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  • Liberté pour les Indiens

    Liberté pour les Indiens. « Découverte d’une tribu isolée en Amazonie », annoncent les journaux, avec photos à la clé. La réalité est sensiblement différente. Car les photos, prises depuis un hélicoptère, de cette tribu ne sont pas la preuve d’une découverte, mais le rappel à l’opinion que ces populations, connues depuis des décennies, sont menacées par ceux qui cherchent des terres à exploiter : compagnies minières et d'hydrocarbures, chercheurs d'or, agriculteurs.

    C’est la Fondation nationale brésilienne de l’Indien (FNUAI) qui a publié ces photos, précisant qu’il s’agit d’une tribu vivant coupée du monde dans l'État brésilien d'Acre, à la frontière du Pérou. Ces Indiens sont sédentaires et cultivateurs.

    Il serait intéressant d’en savoir plus ? Sans aucun doute, mais la FNUAI se l’interdit. Ils existent, et respectons cette existence. La Fondation précise que le moindre contact, même pacifique, pourrait provoquer la mort d'une grande partie de ces Indiens, leur corps n'étant pas immunisé contre les maladies que nous serions susceptibles d’importer.

    Un droit légitime à l’existence

    Ce cas n’est pas le seul. Loin de là. On estime à environ 70 ces tribus vivant dans l’isolement. Plus globalement, c’est la question des populations indiennes. Le Brésil a officiellement reconnus 580 territoires comme indigènes, mais le régime juridique de protection tarde à se mettre en place. Plus de 500 ans après l’arrivée des colons portugais, les revendications restent pourtant simples. Ces  peuples, parce qu’ils existent, ont le droit de vivre librement sur leur propre territoire : le lien qui unit les populations indigènes à la terre doit être reconnu comme la base de leurs cultures, de leur vie spirituelle et économique.

    L’outil juridique n’est rien d’autre que la Constitution brésilienne, qui fait obligation au gouvernement fédéral de transférer ses terres ancestrales à la population indienne du Brésil et le rend responsable de la protection de ces terres, dans son chapitre VIII « Des Indiens ».

    « Art 231. – L’organisation sociale, les coutumes, les langues, les croyances et les traditions des Indiens sont reconnus. Leur sont aussi reconnus leurs droits originaires sur les terres qu’ils occupent traditionnellement. Il est à la charge de l’Etat Fédéral de les délimiter, de les protéger et de faire respecter tous leurs biens.
    « Les terres traditionnellement occupées par les Indiens sont celles qu’ils habitent de manière permanente, celles qu’ils utilisent pour leurs activités de production, celles nécessaire à la préservation des ressources naturelles indispensables à leur bien être et celles nécessaire à leur reproduction physique et culturelle selon leurs us, coutumes et traditions.
    « Les terres occupées traditionnellement par les Indiens sont leur propriété définitive et ils ont l’usage et la jouissance exclusive du sol, des rivières et des lacs s’y trouvant.
    « Les terres définies par le présent articles sont inaliénables et les droits qu’ont les Indiens sur elles sont imprescriptibles. »

    « Art. 232. – Les Indiens, leurs communautés et organisations peuvent ester en justice pour ce qui concerne la défense de leurs droits et de leurs intérêts. Le Ministère Public intervient au cours de toutes les phases du procès. »

    Sur le plan international, il faut citer comme principaux textes la Convention-Cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (New York, 9 mai 1992), complétée par le Protocole de Kyoto 11 décembre 1997, la Convention 169 de l’Organisation Internationale du Travail sur les Populations indigènes et tribales, (Genève, 5 septembre 1991) ou la Déclaration sur les forêts, signée à la Conférence de Rio (CNUCED, Rio de Janeiro, 5 juin 1992.

    Des populations menacées

    Amnesty international ne cesse d’alarmer sur le sort les populations indiennes du Brésil : « Les Indiens continuent à être victimes d’attaques, de massacres, et de toutes sortes de violences et de discriminations, souvent commis en toute impunité. Les gouvernements qui se sont succédé ne se sont pas acquittés de leur obligation de reconnaître pleinement et définitivement les droits des Indiens à la terre, obligation qui leur incombe devant la communauté internationale et en vertu de la constitution du pays. »

    La grande difficulté est que l’Etat fédéral ne s’implique pas suffisamment dans la garantie du droit à la propriété de la terre. « Pendant des dizaines d’années, les Indiens ont été chassés de leurs terres par la violence exercée par ceux qui cherchaient à s’approprier celles-ci. Cette violence se poursuit aujourd’hui, alimentée par divers intérêts qui sont en compétition et au nombre desquels figurent les entreprises et les prospecteurs, qui cherchent à exploiter les ressources naturelles, les éleveurs de bétail, les propriétaires terriens qui, illégalement ou en toute bonne foi ont acquis des titres de propriété sur les terres des indigènes, les compagnies forestières, et l’armée qui, au nom de la sécurité, cherche à réduire et limiter les territoires indiens dans les régions frontalières. » Les dirigeants indigènes qui mènent campagne pour accélérer les transferts de propriété terrienne ont reçu des menaces de mort, ont été victimes d’attaques et d’assassinats.

    Comment traitons-nous les Indiens ? Question d’humanité, mais aussi question de liberté.

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