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Grande délinquance sexuelle

  • Sarkozy et les monstres

    Sarkozy et les monstres… Quand tout vous abandonne, quand les plans sociaux à répétition rythment le déclin industriel, quand les sondages dévissent vers le discrédit, reste toujours les petites manip’s à deux sous. Aujourd’hui, ce sont les monstres. Affirmant se placer  du côté des « victimes », le président de la République explique qu’on ne peut « laisser des monstres en liberté après qu'ils aient effectué leur peine ». Quelle puissance de l’argumentaire !

     

    Au départ, on trouve l’idée saugrenue et liberticide d’enfermer les personnes au delà de la condamnation prononcée par les tribunaux. Et on explique benoitement qu’une commission bidule, composée de  gens très bien, fera mieux que les juges, et dira quand la libération sera possible car le monstre se sera amadoué. Bref, ça démarre comme un conte pour enfants.

     

    Les socialistes sont les seuls à s’opposer à cette loi, ce qui est courageux. Rachida Dati explique doctement que la loi s’en prend à la liberté d’une trentaine de personnes pour protéger la société toute entière. Les socialistes, au nom des principes qui fondent notre droit depuis plus de deux cents ans, et devant le constat du sous-financement de la psychiatrie publique, disent non, assumant de passer pour des rêveurs impénitents. Bravo la Gauche.  

     

    Vient le Conseil constitutionnel, et sa décision mi-chèvre mi-choux. Voilà le problème de droit. Les combattants des monstres, je veux dire le couple d’enfer Sarkozy/Dati, soutiennent que la rétention est une mesure de sûreté, destinée à protéger la société, et non une peine, c’est-à-dire une condamnation. Donc, la mesure s’appliquerait immédiatement, et notamment aux affaires jugées. Le Conseil constitutionnel dit que c’est une mesure de sûreté, mais qu’elle ne peut être rétroactive, ce qui l’assimile à une peine. Donc, pas d’application rétroactive. La mesure s’appliquera aux faits commis après la loi. Comme ce genre de fait, c’est vite du quinze ou vingt ans, les premières mesures  pourront être prononcées dans les années 2027…

     

    Sarko doit manger son chapeau. Pas si vite ! Il saisit le premier président de la Cour de cassation, Vincent Lamanda, pour tenter de trouver une ficelle. Comme les décisions du Conseil constitutionnel  ont une autorité sur toutes les juridictions, la marge sera faible. Bon, maintenant le fait que le président de la République prenne un avis auprès de la Cour de cassation, il n’y a tout de même pas de quoi s’étrangler ! Drôle de cadeau au président Vincent Lamanda…

     

    Là où sa bloque, c’est quand au sortir du Salon de l’Agriculture, Sarkozy nous fait sa sortie sur les monstres.

     

    Et là il faut être sérieux. S’il y a des monstres en liberté, c’est un devoir de l’Etat d’agir, et peut le faire par le bais de l’article L. 3213-1 du Code de la santé publique : « A Paris, le préfet de police et, dans les départements, les représentants de l'Etat prononcent par arrêté, au vu d'un certificat médical circonstancié, l'hospitalisation d'office des personnes dont les troubles mentaux nécessitent des soins et compromettent la sûreté des personnes ou portent atteinte, de façon grave, à l'ordre public. »

     

    Parce que le problème, c’est que l’agitation sans aucune volonté réelle de régler le problème. Alors, comment soigne-t-on les grands délinquants sexuels ? Que se passe-t-il pendant les vingt ans de prison ? A quoi servent les maintes lois sur les soins sur injonction ? Je rappelle que la France , ce mois de décembre, s’est vue intimer par le Conseil de l’Europe, d’apporter les réponses à ce secteur jugé à l’abandon. 

     

    Les enfermer, ces fous dangereux ? Mais qui ignore que les quatre centres qui peuvent accueillir les plus dangereux des patients psy (Cadillac, Sarreguemines, Villejuif, Montfavet) sont asphyxiés par manque de moyens ? Avant de créer de nouveaux centres, on pourrait peut-être financer les équipes à qui la loi à confier de traiter ces très dangereux délinquants. Et appliquer les nombreuses lois votées.

     

    Des monstres ? La formule de Sarkozy est inacceptable, car l’Etat est trop en défaut sur ces questions.

     

    Avant d’agiter les lois et les passions, il faudrait peut être trouver un peu de sous pour la psychiatrie publique, et notamment en milieu carcéral. On commence ? Les 180 000 € du jet d’Estrosi, ça paierait bien quelques psychos…

     

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