prison et la sortie de prison pour éviter la récidive. Tout le reste est du blabla pour exciter les demeurés sécuritaires.

    - Dis, Alain, tu as tellement soif de voix que tu vas patauger dans ce miasme, ou persuadé de gagner la primaire, tu t’occupes déjà de récupérer les voix de Sarko ?

    - Ecoute, lâche-moi, je suis en plein exercice d’incarnation de la France, alors….

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  • La justice est le problème de la police ? Quand même, faut pas dec’…

    9782748503739.jpgEn cette période de bas-empire finissant, on s’habitue à voir de tout, mais quand même : les flics manifestant – en toute illégalité – devant les tribunaux pour exprimer leur mécontentement, et le gouvernement qui se presse débloquer 250 millions d’euros d’équipement... Ca déconne à plein tube, les ami-e-s.

    Commençons par le plus simple, l’accusation débile de « justice laxiste ». On ne doit pas parler de la même chose.

    La peine moyenne prononcée par les tribunaux est en augmentation nette, passant de 6,9 mois en 2012 à 8,4 mois en 2015.

    Les prisons offrent 60.000 places, mais le nombre de détenus est de 69.000. Le nombre record d'incarcérations a été battu le 1er juillet 2016.

    Dans les établissements pénitentiaires d’Île-de-France, le taux d'occupation des prisons s'élève à 167%.

    Le nombre de condamnations à de la prison ferme était de 112.000 en 2004, 122.301 en 2012 et il est à 124.702 en 2015. Oki ? 

    Ajoutons que chaque année, 15.000 personnes sont condamnées pour outrage et rébellion à agents.

    Donc, le laxisme est seulement dans la tête de ceux qui le dénoncent. C’est clair et net.

    Et pour le reste ? Qu’il y ait pour les policiers maints problèmes à régler, généraux ou aigus, à commencer pour leur sécurité, ça fait consensus. Mais que signifie ce cirque populiste de manifester devant les Palais de justice ? Est-ce que ce sont les juges qui votent les budgets et gèrent les embauches ? Qui votent les lois ? Qui dirigent la police ?

    Je dois sûrement être un peu neuneu sur les bords, mais je croyais bêtement que policiers, juges et avocats – chacun sur notre registre – étions au service commun de la bonne application de la loi… Et ben non, je me gourais : c’est la police qui aide le gouvernement à appliquer la loi, et la justice, la vilaine, qui les en empêche.

    On en est là,... et pour les remercier d’avoir fait pression sur la justice, les manifestants sont reçus le lendemain par le ministre de l’Intérieur, qui débloque 250 millions d’euros.

    Purée, encore 6 mois…

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    Les flics mettent la pression

  • Peine de mort : Quelques précisions, avant la réécriture de l’histoire

    XVMecf50aea-e755-11e4-848d-2550101082dd-415x555.jpgC’est aujourd’hui le 35eme anniversaire de la loi abolissant la peine de mort, alors comme on adooore les commémorations, et la réécriture de l’histoire qui va avec, ça ne va pas chômer. Voici donc quelques précisions pour recentrer vers la réalité des faits.

    Le combat de la France, la France figure de prou… Figure de prou de pas grand-chose…

    En 1981, la peine de mort était déjà abolie dans la quasi-totalité de l’Amérique du Sud : le Venezuela en 1863, le Costa-Rica en 1877, le Panama en 1903, l’Equateur en 1906, l’Uruguay en 1907, la Colombie en 1910, le Honduras 1956, la Grenade en 1978, puis le Nicaragua, le Pérou et le Brésil en 1979. Ce sans faire la leçon au monde.

    En Europe, c’était fait dans les pays scandinaves avec l’Islande en 1928, la Finlande et la Suède en 1972, le Danemark en 1978, et la Norvège 1979. Ajoutez aussi l’Autriche 1968, Le Vatican en 1969 et le Luxembourg 1979.

    L’Afrique aussi nous avait précédé avec la Nouvelle Guinée en 1950, Madagascar en 1958, le Niger 1976 et le Mali 1980, ainsi que des micro-Etats : les Maldives en 1952, les Iles Salomon en 1978 et le Vanuatu 1980.

    Et pour la France… le combat d’un homme, le discours d’un tribun… Tu parles… devant une Assemblée presque vide car le vote était acquis d’avance. L’abolition de la peine de mort était dans le programme commun de la Gauche depuis 1972, et figurait dans les 110 propositions de Mitterrand en 1981. Alors, avec la majorité parlementaire, même une chèvre ministre aurait fait voter la loi. L’abolition de la peine de mort a été une victoire politique et collective.

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    Les pères de l'abolition de la peine de mort, en France 

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