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  • 150 morts à Kaboul… Il faut virer les US et Daech

    Ce 31 mai, à 8 h 20, un camion de vidange, blindé d’explosifs, a foncé place Zanbaq, dans Wazir Akbar Khan, le secteur sécurisé de Kaboul, qui comprend les bâtiments officiels, dont la présidence, et les ambassades étrangères. Pour arriver jusque-là, le camion avait passé plusieurs points de sécurité. In extremis, les policiers ont tiré, causant la déflagration : 13 policiers sont morts. Le bilan est dramatique : 150 morts et 300 blessés. Plusieurs ambassades ont été endommagées par la puissance de l’explosion.

    L’attaque n’a pas été revendiquée. C’est donc du très sérieux.

    afghanistan, terrorisme

    La population, éreintée par ces décennies de terrorisme, est descendue dans les rues de Kaboul, demandant la démission des responsables de la sécurité. En réponse, une répression violente, qui a fait 4 morts le 2 juin. Pour dire l’ambiance, le ministre des Affaires étrangères, Salahuddin Rabbani, qui a échappé il y a peu à un attentat et dirige le parti tadjik Jamiat, appuie cette demande, alors que le président Ghani, issu de l'ethnie pachtoune, s’y oppose…

    Le gouvernement afghan, à bout de souffle et sous perfusion étasunienne, a aussitôt accusé le réseau Haqqani, de la famille des talibans. Ce qui est incohérent : vu les réalités du terrain, il n’y a pas d’avenir en Afghanistan sans un accord politique avec les talibans, qui ont rejeté toute implication dans l’attentat. Ils sont en position de force, devenus quasi-institutionnels, et auraient tout à perdre en ensanglantant la population de Kaboul.

    Ces gens-là savent composer avec le temps. Le réseau a été créé à la fin des années 1970 par la CIA et l’ISI (services secrets pakistanais) pour mener la guerre intérieure contre les soviétiques, qui tenaient alors Kaboul. Après l’invasion US de 2001, le réseau Haqqani a été combattu au nom de « la guerre contre le terrorisme », et ses troupes ont rejoint l’arrière-pays et la résistance.

    En réalité, les US sont en train de perdre la main, car ils sont face à un choix impossible : pour ressaisir la situation, ils devraient redéployer les troupes, ce qui est impossible à faire passer dans l’opinion US (16 ans de guerre en Afghanistan pour quel résultat ?). Alors, ils pourraient tout miser sur le jeu politique, mais c’est imposable car ils sont haïs de la population. L’impasse de war on terror… Une leçon à méditer.

    Les pays forts de la région, la Russie et l’Iran, ne peuvent laisser la situation pourrir. Avec pour principes la stabilité des États dans leurs frontières et en alarme sur la transhumance des djihadistes, ils cherchent à reprendre la main, partie complexe car il faut parler à tout le monde – dont les talibans - et mettre dans le coup les grands voisins, le Pakistan, l’Inde et la Chine.

    Daech a une carte à jouer : bloquer le processus en semant le chaos et en attisant les divisions. S’est ajouté, le largage par Trump, le 13 avril dernier, d’une bombe de puissance extrême sur des zones montagneuses tenues Daech. Daech proclamé principal adversaire par les US ? Une vraie aubaine ! Alors, on va se faire entendre, et foncer dans la destruction : meurtres aveugles pour meurtres aveugles, en pourrissant la situation.

    Pour le peuple afghan, l’avenir est clair : virer les US et Daech. Un travail militaire et diplomatique de longue haleine. Respect aux morts passés, présent et à venir, sur cette terre devenue de feu.

    Immense respect pour la population meurtrie de ce pays. Mais notre gouvernement est bien bon, et il joue à fond les cartes du droit et de la solidarité pour accueillir les demandeurs d'asile afghans... C'est bien connu.

  • Afghanistan : Une bombe terrifiante

    Pas trop d’information ce jeudi soir, mais c’est vraiment à suivre de près. Les Etats-Unis viennent de larguer une bombe dévastatrice, surnommée la « mère de toutes les bombes » sur une série de grottes dans la province de Nangarhar, à l'est de l'Afghanistan et près de la frontière pakistanaise, une zone tenue par Daech.

    La bombe s’appelle Massive Ordnance Air Blast Bomb (Moab), qui signifie bombe de destruction massive par souffle.

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    Le général John Nicholson, chef des Forces armées en Afghanistan explique : «Alors que leurs pertes augmentent, les djihadistes ont recours à des bunkers et tunnels pour renforcer leur défense. Cette bombe est la bonne munition pour venir à bout de ces obstacles et maintenir l'élan de notre campagne contre le groupe Etat islamique en Afghanistan ». Sean Spicer , le porte-parole de Trump, ajoute : « Nous devons leur dénier leur liberté de mouvement et c'est ce que nous avons fait ».

    1/ La bombe utilisée, dernier seuil avant le nucléaire, est à proprement parler une arme de destruction massive, incapable de viser un objectif précis, et acceptant de tuer toute personne passant par là. Pour ce qui est du bilan réel, nous devrons attendre bien longtemps avant de savoir, mais il est impossible d’admettre le recours à des armes qui frappe de manière indéterminée, et donc font des populations civiles des cibles de guerre.

    2/ Nous sommes en territoire afghan, et la présence militaire internationale ne peut se faire que par la base d’accords. En décembre 2014, la coalition internationale et le gouvernement afghan ont conclu un accord qui marquait la reprise des affaires par le gouvernement : les forces militaires étasuniennes n’avaient plus de capacité d’ouvrir le feu, sauf dans des conditions strictement défensives. Ce bombardement, qui est un initiative secrète US, montre que le gouvernement afghan n’est plus souverain sur son territoire, une humiliation qui détruit tout solution durable. La guerre va donc se poursuivre, et c’est bon pour le business.

    3/ Qui peut croire qu’on gagne une guerre avec un bombardement ? Pouvez-vous me donner un seul exemple ? Les guerres se gagnent par la combinaison d’une maîtrise militaire et d’une solution politique. Où est la solution politique en Afghanistan ? Et comment pouvez-vous comprendre les succès de la résistance armée en Afghanistan depuis quinze ans, s’il n’y avait pas dans la population un rejet viscéral du leadership US et un soutien populaire effectif aux Talibans et à leurs succursales ? Soutien populaire qui sera renforcé par le recours à cette bombe.

    4/ Une telle puissance armée pour détruire des réseaux existant entre des grottes ? Difficile à croire… La vraie cible, ce n’est pas les groupes armés du coin, mais nous. Il s’agit de nous convaincre que les armes de destructions massives sont au service de la démocratie et de nos libertés.

    Là, chères amies et chers amis, il y a de quoi flipper.

  • Hôpital de Kunduz : MSF doit s’expliquer sur son attitude

    Quand les médecins font de la médecine, nous n’avons rien à en dire, mais tout change quand il s’agit de médecine humanitaire car cet exercice est intimement lié au droit.

    En cause, l’affaire de l’attaque par l’aviation étasunienne, dans la nuit du 3 au 4 octobre 2015, de l’hôpital de Kunduz en Afghanistan, géré par Médecins sans frontières (MSF).

    En deux mots…

    La grande ville de Kunduz venait de passer aux mains des Talibans, une très grosse prise. L’attaque avait été fulgurante, et très vite le calme avait été rétabli. Au moment de l’attaque, la ville était tombée depuis quelques jours, et il n’y avait aucune activité militaire. 

    L’hôpital de Kunduz était le seul crédible de la région, parfaitement connu, ses coordonnées GPS étant enregistrées depuis des lustres par les armées afghanes et étasuniennes.  Un avion étasunien, un AC-130, après plusieurs survols, a bombardé le bâtiment central de l’hôpital par une série de rotations entre 2 h 08 et 3 h 15. MSF a donné l’alerte dès le premier tir, mais en vain. Bilan : 42 morts, et l’hôpital détruit. Motif : les US avaient repéré des appels téléphoniques d’un chef taliban soigné dans l’hôpital.

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    Et ensuite ?

    MSF réclame une enquête internationale… ce qui ne veut absolument rien dire et laisse donc toute opportunité aux États-Unis de faire la lumière sur propres méfaits.

    Conclusion ce vendredi par le général Joseph Votel, patron du commandement de l'armée américaine pour le Moyen-Orient et l'Afghanistan (Centcom). C’est-à-dire que ce n’est pas un service d’instruction un peu autonome qui enquête, mais le commandement lui-même. Et bien le résultat est absolument surprenant : il y a eu des « erreurs » et des « ratés », mais rien qui ressemble à un crime de guerre. Joseph Votel adopte la ligne de défense de Sven Mary : les cadres militaires de l’aviation US sont des petits cons, qui ont l’intelligence d’un cendrier vide. Des buses, incapables de commettre un tel crime.

    Évidemment, ces conclusions étaient totalement attendues, et elles n’apportent donc rien. En revanche, ce qui est sidérant, c’est l’attitude de MSF.

    L’ONG réaffirme qu’il s’agissait bien d’un crime de guerre et « exige » l'ouverture d'une enquête « indépendante et impartiale » qui serait conduite par une « commission internationale humanitaire » afin d'établir les faits. Le tout entouré d’une logorrhée verbeuse, qui permet à une presse assoupie de parler de l’intransigeance de MSF. Sauf que dans ce que dit MSF, tout est bidon.

    MSF « exige »… mais auprès de qui ? et en fonction de quel texte ? quel cadre juridique ?  Ce n’est pas une exigence, mais un caprice. De plus, quel statut et quel pouvoir pour cette « commission internationale humanitaire » ? Le droit sans procédure ? C’est de la pure illusion, un spectacle de maniement des mots,… alors qu’il existe un moyen très simple d’avoir recours à une vraie justice, reposant sur de vrais textes, et pour prononcer de vraies sanctions.

    L’Afghanistan a ratifié le traité de la Cour pénale internationale (CPI), et tout crime de guerre commis sur le territoire peut être jugé par la CPI. Il suffit de déposer plainte. Le gouvernement afghan ne le fera jamais car il en a pris l’engagement auprès des États-Unis, conditions imposées pour que les troupes US restent sur place. En revanche, une ONG peut parfaitement déposer plainte.

    Donc c’est très clair :

    - soit MSF dépose plainte devant la Cour pénale internationale, il y aura alors une enquête internationale visant l’application du droit ;

    - soit MSF ne le fait pas, et se contente de ses discours verbeux, et chacun comprendra que l’ « ONG » (ie : non gouvernementale) est tellement liée au système occidental qu’elle ne peut rien faire contre les États-Unis. Dont acte.

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  • Politique étrangère : 219 soldats morts depuis 2000, on en parle ?

    Petite info dénichée sur Le Monde (Occidental) : 219 soldats français sont morts à l’étranger depuis 2000.

    Vu de loin, on peut se dire « pourquoi pas ? ». Le soldat qui s’engage sait qu’il expose sa vie. Mais on ne peut en rester là, car il faut aussi poser la question « pourquoi ? ».

    En Afghanistan, 90 soldats ont péri en dix ans. Pourquoi ? Pour quel résultat ?

    35 sont morts en ex-Yougoslavie, pendant l’opération Trident : Pourquoi ? Pour quel résultat ?

    27 sont morts en Côte d’Ivoire, pendant l’opération Licorne. Pourquoi ? Pour quel résultat ?

    Les autres lieux de la mort pour notre armée ? Le Gabon, l’Egypte, le Mali…. Pourquoi ? Pour quel résultat ? Pourquoi 17 morts au Mali ? Pour qui ?

    Parmi les 219 décès recensés du 1er janvier 2000 au 13 avril 2016 par le ministère de la défense, 175 portent la mention « morts pour la France ». Quelle France ? Avec quelles consignes ? Et qui défend quoi ? Qui défend pour qui ? Au nom de quoi et pourquoi sont morts les 90 soldats morts en Afghanistan ? Quels intérêts la France a-t-elle défendus en Afghanistan ? Est-ce que cela valait 90 morts ?

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    La grande tradition des vies sacrifiées

  • Mein Kampf enfin réédité

    Il y a de cela une dizaine d’années, et cherchant depuis plusieurs dizaines d’années, j’avais enfin pu trouver sur le merveilleux marché aux livres du quai de la Pêcherie, à Lyon, un exemplaire de Mein Kampf. Un petit billet bleu et mes amitiés à ce si fidèle libraire. Un vrai messager de la culture. Tout est expliqué là. Le texte se trouve facilement sur Internet,… mais le livre, c’est autre chose.

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    Très franchement, je m’étais régalé à lire ce texte pour essayer de comprendre comment des mots écrits dans l’une des plus belles langues et dans un pays berceau de la culture occidentale, avait pu conduire à l’avènement du pouvoir fasciste, avec cette alliance terrifiante entre les groupes financiers et industriels et la plus sereine des dictatures, pour arriver, presque par logique, à l’emballement du crime avec la politique d’extermination des Juifs, des Tsiganes et homosexuels. Une guerre mondiale, le combat héroïque de l’Armée rouge parvenant à inverser le sort des armes, et un génocide de 6 millions de morts.

    Un jour, j’ai confié ce livre à une amie, qui en a fait le meilleur profit, et la confié à une autre amie, et depuis je n’ai pu retrouver ce livre du crime.

    Donc, retour vers Fayard qui va à nouveau publier Mein Kampf, devenu de domaine public.... mais Fayard insiste pour dire qu'il publie avec des commentaires critiques, pour bien nous expliquer tout le mal qu'il faut penser de ce livre. Nous sommes tellement demeurés que Fayard estime indispensable de nous prendre la main pour nous dire que ce que dit Hitler, « ce n’est pas bien », et que l’histoire a laissé ses preuves. 

    Je trouve cela très lourdingue, mais surtout inquiétant. On nous bassine matin midi soir avec la merveilleuse école, le creuset de la République, on nous gave de cérémonies mémorielles et de garde-chiourmes juridiques interdisant de penser comme il ne faut pas… Bref, c’est une politique d’Etat pour mettre en garde et condamner,… Et au final, on fait le constat que malgré cela, notre cerveau n'est pas prêt à lire un livre. Nous voici sous le statut assez lamentable de "lecteur sous tutelle". 

    Qu'il y ait des livres critiques sur ce livre, bien sûr et et il tant qu'ils veulent. Mais estimer que nous ne sommes pas capables de lire ce livre sans explications appuyées montre que nous sommes considérés comme des décérébrés, avec un esprit si peu structuré qu'on ne peut nous faire confiance. 

    Le droit, et donc la défense des libertés, est notre bien commun. Pour que ça marche, il n’est pas besoin que chaque citoyen ait sa maîtrise en droit. Il faut d'abord qu’il garde son cerveau branché. Cela suppose aussi de combattre toutes les politiques d’asservissement.

    - Et donc ?

    - S’instruire, et penser par soi-même.

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    Ahmad Shah Massoud, tué le 9 septembre 2001, deux jours avant le « 11 septembre » 

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