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Présidentielles US 2008

  • Elections US: le coût de la démocratie

    La campagne pour les présidentielles aux US, passionnante, est un grand exemple de démocratie.

     

     

    Un coup d’œil sur ce qui se pratique dans les autres grandes puissances, en Chine et en Russie : il n’y a pas photo. Sarkozy s’était empressé de féliciter Poutine… S’il veut garder un peu de proportion dans l’enthousiasme de ses réactions, il va falloir qu’en janvier prochain, au terme du processus électoral US, il demande sa nationalité aux Etats-Unis…. Tiens, une idée à creuser …

     

     

    Alors que de grands pays comme le Pakistan ou le Kenya abordent comme défi majeur la désignation de leurs dirigeants, il faut saluer la qualité du processus US. La volonté d’implanter, canons à la main, la démocratie en Irak n’a pas été une franche réussite, mais en revanche, la méthode US doit donner des idées.

     

     

    Cela fait bientôt un an que le processus est en place. La bataille se joue dans chaque camp. C’est la géniale phase des primaires. Un an de bataille à l’intérieur de chaque camp, avant un an de campagne, un camp contre l’autre. Pour élire non pas un homme seul, mais un président et un vice-président. Qui ne sont élus que par les grands électeurs, alors que les parlementaires sont élus directement par le peuple, ce qui renforce leur légitimité.

     

     

    Les primaires 2008 sont très ouvertes. Parmi les candidats, pas un seul qui ait été prédisent ou vice-président. Aujourd’hui, personne ne peut dire quel sera le vainqueur dans chaque camp. Tout est possible chez les Républicains, entre John McCain, Mitt Romney, et Mike Huckabee. Si chez les démocrates, les candidatures de Barack Obama et Hillary Clinton se dégagent, impossible de savoir qui l’emportera.  Pour le moral, il fallait mieux gagner dans l'Iowa. Le New Hampshire, mardi, sera plus important. Mais ce sera ensuite une course pendant un mois, jusqu’au grand mardi qui aura lieu le 5 février, avec ses vingt primaires.

     

     

    Petit rappel, dans nombre d’Etats, les primaires ont dites « ouvertes », ce qui signifie que le choix du candidat est ouvert à tous : les électeurs républicains peuvent participer au choix du candidat démocrate et inversement.

     

     

    Et viendra alors le temps de temps de l’élection. Mais attention : un vote Etat par Etat, avec le jeu des grands électeurs, et d’autres élections importantes qui ont lieu le même jour, à commencer par celles des parlementaires, un renouvellement important ayant lieu à ma Chambre des représentants et au Sénat. Et il peut ainsi y avoir des décalages singuliers entre le président et les parlementaires.

     

     

    Si on compare avec notre système, deux différences sont décisives.

     

     

    En France, nous élisons un  roi ! Le candidat peut ne pas être investit par un parti, même s’il le fait le plus souvent, pour des raisons de finances et de logistique. Mais le grand discours est immanquablement du style : c’est une rencontre entre une personne et un peuple. Et le vote au suffrage direct amplifie cette prééminence présidentielle. Ajoutez que les législatives n’ont pas lieu en même temps, mais dans la foulée, avec pour seul slogan : « donnez une majorité au président ». Débat nul.

     

     

    La seconde question est le financement. Il existe, aux US, une possibilité de financement public, non négligeable, mais les grands candidats passe par le financement privé, pour des campagnes au coût colossal. Barack Obama et Hillary Clinton ont tous deux réunis une somme proche de l’ordre de 100 millions de dollars, venant de dons privés, et essentiellement d’entreprises. Un argent qui s’avère, à l’expérience, indispensable. Et on imagine que, vu les sommes en jeu, ça doit dealer ferme…

     

     

    En France, s’est imposé le financement public des partis et des campagnes, en réaction aux années fausses factures. Les subventions d’Etat ont remplacé l’argent privé, et comment ne pas faire la corrélation entre l’explosion des effectifs des cabinets de tous ordres, des ministères aux collectivités locales et la fin des emplois fictifs.

     

     

    Avec d’autres effets  pervers. Le financement public est acquis en fonction des résultats, ce qui institutionnalise les partis existants, et concourt à figer la politique. Enfin, le contrôle des partis est indispensables, pour avoir la main sur la finance. Nicolas Sarkozy s’est assuré la main haute sur l’UMP en nommant son successeur et refusant qu’il soit élu par les militants, si jamais…une petite info restée trop inaperçue et qui ramène la fameuse « ouverture » à une plaisanterie de premier communiant. Et le désir d’avenir de Ségolène Royal, à l’évidence, est peu d’être première secrétaire du PS. Par contre, avoir la clé du coffre…

     

     

    La démocratie à un coût, et il faut financer. Argent public ou argent privé, le débat n’est pas simple.

     

     

     

     

     

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