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Notation

  • Minsitres notés: 25 fonctionnaires de plus !

    Noter les ministres, ça dénote un sacré mépris. Et, pour les ministres, se laisser noter dénote bien peu de considération pour leur fonction. Attention, Bernard, Rachida, Michèle, Jean-Louis, et les autres … il ne vous reste que quelques heures pour démissionner. Après, c’est le ridicule le plus total qui est assuré. 

     

    Pour Libé, ils deviennent des élèves. Tout faux, Libé ! Pour qu’il y ait des élèves, il faut qu’il y ait un professeur, c’est-à-dire une volonté de transmission du savoir. Tout prof’ digne de ce nom rêve d’être dépassé par son élève. Approche qui, me semble-t-il, n’est pas d’actualité...

     

    Non, notés, les ministres deviennent des fonctionnaires. Rien de déshonorant, bien au contraire. Tout au moins pour les fonctionnaires… Car pour les ministres, accepter d’être noté, c’est déjà mériter une mauvaise note. Je croyais bêtement que ministre était une fonction politique. Le crétinisme s’installerait, il ne procéderait pas autrement.

     

    La notation est de rigueur chez les fonctionnaires, C’est, chaque année, un grand moment, actuellement régi par l’article 17 de la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 et le décret n° 2002-682 du 29 avril 2002. La notation est destinée, selon la jurisprudence la plus classique, à apprécier  la « valeur professionnelle » de l’agent.

     

    Et, c’est là que tout dérape.

     

    Je passe sur le fait que la notation n’est pas exercée par l’autorité hiérarchique mais a été confiée à une agence extérieure, comme pour la notation des entreprises. Sur le modèle de la Coface, « vos risques commerciaux sous contrôle », voici la Cofacem, avec un m comme ministre, « vos risques politiques sous contrôle ».  N’importe quoi.

     

    Notre brave Fillon s’était déjà fait coller un mémorable bonnet d’âne, en se faisant qualifier par Sarkozy de « collaborateur ». D’après la presse, cela l’aurait défrisé. Notre équipe de journalistes d’investigation est allée vérifier. Nous vous tiendrons informés.

     

    Noter les ministres, c’est leur enlever toute fonction politique. Il deviennent de hauts fonctionnaires, au demeurant marqués par une évidente précarité. Et c’est un vrai bouleversement politique qui se confirme. Tout le pouvoir est à l’Elysée, et les conseillers ont le plus haut rang après le président. Suivent, dans l’ordre hiérarchique, non les ministres, mais leur directeur de cabinet. C’est sur cette base que le travail est organisé. La réforme de la Constitution n’a plus d’objet : seul compte la Présidence de la République. Ce, à moins que le Parlement envisage de se réveiller, mais les premiers signes ne sont pas visibles.

     

    Notre joyeuse équipe de supplétifs des animateurs de plateaux-télé pourrait se rappeler le nom de quelques illustres prédécesseurs, entrés dans l’histoire sous leur seul rang de ministre : Richelieu, Sully, Turgot, Colbert, Necker, Talleyrand, Guizot, Thiers, Blum, Mendes-France,…

     

    Non, s’ils vraiment ils acceptent de se laisser noter, par une agence extérieure, et sur des critères aussi ridicules que la presse l’annonce, ils deviennent de sinistres petits ministres, ramenant l’honneur à un accessoire.

     

    Dans une démocratie, les seuls qui puissent noter, ce sont les électeurs. Ils doivent dès maintenant s’exprimer pour dire, que de droite ou de gauche, d’ouverture ou de fermeture, les ministres ont dans la République un rang politique à défendre. Que le gouvernement plaise ou non, il est le moteur de la cohésion sociale. Alors qu’on pleure volontiers sur la crise de la politique, on vient ici de faire un grand bond en avant.

     

    Cette année, les soldes ont commencé plus tôt que prévu.

     

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