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al janabi

  • Irak : Prison à vie pour un soldat US

    iraq_war_topix.jpgC’était le 12 mars 2006, à Mahmoudiya, à une trentaine de kilomètres au sud de Bagdad. Quatre morts retrouvés dans une maison : le père, Kacem Hamza Rachid Al Janabi, son épouse, Fakhria et un petite fille de 6 ans, Hedil, abattus par des balles tirées à bout portant, dans une chambre de la maison. Dans une autre pièce, le corps affreusement mutilé d’une jeune fille de 14 ans, Abeer al-Janabi. Violée, frappée avec un objet tranchant, puis achevé d'une balle dans la tête. Les assassins avaient mis le feu à la maison, et le corps de la jeune fille a été retrouvé pour partie calcinée.

    Les secours, des soldats irakiens et américains, sont vite arrivés, mais les assassins étaient déjà loin. Une version s’est imposée : c’était un  commando d'une milice irakienne, proche d’Al-Qaïda qui avait procédé à ce massacre, par vengeance sur un fond religieux, car la famille était chiite. A Mahmoudiya, passé le temps de la stupeur, l’incrédulité s’était installée car rien ne cadrait dans cette version. Pour commencer, il n’y avait aucun doute sur le fait que la famille était sunnite. Les témoins ont commencé à poser mille questions, mais qui pouvait alors les entendre ?  

    Le 1er juillet 2006, un porte-parole de l’armée américaine a du reconnaître que ces crimes étaient le fait de quatre militaires américains, emmenés par le soldat Steven D. Green, 22 ans. Les militaires avaient décidé de violer un irakienne, puis de la tuer. Ils avaient repéré la jeune Abeer, qui leur est apparue une bonne cible, alors que la famille de quatre personnes ne comportait qu’un seul homme, le père. Une semaine de préparation et de repérages. Le jour fatal, les quatre s’étaient déguisés avant d’envahir la maison. Steven D. Green a regroupé le père, la mère et la fille et les abattus, pendant que les trois autres violaient la jeune fille. Il les a rejoint, pour cette scène terrifiante de viol, puis d’assassinat. Un début de feu avec du kérosène, et les soldats avaient rejoint leur poste de contrôle à 200 mètres, prêts pour êtres les premiers secours. Les faits étaient restés secrets, mais un jour, l’un d'eux a fait quelques confidences à des collègues, et l’affaire s’est ébruitée.

    Selon le Code pénal militaire américain, les quatre soldats encouraient la peine capitale.

    Steven D. Green a été renvoyé de l'armée pour troubles de la personnalité avant que l’affaire éclate, et il a été jugé par des juridictions civiles. Au mois de mai, un jury l’avait déclaré coupable de 17 chefs d'accusation dont viol, meurtre et obstruction à la justice, mais n'était pas parvenu à l'unanimité pour le condamner à la peine capitale.

    Steven D. Green a reconnu les faits comme « vraiment destructeurs et mauvais » mais a ajouté: « Vous pouvez décider que je suis un psychopathe ou un prédateur sexuel mais si je n'étais jamais allé en Irak, je n'aurais jamais été rattrapé par ce genre de chose. » Pour son avocat, « Steven Green est responsable du viol et des meurtres, mais les Etats-Unis ont échoué avec Steven Green. »

    Ce vendredi 5 septembre, le juge fédéral du Kentucky, Thomas Russell, a condamné Steven D. Green à cinq peines de prison à vie consécutives sans aucune possibilité de libération conditionnelle pour ce crime « inimaginable, injustifié et inexcusable ».

    Les trois autres soldats, Jesse Spielman, Paul Cortez et James Barker ont été condamnés par une cour martiale à la prison à vie.

     Abeer al-Janabi

    L'oncle d'Abeer al-Janabi

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