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Orphelins

  • Arche de Zoë: S'enfuir avec des enfants volés

     

    L’Arche de Zoë est une affaire grave. Je ne saurais que trop encourager à lire, entre les lignes, les comptes-rendus du procès qui se tient actuellement devant la Cour criminelle de N'Djamena.

     

     

    On en sait beaucoup, notamment par les déclarations des premiers intéressés, qui depuis leur prison, donnaient des conférences de presse. Le tout est accablant, et la décontraction avec laquelle les faits sont revendiqués, sidère. Eric Breteau persiste et signe : j’avais raison, et je suis prêt à recommencer. Et les comités de soutien, béats d’admiration, applaudissent… Je ne suis pas sûr que cela suffise à convaincre les juges… En attendant, on trouve dans la presse, à commencer par Libération, sous la plume de Somaria Malagardis, des commentaires ahurissants, sur le thème « il se débrouille bien le Breteau, et il est finalement assez sympa ». Syndrome de Stockholm ?

     

     

    Je passe sur les données générales, qui sentent déjà très mauvais :

     

    Un chef absolu, que la présidence de la Fédération française d’automobiles tout-terrain prédestinait à l’action humanitaire, et qui assoit son pouvoir par la maîtrise de l’information. Il est le seul savoir, et ne dit aux autres que ce qui l’arrange.

     

    Un ensemble de freins qui n’ont pas joué, depuis les ministères jusqu’à la conscience des membres de l’équipe, en passant par les militaires français peu soucieux d’être renseignés.

     

    Un immense mépris pour les Africains, sur le mode du colonialisme le plus décontracté : « Nous allons faire leur bonheur malgré eux. »

     

     

     

    S’agissant des faits, deux points sont accablants.

    Le premier est la question des intermédiaires, Mahamat Eritero et Souleïmane Ibrahim. Libération y voit le retournement du procès, qui accrédite la thèse d’Eric Breteau : ils reconnaissent avoir désignés 70 enfants sans savoir s’ils étaient orphelins. Victoire crie Libé ! Mais victoire de quoi ? Ce sont là les méthodes de l’action humanitaire ? Pour trouver des enfants orphelins, adressez-vous à un vieux marabout et un ancien colonel devenu chauffeur, mais surtout pas aux autorités ou aux proches ! Si des fois les orphelins ne l’étaient pas, c’est tout le rêve de la gentille équipe des blancs qui s’écroulait !

    Le second est le mensonge sur la destination. A aucun intermédiaire africain, et surtout pas à ses recruteurs d’orphelins, Eric Breteau n’a annoncé la vraie destination, à savoir la France aux fins d’adoption. Il parlait d’une structure d’accueil sur place. Voilà la réalité du projet : s’enfuir avec des enfants volés à leur famille et à leur terre.

    Alors quand le même se présente comme un des derniers défenseurs de la « Convention de Genève », il y vraiment de quoi se taper le cul par terre ! Les associations humanitaires, les vraies, qui ont de justes méthodes de travail, observent un silence gêné, comme s’il ne faillait nuire à un collègue dans la mouise. C’est à elles qui ce silence nuira, car il va instaurer le doute. Durablement. 

    Les thèses de la naïveté ou du coup médiatique ne valent pas tripette. La réalité est celle d’une activité délinquante, animée par le mépris profond des réalités africaines et de la vie des noirs. La condamnation est déjà dealée. Le seul vrai rendez-vous est celui des faits. Et la principale difficulté du procès est que n’existe pas la qualification qui conviendrait le mieux, à savoir le vol d’enfants.

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