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Nicolas Sarkozy

  • Naufrage Royal

    48UE8CA356LD5CAKOE8HSCAL8YJBYCAB319YGCA5FB5K2CAG4NLHDCAQUEQ94CA33PICJCAT02DJ1CA5HUK42CABALFOOCATOCOC3CAW2TYFECAE15QM0CAXM9B2PCA0BVDNACAGII6RGCABTJ2E7.jpgimages.jpgNaufrage Royal. Ne rigolez pas, le spectacle d’hier soir au Zénith de Paris était un naufrage. Et l’électeur de Ségolène Royal que j'ai été se trouve confronté à cette redoutable question : aurais-je du voter Sarkozy ?

    Cinq ans plutôt j’avais voté Chirac, contre mes convictions, mais parce qu’un démocrate, en France, ne peut s’abstenir, et que les idées de Le Pen devaient être abattues. Je n’ai jamais eu aucun doute sur ce choix. Avec le show de Ségolène Royal ce soir, ponctuation de tant de dérives, le doute m’assaille.XSXBMCADCGF39CAVVPDVECAI4F7NFCACVKP0GCAR3OBR0CANQABU3CAKRGCUDCA7AF49ECAR8XFAACA8BZKBPCAX5O6O3CA1NCVJSCAZFOKHGCAU9JH7QCAZMDAZDCAH38N7ICAMDLO6SCA0A5MVT.jpg

    La politique de Sarko a trop de défauts. Défauts annoncés, et qu’on retrouve amplifiés aujourd’hui. Ce que je rejette le plus, c’est ce discours sécuritaire, privé de sens. Construire et agiter l’épouvantail de l’insécurité, pour siphonner le FN et justifier d’un pouvoir qui ne peut être discuté, au prétexte qu’il faut faire bloc contre les méchants. Le discours économique m’a moins gêné, tant il s’apparentait aux tics du brave gars qui agite ses petits bras. Il suffit de voir où on en est 18 mois plus tard. Inflation et chômage à la hausse, déficit budgétaire accru, pompant les financements dont auraient tant besoin les entreprises, et un endettement qui s’accroit. Toujours de bonnes raisons,... en réalité  toujours cette France qui vit au dessus de ses moyens. Sarko incapable de ramener un début d’ordre économique. Je passe sur le goût pour l’argent et les frasques de la vie privée bien posées sur le devant de la scène. Et les relents odieux du discours anti-étrangers. Non, je n’ai rien à faire avec Sarko.

    J18PXCA3D8HI1CAD9PQLICAILFN2UCA45XG8FCAB3FQRSCAQR9B2LCAIST2AFCAPFQB5YCAOSI4AMCAQGGKI9CASFJQIMCAQ9V6POCACWZ7V5CABIUV3MCA2D96C5CAVMVYU1CADGDLOQCAVU0210.jpgJ’ai pensé, comme tant d’autres, que DSK était le meilleur. Mais j’ai découvert une grosse feignasse, prétentieux au point de considérer l’électeur de base comme condamné à voter pour son génie. DSK a été Monsieur Mépris-des-autres. Et la joie avec laquelle il a accepté le parrainage de Sarko, après avoir tant daubé sur lui, montre qu’il en est resté à une mentalité de mandarin. Il n'y a aucune raison d'être son élève.  

    Ségolène Royal nous a fait de grandes peurs pendant la campagne. Bien sûr, il y a eu ses déclarations iconoclastes, du drapeau tricolore rendu obligatoire dans les maisons, aux fonctionnaires embauchés pour raccompagner les policiers chez eux le soir. Et ses amours cachés avec le beau Bayrou… Mais c’est secondaire. Son incompétence annoncée est un faux problème. Ce qui est un vrai problème, c’est son incapacité à travailler en équipe. Et là, elle s’écroule devant Sarko.  

    Sarko le chef qui décide de tout ? Hélas, ce n’est pas faux. Les ministres sont devenus des sous-fifres. Fillon a fini de tuer la fonction de premier ministre, mieux que toutes les réformes constitutionnelles. Sarko décide de tout, jusqu’à devenir sa caricature, mais s’il a vidé les ministères, il a constitué à l’Elysée un équipe d’une redoutable efficacité. A commencer par celui qui est le vrai premier ministre, Claude Guéant. Un dir’ cab’ devenu secrétaire général de l’Elysée et, de fait, chef du gouvernement. Une fidélité, qui au delà des tensions, des coups de gueules, traduit une grande considération. Et je constate que Sarkozy est très – trop ? – à l’écoute de l’UMP, la source de son pouvoir.

    XN1Z3CATTJRLMCAMVQ7EZCAWVJ30ICA6DTT74CAXSBA5ECA3LL299CATY72R5CAX8GM3SCANI8U5KCAGHMU2BCAYL32MLCAYDTULPCAX2XO5UCAFOG9VOCAIDJ2MBCAQENVQTCAJ0XWACCAIM13B0.jpgChez Ségolène Royal, je ne retrouve rien de cela. La première cause de son échec est qu’elle s’est isolée du parti qui l’avait investie, pour s’enfermer dans des équations personnelles auxquelles personne ne comprend rien. Le spectacle de ce soir, un show de prédicateur, financé  à 100% par Pierre Bergé, pour snober le Parti socialiste, auquel elle doit toute sa carrière, et qui, quels que soient ses défauts, est un modèle de démocratie, est un acte grave. Seule vedette, devant ses fans. Tout pour moi, tout par moi. D’un côté le parti et ses règles ringardisées, de l’autre, sa lumineuse personne. Non, il est impossible de suivre. Et cette insupportable manière de se présenter assise sur « ses » 17 millions d’électeurs. Les électeurs n’appartiennent à personne. Respect pour la liberté.   

    Rien n’est plus dangereux que l’exercice solitaire du pouvoir. Rien de plus grave que de se croire au-dessus du lot. Sans doute, faut-il pour ses fonctions, une personnalité qui se dégage, un égo au dessus de la norme. Nicolas Sarkozy a, sur ce plan, de quoi inquiéter. Mais Ségolène Royal bien davantage encore, et le triomphe qu’elle s’est organisée ce soir le confirme.

    Les programmes politiques ne sont pas si éloignés, quand la France représente 1% du monde et que la crise, industrielle et financière, est là. Aussi, je devais voter pour le plus démocrate. En votant Ségolène Royal, je dois dire que, sans doute, je me suis trompé. Et ça passe mal.

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  • Sarkozy condamné à être Président

    Sarkozy condamné à être Président. Sarkozy voulait redonner à la politique « ses lettres de noblesse ». Il risque surtout de découvrir les vertus du droit constitutionnel.

     

     

    La chute dans les sondages est impressionnante. S’agissant des tendances régulières de l’opinion, et surtout quand les chiffres montrent de telles évolutions … c’est du sérieux ! Par ailleurs, les députés de la majorité témoignent que l’incompréhension s’installe dans le pays. La grande question du pouvoir d’achat reste sans réponse, et les perspectives de croissance pour 2008 ne permettent pas de discerner le rebond de l’économie qui réinscrirait la France dans le cercle vertueux de la croissance, de la hausse du pouvoir d’achat et de la résorption du chômage.

     

     

    A cette réalité, centrale, s’ajoutent deux données.

     

     

    La vie privée du Président, bien entendu. Chacun, tout en réserve, se dit « c’est son affaire, cela ne me regarde pas » mais c’est évident pour ne pas moins en penser, et particulièrement lorsque cette vie privée est rendue publique.

     

     

    Plus généralement, celui qui est condamné c’est l’hyper Président. Celui qui s’occupait de tout, qui touchait à tout, qui faisait de son Premier Ministre un collaborateur, et qui a effacé les Ministres derrière ses propres conseillers. Et comme il s’occupait de tout en direct, il devient comptable en direct des mauvais résultats.

     

     

    C’est cette donnée qui rattrape Nicolas Sarkozy. Il a voulu en quelques sortes changer les institutions sans réformer la Constitution.

     

     

    C’est dire que Carla ferait mieux d’offrir à son Nicolas, au lieu d’une énième montre, un bon ouvrage de droit constitutionnel pour étudiant de première année. On y lit que le Président de la République n’exerce pas d’après ses volontés propres, mais en fonction d’un statut qui est fixé par la plus officielle des lois, la Constitution. Cette Constitution explique que le Président de la République est la clé de voûte des institutions. Placé au-dessus des enjeux politiques immédiats, il est le garant de l’unité nationale. Incarnation de la continuité de l’Etat, il doit se tenir au-dessus de la mêlée, et ce notamment car il représente la France à l’étranger.

     

     

    La Constitution lui donne de très nombreux pouvoirs. Mais tout se situe dans l’encadrement, pas dans l’action directe. C’est l’affaire du Premier Ministre et du Gouvernement pour la mise en œuvre de la politique, et du Parlement, pour définir les grandes lois qui vont structurer la société.

     

     

    Ainsi, Nicolas Sarkozy qui est le premier à stigmatiser ceux qui ne respectent pas la loi, est rattrapé par les mauvais sondages car il n’a pas respecté la loi qui s’impose à lui, c’est-à-dire la Constitution. Pour ne pas se placer en situation de récidive légale, il faut qu’il obéisse à ce texte et se coule dans la fonction présidentielle, qui le met un peu à l’écart du jeu. Mais dans un pays il est nécessaire qu’il existe une autorité placée au-dessus de la mêlée et susceptible de rendre les grands arbitrages. C’est finalement une belle illustration de ce qu’est la loi : dans le respect des libertés individuelles, la loi fixe le cadre qui permet la vie sociale. Si la loi limite les libertés des personnes, c’est finalement pour leur bien.

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