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Uribe

  • Les Etats-Unis, toujours aussi impérialistes

    politica_exterior-koko.jpgAprès Bush le brutal, Obama le gentleman, mais c’est le même impérialisme. Les US ont un credo non écrit, mais aussi fort que le 1° amendement : contrôler le monde dans leur intérêt. Pour les US, la Colombie c’est la porte d’entrée vers le Sud, et ce doit être comme à la maison. Pas si simple pour la Cour Constitutionnelle Colombienne qui vient d’annuler un accord entre la Colombie et les US, et pas des moindres : la mise à disposition des bases navales. Ben voyons…

    Le 30 octobre 2009, le vaillant démocrate Obama, prix Nobel de la Paix le 9 octobre, signe un accord avec le sympathique démocrate Alvaro Uribe. Un accord entre eux, comme deux grands garçons de bonne compagnie, et pas n’importe quoi : un accord militaire bilatéral permettant à l'armée des Etats-Unis d'utiliser au moins sept bases colombiennes, dont celle de Palanquero, la plus importante du pays, une véritable plate-forme pour les vols intercontinentaux US vers l'Afrique. Une bricole. Les Etats-Unis veillent à leurs intérêts vitaux, et la Colombie leur sert la soupe, en obtenant de poursuivre ses petits et grands trafics.  

    Argument pour faire passer la pilule : ce n’est pas un accord, mais simplement l’actualisation du programme de coopération signé en 1999 pour combattre le trafic de drogue et les guérillas d'extrême gauche. Oh le balourd ! La guérilla d’extrême gauche est un argument merveilleux qui permet là-bas de faire passer toutes les mesures répressives que l’on veut. Au Sud, on dit guerillera d’extrême gauche et Nord, intégrisme islamiste, mais c’est la même méthode.6b4890c4ff26980da8457590d855a185.jpg

    Cet accord n’était pas passé inaperçu. Le Venezuela, la Bolivie, l'Equateur, le Nicaragua, Cuba et le Brésil étaient monté au créneau, sur une base bien résumée par Chavez : « Un pays souverain peut passer tout type d'accord avec tous les pays du monde. La seule chose, c'est qu'aucune convention ne doit porter atteinte à la souveraineté du voisin ni représenter une menace pour un autre pays. »

     

    Des militants ont saisi la Cour Constitutionnelle de Colombie, qui ce 17 août, a annulé l’accord. Vu son ampleur, cet accord atteint la souveraineté de la Colombie et ne peut être conclu sans l’approbation du Parlement, le Congrès de la République. En effet il instaure « l'usage et du port d'armes en Colombie par du personnel étranger » et « l'extension d'immunités et de privilèges diplomatiques à des contractuels et sous-contractuels, ainsi qu'à des personnes qui sont à charge du personnel des Etats-Unis ». Il « implique de nouvelles obligations de l'Etat colombien, ainsi qu'une extension de celles acquises antérieurement ». Cet accord autorise, tenez-vous bien, « l’accès et l’utilisation d'installations militaires colombiennes par un personnel militaire et civil étranger », ainsi que « la libre circulation de navires, d'aéronefs et de véhicules tactiques étrangers, sans possibilité d'inspection ou de contrôle par les autorités nationales ». Trop, c’est trop, et la Cour constitutionnelle renvoie aux principes : il revient au président de la République « d’appliquer la procédure constitutionnelle propre aux traités internationaux. »

     

    bases-militares-colombia.jpgL’accord antérieur reprend effet, et les 1 400 soldats US pourront rester sur le sol colombien, ouf. Mais pour le reste, et surtout le libre accès aux bases aériennes, c’est terminado.  


    Le nouveau président colombien Juan Manuel Santos, impliqué dans l’affaire jusqu’à l’os car il était alors ministre de la Défense, annonce une régularisation  au plutôt. On verra bien, mais le vote du parlement colombien pour offrir la liberté d’accès à sept bases militaires par l’armée des Etats-Unis, sans contrôle, sera un grand moment d’indépendance nationale.

     

    Une dernière chose, avec un grand pont, un peu inattendu, vers le Proche-Orient. Vous vous rappelez l’histoire de la flottille humanitaire Free Gaza, attaquée en haute mer par Israël, avec 9 morts, des civils abattus à bout portant par des soldats surarmés. Ban Ki-moon a annoncé le 10 août une commission d’enquête, non judiciaire, présidée Geoffrey Palmer, ancien Premier ministre de Nouvelle-Zélande, peu identifié sur le terrain du droit international humanitaire, et co-présidée par Alvaro Uribe. D’où cette question : mais en quoi Uribe est-il qualifié sur l’application du droit international pour les affaires de Palestine ? Et la réponse qui est bien simple : c’est une marionnette d’Obama. Ce qui donne une idée de ce que seront les travaux de cette « commission d’enquête », et des méthodes qui ont été utilisées pour imposer à l’Autorité Nationale Palestinienne les « négociations directes ».   

     

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    Un homme dévoué
  • La Colombie libérée des Farc.

    La Colombie libérée des Farc. Magnifique opération conduite par l’armée colombienne, avec à la clé une réussite parfaite conduisant à la libération de 15 otages : 11 soldats colombiens, 3 américains et la franco-colombienne Ingrid Betancourt. 15 libérations, mais surtout un coup fatal porté aux Farc, un coup qui s’ajoute à un affaiblissement considérable du groupement, qui en quelques années avait déjà vu ses effectifs reculer de plus de 6 500 personnes.

     

     

    Alvaro Uribe pouvait avoir hier le sourire, car à n’en pas douter c’est vraiment une éclatante victoire. Celui qui avait joué sa réélection sur le combat contre les Farc pour éradiquer ce mouvement extrémiste, est en passe de réussir, bien mieux et bien plus vite que personne ne l’avait imaginé. O bien sûr la Colombie n’est certainement pas le nec plus ultra de la démocratie, et Alvaro Uribe aura maintenant le défi de maîtriser cette victoire, car son régime n’est pas exempt d’autoritarisme. Mais, vraiment, l’essentiel n’est pas là. Fondamentalement cette affaire est une victoire de la démocratie.

     

     

    Tout pays n’accède pas du jour au lendemain aux garanties constitutionnelles internationales, à la réalité de l’habeas corpus. Mais en revanche c’est avec un immense plaisir que l’on salue la victoire d’un pouvoir élu, même s’il aurait pu être mieux élu, contre des groupes qui ne connaissent que les armes, la clandestinité et les trafics. Historiquement ce sont les groupes armés qui perdent, et ce sont les démocrates qui gagnent. Dans une période de crise, dans une période de guerre, dans un pays marqué par une histoire tumultueuse, par les plus grands trafics, la démocratie doit savoir utiliser des moyens fermes pour défendre l’essentiel, c’est-à-dire obtenir des résultats contre les parfaits anti-démocrates que sont les guérilleros.

     

     

    Cette libération conduite de longue date, par une action tous azimuts, visant aussi bien à atteindre les responsables, à couper les bases de financement, à infiltrer les réseaux, amène à ce résultat. Que cela plaise ou non, c’est ce résultat qui valide la politique conduite par Uribe.

     

     

    Et dans le même temps, elle invalide les critiques insensées et obstinées entendues pendant des années contre Uribe. Combien de fois n’a-t-on pas entendu que la solution passait par Chavez et ses excellents relais, par une négociation avec les Farc, par un échange de prisonniers, c’est-à-dire un échange entre les anciens guérilleros des Farc détenus dans les prisons de la Colombie et les otages gardés par les Farc dans la jungle ? Combien de critiques sur cet Uribe obstiné et autoritaire, qui n’entendait rien, et était le dernier blocage pour la libération, et pour dire les choses franchement, chaque fois c’était la libération d’Ingrid Betancourt avec une sensibilisation extrême sur le sujet, et quelques mots de fin de discours pour les autres otages. Et à peine un mot sur la nécessité pour la Colombie démocratique de combattre la lutte armée, d’abord et avant tout.

     

     

    Les gesticulations de la politique française au milieu de tout cela … Chavez reçu comme un héros humaniste à l’Elysée … Les virées de bras cassés organisées sur place sans avertir le gouvernement Uribe … L’avion humanitaire envoyé sur la base d’informations extrêmement sûres, qui reste bloqué sur une base avant de repartir quelques jours plus tard ... Et lorsque début mars le combat de l’armée colombienne contre les Farc marque un point décisif quand lors d’un affrontement avec les guérilleros, Paul Reyes n° 2 des Farc et contact dans les négociations sur les otages, est abattu, notre Bernard Kouchner d’opérette prend son air sentencieux pour déclarer « Evidemment ce n’est pas une bonne chose que le n° 2 Paul Reyes, l’homme avec qui nous parlions, l’homme avec qui nous avions des contacts, ait été tué. ». Sacré Bernard et piètre politique.

     

     

    S’il y avait à aider la Colombie cela s’analyse à partir d’une question simple : qu’a fait la France pour aider l’armée colombienne dans cette lutte contre un groupe armé ?

  • Betancourt : Le grand malaise

    Deux otages libérées, des louanges pour Chavez, un silence réservé pour les FARC et la dénonciation d’Uribe, le président élu de la Colombie : le grand bonheur s’accompagne du grand malaise.

     

    Clara Rojas et Consuelo Gonzalez sont libres. Clara Rojas va retrouver Emmanuel son enfant de captivité. L’espoir est qu’un mouvement se soit amorcé et que d’autres libérations suivent. C’est un grand soulagement, car la prise d’otage est une ignominie. Avoir commis une infraction aux lois d’un pays, être jugé et détenu est une chose. Etre otage, c’est tout l’inverse : pas d’infraction mais seulement le manquement à des codes jamais publiés ; pas de jugement ; pas de peine à exécuter, mais une détention arbitraire. Une libération d’otage, de tous les temps et sous tous les cieux, est une grande nouvelle. Un morceau de bonheur.

     

    Mais le malaise est ici trop près du bonheur. Ce du fait de la campagne éhontée qui fait d’Hugo Chavez un généreux humaniste, des FARC des combattants d’honneur et du président Uribe un obstiné, guidé par la seule défense de son pouvoir. Les déclarations d’Astrid Betancourt, sœur d’Ingrid, immédiates à la libération, ont été hallucinantes. D’abord, pourquoi passer pudiquement sous silence le fait d’origine ? Ingrid Betancourt s’était rendue dans la région de San Vicente, contre tous les avis et sans protection. A l’époque, ce territoire était contrôlé par la guérilla marxiste. Les prises d’otages étaient monnaie courante, et les discussions entre le gouvernement et les FARC venaient d’être interrompues. La capture d’une franco-colombienne était d’un intérêt politique majeur pour les terroristes des FARC : Ingrid Betancourt a été arrêtée au premier barrage, le 23 février 2002. Son groupe politique, Oxygène, comptait moins de 5% des voix. Une impasse politique totale.

     

    La prise d’otage ? Un fait d’arme contre des civils, mené à un rythme industriel à l’époque, à coté d’autres procédés allant des attentats au trafic de drogue. Ce dans un pays au passé douloureux, mais devenu démocratique : élections libres, presse libre, juges indépendants. Une gouvernement en lutte contre les grands trafics de drogue et leurs réseaux mafieux. Un pays qui cherche à créer de vraies perspectives à son peuple, et en particulier à sa jeunesse. Tout n’est certes pas parfait, mais la démocratie colombienne est un modèle très présentable face à la Russie de Poutine ou au Venezuela de Chavez. Et cette action politique porte ses fruits. Depuis l’arrivée au pouvoir d’Alvaro Uribe, en 2002, les FARC sont décrédibilisées, et en perte de vitesse. Leurs effectifs s’amenuisent, tout comme leurs faits d’armes. Les prises d’otages sont passées de 918 à 110, les attaques armées ont chuté de 40%,  le pouvoir légitime a reconquis de nombreux territoires, et les élections se déroulent dans le calme.  Quel succès pour les démocrates !

     

    Ah si seulement le pouvoir colombien avait été militaire ! Soldats contre soldats, les FARC auraient une chance. Mais les FARC sont définitivement condamnées par la démocratie, ce pouvoir librement choisi, ces règles que tout le monde respecte. D’où la position du gouvernement d’Alvaro Uribe, la seule qui vaille pour défendre la loi contre la force : pas de dialogue avec ceux qui fondent leur action sur des procédés criminels. Faut-il détailler le sort ignoble réservé par les FARC au petit Emmanuel, abandonné mutilé et malade dans la jungle ? Faut-il rappeler qu’il reste environ 3.000 personnes aux mains des FARC, dont certaines retenues depuis plus de 10 ans ?

     

    Alors, il faut agir pour aider à la libération des otages : bien sûr. Mais avant de faire la leçon à ce pouvoir souverain, un peu de réserve, un peu d’analyse ! A écouter les discours de la famille Betancourt et de ses comités, le seul responsable est le président Alvaro Uribe, et son intransigeance. Et bien non, pas d’accord, pas d’accord, du tout ! Le peuple colombien s’exprime par des élections qui ne légitiment pas les FARC, mais le pouvoir démocratique. Et si les FARC commencent à lâcher, ce n’est pas par humanisme, mais parce qu’elles sont en perte de vitesse. Plus le pouvoir d’Alvaro Uribe marquera des points, plus il sera fort pour défendre la souveraineté de son pouvoir et de ses lois, plus les FARC seront en recul. Le sort des otages est cruel, mais la cruauté n’est pas le fait des démocrates.

    Il n’est pas acceptable de vouloir « faire pression » sur le gouvernement Uribe. Il s’agit de l’encourager à garder le cap, et au minimum, de ne pas lui nuire. Tant mieux pour Clara Rojas et Consuelo Gonzalez. Mais pour le reste, je vois surtout une lamentable opération de propagande.

     

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