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Cecilia Sarkozy

  • Pour tout savoir sur la vie privée de Cécilia

     

    Tout savoir sur la vie privée de Nicolas et de Cécilia, jusqu’à la nausée… Il suffira de lire les livres qui seront publiés. Et cette série, à l’évidence, ne fait que commencer : les premiers tirages annoncés, plus de 30 000 ouvrages vendus la première journée, témoignent que le filon est bon. Vous finirez donc par tout savoir, car dès cette première série, ça cartonne très fort.

     

     

    Quelques extraits publiés dans les grands hebdomadaires situent le niveau. S’agissant du président de la République , l’auteur, Anna Bitton, journaliste « politique » au Point reproduit des confidences de Cecilia Ciganer-Albeniz, ex-Sarkozy sur les aventures prêtées à son époux dans des termes particulièrement cru, parle de la vie quotidienne à la maison, des sentiments amoureux… Et une phrase qui en quelques heures, est devenue un élément du débat politique – « Un homme qui n'aime personne, même pas ses enfants » – appelant une réaction immédiate de Roger Karoutchi, secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement, qui s'est insurgé contre ces propos : « On en est à dire qu'il n'aime pas ses enfants. Vous imaginez où on va ! » , le ministre croyant utile d’ajouter que le président de la République « relation d'une affection considérable et d'une proximité intense » avec ses fils.

     

     

    La nausée. Et là-dessus, une décision du tribunal de grande instance de Paris qui rejette la demande de Cecilia de suspension de la publication du livre. Regardons de plus près.

     

     

    Le juge a été saisi dans le cadre de la procédure de référé. Une procédure urgente, qui permet de « prévenir un dommage imminent » ou de « faire cesser un trouble manifestement illicite ». C’est sur ce fondement que peut être prononcé la suspension d’un livre. Le précédent célèbre est l’affaire du livre du Docteur Gubler, médecin personnel de François Mitterrand, Le Grand Secret, racontant quelques jours après le décès de l’ancien président, le menu détail de la maladie. La Cour européenne des droits de l’homme, dans un arrêt du 18 mai 2004, a justifié la suspension du livre en ce qu’elle était trop proche du décès, mais estimé que l’interdiction définitive avait été excessive au regard de l’article 10 de la Convention , relatif à la liberté d’expression.

     

     

    Pour ce qui est de Cécilia, publié chez Flammarion, l’ordonnance de référé de ce 11 janvier, rendue par Madame Anne-Marie Sauteraud considère que cette « mesure d'interdiction, même temporaire, serait manifestement disproportionnée, d'autant plus que le livre était déjà mis en vente lors des débats, ainsi que plusieurs magazines hebdomadaires publiant de nombreux extraits de l'ouvrage incriminé sans faire eux-mêmes l'objet de poursuites ». Donc, impossible de satisfaire une demande qui ne serait qu’un coup d’épée dans l’eau.

     

     

    Mais l’ordonnance apporte quelques éléments intéressants sur le débat qui va suivre. Après avoir relevé que l’ouvrage porte sur un sujet non dénué d’intérêt politique,  et que le couple avait lui-même médiatisé sa vie privée, le tribunal ajoute : « Ces seules considérations ne sauraient exclure la possibilité de toute atteinte à la vie privée et permettre sans autorisation la révélation de faits ou sentiments les plus intimes.»

     

     

    En pratique, s’il n’y a pas lieu à suspendre la publication du livre, le tribunal aura son mot à dire lorsqu’il sera saisi, non d’une demande de suspension du livre, mais dans le cadre d’une procédure normale – ce que l’on appelle  le procès « au fond » - d’une demande de condamnation pour atteinte à la vie privée.

     

     

    Le débat se déplacera alors. En effet, si le principe du livre est légitime, certains des propos rapportés sont autant d’immixtion dans la vie privée. La presse a publié de nombreux extraits certains extraits : chacun peu apprécier leur intérêt politique... Et cette vie privée n’est pas uniquement que celle de Cécilia Sarkozy. C’est aussi celle de Nicolas Sarkozy, Richard Attias et les enfants. La nausée.

     

     

    Le tribunal aura à se prononcer. Il devra alors tenir compte de l’intérêt public des divulgations, et de l’attitude de ceux qui ont choisi de médiatiser quand cela leur convenait. C’est bien tout le débat, car si le cercle de la protection de la vie privée est bien défini, rien n’interdit à la personne elle-même de s’en extraire. Mais alors, elle a plus de peine à se plaindre des excès. On risque bien de tout savoir, à moins que les enfants s'en mêlent, et ramènent à la raison.

     

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