13.07.2011
La Révolution égyptienne et la liberté de religion
Les allumés de l’intégrisme occidental, du haut de leur immense sagesse, acquise en lisant trois fois par jour « Le choc des civilisations » et les éditos de BHL, nous avaient bien avertis : les frères musulmans allaient prendre le pouvoir, pour détruire le monde.
Mauvaise pioche : les frères chrétiens viennent d’obtenir une grande victoire devant une Cour suprême égyptienne débarrasée de ses commissaires politiques : les chrétiens ne sont plus des ex-musulmans, mais des chrétiens, tout simplement. A prévoir une grosse migraine pour les lascars qui nous vendaient depuis des années Moubarak gardien des valeurs de l’Occident face aux hordes islamistes.
La vérité est beaucoup plus simple, et ignorée seulement de ceux qui adorent rester ignorants : c’est l’instrumentalisation de l’islamisme par les services de propagande US, avec leurs filiales diverses et variées. La salade de l'islamisme nouvelle forme de l'impérialisme criminel, après le stalinisme et le fascisme. De la propagande en chemise blanche et décontractée, et çà a marché à fond.
Le problème est que mentir tout le temps et à tout le monde, ça finit par se voir.
La grande affaire, c’était les Frères Musulmans qui allaient asservir la liberté que défendait si bien Moubarak, le boss de l’Union pour la Méditerranée de Sarko... le pivot du monde libre pour Obama. Plouf !
Dans les temps anciens de Moubarak, les chrétiens égyptiens, loin des discours attendris, avaient la vie dure. On fera un jour, je l’espère, le point sur les attentats contre les églises cooptes alors que commençait la Révolution égyptienne. De manière plus contingente, les chrétiens d’Egypte connaissaient un cruel problème d'identité : ils ne parvenaient pas à être déclarés autrement que musulman. Nés en terre musulmane, ils étaient musulmans. Moubarak avait une vraie politique islamiste, fondée sur l'essentialisme.
Après bien des démarches, les chrétiens parvenaient parfois à faire reconnaître leur identité, mais c’étaient alors des apostats. Leur carte d’identité portant pour mention « ex-musulman ». L’ambassadeur d’Egypte n’avait sûrement pas eu le temps d’informer notre Sarko et notre Obama.
Vient la nouvelle Egypte, celle livrée aux dangereux islamistes, et là tout change.
La Cour suprême a annulé ces pratiques comme illégales. Les chrétiens déclarés contre leur gré musulmans ne seront plus répertoriés comme ex musulmans. Lors de la déclaration de naissance, il suffira d’attester l’enregistrement comme chrétien et avec la précision de l’église d’appartenance.
Le Père Rafic Greiche, porte-parole de l’Eglise catholique égyptienne, applaudit : « La décision de la Cour est un signal positif du changement qui s’opère dans le pays. Par le passé, la Cour a proposé plusieurs fois une révision de la norme discriminatoire, mais elle a toujours reçu une forte opposition de Habib Adli, ex-ministre de l’Intérieur, désormais emprisonné pour corruption ». Habib Adli, pourtant un grand pote de nos dirigeants.
Nicolas et Barack, vous devriez lire mon blog, vous raconteriez moins de salades.
"Les belles années passent vite", chantait Léo Ferré
23:46 Publié dans religion | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : egypte, propagande, religion
11.01.2008
Betancourt : Le grand malaise
Deux otages libérées, des louanges pour Chavez, un silence réservé pour les FARC et la dénonciation d’Uribe, le président élu de la Colombie : le grand bonheur s’accompagne du grand malaise.
Clara Rojas et Consuelo Gonzalez sont libres. Clara Rojas va retrouver Emmanuel son enfant de captivité. L’espoir est qu’un mouvement se soit amorcé et que d’autres libérations suivent. C’est un grand soulagement, car la prise d’otage est une ignominie. Avoir commis une infraction aux lois d’un pays, être jugé et détenu est une chose. Etre otage, c’est tout l’inverse : pas d’infraction mais seulement le manquement à des codes jamais publiés ; pas de jugement ; pas de peine à exécuter, mais une détention arbitraire. Une libération d’otage, de tous les temps et sous tous les cieux, est une grande nouvelle. Un morceau de bonheur.
Mais le malaise est ici trop près du bonheur. Ce du fait de la campagne éhontée qui fait d’Hugo Chavez un généreux humaniste, des FARC des combattants d’honneur et du président Uribe un obstiné, guidé par la seule défense de son pouvoir. Les déclarations d’Astrid Betancourt, sœur d’Ingrid, immédiates à la libération, ont été hallucinantes. D’abord, pourquoi passer pudiquement sous silence le fait d’origine ? Ingrid Betancourt s’était rendue dans la région de San Vicente, contre tous les avis et sans protection. A l’époque, ce territoire était contrôlé par la guérilla marxiste. Les prises d’otages étaient monnaie courante, et les discussions entre le gouvernement et les FARC venaient d’être interrompues. La capture d’une franco-colombienne était d’un intérêt politique majeur pour les terroristes des FARC : Ingrid Betancourt a été arrêtée au premier barrage, le 23 février 2002. Son groupe politique, Oxygène, comptait moins de 5% des voix. Une impasse politique totale.
La prise d’otage ? Un fait d’arme contre des civils, mené à un rythme industriel à l’époque, à coté d’autres procédés allant des attentats au trafic de drogue. Ce dans un pays au passé douloureux, mais devenu démocratique : élections libres, presse libre, juges indépendants. Une gouvernement en lutte contre les grands trafics de drogue et leurs réseaux mafieux. Un pays qui cherche à créer de vraies perspectives à son peuple, et en particulier à sa jeunesse. Tout n’est certes pas parfait, mais la démocratie colombienne est un modèle très présentable face à la Russie de Poutine ou au Venezuela de Chavez. Et cette action politique porte ses fruits. Depuis l’arrivée au pouvoir d’Alvaro Uribe, en 2002, les FARC sont décrédibilisées, et en perte de vitesse. Leurs effectifs s’amenuisent, tout comme leurs faits d’armes. Les prises d’otages sont passées de 918 à 110, les attaques armées ont chuté de 40%, le pouvoir légitime a reconquis de nombreux territoires, et les élections se déroulent dans le calme. Quel succès pour les démocrates !
Ah si seulement le pouvoir colombien avait été militaire ! Soldats contre soldats, les FARC auraient une chance. Mais les FARC sont définitivement condamnées par la démocratie, ce pouvoir librement choisi, ces règles que tout le monde respecte. D’où la position du gouvernement d’Alvaro Uribe, la seule qui vaille pour défendre la loi contre la force : pas de dialogue avec ceux qui fondent leur action sur des procédés criminels. Faut-il détailler le sort ignoble réservé par les FARC au petit Emmanuel, abandonné mutilé et malade dans la jungle ? Faut-il rappeler qu’il reste environ 3.000 personnes aux mains des FARC, dont certaines retenues depuis plus de 10 ans ?
Alors, il faut agir pour aider à la libération des otages : bien sûr. Mais avant de faire la leçon à ce pouvoir souverain, un peu de réserve, un peu d’analyse ! A écouter les discours de la famille Betancourt et de ses comités, le seul responsable est le président Alvaro Uribe, et son intransigeance. Et bien non, pas d’accord, pas d’accord, du tout ! Le peuple colombien s’exprime par des élections qui ne légitiment pas les FARC, mais le pouvoir démocratique. Et si les FARC commencent à lâcher, ce n’est pas par humanisme, mais parce qu’elles sont en perte de vitesse. Plus le pouvoir d’Alvaro Uribe marquera des points, plus il sera fort pour défendre la souveraineté de son pouvoir et de ses lois, plus les FARC seront en recul. Le sort des otages est cruel, mais la cruauté n’est pas le fait des démocrates.
Il n’est pas acceptable de vouloir « faire pression » sur le gouvernement Uribe. Il s’agit de l’encourager à garder le cap, et au minimum, de ne pas lui nuire. Tant mieux pour Clara Rojas et Consuelo Gonzalez. Mais pour le reste, je vois surtout une lamentable opération de propagande.
09:55 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (30) | Envoyer cette note | Tags : Betancourt, Uribe, Propagande












