La une des lecteursTous les blogsles top listes
Envoyer ce blog à un amiAvertir le modérateur

01/06/2013

Solidarité avec nos amis les directeurs de prison

Il y a des manifs qui forcent le respect, et le blog apporte son soutien le plus chaleureux aux trente directeurs de prison qui ont manifesté (FO pénitentiaire) mardi 28 mai devant le ministère de la justice. Ils étaient tenus à distance, entre la rue Danièle Casanova et de la rue de la Paix. Valls – faible avec les forts, fort avec les faibles – n’a pas laissé cette foule incontrôlable s’approcher du ministère...

S’ils avaient foutu le feu à quelques voitures ou pillé une bijouterie de la place Vendôme, ils auraient eu droit à l’ouverture du « journal » de TF1. Mais voilà, ces directeurs sont juste là pour défendre le service public, alors franchement…

5851862-ras-le-bol-des-directeurs-de-prison-on-ne-gere-que-l-urgence.jpg

Quand on dit « prison », il faut penser à l’essentiel, à savoir que la prison est au cœur du processus républicain.

On est loin de la République des zinzins, genre Ségo qui voulait imposer un drapeau tricolore dans tous les foyers de la France post-pétainiste dont elle rêvait.

On est loin aussi du chœur des vierges de Notre-Dame-des-Faux-Culs, qui enfile comme des perles ses couplets sur les valeurs de la République. Dernière saillie de ces impuissants sociaux, la semaine dernière, avec le vote d’une loi pour prévoir le drapeau tricolore sur les écoles. Comme s’il fallait une loi pour autoriser les écoles à pavoiser… Je comprends pourquoi ils s’intéressent tant à Baby Loup : c’est parce qu’ils ont l’âge mental des gamins de la crèche. C’est un plaidoyer pro-domo.

Et puis sur le troisième côté, avec moins de lumière, vous trouvez les vrais acteurs de la République, le personnel pénitentiaire. La République repose sur la loi, et ceux qui violent la loi s’exposent à être sanctionnés par la loi, et elle le fait par la prison. C’est dire que la prison est le rempart de la République.  On ne peut pas trouver de meilleur lieu pour défendre la République : la prison, c’est le pur domaine de la loi.

080403LMT700.jpg

Tout le monde se contrefout des prisons, sauf les détenus et leurs familles,… et le personnel de la pénitentiaire.

Pour les détenus et les familles, c’est loin d’être évident. Dans le climat d’arriération sociale, né de la pensée sarkozyste et cultivé par la pensée hollandaise, le détenu est un paria, alors basta... II est très difficile pour les détenus et les familles de revendiquer la juste application de la loi. C’est désolant, mais c’est ainsi. Regardez-bien autour de vous… La prison, ce n’est pas les autres : c’est nous, notre famille, nos amis.

C’est dire l’importance de cette manifestation des directeurs de prison, car tout repose sur eux : ils défendent la République, leur statut, les conditions de travail du personnel, la sécurité dans les prisons et la vie des détenus et de leur famille.

Nos amis, qui exercent de hautes fonctions, sont venus dans leur prestigieux uniforme et sur leurs jours de congé, car la loi ne leur reconnait pas le droit de grève.   

Après avoir été reçu à la chancellerie, Jimmy Delliste explique : « On nous a annoncé la présentation, sous quinze jours, d'un plan de sécurité dans les prisons et celle, en juillet au conseil des ministres, du projet de loi de politique pénale sur la prévention de la récidive ». Bref, des paroles verbales.

Taubira avait annoncé la fin du « tout carcéral », et le ministère a aidé la tenue en février de la conférence de consensus destinée à combattre les illusions de la prison comme moyen de lutter contre la récidive. Le projet était lumineux : après la condamnation pénale, on entreprend un processus d’ensemble pour zigouiller toutes les pistes ayant conduit à choisir la violation de la loi. Très bien… sauf qu’aucune suite n’est donnée.

Les excès de la répression Sarko étaient un des thèmes préférés du PS dans l’opposition. Un an après, on en est où ?

Le nombre de détenus a battu début mai un nouveau record avec 67 839 personnes incarcérées. Le changement, c’est presque maintenant.

France-carcérale-2.jpg

On avait annoncé la fin de la loi sur les peines plancher. Rien n’a été fait. Je peux ressortir les discours d’époque, ça serait distrayant.  

Pour faire « de Gôche », Taubira a limité les nouvelles constructions, et comme le nombre de détenus augmente, c’est l’impasse. Vallini, une poupée sarkozyste perdue au PS (et qui rêve du ministère), vient de se prononcer… pour la reprise du programme de construction de Sarko. Comme ça, c’est clair…

Sur le plan du fonctionnement des établissements, c’est le même bazar. Valérie Mousseeff, adjointe du centre pénitentiaire du Pontet (Vaucluse) explique : « Nous n'avons aucune directive de notre ministère concernant la pratique des fouilles à nu systématiques que la loi pénitentiaire de 2009 (art. 57) a voulu supprimer sans nous donner les moyens de compenser cette mesure de sécurité. On laisse les directeurs se dépatouiller avec cette question des fouilles, sans leur fixer de cap ».

voie-sans-issue-308.png

Les juges appliquent la loi, et heureusement, pas les circulaires. C’est la loi qu’il faut changer. Or, depuis des années, le Législateur ne cesse d’aggraver les peines maximales, et les juges font leur devoir en appliquant ces lois répressives. Les maxis prévus par la loi sont souvent démentiels. Aussi, mettre en cause les juges parce qu’ils prononceraient des peines trop sévères, ce n'est pas le bon plan.

Tout dépend du Législateur, et s’il veut mettre fin à la surpopulation pénale et restaurer il faut qu’il révise toutes les lois pénales, et qu’il adoucisse les peines. Les juges tiendront compte de ces évolutions, et on pourra alors restaurer la prison.

Les chiffres montrent la débilité du système. En 2005, le nombre de détenus était de 59 372. Il est aujourd’hui de 67 161. Qui peut dire que la sécurité progresse en même proportion que le nombre de détenus ?

Tenez- bons les amis ! 

30/05/2013

Escroquerie en bande organisée : Kézaco ?

- Salut, comment va ?

- Pas trop… J’ai besoin de 403 millions d’euros, et je ne sais pas où me les procurer…

- Très simple : une riche héritière te fait un don…

- J’y ai pensé, mais il y a déjà quelqu’un sur ce plan. C’est cuit.

- Alors, fais un prêt…

- Quoi ! Payer mes dettes et rembourser une banque ? Arrête, ça me donne la migraine rien que d’y penser.

l_arnaque_3838_north_584x0.jpeg

- Eh ben, tu prends l’oseille et tu te tires, comme dans le film. C’est le vol : appréhender la chose d’autrui. Genre braquer une banque.

- Impossible, les banques n’ont plus une thune. Et puis, c'est un métier à risques. Tu me connais, je suis père peinard. Non trouve-moi autre chose.

- Alors, il va falloir manip’ : au lieu de piquer l’oseille, tu te le fais remettre gentiment, tout sourire.

- Ah, abuser de la confiance… Là, tu commences à me parler…

- Si tu ne veux ni voler, ni payer, il faut un peu de ruse. Première solution, tu te fais remettre les biens à titre temporaire,… et tu les garde. C’est l’infraction d’abus de confiance, défini par l’article 314-1 du Code pénal : « L'abus de confiance est le fait par une personne de détourner, au préjudice d'autrui, des fonds, des valeurs ou un bien quelconque qui lui ont été remis et qu'elle a acceptés à charge de les rendre, de les représenter ou d'en faire un usage déterminé ». L’abus de confiance est assez efficace, et en cas de problème, tu protestes en levant les bras au ciel d’indignation : « Mais ce bien, il me l’avait donné… et il le veut reprendre ! Quelle malhonnêteté ! »

- Ah oui, c’est pas mal, mais pour 403 millions d’euros, on n’y arrivera pas.

the-sting-newman-redford (1).jpg

- Il te reste l’escroquerie. Là, tu restes sur la remise heureuse des biens, mais tu te les fais remettre à titre définitif…

- Trop cool…

- Mais pour y arriver, tu montes un gros gros stratagème.

- Pas de problème. Mentir, ça je sais faire. J’ai un MBA délivré par l’Université des Baumettes. Et je risque quoi ?

- Tu ne risques que d’avoir à rembourser. La remise de biens en s’aidant de jolis mensonges, c’est une forme étendue de l’argument commercial. La sanction est civile, et non pas pénale, sauf si tu as abusé d’une personne en était de faiblesse.

- Ah non, ça, ce n’est pas le genre de la maison.

- Le problème, c’est que 403 millions d’euros récupérés par un simple mensonge, ça risque d’être un peu court, même si tu ne manques pas de talent…

- Eh ben, pas de problème : on va faire une jolie mise en scène.

- Excellent ! Tu vas ajouter au mensonge, qui ne joue que sur la crédulité, un évènement extérieur, et cette mise en scène va permettre la remise des biens… en assurant la crédibilité du mensonge. Ca devient comme du vrai, mais tout est faux. C’est l’article 313-1 du Code pénal : « L'escroquerie est le fait, soit par l'usage d'un faux nom ou d'une fausse qualité, soit par l'abus d'une qualité vraie, soit par l'emploi de manœuvres frauduleuses, de tromper une personne physique ou morale et de la déterminer ainsi, à son préjudice ou au préjudice d'un tiers, à remettre des fonds, des valeurs ou un bien quelconque, à fournir un service ou à consentir un acte opérant obligation ou décharge ».

1349282590_sting_5.jpg

- Re-fe-le-me-le…

- Des manœuvres frauduleuses, dans le but de déterminer une personne morale à remettre des fonds à son préjudice.

- Des manœuvres… pour 403 millions d’euros, il faudra un vrai stratagème. Je n’y arriverais jamais tout seul…

- Eh ben, tu feras ça en bande organisée.

- Oui, mais organisé par qui ? Ah j’ai peut-être une idée. Dis donc, si ça tourne vinaigre, je pourrai dire que je ne me suis pas enrichi, car c’est de l’argent qu’on me devait ?

- Non, même TF1 ne marcherait pas. Depuis un arrêt du 25 octobre 1934, la Cour de cassation juge que le délit d’escroquerie peut être constitué sans qu’il soit établi que son auteur ait cherché à en tirer un profit personnel. La seule question est de savoir si la remise a été sincère ou non. La Cour de cassation souligne depuis un arrêt du 7 mai 1974 que le délit d’escroquerie existe dès lors que les versements n’ont pas été librement consentis, mais extorqués par des moyens frauduleux.

- Oh la la, elle me casse le moral, ta Cour de cassation. Et puis si on joue fin, on se fera pas prendre...

1973_the_sting_008.jpg

http://www.youtube.com/watch?v=_WxfjWnuEno

04/04/2013

Venezuela : Un night-club dans la prison

San Antonio, sur l’île Margarita, au Venezuela. Si j’ai bien compris, c’est la plus cool et la plus mafieuse des prisons. Elle connait déjà maints équipements destinés à faciliter la vie des détenus et de leurs familles, et vient d’y être inauguré un superbe night-club, le « Yate club ».

Carcel_52.jpg

Une magnifique salle pouvant accueillir 600 personnes, et pour l’inauguration, rien ne manquait. Sono, lumière, clim, petit confort et joli décor, tout était soigné pour la fête inaugurale qui a eu lieu de jeudi. Trois DJ de première bourre, des danseuses,... et l’entrée était gratuite. Les détenus avaient fait une bonne pub sur le net, et les amis et leurs familles avaient afflué pour la grande fête qui a duré jusqu’à l’aube. Tout s’est très bien passé, ce qu’ont confirmé les autorités ministérielles.

Bien sûr, je vous rassure. Les night-clubs sont interdits dans les prisons vénézuéliennes, de même que les bonnes bringues entre amis. D’autant plus que c’est une vraie prison, eh oui… et avec des vrais détenus purgeant leur peine. La prison regroupe essentiellement des condamnés à des longues, souvent pour trafic de drogue, avec un effectif de 2000 détenus.

156747619.jpg

discoteca-carcel.jpg

Alors ?

De ce que je lis, un partage des rôles s’est institué. L’Etat reste à l’extérieur et réprime toute tentative d’évasion, avec des gardiens armés. La peine doit être exécutée. Mais tout le régime de détention  a été concédé à l’initiative privée. Non pas la gestion Bouygues, mais celle de la mafia. Un clan contrôle la prison, avec un chef très respecté, qui dispose de ses agents armés. Les détenus paient un impôt au clan, et tout peut lors se passer correctement.

prision.jpg

 

MKohut-Margarita-Narco-Prison-016.jpg

 

prisonsanantonio.jpg

Les détenus reçoivent leurs amis ou leurs familles, et il y a de nombreuses activités pour que tout le monde vive au mieux. Quatre piscines dans la prison, et les cris joyeux des bambins qui s’amusent pendant que les parents sirotent un bon verre dans un hamac… On peut parier sur des combats de coq, trouver son shit… ou travailler tranquillement avec le tel et le PC connecté sur Internet…

Le résultat est dramatique. On a compté 600 morts l’an dernier dans les prisons vénézuéliennes, par règlements de compte.  

562094_636822813001712_731038635_n.jpg

08/12/2012

Traitement inhumain et dégradant aux Baumettes

La prison des Baumettes, lieu créé par la loi, géré par le Ministère de la Justice, occupé en application de décisions de justice, est un lieu de violation grave et systématique du droit. Et là, ce n’est pas moi qui m’énerve, mais le très officiel Contrôleur général des lieux de privation de liberté : « Le constat dressé par la vingtaine de contrôleurs qui ont visité, le centre pénitentiaire des Baumettes, à Marseille, fait apparaître, sans aucun doute, une violation grave des droits fondamentaux, notamment au regard de l’obligation, incombant aux autorités publiques, de préserver les personnes détenues, en application des règles de droit applicables, de tout traitement inhumain et dégradant ».

1128498_baumettes01.jpg

Ce service en voit beaucoup, mais là, il en a vu trop, beaucoup trop, ce qui l’a conduit à ne pas se contenter d’un rapport, mais à utiliser la procédure prévue à l’article 9 de la loi du 30 octobre 2007 qui lui permet « lorsqu’il constate une violation grave des droits fondamentaux des personnes privées de liberté », de saisir sans délai les autorités de ses observations en leur demandant d’y répondre.

Un état ancien et bien connu

Le Contrôleur souligne d’abord que l’état de dégradation est bien connu, et il rappelle les principaux rapports publiés depuis vingt, tous dans le même sens : Comité européen de prévention de la torture (CPT) en 1991 et  1996, Sénat en avril 2000 et Commissaire européen aux droits de l’homme en septembre 2005 qui concluait « Le maintien de détenus en leur sein me paraît être à la limite de l’acceptable et à la limite de la dignité humaine. » Or, explique le Contrôleur, « aucune amélioration substantielle n’a été apportée, en dépit des efforts des directions successives de l’établissement ».

Je souligne que le rapport ne retient aucun reproche contre le personnel, de la surveillance à la direction. 

Les cellules

Le rapport donne la description d’une cellule :

« absence de la partie supérieure de la fenêtre ;

« fil alimentation téléviseur coupé (absence de prise) ;

« pas de lumière (ampoule manquante), pas de veilleuse pour le surveillant de nuit ;

« pas d’interphone d’urgence ;

« w.-c. récent mais non fixé au sol et chasse d’eau quasi inexistante, pas de cloison d’intimité, lavabo bon état mais fuite au sol au niveau du siphon ;

« pas de miroir ;

« réfrigérateur très sale et infesté de cafards tant à l’intérieur qu’à l’extérieur ;

« murs sales, dégradés et presque couverts d’inscriptions en tous genres, nombreuses araignées et cloportes ;

« sol sale, nombreux détritus, pas de cabine de douche ni d’eau chaude ; aucun placard ni rangement, pas de quoi s’asseoir, pas de table ».

Voilà : nous en sommes en France, dans un service du Ministère de la Justice !

Les contrôleurs ont visité en détail 98 cellules, et seulement neuf n’ont appelé « aucune observation sérieuse ». Il existe des différences sensibles d’une cellule à l’autre, et l’affectation dans l’une ou l’autre détermine des conditions d’existence très différentes, ce qui décrit comme « un levier de la mise au pas ».

06.12-18-repas-La-prison-des-Baumettes-a-Marseille.-930620_scalewidth_630.jpg

Insalubrité

Selon le rapport, « l’insalubrité et l’absence d’hygiène sont consubstantielles à la plus grande partie de l’établissement », et quelques exemples sont donnés :   

« Trois ou cinq douches sur dix fonctionnent dans des salles de douche crasseuses, ce qui ne permet pas à tous ceux qui y ont droit de se doucher dans le délai prescrit.

« Depuis deux ans, les rats pullulent (on en voit même dans la journée) et s’ajoutent aux autres nuisibles : les surveillants font leur ronde de nuit en tapant des pieds pour les éloigner, avec un succès inégal.

Le rapport indique que « la sous-commission départementale pour la sécurité (incendies) a demandé, le 29 avril 2011, la fermeture des locaux ».

Des travaux ont été entrepris, avec la construction du bâtiment D, mais, « mal conçu, il reçoit des quantités importantes d’eau, à chaque averse, dans les coursives et les cellules » et « à la suite de mouvements du sol, il est l’objet d’importants défauts de structure qui interdisent sa pérennité ».

Budget en baisse

Pour faire face, l’administration dope les budgets… Non, elle les diminue ! « En deux ans, les crédits de maintenance courante ont diminué de près de 26 % ».

Les dotations budgétaires de l’établissement sont en baisse très sensible en 2012 par rapport à 2011 (– 7,2 %), et du fait des dépenses incompressibles, on prend là où on peut. La somme inscrite au titre de « l’hygiène et propreté des détenus » passe ainsi de 72 323  € à 30 000  € (– 58 %) et la ligne « fournitures et travaux », majeure dans la prison, de 284 611  € en 2011 se monte à 180 000  € en 2012 (– 36,7 %).

Sur-occupation et sous-effectif

Au 1 er octobre 2012, on compte 1769 détenus pour 1 190 places.

Il faut dire que Les Baumettes est une des rares prisons à gestion publique de la région, et les sureffectifs des prisons à gestion privée sont dirigés vers les Baumettes, pour éviter les surcoûts qui devraient être versés aux gestionnaires privés.

Côté personnel, c’est le sous-effectif chronique. Il arrive qu’il y ait un surveillant pour tout un étage (environ deux cents détenus).

Violence

En l’absence de moyens, très peu d’activités sont proposées (travail, sport, enseignement) et le seul moyen d’occupation est la promenade, mais qui refusée par nombre de détenus par peur des violences.  « Une autre caractéristique de l’établissement réside en effet dans la violence qui s’y développe » et selon le rapport, « les médecins ont recensé depuis le début de l’année de la visite quatorze contusions multiples, huit plaies profondes, sept fractures diverses et plaies, trois trauma crâniens, un viol ».

 

1191802_prison-des-baumettes.jpg

Mesures urgentes à prendre

Il existe des projets de reconstruction, à moyen terme, mais le Contrôleur liste les mesures à prendre, et sans délai. Voici la liste,… on pourra faire le bilan dans quelques temps.

a) S’agissant des conditions d’hébergement :

– de diminuer les flux d’entrée dans l’établissement et de ramener la population à un niveau supportable, c’est-à-dire au nombre de places prévues (1 190) ;

– d’actualiser l’organigramme des effectifs datant de 1989 pour assurer une présence suffisante de personnels, parallèlement à une réduction de l’absentéisme ;

– de renforcer l’équipe technique de maintenance et de la doter de moyens suffisants ;

– d’effectuer des travaux indispensables en matière d’étanchéité (bâtiment D), de circulation des fluides (bâtiments A et B) et de monte-charge ;

– de mettre en œuvre des mesures efficaces et pérennes de nettoyage et d’hygiène, singulièrement contre les rats, cafards et autres nuisibles ;

– de revoir les modalités de distribution des repas, notamment pour assurer le respect des règles d’hygiène.

b) S’agissant de la pénurie d’activités :

– un retour du budget de fonctionnement aux niveaux antérieurs doit permettre d’accroître rapidement le nombre d’auxiliaires et leur rémunération ;

– la recherche de concessionnaires pour la fourniture de travail en ateliers ne peut être laissée à la seule charge de l’établissement ;

– les travaux « Baumettes 2 » vont diminuer de près de moitié la surface des ateliers « hommes » et restreindre d’une quinzaine (sur trente à quarante) les emplois offerts aux femmes. Des alternatives devront être trouvées dans l’établissement par exemple en matière de formation professionnelle ;

– les activités culturelles originales doivent être pérennisées, le rôle de l’association socioculturelle repensé et ses liens avec le SPIP renforcés.

c) S’agissant de la violence :

– les moyens nécessaires d’investigation doivent être donnés au commissariat du 9e arrondissement de Marseille pour que, sous la conduite des magistrats, les renseignements soient exploités, les infractions donnent lieu à enquête et leurs auteurs soient poursuivis ;

– l’encadrement doit être rapproché du travail effectif des agents d’exécution pour que ceux-ci ne se sentent pas démunis devant les difficultés rencontrées ;

– l’organisation de la distribution des biens des cantines doit être revue et rigoureusement contrôlée ;

– comme il a déjà été demandé par le contrôle général, le personnel doit réinvestir à terme les cours depromenade ;

– un meilleur équilibre doit être trouvé entre la gestion différenciée des personnes (affectation, privilèges divers) et les sanctions disciplinaires ;

– la proximité entre personnels et détenus, souhaitable pour diminuer les tensions, doit trouver des limites précisément définies ; un projet d’établissement, responsabilisant, doit pouvoir s’articuler sur la prise en charge des personnes exposées, la réinsertion des détenus et la transformation résultant de la réalisation de travaux.

 

place-vendome-351923.jpg

La façade des Baumettes

15/10/2012

Le lynchage politique de Florence Lamblin

présomption d'innocence,droits de la défenseOh purée quelle chasse contre Florence Lamblin, l’élue EELV, mise en examen dans l’affaire du blanchiment de l’argent de la drogue… Un élu est en vue, certes, mais la hargne à démolir cette adjointe d'arrondissement est écœurante.

Elle est présumée innocente, et bénéficie de la protection si bien posée par l’article 9 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen : « Tout homme étant présumé innocent jusqu'à ce qu'il ait été déclaré coupable ». Selon la première chambre de la Cour de cassation (12 novembre 1998, Bull. n° 313), « seule une condamnation pénale devenue irrévocable fait disparaître, relativement aux faits qu'elle sanctionne, la présomption d'innocence »

Le régime juridique a été précisé par la loi n° 2000-516 du 15 juin 2000, qui a rappelé au III de l’article préliminaire du Code de procédure pénale : « Toute personne suspectée ou poursuivie est présumée innocente tant que sa culpabilité n'a pas été établie. Les atteintes à sa présomption d'innocence sont prévenues, réparées et réprimées dans les conditions prévues par la loi ».

La personne peut utiliser la voie pénale de la diffamation, ou recourir aux procédures efficaces prévues par l’article 9-1 du Code civil :

« Lorsqu'une personne est, avant toute condamnation, présentée publiquement comme étant coupable de faits faisant l'objet d'une enquête ou d'une instruction judiciaire, le juge peut, même en référé, sans préjudice de la réparation du dommage subi, prescrire toutes mesures, telles que l'insertion d'une rectification ou la diffusion d'un communiqué, aux fins de faire cesser l'atteinte à la présomption d'innocence, et ce aux frais de la personne, physique ou morale, responsable de cette atteinte ».

Il n’est donc interdit ni de parler des faits, ni de donner son opinion, mais on ne peut présenter comme condamnée une personne qui ne l’est pas. Comme dirait DSK : « Le doute m’habite »... Dans notre affaire, Florence reconnait par le biais de son avocat une fraude fiscale, mais conteste être impliquée dans le blanchiment de l’argent de la drogue.

Pour les dirigeants politiques parisiens, c'est tout carré. 

présomption d'innocence,droits de la défenseDu côté des élus de l’UMP, c’est assez simple, genre gros bourrin. Pour Philippe Goujon, le patron de l’UMP parisienne, « l’approche par les Verts et le PS de la question de la drogue, qui passe pour les Verts par la légalisation et pour certains socialistes par la dépénalisation, créé un climat favorable, permissif, qui fait que certains ne voient pas la différence entre le licite et l’illicite, entre le bien et le mal ». Bref, l’élue est plantée dans la drogue jusque-là. Donc, chère Florence, celui-là, tu le colles au tribunal.

Du côté du PS, c’est Delanoë qui a fait le coq sur BFM Télé : « C'est une affaire grave. Il faut vraiment que toute la vérité soit faite, que la police, la justice puissent établir les faits, mais il s'agit quand même de blanchiment d'argent dans un cadre de trafic de drogue, c'est très très grave ». Et il demande à l’élue de démissionner de son mandat de conseillère d’arrondissement. Donc, chère Florence, celui-là aussi tu le colles au tribunal, d’autant plus que le lendemain, il a ajouté une couche en affirmant que « l’exemplarité des élus est non négociable».

Et cette manie d’imposer la démission alors que l’enquête commence juste... C’est un truc aberrant : il est plus grave d’être concerné par une enquête que d’être condamné !  

Jean-Paul Huchon a été condamné par la Cour d’appel de Paris le 21 novembre 2008 pour emploi fictif à 6 mois de prison avec sursis et  60 000 euros d'amende, mais Delanoë n’a rien à en dire sur l'exemplarité. Le 17 décembre 1998, Harlem Désir avait été condamné à 18 mois de prison avec sursis pour abus de biens sociaux, mais Delanoë n’a plus rien à dire non plus.

Quand Guérini avait été mis en examen, le PS lui avait demandé de quitter ses fonctions de président du Conseil général des Bouches-du-Rhône, et il avait répondu : « Il y a 57 élus socialistes, maires de grandes villes, parlementaires ou présidents de conseils généraux, qui ont été mis en examen ou condamnés et qui continuent à occuper d'éminentes fonctions ». Parole d’expert.

En réalité, Delanoë bondit sur l’occasion, qui est trop belle, pour taper sur EELV alors que s’approchent les municipales de 2014, et que le match interne à la Gauche est incertain car Hidalgo sa protégée ne fait pas l’unanimité. Ca, c’est pas fortiche, camarade Delanoë...

présomption d'innocence,droits de la défense

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu