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Betancourt

  • Une Betancourt peut cacher une Bettencourt

    ingrid_betancourt_recoit_la_legion_d_honneur_reference.jpgNous sommes « gouvernés » par des héros de la com’ à deux balles,… de vrais inhibés de l’action. L’affaire Bettencourt a placé le « gouvernement » en réanimation, et personne n’est là pour réagir à l’affaire Betancourt. Pourtant,  que la vie était belle il y a seulement deux ans. Ingrid était libre et la loi n° 2007-1223 du 21 août 2007 en faveur du travail, de l'emploi et du pouvor d'achat, la loi instaurant le bouclier fiscal, autorisait l'Etat à signer le chèque de 30 millions d'euros au profit de Liliane.

    C’était le 4 juillet 2008. L’Airbus A319 bleu-blanc-rouge ramenait Ingrid Betancourt sur le sol de la République.  Nicolas Sarkozy, Carla Bruni-Sarkozy et toute la troupe du Funny Orchestra Boys était là, sous la direction de Koukouch, le héros du droit humanitaire himself.

    Lisons Le Point qui, un an après la présidentielle, était encore discipliné : « Dans l'avion qui la ramenait vers la France, Ingrid Betancourt a notamment déclaré qu'elle devait sa vie à la France ».

    Notre Niko en était tout chose, affirmant entre deux sanglots qu’Ingrid « avait une famille formidable », et rappelant que comme les infirmières bulgares, la « lumière était au bout du chemin ». Des propos que ne démentira pas Isabelle Prévost-Desprez, la vice-présidente du TGI de Nanterre, enquêtant sur les enregistrements clandestins de Liliane. 28875a-nicolas_sarkozy_ici_on_vous_aime_ingrid_betancourt.jpg

    Tout en transe, notre Présidant avait ajouté que les membres des Farc pouvaient eux-mêmes venir en France s'ils arrêtaient leur combat. Allez, c’était la fête.  

    Notre bien aimé de sa Dame Présidant la République (encore deux ans...) avait invité Ingrid, déjà candidate au prix Nobel de la paix, à la garden party pour lui remettre la légion d’honneur. Et la belle de répondre : « Je ne mérite pas cette distinction, mais elle me fait tellement plaisir ». Un grand moment de sincérité.

    Deux ans plus tard, le climat a changé.

    Sarko, à la ramasse derrière Martine, a arrêté de gouverner depuis que le trotskiste Mediapart – si Rama Yade le dit, c’est que c’est vrai a raconté le truc des enveloppes, alors que, chacun en est convaincu,  si notre Sarko était accro au salon de Liliane, c’était juste pour profiter des analyses percutantes d’icelle sur la politique internationale et sur le renouvellent des pratiques sociales dans les banlieues.

    Hélas, deux ans plus tard,  pour Liliane comme pour Ingrid, notre petit Nicolas est devenu aphone.

    Dommage, car après la vantardise de 2008, chacun sait que la France n’a rien apporté à la libération d’Ingrid, à part le poster apposé sur les murs de la mairie de Paris par l’ahuri Delanoë, qui à l’époque était candidat pour être président de la République.

    Dommage, car il serait très intéressant de connaitre les fines analyses de notre Présidant sur le procès qu’engage sa médaillée parfumée contre le gouvernement colombien, soit 6,6 millions de dollars pour les effets traumatiques et les pertes de revenus liés à sa captivité dans la jungle.

    Allo la terre ?...

    betancourt.jpg
    Chérie, mais où ai-je rangé mes pastilles Valda...
    Et puis, amène moi aussi le Doliprane !
  • Betancourt : Le grand malaise

    Deux otages libérées, des louanges pour Chavez, un silence réservé pour les FARC et la dénonciation d’Uribe, le président élu de la Colombie : le grand bonheur s’accompagne du grand malaise.

     

    Clara Rojas et Consuelo Gonzalez sont libres. Clara Rojas va retrouver Emmanuel son enfant de captivité. L’espoir est qu’un mouvement se soit amorcé et que d’autres libérations suivent. C’est un grand soulagement, car la prise d’otage est une ignominie. Avoir commis une infraction aux lois d’un pays, être jugé et détenu est une chose. Etre otage, c’est tout l’inverse : pas d’infraction mais seulement le manquement à des codes jamais publiés ; pas de jugement ; pas de peine à exécuter, mais une détention arbitraire. Une libération d’otage, de tous les temps et sous tous les cieux, est une grande nouvelle. Un morceau de bonheur.

     

    Mais le malaise est ici trop près du bonheur. Ce du fait de la campagne éhontée qui fait d’Hugo Chavez un généreux humaniste, des FARC des combattants d’honneur et du président Uribe un obstiné, guidé par la seule défense de son pouvoir. Les déclarations d’Astrid Betancourt, sœur d’Ingrid, immédiates à la libération, ont été hallucinantes. D’abord, pourquoi passer pudiquement sous silence le fait d’origine ? Ingrid Betancourt s’était rendue dans la région de San Vicente, contre tous les avis et sans protection. A l’époque, ce territoire était contrôlé par la guérilla marxiste. Les prises d’otages étaient monnaie courante, et les discussions entre le gouvernement et les FARC venaient d’être interrompues. La capture d’une franco-colombienne était d’un intérêt politique majeur pour les terroristes des FARC : Ingrid Betancourt a été arrêtée au premier barrage, le 23 février 2002. Son groupe politique, Oxygène, comptait moins de 5% des voix. Une impasse politique totale.

     

    La prise d’otage ? Un fait d’arme contre des civils, mené à un rythme industriel à l’époque, à coté d’autres procédés allant des attentats au trafic de drogue. Ce dans un pays au passé douloureux, mais devenu démocratique : élections libres, presse libre, juges indépendants. Une gouvernement en lutte contre les grands trafics de drogue et leurs réseaux mafieux. Un pays qui cherche à créer de vraies perspectives à son peuple, et en particulier à sa jeunesse. Tout n’est certes pas parfait, mais la démocratie colombienne est un modèle très présentable face à la Russie de Poutine ou au Venezuela de Chavez. Et cette action politique porte ses fruits. Depuis l’arrivée au pouvoir d’Alvaro Uribe, en 2002, les FARC sont décrédibilisées, et en perte de vitesse. Leurs effectifs s’amenuisent, tout comme leurs faits d’armes. Les prises d’otages sont passées de 918 à 110, les attaques armées ont chuté de 40%,  le pouvoir légitime a reconquis de nombreux territoires, et les élections se déroulent dans le calme.  Quel succès pour les démocrates !

     

    Ah si seulement le pouvoir colombien avait été militaire ! Soldats contre soldats, les FARC auraient une chance. Mais les FARC sont définitivement condamnées par la démocratie, ce pouvoir librement choisi, ces règles que tout le monde respecte. D’où la position du gouvernement d’Alvaro Uribe, la seule qui vaille pour défendre la loi contre la force : pas de dialogue avec ceux qui fondent leur action sur des procédés criminels. Faut-il détailler le sort ignoble réservé par les FARC au petit Emmanuel, abandonné mutilé et malade dans la jungle ? Faut-il rappeler qu’il reste environ 3.000 personnes aux mains des FARC, dont certaines retenues depuis plus de 10 ans ?

     

    Alors, il faut agir pour aider à la libération des otages : bien sûr. Mais avant de faire la leçon à ce pouvoir souverain, un peu de réserve, un peu d’analyse ! A écouter les discours de la famille Betancourt et de ses comités, le seul responsable est le président Alvaro Uribe, et son intransigeance. Et bien non, pas d’accord, pas d’accord, du tout ! Le peuple colombien s’exprime par des élections qui ne légitiment pas les FARC, mais le pouvoir démocratique. Et si les FARC commencent à lâcher, ce n’est pas par humanisme, mais parce qu’elles sont en perte de vitesse. Plus le pouvoir d’Alvaro Uribe marquera des points, plus il sera fort pour défendre la souveraineté de son pouvoir et de ses lois, plus les FARC seront en recul. Le sort des otages est cruel, mais la cruauté n’est pas le fait des démocrates.

    Il n’est pas acceptable de vouloir « faire pression » sur le gouvernement Uribe. Il s’agit de l’encourager à garder le cap, et au minimum, de ne pas lui nuire. Tant mieux pour Clara Rojas et Consuelo Gonzalez. Mais pour le reste, je vois surtout une lamentable opération de propagande.

     

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