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Humanitaire

  • Bettencourt : Le médecin des pauvres entre en scène

    medecin_01.jpgWoerth est tranquille sur ce coup : il n’a aucune compétence médicale. Dans l'affaire Liliane Bettencourt, le centre de gravité se déplace pour quelques jours, mais il faut bien dire que toutes les infos cumulées laissent le sentiment que les fics n’enquêtent sans doute pas pour rien. L'argent ferait-il perdre la boussole ? 

    Sur ce volet médical, beaucoup de rumeurs, et quelques infos sûres. Par exemple que l’Ordre des médecins  a décidé d’entendre une dizaine de bons docteurs. A ce  stade, le conseil départemental prend des renseignements à partir d’infos pouvant traduire des comportements non orthodoxes. Pas d’accusation donc, et encore moins de jugement.  

    Gilles Brücker s’est expliqué dans la presse. Ami de François-Marie Banier, et bon pote de Bernard Kouchner, il est devenu le médecin de Liliane Bettencourt à la fin des années 1990, fait aujourd’hui établi. Il est ausi établi qu'il a été désigné exécuteur testamentaire, ce qu’il a « pris comme une marque de confiance » mais c’est l’officier de police chargé de l'enquête qui lui a appris que cette fonction était assortie d'une dotation d'un million d'euros. C’est aussi l’enquête qui lui a appris que l'île d'Arros devait revenir à François-Marie Banier et à trois associations médicales présidées par lui-même ou sa compagne, Christine Katlama, une chercheuse spécialiste du sida, trois associations financées par la Fondation Bettencourt-Schueller. « Leurs comptes peuvent être fouillés, comme mes comptes personnels » proteste-t-il. Enfin, il confirme que Liliane Bettencourt a offert à sa fille un appartement d'une valeur de 500.000 euros, mais il précise n’avoir vu aucune raison de demander à cette dernière de renoncer à ce cadeau, car « Liliane Bettencourt était très en empathie avec ma fille ».

    Laissons bien l’Ordre des médecins faire la lumière sur ces faits, et sur les sympathiques relations qui existaient entre les médecins gravitant sans la sphère Bettencourt, avec toute la dose de coups tordus et de rumeurs. Mais si l’on ne sait pas grand chose des faits, on sait en revanche très bien ce que dit la déontologie, comme cela ressort des dispositions du Code, et des commentaires publiés par l’Ordre.

    Pas d’immixtion dans les affaires de famille

    Medecin-des-pauvres-1913.jpgArt. R.4127-51 du code de la santé publique. – Le médecin ne doit pas s'immiscer sans raison professionnelle dans les affaires de famille ni dans la vie privée de ses patients.

    Analyse de l’Ordre. Cet article définit les limites de l'action du médecin admis à pénétrer l'intimité de la famille dans le cadre de son exercice professionnel.

    Le médecin est le conseiller naturel des patients et des familles et souvent leur confident. Il ne donne pas seulement des conseils thérapeutiques, d'hygiène de vie mais aussi de psychologie. L'avis du médecin est souvent sollicité sur la nécessité d'un changement de résidence, d'une retraite anticipée, de la pratique d'un sport, etc. De même le pédiatre sera interrogé sur l'intérêt d'un redoublement scolaire, d'un changement d'établissement, le choix d'une région pour les vacances...

    La confiance dont il bénéficie peut le mettre dans des situations délicates et le conduire au-delà des limites de son rôle professionnel s'il n'y prend pas suffisamment garde.

    Le médecin doit s'interdire aussi la curiosité et s'en tenir, dans la vie privée du patient et de sa famille, aux informations nécessaires à la compréhension de la situation qu'il prend en charge. Il est évidemment impensable qu'il puisse exploiter une information obtenue au cours de son exercice professionnel à des fins personnelles.

    Pour s'en prévenir, le médecin ne doit jamais se départir de son impartialité. En cas de conflit, il doit analyser les faits et prodiguer ses conseils sans jamais prendre un parti quelconque. Il peut chercher à concilier les points de vue en présence, mais doit savoir constater l'échec de sa mission et refuser alors de s'ériger en juge de la situation ou effectuer un arbitrage, particulièrement dans les situations de divorce où il ne doit jamais prendre le parti de l'un ou de l'autre, pour la garde des enfants notamment. Il ne doit pas non plus établir à cette occasion un certificat médical imprudent qui pourrait être par la suite sujet à interprétation tendancieuse.

    Il en va de même lors des successions et de tous les actes officiels de la vie du patient auxquels le médecin se doit de rester étranger. Il doit garder une parfaite neutralité en limitant ses conseils à ceux que l'objectivité lui permet de prodiguer.

    Enfin, dans toutes les situations difficiles, quand le discernement n'est pas aisé, il ne trouvera que des avantages à s'en ouvrir au président ou à l'un des membres de son conseil départemental.

    Prohibition des avantages

    medecin.jpgArticle R.4127-52 du Code de la santé publique. – Le médecin qui aura traité une personne pendant la maladie dont elle est décédée ne pourra profiter des dispositions entre vifs et testamentaires faites par celle-ci en sa faveur pendant le cours de cette maladie que dans les cas et conditions prévus par la loi.

    Il ne doit pas davantage abuser de son influence pour obtenir un mandat ou contracter à titre onéreux dans des conditions qui lui seraient anormalement favorables.

    Analyse de l’Ordre. En cohérence avec l'article précédent, le code de déontologie précise désormais des dispositions admises depuis toujours au nom de l'éthique médicale. Cette obligation, dégagée par la jurisprudence de l'ancien régime, inscrite dès le début du XIXème siècle dans le code civil, n'était auparavant définie que par l'article 909 du code civil qui indique : "Les docteurs en médecine ou en chirurgie, les officiers de santé et les pharmaciens qui auront traité une personne pendant la maladie dont elle meurt, ne pourront profiter des dispositions entre vifs ou testamentaires qu'elle aurait faites en leur faveur pendant le cours de cette maladie. Sont exceptées :

    1°) les dispositions rémunératoires faites à titre particulier, eu égard aux facultés du disposant et aux services rendus ;

    2°) les dispositions universelles dans le cas de parenté jusqu'au quatrième degré inclusivement, pourvu toutefois que le décédé n'ait pas d'héritiers en ligne directe ; à moins que celui au profit de qui la disposition a été faite ne soit lui-même du nombre de ces héritiers..."

    Au-delà du cas d'espèce de la dernière maladie, c'est une attitude générale de prudence qui s'impose au médecin en la matière. Il ne doit en aucune circonstance pouvoir être suspecté d'avoir profité de son statut professionnel et de l'influence qui en découle pour tirer un avantage matériel quelconque de la part de son malade.

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  • Arche de Zoë: S'enfuir avec des enfants volés

     

    L’Arche de Zoë est une affaire grave. Je ne saurais que trop encourager à lire, entre les lignes, les comptes-rendus du procès qui se tient actuellement devant la Cour criminelle de N'Djamena.

     

     

    On en sait beaucoup, notamment par les déclarations des premiers intéressés, qui depuis leur prison, donnaient des conférences de presse. Le tout est accablant, et la décontraction avec laquelle les faits sont revendiqués, sidère. Eric Breteau persiste et signe : j’avais raison, et je suis prêt à recommencer. Et les comités de soutien, béats d’admiration, applaudissent… Je ne suis pas sûr que cela suffise à convaincre les juges… En attendant, on trouve dans la presse, à commencer par Libération, sous la plume de Somaria Malagardis, des commentaires ahurissants, sur le thème « il se débrouille bien le Breteau, et il est finalement assez sympa ». Syndrome de Stockholm ?

     

     

    Je passe sur les données générales, qui sentent déjà très mauvais :

     

    Un chef absolu, que la présidence de la Fédération française d’automobiles tout-terrain prédestinait à l’action humanitaire, et qui assoit son pouvoir par la maîtrise de l’information. Il est le seul savoir, et ne dit aux autres que ce qui l’arrange.

     

    Un ensemble de freins qui n’ont pas joué, depuis les ministères jusqu’à la conscience des membres de l’équipe, en passant par les militaires français peu soucieux d’être renseignés.

     

    Un immense mépris pour les Africains, sur le mode du colonialisme le plus décontracté : « Nous allons faire leur bonheur malgré eux. »

     

     

     

    S’agissant des faits, deux points sont accablants.

    Le premier est la question des intermédiaires, Mahamat Eritero et Souleïmane Ibrahim. Libération y voit le retournement du procès, qui accrédite la thèse d’Eric Breteau : ils reconnaissent avoir désignés 70 enfants sans savoir s’ils étaient orphelins. Victoire crie Libé ! Mais victoire de quoi ? Ce sont là les méthodes de l’action humanitaire ? Pour trouver des enfants orphelins, adressez-vous à un vieux marabout et un ancien colonel devenu chauffeur, mais surtout pas aux autorités ou aux proches ! Si des fois les orphelins ne l’étaient pas, c’est tout le rêve de la gentille équipe des blancs qui s’écroulait !

    Le second est le mensonge sur la destination. A aucun intermédiaire africain, et surtout pas à ses recruteurs d’orphelins, Eric Breteau n’a annoncé la vraie destination, à savoir la France aux fins d’adoption. Il parlait d’une structure d’accueil sur place. Voilà la réalité du projet : s’enfuir avec des enfants volés à leur famille et à leur terre.

    Alors quand le même se présente comme un des derniers défenseurs de la « Convention de Genève », il y vraiment de quoi se taper le cul par terre ! Les associations humanitaires, les vraies, qui ont de justes méthodes de travail, observent un silence gêné, comme s’il ne faillait nuire à un collègue dans la mouise. C’est à elles qui ce silence nuira, car il va instaurer le doute. Durablement. 

    Les thèses de la naïveté ou du coup médiatique ne valent pas tripette. La réalité est celle d’une activité délinquante, animée par le mépris profond des réalités africaines et de la vie des noirs. La condamnation est déjà dealée. Le seul vrai rendez-vous est celui des faits. Et la principale difficulté du procès est que n’existe pas la qualification qui conviendrait le mieux, à savoir le vol d’enfants.

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