La une des lecteursTous les blogsles top listes
Envoyer ce blog à un amiAvertir le modérateur

14.03.2011

Nucléaire : Le tabou français

403px-Robida_vie_electrique.pngEt que dirait l’ami Copé d’un grand débat sur la place du nucléaire dans la République ? Ca nous changerait un peu de sa fiévreuse danse du ventre devant les musulmans, et ça permettrait de parler d’un vrai sujet.

Le nucléaire en France reste la dernière zone régie par le droit soviétique : pas touche et tout va bien ; si tu critiques, tu es un ennemi de la nation.

Notre vaillant pays sait se passionner pour des questions absolument essentielles : la grève d’entrainement de deux heures des joueurs de l’équipe de France, l’installation d’une ourse dans les Pyrénées, un Quick qui ne sert que de la viande halal, l’ouverture des magasins le dimanche, les repas végétariens à la cantine de l’école, les deux concours concurrents de Miss France, les sifflets contre la Marseillaise dans les stades de foot,…

Notre non moins vaillante UMP a découvert – merci Monsieur Copé ! – qu’on n’avait pas parlé de l’islam depuis au moins 5 ans. D’où vite un  débat d’urgence, sur le thème « Devrons nous changer la loi de 1905 à cause le l’islam, ce alors qu’aucun responsable religieux musulman n’a jamais demandé de modification de la loi ? » Le débat s’annonce passionnant.

Aussi, si le cerveau de notre bon Copé n’est pas totalement essoré par ces puissantes réflexions, je lui propose un autre sujet : le nucléaire.

Là c’est bien simple : il n’y a jamais eu de débat sur le nucléaire pour cause de sûreté de l’Etat.1284977615.png

Tout est parti du général à titre provisoire De Gaulle Charles, qui voulait la bombe pour faire un bras d’honneur aux Ricains. Questions pour le débat : que veut dire notre armement nucléaire, marque mortelle de l’indépendance militaire, alors que la guerre froide a pris fin et que nous avons, sous Sarko-Koukouch, intégré le commandement militaire de l’OTAN ? La France n’étant rien sans l’Europe, quel plan pour la gestion de cette arme ? Question complémentaire : eu égard à ce qu’est la guerre depuis cinquante ans, des conflits locaux qui font des populations civiles les premières victimes, quel intérêt pour la focalisation sur le nucléaire ? En annexe : nos sous-marins nucléaires servent à quoi ? Si Copé est en en forme, on pourrait même lui demander quelles doivent être les missions actuelles de l’armée française, après un bilan objectif des trente dernières années. On commencerait par notre action en Afghanistan, puis on poursuivrait par le Rwanda. De petites révisions à prévoir... T’as une idée, Copé ?

Pour le nucléaire civil, ce n’est pas mieux. Une cause nationale que l’on comprend vite : des centaines de milliers d’emplois, une mémère EDF qui est dans tous les grands équipements du pays et qui soigne les élus locaux comme un conseil général le fait pour l’enfance en danger, des syndicats surpuissants qui pourraient casser le pays par une grève de huit jours et pour lesquels on a toutes les attentions, des secteurs-clés de la recherche financés et contrôlés de près, et des journaux qui bavent devant les campagnes de pub d’EDF. Alors, bien sûr, on ne va poser de questions idiotes, du genre : pourquoi la France est-elle le seul pays dépendant à 80% du nucléaire ? Quel est le coût de toute la filière, depuis l’extraction du minerai au Niger jusqu'au recyclage des déchets ? Dans quelles conditions et avec quelles contreparties gère-t-on l’exploitation des mines en Afrique ? Sur la base de quels critères est-il décidé d’implanter des centrales à l’étranger, et par exemple en Chine ou dans les pays du Golfe ? Pourquoi la part des énergies renouvelables reste-t-elle si faible ? Pourquoi maintenir ce seuil à 80 %, qui hypothèque les trente années qui viennent, alors que tous les pays sont sur le recul de la part du nucléaire ?

Copé, comme le PS, ont raison de se méfier : si on se met à parler des questions qui comptent, on verra vite qu'ils n’existent plus.

50652459.jpg
Tabou

30.06.2008

Carcassonne: L'armée prend l'eau

 

Carcassonne : L’armée prend l’eau. Ce qui s’est passé à Carcassonne ce dimanche restera un des évènements les plus graves de l’année.

Quelques heures plus tard, à coup sûr, on ne sait pas tout. Mais on sait au moins l’essentiel. Ce devait être une journée tranquille. Une journée comme mille autres. L’armée agit, et les militaires veulent le faire savoir. L’opération du jour, c’était une démonstration de libération d'otages du Groupe de commandos parachutistes (GCP) du 3e Régiment de parachutistes d'infanterie de marine (RPIMa).

Le colonel Benoît Royal, chef du Sirpa-Terre, le service d'information de l'Armée de terre, raconte la suite à sa manière : « Pour une raison incompréhensible, des munitions à balles réelles ont été utilisées à la place de cartouches à blanc ». Et de faire part  de « l'incompréhension et la perplexité » de l'armée de terre devant cet événement. L'auteur des coups de feu, un sergent du 3e RPIMa, a été placé en garde à vue. Bilan, ce dimanche soir : dix-sept blessés, avec le pronostic vital engagé pour deux des blessés, dont un enfant, et deux autres dans un état grave.

Et notre colonel d’ajouter : « La thèse qui prédomine, c'est qu'il y a eu erreur, sous réserve des investigations qui sont engagées par la gendarmerie ».

Une erreur… Errare militarum est ? Mais il se fiche de qui le colonel Benoît Royal?

Un erreur ! Peut être l’hypothèse d’une faute toute même, mon colonel, si ça ne perturbe pas trop le moral des troupes ? Allez, peut-être même notre colonel aurait-il pu évoquer l’hypothèse d’un crime. Viser des personnes et tirer avec des balles qui tuent, c’est un crime dit le code pénal. C’est au moins une question, avant de ratiociner sur l’erreur qui n’est en peut être pas une…

Poursuivons l’enquête pour aider le colonel Benoît Royal. Des balles réelles mises à disposition des militaires lors d’un journée porte ouverte, c’est, disons, au moins fâcheux. Quelque part, un crétin qui n’a pas coché la bonne case. Un autre a introduit les balles dans l’arme, sans distinguer la balle à blanc et la balle réelle, c’est encore plus fâcheux. Les beaux livrets militaires ne prévoient pas une petite étiquette ou un signe distinctif , mon colonel ? Car, si la faille est dramatique aujourd’hui à Carcassonne, elle le saurait autant en Afghanistan si nos soldats faisaient aussi l’erreur, en attaquant les talibans avec des balles à banc. Il ne se fiche pas un peu des victimes, et de notre poire, le colonel Benoît Royal ?

Chacun devant apporter son concours à la justice, je pose une question complémentaire pour aider le colonel Benoît Royal. S’il y a dix sept victimes, il sera difficile de soutenir qu’il n’y a eu qu’une seule balle. Ce qui veut dire que lorsque la première victime s’écroule, atteinte par erreur, la malchance s’est acharnée avec seize autres tirs par erreur ? 

Notre vaillant Hervé Morin, rescapé du suffrage universel et réfugié politique au ministère de la défense, annonce une enquête de commandement. Dans d’autre temps, et avec d’autres meures, le ministre aurait déjà présenté sa démission. Mais on ne lâche pas une bouée de sauvetage comme ça. Surtout par temps agité.

Quant à Sarkozy c’est peut dire que cette affaire vient au plus mauvais moment, alors qu’il vient de faire deux annonces qui bouleversent la vie militaire, et la politique de la défense, avec 54 000 postes supprimés dans les armées et la France qui s’apprête à rejoindre le commandement militaire de l’OTAN. Une vraie révolution, qui pour le moins, le place en délicatesse avec le monde militaire, à commencer par le haut encadrement. 

Aussi, il va falloir suivre au plus près le film des évènements, qu’il s’agisse de l’enquête ou des décisions politiques. En attendant, l’armée qui va défiler devant Bachar el-Assad donne bien l’impression de prendre l’eau, et de toutes parts.

 

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu