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  • Tapie : L’Etat pris la main dans le sac

    Tapie est une grande gueule qui, question business, n’a jamais fait rien d’autre que de racheter pour pas un rond des entreprises en faillite. Il vendait aussitôt es actifs fragiles, réinvestissait le fruit de ces ventes sur l’entreprise, lui redonnant ainsi des couleurs très provisoires, et il revendait très vite l’entreprise ainsi dopée, sans avoir investi ni avoir mouillé la chemise. Merci à la loi du grand humaniste Badinter Robert, et merci aux services du grand humaniste Borloo Jean-Louis, avocat du prédateur.

    L’affaire Adidas00794896-photo-affiche-le-voleur.jpg

    Les affaires ayant pris de l’ampleur, Bernard Tapie, en août 1990, rachète Adidas pour 1,6 milliard de francs (240 millions d'euros). C’est la gloire. Fin 1992, il entre au gouvernement du socialiste Mitterrand François, et doit se séparer de ses affaires. Il le fait d’autant mieux qu’il les sait fragiles. Il donne mandat à la SBDO, une filiale du Crédit Lyonnais, de vendre et fixe le prix à 2 milliards. 400 millions de francs (610 Millions d’euros) en deux ans pour son génie.

    Voici comment, en jouant la procédure et les réseaux, il obtiendra finalement 210 millions d'euros, payés par le contribuable. Et on appelle ça un homme d'affaires... Un mendiant, oui.

    La cession est réalisée un an plus tard, en février 1993, à un groupe d'investisseurs… En réalité, ces investisseurs sont des coquilles vides, et c’est une filiale du Crédit Lyonnais qui a conclu. Une banque d'affaires, c'est son job : acheter pour revendre. 

    En décembre 1994, les coquilles vides manœuvrées par le Crédit Lyonnais revendent les actifs à Robert Louis-Dreyfus, pour 4,4 milliards de fancs. Bernard Tapie, via ses liquidateurs, se réveille et réclame une plus-value dans l’enrichissement dont à profité le sympathique Crédit Lyonnais.

    Mais, triste réalité des chiffres, la baudruche se dégonfle, et le groupe de Bernard Tapie est placé en liquidation judiciaire en décembre 1995.

    La liquidation de Tapie et le CDR

    Dans le même temps, le Crédit Lyonnais plonge, emporté par ses frasques. On crée une scission entre les bonnes affaires, qui restent « Le Crédit Lyonnais » et affaires pourries, confiées au « Consortium de Réalisation (CDR) », une structure étatique à 100%, qui gère entre autres les affaires Tapie.

    Les liquidateurs de Tapie attaquent le CDR, es-qualité d’héritier du Crédit Lyonnais, et en 2004, la Cour d'appel de Paris condamne le CDR à verser 145 millions d'euros de dommages et intérêts à Tapie. Le CDR fait appel et, victoire, en octobre 2006, la Cour de cassation casse cet arrêt.

    Vous savez comment ça marche. La Cour de cassation ne rejuge pas les affaires. Elle ne s’occupe que de donner la solution juridique. Dans son arrêt de 2006, elle a dit que le Crédit Lyonnais, donc le CRD, n’avait commis aucune faute dans la gestion du mandat. C'est plumeau pour Nanard. Elle renvoie l’affaire à la Cour d’appel de Paris, qui va appliquer la solution juridique dégagée par la Cour de cassation. Pour Tapie, ce sera une main devant, une main derrière, et pour le contribuable « Pas un rond ». Film-Ali-Baba-Et-Les-40-Voleurs.jpg

    C’est là qu’entre en jeu une certaine élection présidentielle de mai 2007, et un Sarko qui croit alors, que pour assurer sa réélection de 2012, il faut recycler toutes les vieilles mamies du PS : Koukouch au gouvernement, DSK au FMI et Tapie gavé de pognon.

    Et c’est là qu’intervient la grande entourloupe

    Le CDR, c’est-à-dire l’Etat, a tout gagné devant la Cour de cassation. Il reste une formalité : la Cour d’appel qui va appliquer l’arrêt de la Cour de cassation et dégager Tapie : zéro euro, zéro centime.

    Oui, mais voilà. Tapie va pleurer chez Sarko, et lui dit que contre quelques centaines de millions d’euros, il est prêt à quitter la glorieuse Gauche pour adorer la non moins glorieuse Droite.

    Et là, c'est l'enchantement.

    En décembre 2007, Lagarde renonce à l’arrêt de la Cour de cassation, et décide de s’en remettre à un tribunal arbitral ! La justice d’Etat est bafouée, et permet à Tapie de plaider sa cause en excluant l’arrêt de la Cour de cassation !  Contribuables, sortez-vos chéquiers pour enrichir le plus célèbre des mendiants, Tapie Bernard.

    En ce début 2011, l’affaire rebondit.

    La Cour des Comptes a réexaminé tout le processus, et elle tombe vite que l’évidence : l’Etat a trahi les contribuables pour arranger Tapie, lequel a déclaré sa flamme à Sarko.

    Le gouvernement savait que le reclours à l'arbitrage était illégal. Or, il a organisé cet arbitrage et a renoncé à exercer un recours après la sentence.

    La Cour de Comptes, qui juge les comptes mais non les personnes, a saisi la Cour de discipline budgétaire et financière (CDGF), qui juge les personnes, ie les hauts fonctionnaires impliqués dans cette affaire.

    Bien sûr, ces hauts fonctionnaires, qui ont signé les documents au nom du CDR, n’ont pas agi de leur propre chef. Les boss s’appellent Lagarde et Sarkozy. Ils ont décidé, contre toutes les évidences et tous les avis donnés, de renoncer à la jurisprudence de la Cour de cassation pour libérait l’Etat de tout paiement pour s’en remettre à une procédure d’arbitrage qui favoriserait Tapie. Lequel manifesterait en retour son amour pour Sarko. braquage_alahongroise.jpg

    Les hauts fonctionnaires en cause risquent bien de se faire ratiboiser par la Cour de Discipline Budgétaire et Financière, car si j’en lis le rapport de la Cour de comptes, ils ont tout fait pour assurer la magouille. Jean-François Rocchi, président du CDR, avait convaincu le conseil d'administration de cette structure d'abandonner les procédures judiciaires.

    Ils vont donc se prendre une dégelée, bien méritée, mais qui ne réglera pas tout.

    On passe aux vrais responsables ?

    Sarko et Lagarde sont les vrais responsables. Il faut prévoir une saisine de la Haute Cour de Justice. Ca prendra du temps, mais les faits sont tellement limpides que ça va cartonner, un jour ou l’autre.

    C’est Christine Lagarde qui a donné l'ordre à Jean-François Rocchi de recourir à la procédure d'arbitrage, alors que les services de Bercy déconseillaient ce choix.

    Autre fait grave : la Cour des comptes a exprimé, au moment des faits, dans un référé adressé au premier ministre, ses doutes sur la capacité du CDR à recourir à une procédure d'arbitrage, normalement interdite aux établissements publics.

    Résultat de l’arbitrage : 210 millions d'euros sur le patrimoine contrôlé par Tapie (Soit 1,3 milliards de francs pour les 2 milliards réclamés), dont 45 millions de préjudice moral, empoché personnellement et hors impôts, aux frais de l’Etat. Selon d’autres calculs, le chiffre exact serait de 260 millions d’euros. 03C003C000903878-photo-affiche-le-voleur-et-la-menteuse.jpg

    A l’époque, tout le monde avait dénoncé l’entourloupe pour ce Tapie, qui s’enrichissait en dormant: Adidas acheté .

    Selon le Nouvel Obs, Rocchi aurait mis sa démission dans la balance et modifié des procès-verbaux de séance du conseil d'administration pour que le businessman empoche ces indemnités au montant outrageant, alors qu’un recours était possible contre la sentence.

    Lagarde avait ensuite raconté : « Mes services m'ont indiqué que après déduction des impôts et des créances détenues par l'Etat 30 millions d'euros devront être réglés au bénéfice des époux Tapie ». Nouveau mensonge, grotesque.

    Nanard, tu rends le fric ?

    Mais vient l’autre volet. Il faut que Tapie rende l’argent. Sarko et Lagarde ayant refusé d’exercer les voies de recours, la sentence est définitive. Pour revenir sur cette sentence, ne peuvent agir… que les parties intéressées, à savoir Sarko et Tapie ! C’est mal barré… Et il faudrait que le gouvernement prouve qu’il a été fraudé… alors qu’il a été complice du fraudeur de A à Z. Seule l’opinion publique peut faire trembler ces gougnafiers.

    Le bureau de la Commission des finances de l’Assemblée, manifestement écœurée par ces magouiles, a décidé de publier un certain nombre de documents qui s’annoncent instructifs : l'ensemble des comptes rendus des auditions qui se sont déroulées sur le sujet en Commission des finances, le rapport d'information rédigé à la demande de la Commission, les référés de la Cour des comptes et les réponses, ainsi qu'une note du Président de la Commission des finances.

    Tous ces mecs sont malades de l’argent. Ca les perdra.

    Pïerre Mendès-France

    Un autre époque, celle de la République

  • Sarkozy a adopté Tapie

     

    Sarkozy a adopté Tapie. De vrais pros, ce gouvernement. Le matin, Rama Yade annonce un plan pour relancer l’adoption. A midi, on apprend que Sarkozy a adopté Tapie.

    Rappelez vous. C’était en mars 2007. Le rejeton Tapie, héros du Parti radical de gauche (PRG) et ministre de la Ville de François Mitterrand, appelait à voter Sarkozy, avec son ancien avocat Borloo comme entremetteur : « Aujourd'hui, il n'y a pas photo : Sarkozy et Borloo ont mes faveurs. »

     

    La famille PRG n’avait pas aimé. Papa Jean-Michel Baylet avait pris sa grosse voix pour condamner « cette attitude pitoyable » : « A partir de ce jour, Bernard Tapie n'est plus des nôtres. Quand on a été ministre de François Mitterrand, qu'on a porté haut et fort les valeurs du radicalisme, on n'a pas le droit de se commettre avec Nicolas Sarkozy ». Et Maman Christiane Taubira avait promis au chenapan une fessée : « Il n'y a pas de passerelle possible entre le radicalisme, son exigence républicaine pour l'égalité des droits, son enracinement dans la laïcité et son idéal de concorde d'une part et d'autre part la vision guerrière de Nicolas Sarkozy, son communautarisme furtif, son opportunisme de carrière, sa manie de restreindre les libertés, ses logiques d'affrontement social, des politiques d'inégalités ». Un conseil de famille, et la sanction était tombée : le petit Bernard avait été exclu le 5 avril.

    A la rue, l’occupant de l’hôtel de la rue des Saint Pères ? Mais non, il était tout simplement placé dans sa famille d’accueil, chez Nicolas. Placement en vue d’adoption dit le sage Code civil, histoire de voir si tout marche bien. Nicolas n’a pas chômé.

    Il fallait d’abord arranger notre impétueux Bernard, endetté jusque là, et qui venait de tout perdre devant la Cour de cassation. Pas de souci. On arrête la justice, et on choisit un tribunal arbitral, dans lequel figure une gloire du PRG, l’avocat Jean-Denis Bredin. Avec le résultat que l’on sait.

    Après, amadouer la famille. Les petits cadeaux entretiennent l’amitié. Christiane Taubira se voit confier une mission d’études. Un ancien dirigeant du PRG de l’époque Tapie, Jean-François Hory, est nommé au Conseil d’Etat. Un accord est donné pour abaisser à 15 le nombre de parlementaires nécessaire pour constituer un groupe : pilepoil pour le PRG. Amitié pour amitié, le groupe PRG de l’Assemblée vote la réforme de la Constitution, avec Jean-Michel Baylet qui arrive à déclarer sans pouffer de rire (Quel métier !) : « Nous avons voté selon nos convictions. C’est notre conception de la vie publique. Quand on est pour, on vote pour, et quand on est contre, on vote contre. » Consécration ce jour : l’Etat, lourdement condamné par le tribunal arbitral, renonce à faire un recours et versera à ce chérubin de Tapie son préjudice moral. Bichette...  

    Donc, l’adoption. Mais il y a le choix.

    Le plus net aurait été l’adoption plénière. Mais les effets sont… radicaux, comme le dit l’article 356 du Code civil : « L'adoption confère à l'enfant une filiation qui se substitue à sa filiation d'origine : l'adopté cesse d'appartenir à sa famille par le sang, sous réserve des prohibitions au mariage. »  Ca faisait quand même beaucoup, et pour bien finir ce marché du centre gauche, il y avait plus malin.

    Aussi a été choisie l’adoption simple, définie par l’article 364 : «L'adopté reste dans sa famille d'origine et y conserve tous ses droits, notamment ses droits héréditaires. » Et surtout, très intéressant, joue l’article 367 : « L'adopté doit des aliments à l'adoptant s'il est dans le besoin et, réciproquement, l'adoptant doit des aliments à l'adopté. »

    Nicolas l’adoptant et Bernard l’adopté gardent leur famille d’origine mais deviennent des co-obligés alimentaires. C’était si simple,… il suffisait de le dire ! Mais, ne leur en voulez pas. A la vérité, ces cœurs purs sont de grands timides.

     

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