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  • L’Académie des mes deux

    academicien.jpgL’Académie française des guignols femmophobes. Une bande de zouaves empapahoutés, dans leur costume vert, vert comme les fruits qui ne muriront jamais.  

    Thermomètre de l’identité nationale des entrailles, l’Académie entend conserver la langue et ses traditions. Fondée en 1635 par le divin, quoiqu’un peu terrestre, Cardinal de Richelieu. Un brave gars qui avait joué la santé de ses adducteurs sur le thème du grand écart entre la sphère publique et la sphère privée, et autres salades associées.

    Que ce club de quarante déjantés s’amuse à jouer aux billes, à coup sûr, m’indiffère au plus haut point. En habit vert, ils sont bien mignons, un peu petits pois, un peu sapins de Noël enguirlandés. Mais c’est surtout l’entourage qui fait rire.

    Le premier truc, très drôle, c’est le décalage avec le monde vivant. Nos prosateurs ne se mouchent pas du coude : « Veiller sur la langue française ». Filiation inavouée du Cardinal : ils croient encore que le pouvoir vient d’en haut. « L’Académie a travaillé dans le passé à fixer la langue, pour en faire un patrimoine commun à tous les Français et à tous ceux qui pratiquent notre langue. Aujourd’hui, elle agit pour en maintenir les qualités et en suivre les évolutions nécessaires. Elle en définit le bon usage ». La prétention en guise de pensée fondatrice.

    De tous cotés la langue française se diversifie, s’enrichit de mille apports, et de l’autre elleK123_Just_for_you_flowers.gif périclite. Non, elle a périclité. L’anglais est langue du monde, la langue de l’avenir, la langue de la liberté. Et bon vent pour cette langue, libérée de cet ectoplasme mortifère qu’est le miasmique académisme. L’anglais a gagné la partie, et je m’en félicite. C’est la plus simple, la plus souple, la plus vivante des langues. Je constate et j’admire : l’anglais, c’est un traité de paix. Débarquez dans n’importe quel coin du monde et, grâce à l’anglais, vous commencez les plans. Bien sûr, j’ai mille plaisirs à lire les écrits de langue française, comme un délice. Je recommande "Le dictionnaire amoreux des langues" de Claude Hagège (Plon), ou "Les langages de l'humanité", de Michel Malberbe (Bouquins). Mais le match n’est pas le même.

    Après la plaisanterie s’amplifie, avec l’incroyable cirque qui entoure ce cénacle vert et moulu. Les adorateurs de l’Académie... Cette semaine, c’est à notre président que la docte Académie a donné le tourbillon. Mardi à 9 h, il se sait trop occupé pour être libre à 15h. Mais le même mardi à 11 h, il se rend compte que finalement il est disponible pour 15 h. Danse du ventre très rock’n roll, mais au final pas très académique.

    Dernier stade de la blague, avec Mamie Nova, qui s’était insurgée il y a quinze jours à l’encontre des nominations trop masculines au Conseil constitutionnel,… et avec raison : que des mecs ! D’où le sourire épanoui de la même : l’Académie, c’est un haut lieu de la parité. 36 garçons et 4 filles ! Et depuis 1635, seules six filles ont été élues à l’Académie des lumières : Marguerite Yourcenar, en 1980, Jacqueline de Romilly, en 1988, Hélène Carrère d’Encausse, en l’an 1990, Florence Delay, en l’an 2000, Assia Djebar en 2005 et Mamie Nova en 2010.

    Ah, si seulement ce frigo de la pensée ne se prenait pas au sérieux…

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    Une candidate désolée de n'avoir pas été élue à l'Académie française
    "Mais pourquoi n'ont-ils pas voulu de moi ?"
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