Avertir le modérateur

Foulard islamique

  • Le foulard autorisé pour les flic-women

    hijab-jilbab-abaya-scarf.jpgPuisqu’il y a des foulards dans la population, pourquoi les foulards seraient-ils interdits dans la police ? Bien sûr, il y a la neutralité, mais dès lors que rien dans le comportement d’une flic-woman portant le foulard n’est objectivement en contradiction avec cet impératif, en quoi le port d’un attribut vestimentaire serait-il, par lui-même, de nature à justifier l’expulsion de cette fonctionnaire appréciée ?

    Un tribunal norvégien a été saisi de cette question, et il répond dans la sérénité : le foulard est acceptable car la police doit être le miroir de la société.

    Une jeune femme musulmane avait exprimé son souhait d'intégrer la police en portant le foulard. Dans un premier temps,  le gouvernement l’avait autorisé. Mais s’en était suivi une polémique (de haute portée philosophique) et le gouvernement avait inversé sa décision. Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, certes, mais changer d’avis n’est pas non plus un remède contre l’imbécilité.

    La jeune femme a alors saisi le tribunal pour l’égalité, qui est en quelque sorte notre HALDE : un pouvoir de délibération et pas de décision, mais dont les avis portent. Selon l’avis rendu par le tribunal, présidé par Mme Trude Margrethe Haugli, l'interdiction du port du foulard islamique dans la police est illégale. Cette interdiction enfreint la loi sur la liberté de religion et celle sur l'égalité des chances, notamment en privant une certaine catégorie de femmes d'accès à un emploi dans la police.

    Mme Trude Margrethe Haugli explique : « Le foulard islamique affaiblirait certes quelque peu la neutralité de l'uniforme. Mais cela est un moindre prix à payer par rapport au respect des principes d'égalité et de liberté de religion. L'objectif officiel est que la police soit le miroir de la société norvégienne.  La société est multiculturelle et diverse, et la police devrait aussi illustrer cette diversité, précisément pour conserver une confiance large au sein de la population ».

    Que va faire le gouvernement norvégien ? Il n’est pas obligé de re-revenir sur sa (très ferme) position, et il peut attendre de se faire condamner par un vrai tribunal, comme un bon Brice de base. D’ailleurs, j’ai cherché à joindre mon Brice préféré, pour lui parler de cette intéressante décision de justice, mais je ne retrouve pas son numéro de portable ? Quelqu’un peut-il me dépanner ?

    Quant à ceux qui guettent l'invasion par le Sud, qu'ils prennent bonne note : il est juste temps de regrouper les troupes sur le front Nord.

    20333209.jpg
    - Tu l'as vu le problème ?
    - Quel problème? Il est où le problème ?
    -  C'est quand même un problème, vu qu'on en parle.
    - Le problème est que ce qui fait problème n'est pas un problème.
    - Arrêtes, mon chou, tu intélectualises à la sauce guimauve. Tu devrais arrêter de lire les discours de Bayrou.
    - Disons que ce qui fait problème pour les uns n'est pas forcément un problème pour les autres.
    -  Et inversement. Mais l'inégalité entre les hommes et les femmes est flagrante.
    - Tu parles... Ton foulard tombe et mon turban s'élève, certes, mais nos cheveux restent cachés.
    - Le problème de l'inégalité reste entier !
    - Quoi, tu ne vas pas me reprocher ma barbe...
    - Arrete, Charles, faut pas pousser mémé dans les orties...
    - Tu fais d'un rien un problème.
    - Mais ce n'est pas rien. Et tu connais parfaitement le problème : parce que je suis une femme ma chemise flotte sur le pantalon, et parce que tu es un homme, ta chemise est rentrée dans le pantalon. Voilà. C'est clair !
    - Damned, si le Comité des Droits de l'Homme de l'ONU me tombe dessus, je suis cuit...
    - Trop tard, j'ai lancé la procédure.
    - Alors, je préfère prendre la fuite. Je demande l'asile politique à la France, patrie des droits de l'homme.
    - Alors là, mon ami, tu vas avoir de gros gros problèmes... 
  • Foulard en Turquie: L'alibi européen

    Foulard en Turquie : l’alibi européen. Le Parlement turc, après le vote à une large majorité – 411 voix contre 103, le Parti de la Justice et du Développement (AKP) de Recep Erdogan, majoritaire, étant soutenu par le  Mouvement nationaliste (MHP) – s’est engagé dans un processus de réforme de la Constitution , pour autoriser le port du foulard islamique dans de nombreux lieux publics, dont les universités.

     

     L’amendement constitutionnel voté ne dit pas explicitement cela. Il vise à garantir l’accès de tous à l’enseignement universitaire. Mais comme d’autres lois, issues des années 1980, interdisent le port du foulard sur de nombreux campus universitaires, il faudra ensuite modifier la législation régissant le Haut conseil de l'enseignement (YOK), pour permettre le port du foulard. Il est déjà prévu que la loi autorisera le port selon le mode traditionnel, c’est-à-dire noué sous le cou. Rien n’est prévu pour les enseignants ou les fonctionnaires.

    Ces perspectives ont suscité en réaction des manifestations impressionnantes, au nom de la laïcité du pays, dans l'héritage de Mustafa Kemal. Les manifestants, relayés par le Parti républicain du peuple (CHP), dénoncent une islamisation rampante de la société. La Cour constitutionnelle aura à se prononcer. C’est donc un processus législatif comme un autre. A chacun de se faire une opinion.

     

     

    Là où ça cloche, c’est à propos du motif invoqué, à savoir l’Europe.

     

    C’est Ali Babacan, chef de la diplomatie turque, qui déclare : «  La Turquie doit entreprendre des réformes politiques pour atteindre l'objectif stratégique de l'adhésion de plein droit à l'Union européenne, qu'elle a choisie ». Et d’ajouter que cette réforme est une nécessité, pour aligner le régime de la pratique religieuse sur les normes européennes. Le foulard n’est pas interdit sur les autres universités européennes, et il ne peut le rester en Turquie. 

     

    Sacrée Europe, et surtout sacrés hommes politiques ! C’est bien là un point de convergence : dés que quelque chose ne va pas, ou qu’il n’y a que de mauvaises explications à donner, vient la panacée : c’est l’Europe ! Les quotas de pêche : c’est l’Europe ! Les OGM : c’est l’Europe ! Les nouvelles prisons pour mineurs : ce sont les normes européennes ! L’impossibilité pour l’Etat d’aider une société qui dégage des milliards de profits : c’est l’Europe. Et maintenant : le foulard, c’est l’Europe !

     

    Alors quelques rappels.

     Il y a deux Europes :

    -  L’Union européenne, des 27 Etats, qui a essentiellement des compétences économiques ;

    Le Conseil de l’Europe, qui regroupe 47 Etats, et veille à promouvoir l’idéal démocratique et des droits de l’homme, notamment par la Convention européenne des droits de l’homme et la Cour européenne des droits de l’homme.

     

    La liberté de religion ressort de la compétence quasi exclusive du Conseil de l’Europe. Et la question de l’interdiction du foulard islamique dans les universités a été réglée par un arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme du 10 novembre 2005 (Affaire Leyla Sahin, requête n° 44774/98) qui avait reconnu le bien fondé de cette interdiction, en tenant compte de la tradition laïque du pays, et de la nécessité de protéger les minorités non-musulmanes. Le droit européen est respecté.

     

     La Turquie peut changer ses lois comme elle le veut. Mais, très franchement, invoquer l’alibi européen, est un argument de mauvaise foi, si j’ose dire… Il n’aidera pas ceux qui soutiennent que ce membre ancien du Conseil de l’Europe peut parfaitement rejoindre l’Union européenne.

     

Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu