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  • 8.000 euros par mois pour Madame : Fillon est cuit

    L’annonce-clé du programme Fillon est qu’il faut supprimer 500.000 emplois dans la fonction publique, et tant pis si ça saigne, parce que tous ces emplois sur fonds publics pour ne rien faire, ou si peu, ça suffat comme ci.

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    Pour ce soir, je vais être le plus doux et le plus bienveillant des procureurs. Fillon nous explique que son épouse corrigeait ses discours, recevait d’innombrables personnes qui voulaient le voir et qu’il ne pouvait pas voir, le représentait dans des manifestations et des associations, et faisait la synthèse de la presse.

    Un peu surpris, quand même, de découvrir que le groupe UMP ne faisait pas de synthèses de la presse à destination des députés, et que chacun devait se débrouiller par ses propres moyens… Mais, pas de polémique pour ce soir : Fillon, le roi du petit commerce, va transmettre à la justice les masses de mails quotidiens montrant ce travail permanent entre lui et sa douce. Ainsi, il ne sera pas mis en examen, et pourra se présenter aux présidentielles. La présomption d’innocence, ça existe. Nous verrons en temps réel l’évolution de l’enquête, alors keep cool (Et préparons nous à de bonnes rigolades).

    Mais, je pose alors trois questions à notre sabreur de 500.000 emplois publics :

    1/ Comment justifies-tu qu’une personne dont le boulot consiste corriger des discours, recevoir des personnes au nom du boss, représenter le boss dans des manifestations et auprès associations, et faire la synthèse de la presse soit rémunérée à 8.000 euros, sur fonds publics ?

    2/ Dans ton plan de suppression de 500.000 emplois publics, envisages-tu de supprimer cet emploi ou de le conserver ?

    3/ Tu sais quel est la rémunération moyenne en France ? 2.202 euros. Est-ce que, par hasard, tu ne te foutrais pas de notre gueule, joli enfoiré ?

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  • 1250 € pour une heure de vie des petites fesses de Sarko

    Notre Sarko a le derrière délicat. Il est vrai qu’habitué au trône de la République, dans notre curieux pays qui élit un roi tous les cinq ans, le président sortant – et presque sorti – n’allait pas confier son auguste train à la première gare venue. Chez ces gens-là, qui pètent dans la soie, la miction et le transit ont droit à la robinetterie de luxe. Tel était notre président : pas de bibliothèque, mais des chiottes.

    Pour le meeting de Bordeaux du 3 mars 2012, qui selon l’excellent Sud-Ouest, a débuté à 17 h pour s’achever à 18h 17, Libénous apprend que l’on confectionna des chiottes dédiées aux fesses candidates à la présidentielle pour un montant de 1250 €. Presque trois mois de RSA…

    Alors, mon Nico, que ce fut pour un pipi ou un étron, vois-tu, c’est quand même très cher, et je dois te dire qu’à nos yeux d’humains, toi qui a mis notre pays plus bas que terre, tu es définitivement ridicule. Ridicule et ridicul. Dégage, s’il te plait, et moi je tire la chasse.

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    Les latrines romaines, Musée de Saint-Romain-En-Gal

    Moins cher et durable

  • Villepin, le clochard à 100.000 € pour un jour

    CIPN20058.jpgUn jour qui compte pour notre grand dadais de Dominique Galouzeau de Villepin : 100.000 €. Un authentique braquage. C’est notre so british friend The Telegraph qui publie l’info, et je vous la répercute bien volontiers car, loin du pessimisme dépressif ambiant, elle vous rendra le sourire : oui l’administration française, loin des indexations de misère de la mère Lebranchu, reste une terre d’opportunités.

    Dominique Galouzeau de Villepin est un p’tit gars de l’ENA, de la promotion Voltaire (Que son âme repose en paix), celle de François H. et de Ségolène R. Un bon p’tit gars de l’administration, de 1980 à 1993. Donc treize ans.

    La politique le faisant frétiller, il a largué l’administration pour devenir dir’cab de Juppé, alors ministre des affaires étrangères de Balladur. En mai 1995, Chirac, élu en niquant Ballamou, a nommé Dominique Galouzeau de Villepin secrétaire général de l’Elysée. En 1997, il se démène pour obtenir de Chirac la dissolution de l’Assemblée Nationale, avec l’excellent résultat que l’on connait… Un visionnaire. Je lis aussi que, pendant cette période, Dominique Galouzeau de Villepin a été nommé (par le Saint-Esprit) président du conseil d’administration de l’Office national des forêts (ONF) de 1996 à 1999. Ce qui correspond 1) à ses compétences de diplomate, et 2) à sa vie de paysan de la France de nos campagnes.

    Bon, mais tout ça, ça ne fait que 13 ans de carrière dans l’administration des affaires étrangères... Un peu juste pour la retraite.

    Mais en ce mois de septembre 2013, notre excellent Dominique Galouzeau de Villepin a ressenti l’envie furieuse de reprendre le chemin de son bureau. Une envie furieuse et fugace : le lendemain, il avait déjà déguerpi. En fait, il était juste venu faire acte de présence un jour, ce qui lui permet de récupérer une prime de retraite de 100 000 euros. Tout ceci est bien légal, de la légalité des lascars.

    Totalement pourri ? Oui, en effet. Allez, chère amies, chers amis, on fait le point demain : celui qui aura gagné une place gratuite à un meeting de l’UMP. 

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  • Fric : On vise Bruxelles, mais les snipers sont à la City de Londres

    Pour faire moderne et branchouille, rien de mieux que de taper sur les technocrates de Bruxelles, et d’assaisonner Bruxelles, ce temple de la finance qui organise l’hyper-libéralisme et le règne de l’argent, détruisant toutes nos braves sociétés. Libérez-nous de Bruxelles, et tout ira bien, bêlent tous les seconds couteaux qui se voient déjà en haut de l’affiche, de Marine à Montebourpif.

    Sauf que les faits sont têtus. Ils montrent que le centre financier est à Londres et que Bruxelles cherche avec obstination à en contenir les excès. Ce qui explique aussi la politique constante des autorités britanniques – Thatcher, Blair, Cameron – à savoir : « le moins d’Europe possible ».

    C’est l’Autorité bancaire européenne (EBA) qui vient de faire le point.

    A Londres, on trouve plus de banquiers gagnant plus de 1 million d’euros par an que dans tout le reste de l’Union européenne : 2.436 contre 3.175 pour le reste de l’Europe. Oki ?

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    Les revenus de ces petits chéris, tout dévoués au bien être des masses populaires ? Les 2.436 ont empoché 3,5 milliards d’euros en un an (pour situer, les US versent 2 milliards par an à l’armée d’Egypte ; le budget des restos du cœur est de 150 000 euros). 784 millions d’euros en fixe, et 2,7 milliards en variable. Cela représente en moyenne 1,4 million d’euros par gus.

    L’assainissement est en œuvre. Leur nombre a chuté par rapport à 2010, où ils étaient 2.525 gagnant 2,3 millions en moyenne. Dans toute l’Europe, les politiques de régulation font sentir leur effet. A plus d’un million, le chiffre est passé en France de 292 en 2010 et 162 fin 2011 ; en Allemagne, de 195 à 170 ; en Espagne on en compte 125, en Italie 96 en Italie et aux Pays-Bas 36.

    Le système va devenir plus mordant encore en 2014, grâce à l’excellent travail du Parlement et u Conseil européens, parvenus à un accord le 27 février 2013 : la partie variable de la rémunération des banquiers ne pourra dépasser le niveau de la partie fixe, sauf accord explicite des actionnaires (vote d'au moins 66% des actionnaires). C’est le Parlement qui a pesé pour obtenir cette limitation, et le premier opposant état le gouvernement Cameron, qui s’était montré le fidèle porte-parole de la City.

    A nouveau, merci l’Europe. 

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  • Sarko… Rêves d’argent, et réalité des dettes

    Le Conseil constitutionnel, présidé par le vieux chiraquien Jean-Louis Debré, a donc épargné à nos finances publiques le paiement de 11 millions d’euros, en rejetant le compte de campagne de Sarko-le-Cramoisi. L’UMP va se débrouiller pour trouver les sous, mais sinon c’est pour la poche de Sarko : 150 conférences à 100 000 dollars, et en réalité le double car il faut inclure les charges et impôts. Sarko est tricard.

    Allo, Roland Dumas? l_argent_1936,1.jpg

    Le compte de campagne de l’endetteur forcené avait été rejeté par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP), et Sarko avait fait appel. Le dépassement se situe à 2,1% du total autorisé, et l’UMP hurle que le Conseil aurait du être indulgent : sauf que la loi, votée par l’UMP, n’a pas prévu ce genre d’indulgence.

    Le Conseil constitutionnel n’avait aucune marge de manœuvre, maintenant que l’on sait, grâce aux juges d’instruction, à quel point Dumas Roland avait magouillé pour valider le compte de campagne de Balladur de 1995, et alors que la justice enquête sur ce compte et celui de Sarko 2007. Le Conseil étant doté de l’instinct de survie, la surprise est du niveau zéro.

    Ça, c’est la vision politique. Mais comme il s’agit aussi d’une décision de justice, il faut la lire pour apprécier s’il s’agit de l’application la loi, ou d’une injustice suprême propre à faire pleurer Monsieur La Plume (dans la pénombre).

     

    La procédure

    Le débat a été sérieux.

    Après l’appel de Sarko-le-Cramoisi, la CNCCFP a  remis six mémoires en défense, les 21 février, 9 et 30 avril, 29 mai, 4 et 11 juin 2013, et par Sarko-le-Cramoisi autant, les 20 mars, 19 avril, 24 mai, 4, 27 et 28 juin 2013. Soit deux mémoires après l’audience du 18 juin 2013 : le Conseil est trop bon.

    Ne se satisfaisant pas de ces excellents écrits, le Conseil a fait sa petite enquête, et il a interrogé :

    - Christian Frémont, ancien directeur du cabinet de Sarko-le-Cramoisi,

    - Sylvie Hubac, directrice du cabinet de Sarko-le-Cramoisi,

    - Bernard Carayon, maire de Lavaur,

    - Jean-François Copé, président de l’UMP,18793415_jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx.jpg

    - Henri Proglio, président directeur général d'EDF (sûrement parce qu’il est au courant),

    - Dominique Duhamel, président du directoire de la société Parc du Futuroscope,

    - Hubert Falco, maire de Toulon,

    - Pierre Giacometti, président de la SAS Giacometti-Péron,

    - Patrick Buisson, président de la SARL Publi-Opinion, et conseiller de Sarko-le-Cramoisi,

    - Jean-Marc Ayrault, directeur de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes

     

    La méthode de jugement

    Pour financer sa brillante défaite, Sarko-le-Cramoisi avait un budget d’un peu plus de 21 millions d’euros.

    Pour savoir si le compte est bon, on applique les articles L. 52-12 et L. 52-4 du code électoral, et c’est assez simple : le compte de campagne doit retracer l'ensemble des dépenses engagées ou effectuées en vue de l'élection par le candidat ou pour son compte pendant l'année précédant le premier jour du mois de l'élection. Donc, le juge procède à un pointage, ce n’est pas plus compliqué.

     

    Ce qu’a jugé le Conseil constitutionnel

    Le Conseil s’est tout d’abord montré critique vis-à-vis de la CNCCFP, réintégrant dans le compte de campagne quelques dépenses. Mon excellent confrère Philippe Blanchetier n’a pas plaidé pour rien… Ont été réintégrées des dépenses concernant des réunions publiques tenues par Monsieur La Plume (dans la profondeur des ténèbres), des frais d’impression d’un tract et une part minime des frais de sondages. S’agissant des déplacements présidentiels critiqués par le PS comme étant en fait des déplacements de la campagne électorale, le Conseil a été bienveillant pour la plupart, sauf pour le meeting de Toulon sur la sécurité, qui était totalement cornaqué par l’UMP.

    En fait, tout s’est joué sur le meeting de Villepinte.les-quatre-fantastiques-et-le-surfer-argent.jpg

    Le meeting de Villepinte du 11 mars 2012, lancement de la présidentielle, a coûté 3 042 355 euros. Or, Sarko-le-Cramoisi n’a inscrit à son compte de campagne que 1 538 037 euros, correspondant à 50,4 % de ce montant, le reste étant à la charge de l’UMP. Motif : le matin s’était tenu un conseil national extraordinaire de l’UMP consacré à la préparation des élections législatives.

    Ouah, la blague…  Ce conseil avait duré moins d’une heure et avait intéressé au maximum 5 000 personnes, alors que le meeting de l’après-midi, le show de Sarko et de Depardiou, avait réuni plus de 50 000 personnes. Assez rigolo pour justifier un partage par moitié, mais la suite est encore mieux.

    Le Conseil a demandé à Sarko et à l’UMP de produire l’importante documentation liée la réunion du matin, mais il n’a été produit aucun document « établissant que les thèmes abordés et les interventions avaient alors trait aux élections législatives et non à l'élection présidentielle ». Et l’UMP a été dans l’impossibilité de justifier des dépenses de ce conseil national extraordinaire… Sarko-le-Cramoisi a dit le coût moyen d'organisation d'un conseil national de l'UMP serait de l'ordre de 800 000 euros, mais sans le moindre justificatif… Ont été ainsi réintégrées 80 % des dépenses d'organisation et 95 % des dépenses de transport.

    Au total, le Conseil a réintégré 1 669 930 euros, ce qui fait exploser le compte : 22 975 118 euros de dépenses et 23 094 932 euros de recettes. C’est plié.

     

    *   *   *

    Il reste juste deux remarques.

    Sarko-le-Cramoisi annonce qu’il démissionne du Conseil constitutionnel - ce qui ne veut rien dire car c’est du fait de la Constitution qu’il est membre à vie - et il annonce qu’il va reprendre du service. Les mecs de l’UMP sont-ils assez givrés pour se ranger derrière celui qui leur a fait perdre toutes les élections, a ruiné l'UMP et a fait disparaitre la frontière avec le FN ? A suivre.

    Les juges d’instruction qui enquêtent sur les financements de 1995 et de 2007 seront très intéressés de découvrir  la souplesse comptable du mec… alors qu’il cherche à obtenir du Trésor public le versement de 11 millions d’euros !

    A part ça, l’UMP, qui croule sous les dettes, nous gratifiera demain de savantes déclarations sur ce vilain gouvernement qui  ne sait pas tenir son budget. Sans parler de nos amis grecs…

     

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