30.10.2010
Quand l’inflation prend la tête…
Faut-il une petite inflation pour durcir la croissance ? Alors que les passions s’enflamment, il est temps de rapprocher les parties…
D’abord, sachons mettre le problème entre de bonnes mains. Des mains expertes, qui font naître au fond du gosier le goût de la réussite. Toute joie devrait-elle être contenue ? Le délice, c’est la libération, libération charnellement vécue dans le pays où toute bonne nouvelle s’accompagne du pet du bouchon de champagne, laissant jaillir, pour le bonheur de nos palais, le plus délicieux des liquides.
Et puis, qu’on ne nous dise pas que cette histoire d’inflation n’aurait ni queue ni tête. Pendant les périodes d’inflation sauvage, les queues se forment devant les commerces, et ce n'est pas bon signe. Chacun le sait : une petite inflation muscle la croissance, et peut permettre de gaillardes érections,… euh élections. Alors que si on ne se préserve pas, une douce inflation peut finir en tête à queue, avant de dériver en un combat sans gland,… euh sanglant.
Aussi, gardons la tête froide, pour ne pas avoir à appeler les pompiers. Mon ami René m’a signalé hier ce beau slogan issu des turluttes sociales : « 67 ans ? Pourquoi pas 69 ? Quitte à se faire baiser... ». Mais de cela, je vous remercie de ne pas piper mot.

00:34 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (141) | Envoyer cette note | Tags : ministre, parlementaire, economie
29.09.2010
Mon programme pour faire de bons ministres français
Eric veut de bons Français, et moi, je veux de bons ministres français. Conjuguons nos efforts, mon cher Eric ! Je t’adresse les principes, et tu m’en fais une loi, vite fait bien fait sur le gaz. Ne t’inquiète pas, le groupe UMP vote n’importe quoi, il n’y aura pas de problèmes. Merci d’avance et bonjour à la famille. 
Article 1. – Une personne qui a fait campagne dans un camp ne peut pas se faire nommer comme ministre de l’autre camp.
Article 2. – Les ministres respectent la Constitution, et exercent donc sous l’autorité directe du Premier ministre, chef du gouvernement, et non pas en se tirant la bourre par de petits copinages avec le président de la République, garant de l’unité du pays, et œuvrant bien au-delà des contingences politiques et électorales, non mais.
Article 3. – Les ministres respectent les déclarations de droits fondamentaux, qui sont la fierté de la France, et se refusent à voter des lois débiles, qui se feront carboniser au premier procès venu, ceci juste pour tenter de ramener le FN à moins de 12% au premier tour de la présidentielle, pour sauvegarder les chances de Nicolas au second tour.
Article 4. – Les ministres respectent le droit européen, et renoncent à prendre la Commission de Bruxelles pour un paillasson, alors que leur gouvernement a lui-même installé cette Commission, et que la Commission applique les textes adoptés par la réunion des instances gouvernementales européennes, dont la tienne, hé banane !
Article 5. – Les ministres ne se prennent pas le chou, et évitent de traiter les instances de l’ONU d’assemblées d’andouilles, ceci pour garder un peu de dignité à la France, et pour leur propre bien-être aussi, en application du principe : « Plus grosse est la tête, plus forte sera la migraine ».
Article 6. – Les ministres font voter les lois quand c’est raisonnable, et évitent par exemple de faire voter sur le thème de l’immigration 5 lois en 7 ans, ce qui relève de l’incontinence législative dans sa forme grave.
Article 7. – Les ministres qui s’occupent des finances de l’Etat renoncent à s’occuper des finances du parti qui les a nourris.
Article 8. – Les ministres condamnés en correctionnelle pour injure raciale ne la ramènent ni trop vite, ni trop tôt.
Article 9. – Les ministres évitent de se prendre pour des maraîchers, et de nous vendre des salades du genre : « Je ne connais pas cette circulaire qui entre dans mes attributions ministérielles et à la préparation de laquelle un de mes proches collaborateurs a activement participé ».
Article 10. – Toute infraction dûment constatée conduira au retrait de deux points sur le permis d’exercer du ministre contrevenant, et lorsque le taf sera épuisé, le ministre fera l’objet d’un arrêté de reconduite à la frontière du gouvernement, avec retour au pays d’origine (Mon pote, tu vas te retrouver dans les bras de Martine !... et interdiction de la ramener même pour un court séjour).

00:37 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, gouvernement, ministre
16.05.2010
Les ministres à - 5% ?
C’est le sujet du ouïk, et il y a de quoi rigoler. David Cameron à peine nommé inaugure par le plus idiot des gadgets : la paie des ministres diminuée de 5%. Et tous les esbaudis de la presse qui enchaînent sur ce geste flatteur de solidarité… De suite, nos andouilles tricolores d’approuver sur le thème « nous devons être exemplaires ». Avec comme chef d’escadrille Rama Yade, entraînant dans son sillage Nathalie Kosciusko-Morizet, Bruno Le Maire et Valérie Pécresse.
Merci aux andouilles de ne pas nous prendre pour des crétins finis. La rétribution du ministre n’est pas rien, mais nous faire croire que c’est le critère d’analyse du coût du ministre…
Je passe sur tous les frais et avantages divers et vairés. Je passe aussi sur les budgets qui permettent de financer des études, des rapports et des sondages d’opinion. Un ministère est un grand service qui doit avoir du répondant, notamment pour défendre les vues du ministre. Tout ceci nous fait déjà budgétairement exploser les chiffres, mais ce qui est beaucoup plus intéressant, c’est le cabinet ministériel. Parce que là, c’est l’hallu totale, et au service du ministre.
Un ministre est le boss de son administration. Ce qui signifie que lorsqu’il prend ses fonctions, il bénéfice d’un ensemble de services que l’Etat met à sa disposition dans le cadre de la continuité des services, et c’est bien le minimum : secrétariat, documentation, études, communication, et surtout les grandes directions des services ministériels, tenus par des fonctionnaires hors pair, compétents et dévoués, et eux-mêmes entourés de fonctionnaires particulièrement impliqués.
Mais non, ça ne suffit pas : il faut le cabinet. Et là c’est toutes vannes ouvertes.
L’idée du cabinet, c’est que les services du ministère sont tenus par une certaine fidélité au service, qui ne disparait pas derrière le jeu de l’autorité hiérarchique, et que le ministre doit pouvoir d’entourer d’une petite équipe à sa main, de conseillers qu’il choisit lui-même et qui seront ses assistants.
Pourquoi pas ? Si ce n’est que le phénomène a pris une ampleur considérable, et que le cabinet est devenu un doublon des hautes directions des ministères, ce qui est anormal en termes de fonctionnent, et particulièrement coûteux. Vous trouverez ci-dessous l’état des lieux pour quelques ministères significatifs : au minimum 20 personnes. Ajoutez le secrétariat du cabinet, le standard, l’agenda… au minimum trente personnes. Ainsi, chaque ministre, outre les services du ministère, le travail en amont de l’Elysée et de Matignon, celui de l’ensemble des servies consultatifs de l’Etat, se trouve à la tête d’une petite PME de trente personnes, entièrement à son service, pour lui faciliter la vie. Tout un petit monde à loger et nourrir. Bref, quand ils se font la pub de ramener leur rémunération de 5%, ils nous parlent du chiffre après la virgule.
La défense : 22 personnes
http://www.defense.gouv.fr/ministre/le_ministre/cabinet/cabinet_du_ministre_de_la_defense__1
La justice : 19 personnes
http://www.justice.gouv.fr/index.php?rubrique=10016&ssrubrique=10020
La culture : 20 personnes
http://www.culture.gouv.fr/culture/cabinet.htm
L’agriculture : 20 personnes
http://www.gouvernement.fr/gouvernement/bruno-le-maire?tab=cabinet
L’éducation : 28 personnes
http://www.education.gouv.fr/pid18-cid2534/les-membres-cabinet.html
Le travail: 21 personnes
http://lannuaire.service-public.fr/services_nationaux/cabinet-ministeriel_165696.html
La santé et les sports : 23 personnes, dont toute une équipe pour chapeauter les sports…
http://www.sante-sports.gouv.fr/cabinet.html
…ce qui n’empêche pas notre hypergéniale Rama Yade, secrétaire d’Etat aux sports, de se faire payer une équipe de 10 conseillers…
http://www.sports.gouv.fr/francais/qui-sommes-nous/la-secretaire-d-etat-chargee-des/cabinet-733/
… tout ceci pour nous expliquer, à l’issue d’un effort intellectuel intense, qu’un mis en examen – sous-entendu peut-être Ribery pour son cadeau d’anniversaire – ne peut jouer en équipe de France. Elle qui était aux régionales la n° 2 d’une liste conduite par le mis en examen Santini !
Je vous assure : ils sont trop nuls…

00:18 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : ministre, cameron, budget
01.11.2009
Les ministres doivent-ils la fermer ?
Nadine Morano fait la leçon à Rama Yade : « Quand on n'est pas d'accord avec la politique menée par le gouvernement, c'est simple : ou on ferme sa gueule, ou on démissionne, vous connaissez l'adage ».
Elle vient d’où, cette formule de Jean-Pierre Chevènement ? Il faut remonter à 1983. Après deux ans de politique fidèle au programme du PS, rédigé un certain Chevènement Jean-Pierre, le gouvernement adopte le tournant de la rigueur. Une véritable crucifixion pour celui qui depuis des années développait une idéologie sensée doubler le PC par la gauche. Allez faire un tour chez un bouquiniste, et achetez Le projet socialiste pour les années 1980 : c’est une lecture distrayante et rafraîchissante. Donc, Chevènement doit s’incliner devant les réalités économiques de base, après trois dévaluations du franc en deux ans. Et au lieu de se faire tout petit sur le thème « désolé, je me suis gouré », il balance sa formule grandiloquente et devient un héros républicain ! Même chose un septennat plus tard, quand il attendra que les troupes soient exposées au combat, lors de la première guerre d’Irak, pour démissionner de son poste de ministre de la défense. On a fait mieux...
Aussi, voir tout le petit monde politique se gargariser de cette formule me fait doucement rigoler. Mais dans le cas présent, ça devient assez pitoyable.
Les ministres ont tellement intégré la consigne de Chevènement qu’il n’y en a plus un pour l’ouvrir ! Ils ne viennent devant les micros que pour débiter les notes rédigées par la com’ de l’Elysée. Qui peut aujourd’hui savoir ce que pense un ministre ? Regardez l’aventure du Prince Jean. Tous les membres du gouvernement étaient sur le front pour dire que c’était une élection pas une nomination, qu’on attaquait la personne, que Martine Aubry était la fille de Jacques Delors… Vingt personnes disent la même chose, et pas une seule n'est sincère.
Tout débat est devenu impossible : oser un avis divergent est une trahison. La discipline des ministres oui, mais ce conformisme, quand même ! Prenons le cas de Rama Yade. Le désaccord ne porte pas sur la politique de la France, mais sur la remise en cause d’un aménagement fiscal pour les sportifs de haut niveau… Un crime de lèse-majesté et on lui conseille de démissionner ! Quelle ambiance ! Quel esprit de conquête ! Qu’il faille de la solidarité dans un gouvernement, et une seule ligne politique, c’est l’évidence. Mais qu’un ministre ait uniquement le droit d’être d’accord avec les décisions prises par d'autres, c’est un excellent moyen de se préparer de magnifiques gamelles. La PME qui dirige la France depuis l’Elysée se crispe…

20:03 | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note | Tags : ministre, gouvernement, politique
08.10.2009
Frédéric Mitterrand : Un touriste thaïlandais perdu dans la politique
Michel Houellebecq, mieux que tous, a fait l’éloge de la prostitution dans les bordels de Thaïlande. Franc et direct : la jouissance à sens unique, revendiquée comme une beauté.
Houellebecq écrit ce qu’il veut, et je défendrai toujours la liberté d’écrire. D’autres grands auteurs, devenus des classiques, nous ont décrits toutes les voluptés du plaisir. Des génies qui savent parler du réel, alors que tout encourage à le cacher. Et quel succès ! Apollinaire est au programme du bac. Toulouse Lautrec illustre les cartes de voeux. Dans Autant emporte le vent, je suis avec le voyou Rhett Butler, passant les plus délicieuses soirées avec Belle Watling, pendant que le vertueux Ashley Wilkes, l’idiot parfait, est, sous son uniforme, perdu dans le moins honorable des combats.
Tout change, quand la loi rappelle la règle du consentement. Le plus délicieux des actes, même tarifé, devient un crime quand il est imposé. C’est un des crimes les plus graves quand il est imposé à un mineur. C’est un crime moral quand il est imposé à un jeune majeur qui n’a plus rien pour vivre que de vendre, sous la contrainte, son intimité. 
Tout change aussi quand notre mec entre au gouvernement, et dans un gouvernement qui soigne sa popularité en affirmant avoir engagé la guerre contre les délinquants sexuels. Un gouvernement qui décrit des types déstructurés, car leurs gênes se sont construits en quinconce. Il ne faut même pas leur en vouloir : ils ont eu la petite graine de travers, et la seule solution est de les enfermer.
Notre équipe de chercheurs-trouveurs a retrouvé les écrits de l’un de ces érudits. Appréciez.
« J’ai pris le pli de payer pour des garçons [...] Évidemment, j’ai lu ce qu’on a pu écrire sur le commerce des garçons d’ici. [...] Je sais ce qu’il y a de vrai. La misère ambiante, le maquereautage généralisé, les montagnes de dollars que ça rapporte quand les gosses n’en retirent que des miettes, la drogue qui fait des ravages, les maladies, les détails sordides de tout ce trafic. Mais cela ne m’empêche pas d’y retourner. Tous ces rituels de foire aux éphèbes, de marché aux esclaves m’excitent énormément […] On ne pourrait juger qu’un tel spectacle abominable d’un point de vue moral, mais il me plaît au-delà du raisonnable […] La profusion de jeunes garçons très attrayants et immédiatement disponibles me met dans un état de désir que je n’ai plus besoin de réfréner ou d’occulter. L’argent et le sexe, je suis au cœur de mon système, celui qui fonctionne enfin car je sais qu’on ne me refusera pas. »
Un Apollinaire de village, un Houellebecq de Télérama : certes. Mais, avouons que l’auteur de cette « Mauvaise vie » est aussi descriptif qu’incitatif. Ecoutez sa douce voix : « Cher prédateur sexuel, quand toutes les portes se ferment, ne désespérez pas, il existe des vols quotidiens pour Bangkok, depuis Paris ou Amsterdam. Au retour, vous aurez juste le temps de renouer votre cravate, et de prendre votre sourire fatigué de businessman toujours sur le front. » Quelle vie...
Notre Bien aimé de sa Dame président de la République avait prononcé son homélie amnistiante, dans une confession recueillie le 2 juillet 2009 par nos frères Denis Olivennes et Michel Labro, journalistes d’investigation au Nouvel Observateur : « Quant à l’ouverture, Frédéric Mitterrand la caractérise magnifiquement. J’avais trouvé son livre "la Mauvaise Vie" courageux et talentueux. » Courageux, c’est le mot.
Donc, l’icelui est devenu ministre. Et comme si cela ne suffisait pas, il dénonce les ténèbres des Etats-Unis dans l’affaire Polanski. Je ne rappelle pas les faits, tout le monde les connaît. La parole de l’enfant a été ignorée, bafouée.
Ah, stop me dit-on : le bon Fred décrit ses belles aventures dans le bordels de Bankgok, mais s’il parle de garçons, rien ne dit pas qu’ils étaient mineurs. Exact, et je fais amende honorable : avant de faire la chose, notre futur ministre demandait aux garçons leur carte d’identité, pour vérifier la date de naissance.

01:25 | Lien permanent | Commentaires (139) | Envoyer cette note | Tags : mauvaise vie, ministre, prostitution, délinquance sexuelle










