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  • Cannabis : Briser le secret de famille

    9782700721683.jpgCannabis, surtout ne pas en parler. La République normale est en danger électoral maximal depuis que Cécile Duflot a commis le crime maximal de rappeler ce que son parti a toujours dit et ce que pensent tant de concitoyens. Ouh la la, la raclée…

    Il faut dire qu’elle est un peu imprudente, vu la punition infligée à François Rebsamen, qui pendant la campagne avait proposé de maintenir la sanction pénale pour la fumette, mais pour n’en faire qu’une contravention. Le fidèle ami s’était aussitôt fait rayer des cadres, alors qu’il était ministre de l’Intérieur potentiel (d’une autre trempe que notre jeune marié qui négocie en douce une indemnité de 1 700€ pour rester conseiller municipal à Evry)(là, je suis hors sujet, mais celui-là, il ne passe pas)(d’ailleurs, on verra les dégâts à terme).

    Parler du cannabis est le crime absolu. Rien n’est plus grave. Bambi-la-déserteuse avait pendant la campagne traité Poutine de summum de la brutalité, mais injurier le dirigeant d’un Etat si important dans le monde vaut une promotion. Par contre, parler du cannabis… Horreur totale, ticket pour l’enfer. C’est no return.

    Tous ces faux-culs me font bien rire car ce qu’ils expriment avec leurs déclarations grandiloquentes genre « moi vivant, jamais » c’est juste leur peur panique, due à une absence totale de réflexion.

    Pourquoi est-il interdit de poser la question de la légalisation de l’usage du cannabis ? Oui, pourquoi ?

    Tout le monde sait que ça fume de tous côtés, des lycées aux maisons de retraite, des prisons aux plus belles administrations. Tout le monde sait que la drogue étant illicite, les gros besoins du marché font prospérer la délinquance organisée, la pire. Tout le monde sait qu’une fumette ne fait pas plus de dégâts d’une bonne cuite. Tout le monde sait que sans les ravages de l’alcool et du tabac, les hôpitaux seraient en faillite pour manque d’activité. Tout le monde sait que le cannabis est une addiction parmi d’autres, comme l’alcool, le tabac ou les jeux, lesquels sont joyeusement gérés par l’Etat, avec de bonnes rentrées fiscales à la clé. Tout le monde sait que, sur le front de la grande délinquance, la situation empire et après chaque nouveau règlement de compte à Marseille, on voit le procureur Dallest décrire, un peu blasé, les ravages de cette guerre des gangs qui est celle du contrôle du marché de la drogue. 000787406.jpg

    Si on légalise la distribution, comme pour les toxiques que sont l’alcool et le tabac, l’Etat prendra une part de marché aux délinquants : ça m’intéresse. Les consommateurs occasionnels n’auront pas à s’approcher des milieux mafieux : ça m’intéresse. L’accès sans tracas au cannabis limitera l’accès avec tracas à d’autres drogues, beaucoup plus dangereuses : ça m’intéresse. La vente légalisée pourra être l’occasion de contacts avec des services sociaux ou médicaux : ça m’intéresse. La société regardera en face l’une de ses maladies, au lieu de la cacher sous la misère : ça m’intéresse.

     

    Je suis tout-à-fait prêt à entendre que je me trompe et que la légalisation est une grave erreur. Mais pour cela, il faut en parler, et il en est bien temps car la situation actuelle est en échec sur tous les plans.

    Une chose est sûre : cette loi du silence est très nocive, car elle empêche toute évolution.

    Notre ami Lacan nous avait expliqué que « on a mal à dire la maladie ». Nous y sommes. Rien ne fait plus peur que de dire les mots les plus simples, nés dans le cœur, et coincés juste en dessous du gosier.

    Alors, gentille République normale, allonge-toi sur le divan, détends-toi, et dis-nous quelle petite fille tu étais à sept ans…

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  • Buvons un coup avec les flics

    bieregalliadeux.jpgSolidarité avec les CRS !  J’ai grand plaisir à manifester ma solidarité gouleyante avec nos amis les flics, soudains privés de piccolo lors de leur pause casse-croûte. Le syndicat Unité police SGP-FO mobilise les troupes sur le thème « c’est exagéré ». Interdit d’interdire, bien vu camarades.

     

    C’est une bière qui a mis le feu aux poudres : des photos publiées en octobre dernier sur le site Bakchich montrant des CRS en tenu de bal, pendant la pause, avec le sandwich dans une main, et une bière dans l’autre. Je m’attendais bien entendu à l’interdiction du sandwich, qui n’entre pas du tout dans le régime Dukan. Et bien non, c’est la bière qui a trinqué.

     

    Pourtant, cette bière était bénie par une circulaire du 20 mars 2000, NOR/INT/C/00/00061/C, du ministère de l’Intérieur et de la Vigne : « Les boissons de 2ème groupe, c’est à dire les boissons fermentées non distillées telles que le vin, la bière, le cidre, le poiré, les vins doux naturels, ne sont autorisées qu’en accompagnement des principaux repas ». Cette règle reste d’application… sauf pour les CRS dixit une note interne.

     

    C’est bien sûr complètement faux cul, car on ne reproche pas aux flics de boire un canon avec leur casse-croûte, mais d’avoir été pris en photo. Bon, il y a pire drame, et la montée au créneau des syndicats de policiers a de quoi faire sourire. Mais il y a depuis quelques temps un  envahissement par l’hygiénisme social, et je trouve très salutaire cette réaction contre les interdits sanitaires, qui glorifient chaque jour davantage la volonté de modéliser nos vies.

     

    C’est bien le cas de le dire : ils nous saoulent !    

     

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  • Conduire bourré… aux frais de son patron !

    2073.jpgUn conducteur routier, blessé lors d’un accident alors qu’il conduisait son camion en état d’ébriété, reste protégé par le régime des accidents de travail, à la charge de son employeur (Chambre sociale, 17 février 2011, n° 09-70802). L’arrêt peut surprendre, mais il est dans la ligne classique de la législation sur les accidents de travail.

    Un conducteur poids lourds effectuait pour son employeur une tournée de ramassage de linge d'hôtellerie quand il a perdu le contrôle du camion et est parti dans le décor, se blessant dans  l’accident. Arrivée des gendarmes et des pompiers, et là petit problème : l’alcootest s’est montré positif,… et bien comme il faut. Le conducteur en était à 1, 21 g/ l et on a trouvé une bouteille de porto dans la cabine du camion.

    Aussi, l’employeur a contesté devoir la protection au titre des accidents de travail, qui se traduit par une hausse de ses cotisations sociales.

    Pour lui, le salarié a interrompu sa mission et a commis des actes non compris dans l'exercice de ses fonctions en absorbant de l'alcool. Le salarié s’est rendu coupable du délit intentionnel de conduite sous l'influence de l'alcool, méconnaissant le règlement intérieur. Pour ce faire, il a profité du fait qu’étant seul et loin de l’entreprise, il échappait au contrôle de l’employeur.

    La Cour d’appel a rejeté son argument (Cour d’appel de Nancy, 9 septembre 2009).plaque-publicitaire-brenot-4.jpg

    D’abord, le plus simple. Le salarié n’a pas, pour un motif personnel, indépendant de son emploi, fait une pause ou un détour, une visite étrangère à son activité ou qu'il ait, à un moment ou un autre, abandonné son poste pour absorber de l'alcool. Il ne s’était donc pas, au moment des faits, placé en dehors du lien de subordination.

    Ensuite, la question piccolo. L’état alcoolique et la présence dans le camion d'une bouteille de porto ne sont pas suffisants. En effet, « l'état d'ébriété dans lequel se trouvait le chauffeur, lors de son accident de la circulation, constituait certes une infraction pénale, mais ne faisait pas disparaître le lien de subordination et est sans incidence sur l'application de la législation de sécurité sociale ».

    La faute intentionnelle de la victime, qui exonère l’employeur, est caractérisée par un fait dirigé contre soi-même ou contre autrui, ou par un acte de malveillance dont l'auteur est lui-même victime. La conduite sous l'empire d'un état alcoolique n'a pas pour conséquence d'entraîner soudainement une lésion corporelle et ne constitue pas une faute intentionnelle à l'origine de l'accident excluant toute prestation.

    La Cour de cassation, le 17 février, a confirmé cet arrêt de la cour d’appel. Toute lésion survenue au temps et au lieu du travail doit être considérée comme résultant d'un accident du travail, sauf s'il est rapporté la preuve que cette lésion a une origine totalement étrangère au travail ou que celui-ci n'a joué aucun rôle dans son apparition.

    Cette conduite en était d’ivresse est une faute grave, qui permet le licenciement immédiat. Mais c’est aussi un accident du travail, pour lequel l’employeur doit sortir le chéquier.

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  • Alcool: Le gouvernement recule

    5oq7unb6.jpgVive la loi, vice de la loi : l’open bar, c’est une horreur absolue, mais la dégustation promotionnelle d'alcool, c’est de la convivialité heureuse. Comprenne qui pourra. Roselyne vient de se fracasser contre le mur de l'acool. Elle n’est ni la première, ni la dernière.

     

    L’objet du délit, c’est l’article 24 du projet de loi Hôpital, patients, santé et territoires (HPST). Un texte clair et net, prévoyant qu'il est « interdit d'offrir gratuitement à volonté des boissons alcooliques dans un but promotionnel, ou de les vendre au forfait ».

    Donc,

    - picoler parce que c’est bon, et que ça fait du bien, reste légal, vive Verlaine ;

    - enivrer à l’œil, pour donner les habitudes de consommation, est interdit, vive Verlaine encore.

     

    C’est vrai : imaginez-vous l’auteur des Fêtes galantes à une soirée sponsorisée par un industriel fabricant d’apéritifs anisés, bénéficiaire en bourse malgré la crise, ou à une dégustation de pinard dans la galerie marchande d’une grande surface destinée à la consommation des ménages ?

     

    Vous n’imaginez pas, et moi non plus. Apprendre à déguster, parfois glisser jusqu’à s’enivrer, avec le plaisir, sans drame, de rompre les amarres, rejoignant les marins du port d’Amsterdam, immortalisés par Jacques Brel… Que du bon.buvette.gif

    Le vin, c’est de la culture, et de la culture universelle : de la Bourgogne au Chili, en passant par l’Australie et la Géorgie, célébrée comme rarement par le poète perse Omar Khayam.  Même chose pour tant d’autres alcools. Ouvrez la boîte aux nuances des whiskies... C’est un voyage qui commence… Rien à voir avec l’alcoolisation sur commande, financée par des puissances industrielles, et gérée comme la création systématisée d’une accoutumance, en vue d'une dépendance..

     

    C’est l’une des puissances intellectuelles de l’UMP, Thierry Mariani, qui a réagi à la menace qu faisait peser l’article 24, en apostrophant la ministre.


    « L’article 24 du projet de loi comporte différentes mesures visant à lutter contre le fléau que constitue l’alcoolisme massif des jeunes. Si nous souscrivons naturellement à cette démarche, et si nous vous soutenons sur ce point, l’une de ces mesures est quelque peu ambiguë : destinée dans votre esprit à réglementer les seuls open bars, elle pourrait conduire une administration ou une justice parfois un peu trop tatillonnes à remettre en cause les dégustations proposées dans les caveaux, les salons professionnels, les foires et les fêtes des vins ».

     

    valat0712.jpgApprécions au passage le bonnet d’âne collé sur une justice trop tatillonne,… qui bêtement lit la loi et l’applique.

     

    Roselyne Bachelot aurait pu faire comme la chèvre de Monsieur Seguin, genre chercher à lutter, quitte à lâcher à l’aube. Non, elle a préféré solder son article 24 en moins de temps qu’il n’en faut pour se coller un canon au fond du gosier : « Il n’a évidemment jamais été question d’interdire les dégustations, les fêtes traditionnelles, les salons, les fêtes oenologiques diverses qui font partie de notre culture française et de notre culture viticole ». Il y a quelques années, la bataille parlementaire avait été de sauvegarder les buvettes des stades, car le sport sans alcoolisation, c’est comme une voiture sans carburant, avait admis le législateur. Aujourd’hui, il est ainsi légal « d'offrir gratuitement à volonté des boissons alcooliques dans un but promotionnel, ou de les vendre au forfait » du moment que ça reste dans les traditions françaises.

     

    Et l’article 24 est explosé. Je pense que les députés sont allés arroser ça à la buvette.1618309778_small.jpg

     

    Pour la ministre, reste un bel exerce de grand écart : rester « ferme » sur l’interdiction des « open bars » et « la vente d’alcool aux mineurs » en encourageant « les fêtes et dégustations d'alcool », au nom de nos traditions.  Un amendement, « travaillé avec l'ensemble des députés », est programmé, Rozelyne s’agenouillant respectueusement devant les alcooliers réunis : « Je reconnais volontiers que la rédaction qui avait été proposée méritait d'être précisée pour éviter toute confusion. »

     

    J'attends donc avec intéret la nouvelle rédaction de l'article, qui éviera les lectures "tatillones" des juges. Avant d’aller arroser cette bonne nouvelle, je me permets de vous rappeler cette belle tradition française, aussi : les 15-24 ans forment le quart des morts sur la route. Encore un domaine où il semble facile de parler que d'agir.

     

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