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Enseignement

  • Embaucher 60.000 enseignants ? Un slogan... condamné par la Cour des Comptes

    Je suis trop content pour mes petites chéries d’amour que sont les infirmières, et mes potes de toujours que sont les flics et les agents de probation. J’ajoute mes copains de bringue les contrôleurs du fisc, car on va faire rentrer de la monnaie, et grâce à eux, nos impôts vont baisser. La Cour des Comptes ratiboise la promesse du leader minimo : embaucher 60 000 enseignants. Une promesse? Même pas : juste un slogan. Etre gouverné par des publicitaires, ras-le-bol…

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    Le plus pourave des slogans de la campagne

    Comme nous ne sommes pas des militants socialistes,… et on discerne vite la grosse combine derrière ce chiffre de 60.000 embauches. Le discours officiel : « je mise tout sur la jeunesse, alors on investit sur le potentiel de l’intelligence, et ça sera merveilleux ».

    Les 60.000, c’est comme le 75%, et ça sort tout droit des fins esprits qui dirigeaient la campagne, Mosco et Valls. Pourquoi tout chez les enseignants et rien chez les infirmières ou les flics ? Parce qu’il fallait imposer un slogan : « Eh oui, mon pote, l’électeur est un abruti qui ne réfléchit pas et ne comprend rien. Donc, tu lui dis 75% ou 60.000 et il avalera ». Ces mecs nous méprisent, alors méprisons les, c’est de la légitime défense. Y a-t-il eu une seule étude pour dire que le chiffre idoine c’était 60.000 ? Y a-t-il eu une seule étude pour dire qu’il fallait tout miser sur l’enseignement, et rien sur la santé ou la justice ? Aucune. 

    Aussi, le rapport de la Cour des Comptes qui crucifie ces promesses débiles est particulièrement bienvenu. Sortons de la pub et entrons dans le domaine des faits. 

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    Que dit la Cour des Comptes ?

    Ce que dit la Cour des Comptes est « entre guillemets », et je m’autorise juste quelques commentaires (en italique).

    La Cour pose l'enjeu : 

    « En raison de leur nombre (837 000 en 2012, soit 44 % des agents publics employés par l’État) et du poids de leurs rémunérations (49,9 Md€ en 2011, soit 17 % du budget général de l’État), leur gestion est déterminante »(44% des emplois publics… Incroyable)

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    Le contexte

    « L’éducation nationale ne parvient pas à répondre aux besoins des élèves. Notre pays se situe au 18e rang de l’OCDE pour la performance de ses élèves ; le système français est un de ceux où le poids des origines socio-économiques des élèves pèse le plus sur les résultats scolaires, et cette situation s’aggrave. (Le discours sur les valeurs du modèle républicain est dessoudé d’emblée).

    « Elle ne parvient pas davantage à répondre aux attentes des enseignants. La France connaît une inquiétante crise d’attractivité du métier : en 2011 et 2012, plus de 20 % des postes proposés au concours du CAPES externe n’ont pu être pourvus dans six disciplines, dont l’anglais et les mathématiques (Alors, on embauche quand les postes ne sont pas pourvus ?...)

    « Or, la France consacre à l’éducation des moyens globaux comparables, voire supérieurs, à ceux de pays qui assurent mieux la réussite de leurs élèves ».

    Selon la Cour « ces résultats insatisfaisants ne proviennent ni d’un excès ni d’un manque de moyens budgétaires ou d’enseignants, mais d’une utilisation défaillante des moyens existants »(Donc : assez d’effectifs, il faut mieux les gérer).

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    Un statut juridique décalé des réalités

    « Le métier d’enseignant a connu des évolutions importantes. Depuis 1989, la loi en a pris acte en reconnaissant le caractère global des missions des enseignants, qui va bien au-delà des heures de cours. Mais le ministère de l’éducation nationale n’en a pas tiré les conséquences sur la définition de leur temps de service (Merci aux amours éternels ministère-syndicat dominant, c’est une réussite !)

    « Ainsi, la seule obligation à laquelle sont tenus les enseignants du second degré, en vertu de décrets dont la plupart date de 1950, est d’assurer, selon leur statut, entre 15 et 18 heures de cours hebdomadaires pendant les trente-six semaines de l’année scolaire. Toute autre mission que celle de « faire cours » est exclue du temps de service, en particulier le travail en équipe et l’accompagnement personnalisé des élèves (Pas possible… on en est resté à l’après-guerre !).

    « Par ailleurs, la définition du service ignore le rythme variable des besoins durant l’année scolaire. Les heures de cours entrent dans un cadre hebdomadaire fixe, sans que cela corresponde nécessairement aux besoins des élèves, et alors que cela rend les remplacements plus coûteux et plus complexes à assurer.

    « En outre, les objectifs que constituent l’acquisition par les élèves d’un socle commun de connaissances et de compétences à l’issue de leur scolarité obligatoire, d’une part, et l’accès de 80 % d’une classe d’âge au niveau du baccalauréat, d’autre part, ne sont pas pris en compte dans la gestion des enseignants. Celle-ci demeure fragmentée entre corps de fonctionnaires, ainsi qu’entre premier degré – où les enseignants sont polyvalents – et second degré – où ils sont spécialisés dans une seule discipline (Quelle misère ce ministère… Mais ils font quoi ? Ce qu’on lit ici est dra-ma-tique).

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    Une gestion de masse uniforme et inégalitaire

    « Les modalités de gestion des enseignants, en particulier leurs règles d’affectation et de mutation, ne permettent pas au système éducatif de s’adapter pour répondre aux besoins des élèves sur le terrain.

    « Le ministère de l’éducation nationale ne sait pas mesurer les besoins scolaires des élèves de façon fiable et représentative pour en tirer les conséquences sur les moyens à mettre en œuvre au sein de chaque établissement. Les postes d’enseignants sont répartis sur le territoire selon des critères qui ne caractérisent que partiellement et indirectement les difficultés des élèves (On ne sait même pas mesurer les moyens… et on veut embaucher en masse !)

    « Ainsi, les enseignants du secteur public ne sont affectés dans une école ou un établissement ni en fonction des besoins des élèves concernés, ni en fonction de leurs compétences individuelles. Ils sont choisis informatiquement, par l’application d’un barème automatique que le Conseil d’Etat a jugé à trois reprises illégal (Le ministère viole la loi, et s’en tape).

    « De façon plus globale, la prise en compte du mérite dans la rémunération des enseignants est particulièrement faible pour des cadres de la fonction publique. L’avancement selon des barèmes privilégiant l’ancienneté demeure dominant (Avancement à l’ancienneté… C’est un massacre collectif).

    « Dans ces conditions, les règles de gestion créent des effets pervers au détriment des jeunes enseignants et des postes les plus sensibles pour les élèves. Dans le second degré, 45 % des jeunes enseignants affectés sur leur premier poste le sont dans les deux académies les moins attractives, provoquant par la suite des départs massifs. Le système fonctionne donc au détriment des établissements qui accueillent les élèves les plus fragiles et des enseignants les moins expérimentés (Non, mais vous avez lu ! C’est grave grave grave grave).

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    Gestion des ressources humaines : nul

    « Les enseignants appartiennent aux cadres de la fonction publique de l’État, c’est-à-dire aux catégories A et A+. Dans ce contexte, leur rémunération apparaît faible à plusieurs égards.

    « La rémunération nette annuelle des enseignants est inférieure de 35 % à celle d’un cadre non enseignant de la fonction publique, essentiellement en raison d’un niveau de primes plus faible. Par ailleurs, les enseignants français gagnent entre 15 et 20 % de moins que leurs homologues des États membres de l’Union européenne et des pays membres de l’OCDE, à leur début de carrière comme après 15 ans d’ancienneté. Même corrigées du temps de travail, ces données restent sensiblement défavorables aux enseignants français, surtout dans le primaire (On se croirait en Soviétie de la belle époque… La Cour des Comptes n’a rien contre les enseignants : elle les estime trop nombreux, mal gérés et mal payés).

    « Historiquement, le choix a donc été fait de favoriser le nombre d’enseignants plutôt que le niveau de leur rémunération (Et le compagnon de Valérie veut en ajouter 60.000... Stop !!!)

    « S’agissant du déroulement de leur carrière, les enseignants, dans leur grande majorité, n’ont pas de perspective de carrière autre qu’une mobilité géographique. A défaut de parcours de carrière se traduisant par une prise de responsabilité progressive, la plupart des enseignants exercent les mêmes fonctions tout au long de leur vie professionnelle. (Ca me tue de lire ça)

    « L’environnement des enseignants apparaît par ailleurs peu adapté au partage des difficultés qu’ils rencontrent au quotidien : l’équipe pédagogique n’a pas toujours de réalité, la relation avec l’encadrement est plus ou moins distante, il n’existe pas de personne ressource dédiée à l’appui des enseignants au sein des établissements. La formation continue est également insatisfaisante (Attendez, vous avez bien lu : l’équipe pédagogique n’a pas toujours de réalité… C’est dingue !)

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    Conclusion

    « Le système éducatif ne parvient ni à répondre aux besoins des élèves, ce dont atteste la dégradation des résultats de la France, ni aux attentes professionnelles des enseignants. Dans cette situation, le problème n’est pas celui du nombre d’enseignants ou d’une insuffisance de moyens : la réduction du nombre d’enseignants au cours de la révision générale des politiques publiques, comme son augmentation programmée sur cinq ans, sont vaines si elles se font à règles de gestion inchangées. C’est l’utilisation des moyens existants qui pose problème : la gestion des enseignants se caractérise en effet depuis de nombreuses années par de multiples dysfonctionnements (Vous avez bien lu : dans cette situation, le problème n’est pas celui du nombre d’enseignants… Et si après ça, le leader minimo persévère, c’est vraiment qu’il se fout du monde).

    « La Cour estime, au terme de son enquête, qu’une réforme d’ensemble des modalités de gestion des personnels enseignants est nécessaire. Il faut renverser la logique, issue de la massification de l’enseignement et de la pression d’un égalitarisme de façade, selon laquelle tous les enseignants sont interchangeables et tous les élèves ont les mêmes besoins. Enseignants comme élèves ont tout à y gagner ».

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    Alors on fait quoi ?

    « Dans ce contexte, la Cour formule une série de recommandations, qui forment un tout indissociable et s’articulent autour de quatre axes :

    1.  Redéfinir le métier enseignant en adaptant en particulier les obligations réglementaires de service ;

    2.  Mieux valoriser les ressources humaines, au niveau individuel et des équipes ;

    3.  Affecter les enseignants en fonction de la réalité des postes et des projets d’établissement ;

    4.  Assurer une gestion de proximité. »

    (Donc on arrête le délire d’embaucher 60.000 enseignants, et on traite les questions jamais traitées depuis 1950. Merci la Cour).

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  • Ferry et la philosophie de l'argent

    9782081224735.jpgMinistre dégagé pour son incompétence notoire, Ferry avait fermé son bec car il s’était fait promettre par Chirac la tête de liste aux Européennes dans le Nord. Ce gros malin s’en est senti très honoré,… mais il attend encore le coup de fil de Chirac lui confirmant cette place si confortable.  

    Alors, plus ministre, et pas élu, il fallait que Ferry reprenne son travail, ce qui était d’une cruauté sans fin. Le gouvernement l’a nommé directeur délégué d’un truc créé pour lui « le Conseil d’Analyse de la Société » chargé de pondre des rapports destinés à éclairer le gouvernement sur ses choix stratégiques. Ce qui est évidemment du foutage de gueule absolu quand on liste le nombre de structures étatiques qui font exactement la même chose.

    Allez faire un tour sur le site de ce machin. Vous serez frappé par l’intensité du travail et le caractère percutant des analyses. Si le pays va si bien, c’est grâce au Conseil d’Analyse de la Société, pas de doute.

    Enfin,… L’essentiel est que ce travail harassant justifie un plein temps pour  notre héro philosophique, qui n’a pratiquement plus le temps de passer sur les plateaux télé.  Sur le plan administratif, Ferry obtient une dispense d’enseignement et garde sa paie, vu les immenses services rendus à la patrie. Le système a duré de 2004 à 2010. C’était légal, mais très copain copain.

    Oui, mais voilà, le système se coince la rentrée 2010. La dispense de cours n’est pas renouvelée, et le président de l’Université Paris-VII demande à notre Ferry d’assurer ses cours. Après deux lettres des 14 octobre et 15 novembre, le président se fâche le 31 mai en le sommant d’effectuer ses heures de cours, qui justifient un salaire de 4 499,04 €. quand même (pour 192 heures de cours au total dans l’année…)

    Ferry était bien au courant, et s’en était ému auprès de Valérie Pécresse, le 7 mai.

    « Madame la ministre, chère Valérie,9782081214682.jpg

    « aurais-tu la gentillesse de donner les instructions à tes services afin que ma dispense de cours puisse être renouvelée pour une nouvelle période de trois ans, à compter du 1er octobre 2010.

    « Je t’embrasse. » 

    Et voilà ! Elle est pas belle la vie ? Tout à fait en phase avec le sinistre Laurent Wauquiez : « Quelle est pour moi la principale injustice dans notre pays ? C’est que celui qui travaille n’ait pas un véritable écart avec celui qui bénéficie des minima sociaux. »

    Le problème est qu’avec la loi sur l’autonomie des universités, « ma chère Valérie » ne peut plus donner ordre qu’on me dispense de cours, même si « je l’embrasse ».

    Hier, l’info est tombée : Matignon va rembourser l’université, et j’imagine, rehausser d’autant la rémunération directe du président-délégué du  Conseil d’analyse de la Société. On atteindra les 7 000 par mois. A ce stade, ce n’est plus du droit administratif, mais le plus élégant des ballets entre le moralisme et la bonne gestion.

    Mais il reste une bonne nouvelle. En effet, personne n’est obligé de lire les rapports essoufflés du Conseil d’analyse de la Société, alors que les étudiants auraient du subir les cours de Ferry. Un prédateur philosophique mis hors d’état de nuire… Je reconnais bien là toute l’humanité de « ma chère Valérie » et « je l’embrasse ».

    Et pour remplacer le cours, je me permets de vous conseiller:

  • Promotion Jacques Servier

    3760054381780.jpgIl y a de grands universitaires à la faculté de pharmacie de Marseille. Des gus qui travaillent dur ! Avec une méthode scientifique, de grandes capacités de recherche et assez de savoir pour décrypter l’avenir. C’est qu’un professeur d’université, ça ne rigole pas...

     

    Quelques universités ou grandes écoles, plus attardées que les autres, ont cette manie pitoyable de baptiser – que notre Sainte Déesse Laïcité me pardonne – des promotions d’étudiants. De la même famille que les rituels débiles du bizutage. Incapables de se penser par eux-mêmes. Des gamins qui le resteront à vie… Il leur faut le biberon perpétuel.

     

    Quand on mesurera les failles de la société française, j’espère qu’on  n’oubliera pas ces universitaires attardés et attardants, qui ont depuis longtemps troqué toute idée d’innovation contre les délices du tableau d’avancement.

     

    Donc nos grands nigauds agrégés de la faculté de pharmacie de Marseille ont puissamment colloqués en juin 2010 pour baptiser « Jacques Servier » la promotion d’étudiants de l’année.  

     

    Déjà, Servier était l’objet des plus vives citriques, mais ce n’est pas une femme médecin à Brest qui allait impressionner ces grands esprits scientifiques. Et puis après tout, il suffisait que personne ne soit au courant. Bien vu : à part les professeurs et les étudiants, qui sait qu’il existe une faculté de pharmacie à Marseille ?

     

    Oui, mais voilà, le drame est survenu. Gérard Bapt, le député PS président de la mission de l'Assemblée nationale sur le Mediator, a publié un communiqué qualifiant de « très choquante pour des milliers de victimes » cette décision. Quelle attaque !

     

    Devant la rudesse du coup, ça a chancelé du côté des chefs à plumes de la faculté de pharmacie de Marseille, qui ont aussitôt décidé de débaptiser la promotion, la rebaptisant « Promotion Galien ». Ce dans « l’intérêt des étudiants », cela va de soi.

     

    Et le grand Galien, médecin grec père de la pharmacie, devenu la bouée de ces incapables.

     

    Mais qui mettra au chômage ces crétins ?

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    Rendez-vous à la faculté de pharmacie de Marseille
  • Et si ça venait des lycéens?

    Et si ça venait des lycéens ? Et si le véritable premier coup de grisou du gouvernement venait des lycéens ?

     

    Vu de la planète Mars, personne n’y croit. De quoi se plaignent-ils les petits chéris ? Déjà qu’ils ont beaucoup de chance d’être là où ils sont ? Ne lisent-ils jamais la presse ? Ne voient-ils pas la rudesse des échéances qui se profilent ?

     

    Ce qui est sûr, c’est que l’ex-maire de Périgueux, notre excellent ministre de l’Education nationale relativise, sur le ton bon enfant : « On a tous eu 16-20 ans, tous pu être inquiets pour notre avenir. C'est naturel, inévitable même ».

     

    11 200 suppressions de postes prévues cette année, dont environ 8 500 postes d'enseignants. Le secondaire devrait à lui seul perdre environ 8 800 postes. Sur un total d’environ 900.000. Alors, alors, relativisons joyeusement. « Le service public de l’éducation menacé », disent les quinze organisations syndicales qui dans un communiqué prennent fait et cause pour le mouvement de protestation engagé par l’Union Nationale Lycéenne (UNL) et la Fédération indépendante lycéenne (FIDL). Objectivement, il va falloir argumenter...

     

    Et pourtant, et je prends le risque de me tromper, je crois que ce mouvement va occuper l’espace public, et très bientôt va préoccuper le gouvernement.

     

    Première chose : cette jeunesse est belle. Même si on n’est pas d’accord, même avant de se poser la question d’être d’accord ou non. « On a tous eu 16-20 ans », et voir nos 16-20 ans qui disent non, l’avenir ne doit pas être comme ça, donnez nous les moyens de conquérir le monde », c’est quoiqu’il en soit un souffle de révolte, qu’il faut entendre, qui fait du bien à entendre. Ils ne votent pas, ils sont soumis aux règles de l’autorité parentale – et oui, c’est çà être mineur - mais ils utilisent sans ne rien avoir demandé à personne l’une des plus importantes libertés fondamentales, celle de manifester.

    Ensuite, il va falloir parler. Venant d’être nommé conseiller de Sarkozy, je ne vais en plus conseiller Darcos, mais il faut que notre ami parle aux lycéens. Et je ne doute pas un instant que ses propos rassurants d’aujourd’hui cachent une belle trouille. Car ce ne serait pas la première fois qu’un mouvement s’est emballé à partir de manifs lycéennes, dont un énarque moyennement éveillé vous démontre en 3 minutes qu’elles sont sans objet. C’est l’histoire de la mayonnaise qui prend ou ne prend pas.

    Et le problème pour Darcos est double, si les gentils lycéens ne retournent pas illico à leurs études.

    D’abord, il serait bien difficile de revenir sur le cœur de la protestation, la suppression de postes. Une réforme emblématique des volontés de Sarkozy. Marge de manœuvre ? Zéro.

    Ensuite, derrière le slogan, et les petites manip’ politiques, il se crée un mouvement, qui peut devenir l’identification de la jeunesse qui bouge, qui craint l’avenir, qui nous dit les amis, le monde que vous nous lassez a des cotés bizarres…  Juste, injuste, vrai, faux… ce n’est que le petit bout de la lorgnette. La question, c’est de retrouver les voies du dialogue, pour éviter la fracture avec une jeunesse qui, quoi qu’on en dise, à de quoi être inquiète. 

    Ou resterait le passage en force. Attendre. Faire le dos rond quand le chiffre des manifestants va augmenter. Dénoncer une manip du PS par ses succursales. Les traiter d’irresponsables lorsque les casseurs viendront pourrir la fin des manifs.

    Non, parler, ce serait mieux.

  • L'affaire de la gifle élucidée

    Belle réussite policière : l’affaire de la gifle a été élucidée ! En période de culture du résultat, c’est un succès rejaillit sur toute la police nationale. Honneur et respect.

     

     

    Et oui, chères amies, chers amis, le danger est de partout, y compris au collège Gilles-de-Chin, situé sur la commune de Berlaimont, dans le Nord. Mais serrons les rangs, et force restera à la loi. Ceux, chaque jour, qui déplorent de voir leur plainte orientée vers la voie de garage des « mains courantes », souffrent des longs délais des enquêtes, déplorent la pratique des « classements sans suite », ont eu du baume au cœur en découvrant l’efficacité des services de police dans cette affaire.

     

    La partie n’était pourtant pas facile, la police devant intervenir dans une de ces zones de non-droit, que l’on appelle les établissements d’enseignement. Des lieux où règne en maître le communautarisme enseignant, avec des personnages très curieux, les principaux de collèges, qui se sont, au fil du temps fait reconnaître le droit s’assurer l’ordre public au sein des établissements.

     

    Ce professeur, disons le nettement, avait bien monté son coup. Mais la police d'Aulnoye, dirigée par le procureur de la République d'Avesnes-sur-Helpe, Bernard Beffy, a su déjouer le piège ! En effet, pour mieux commettre son méfait, le professeur avait su attendre 29 ans de services irréprochables et obtenir les louanges unanimes, de ses collègues, des élèves et des parents. Voilà comment on croit se construire un alibi…

     

    En garde-à-vue le bandit ! Et interpellé à son domicile, avant qu’il n’ait pu organiser sa fuite ! Le convoquer au commissariat pour « affaire le concernant » et enquêter paisiblement ? Impossible. Il aurait certainement profité de ce délai pour quitter le territoire, ou entrer dans la clandestinité. Et puis, il y avait le risque récidive ! Des enfants laissés sans défense face à tel péril ? Hors de question, à l’heure où la justice repose sur trois piliers : principe de précaution, victimes au centre du procès, et enfant-roi.  

     

    Bon, j’ai bien compris qu’il n’y avait pas eu qu’une gifle. La gifle faisait suite à un « Connard !» lancé par un élève de sixième après que le prof’, énervé par une table mal rangée, ait plaqué l’élève contre le mur. Mais quand, même… Quelle disproportion !

     

    Et ce d’autant plus que l’issue procédurale trouvée est la plus mauvaise qui soit : le plaider-coupable ». C’est dire que lors de l’audience du 27 mars, il ne se dira rien ou très peu. Le principe de cette procédure introduite par la loi du 9 mars 2004 est le prononcé d’une peine allégée en échange d'une reconnaissance des faits reprochés. La peine est posée et discutée avec le procureur, à huis clos, et si un accord est trouvé, il est ensuite homologué par le juge, en audience publique.

     

    C’est dire que le principal intérêt du procès, disséquer le faits et cherche à comprendre le pourquoi du débordement, passe à la trappe.

    La Fédération des autonomes de solidarité, qui regroupe 580.000 personnels de l'Education nationale «contre les risques du métier» a fait savoir qu’elle avait recensé, pour 2006-2007, 57 dossiers de professeurs accusés d'avoir donné un coup aux élèves, sur un total d'environ 1.760 dossiers d'agressions, insultes, menaces, etc., concernant profs, chefs d'établissement et élèves.

     

    Certes, le prof’ peut encore refuser cette procédure, et demander un vrai débat. Lui seul décidera, et on comprendrait qu’il souhaite ne plus entendre parler de cette affaire. Les options de procédure choisies, spectaculaire garde-à-vue et procès en catimini, n’auront pas pour effet d’avancer sur la voie d’une compréhension, pourtant bien nécessaire.

     

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