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  • Distillerie Patrice Allègre à Moulins-Yzeure

    al-ambik-alambic.jpgLa prison, c’est n’importe quoi. La loi pénale organise le hors la loi. Exagération ? Découvrez plutôt cette incroyable info distillée par le quotidien La Montagne, ce 24 avril, et vous aurez une idée assez juste du bazar ambiant qui est la vie quotidienne des prisons.

    Patrice Alègre, vous connaissez. Généreusement qualifié de « tueur en série », appellation que la loi ignore, notre concitoyen a un pedigree il est vrai peu recommandable : en dernier lieu, réclusion criminelle à perpétuité pour cinq meurtres et six viols. Le genre de client que l’administration pénitentiaire surveille comme le lait sur le feu. Et ce d’autant plus que cette condamnation est purgée dans un centre de détention, à Moulins-Yzeure (Allier).

    Or, problème. On a retrouvé dans la cellule de Patrice Alègre « plusieurs litres d'une boisson alcoolisée ». Et une fabrication maison ! Oui, j’ai bien dit fabrication.

    Patrice Alègre a comparu ce mercredi 22 devant la commission de discipline pour détention d’alcool. La Montagne explique : « Un alambic artisanal peut facilement se bricoler à partir d'une boîte métallique assez solide pour être chauffée et un petit tuyau pour récupérer l'alcool. » Facilement – entendu comme facilité scientifique – certes, mais cela donne une idée assez juste de la surveillance exercée dans des établissements tels Moulin-Yzeure. alcool_interdit_prison.jpg

    Et le meilleur est à venir : il s’agissait d’une récidive.

    Un gardien, resté anonyme, explique à La Montagne : « Les détenus savent faire de tout avec n'importe quoi. Une serpette avec une brosse à dents dont les poils ont été fondus sur un bout de lame de rasoir ; un poinçon avec un os de poulet, etc. Et même de l'alcool : C'est aussi courant que les armes ou les téléphones portables ».

     

    Ah, les téléphone portables ! Cela m’en rappelle une bien bonne. Vous vous rappelez peut être, en septembre dernier, à la maison d’arrêt de Varces, près de Grenoble (Isère), l’histoire dramatique d’un détenu qui avait été abattu dans la cour de la promenade par un tireur posté sur une colline en hauteur. Dans les minutes qui avaient suivi, la prison avait été gagnée par un incendie… et les premiers à avoir appelé les pompiers… avaient été les détenus, grâce à leurs illégaux portables utilisés depuis les cellules. J’imagine la tête du pompier au standard : « Bonsoir, il faudrait venir, car ma cellule est menacée par le feu… »

     

    Donc, pour Allègre, boire un coup, ça compte. Et comme il est aléatoire de faire entrer de la bibine via le parloir, il a installé un alambic dans la cellule.

     

    Tout va donc très bien dans les centres de détention : les prisonniers, avec un canon dans le nez, grâce à leur alambic, prennent des nouvelles de la famille, grâce à leur portable planqué. C’est le début de la réinsertion, sans grever le budget de l’Etat.

     

    Une attitude finalement méritoire, et la commission interne de discipline ne s’est pas trompée, renonçant à une sanction sévère : Patrice Alègre a été condamné à huit jours de confinement dans sa cellule,  c’est-à-dire qu’il est privé de promenade pendant huit jours.

     

    Je comprends son soulagement : il a évité la réprimande, qui est devenue, moralement,  la pire des sanctions.

     

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    Réprimande disciplinaire
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