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  • Mur des cons : C’est une œuvre d’art !

    Oh quel pataquès avec ce « mur des cons »… découvert dans les locaux du Syndicat de la Magistrature. Des plaintes qui pleuvent comme à Gravelotte, des indignations allant jusqu’à demander la dissolution du syndicat. Et le syndicat qui ne trouve rien d’autre pour se défendre que de parler d’un truc de potaches…

    Le mur des cons

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    Chacun a vu ce qu’il en est. On est dans une salle de réunion du Syndicat de la Magistrature, et un mur est couvert de photos de personnes, qui sont ainsi regroupées parce qu’elles sont qualifiées de « con ». On lit en effet cet avertissement : « Avant d’ajouter un con, vérifiez qu’il n’y est pas déjà ».

    Françoise Martres, présidente du Syndicat a expliqué à Métro : « Pour nous, c'est un non-évènement. Ce mur est quelque chose de complètement privé et interne au syndicat. Ce mur est quelque chose de complètement privé et interne au syndicat. Il s'est construit à une époque bien particulière, durant les années Sarkozy, où les magistrats étaient vivement critiqués et ont fait l'objet d'attaques très violentes de la part d'une certaine droite. Et particulièrement le Syndicat de la Magistrature avec parfois des choses assez nauséabondes. Il a surtout servi de défouloir. Alors oui, ce sont des blagues qui ne sont pas vraiment très futées et qu'on peut ne pas apprécier. Nous sommes absolument déconcertés de voir qu'elles sont diffusées. Ce n'est pas quelque chose de public. On n'insulte pas les gens publiquement ». Elle ajoute : « Ce sont des blagues de potaches, c'est vraiment de ce niveau-là ».

    La qualification pénaleliberté d'expression,artiste,syndicat

    La qualification pénale ne fait pas beaucoup de doute. Traiter quelqu’un de con, c’est une injure au sens de l’article 29, 2° alinéa de la loi de 1881 sur la liberté de presse : « Toute expression outrageante, termes de mépris ou invective qui ne renferme l’imputation d’aucun fait est une injure. »

    Cette injure est devenue publique par le fait de la diffusion dans la presse, mais ce n’est pas le fait du syndicat. Lorsque l’injure est proférée en privé est une contravention de première classe, définie par l’article R 621-2 du Code pénal, et passible selon l’article 131-13 du Code pénal d’une amende de 38 euros.

     

    38 euros par le tribunal de police, comme peine maximale, c’est pas bézef. Mais il faut dire aussi que l’injure privée est la plus con des infractions : tu injuries quelqu’un en faisant tout pour qu’il ne la sache pas.

     

    Le mur invite à collectionner les cons, ce qui oriente la qualification, mais ça ne clôt pas le débat. C’est au juge de se prononcer… et je veux dire au juge-juge qui juge le juge-syndicaliste.

     

    Or, pour certains, ce n’est pas évident, et je pense en particulier au cas de Brice Hortefeux, qui est représenté avec le sigle du FN sur le front, et avec la légende « L’homme de Vichy ». Donc, on l’affiche comme con, mais on l’accuse de traître, ce qui induit une idée, et pas seulement un outrage, et on peut discuter la qualification de diffamation.

     

    Le fait que le mur soit dans une salle de réunion et donc visible par plusieurs personnes ne suffit pas à le rendre public au sens de la loi. On retiendrait, par référence à la jurisprudence de la Cour de Cassation, qu’il y a une « communauté d’intérêts » entre les membres du groupe, qui partagent des objectifs et une aspiration commune. Il en serait différemment si le mur se trouvait dans un hall d’accueil.

    Pour la culpabilité, tous les auteurs ne pourront être identifiés… mais la présidente du Syndicat de la Magistrature assume cette publication. En revanche, sérieux problème avec la prescription qui est de trois mois...

    La qualification disciplinaireliberté d'expression,artiste,syndicat

    Il est de principe qu’un fait commis en dehors des fonctions statutaires mais rejaillissant sur la considération due à la profession est de nature disciplinaire.

    De même, si la jurisprudence reconnaît au syndicaliste une liberté d’expression spécifique, cette marge accordée ne fait pas disparaitre l’obligation de réserve.

    Un magistrat doit se conduire avec délicatesse dans les rapports humains, et avec le souci de défendre la considération dûe à la profession.

    Aussi, on est certainement ici en zone limite, surtout si la seule défense est de revendiquer les blagues de potaches.

    En réalité, tout ceci reste mineur. Qu’on se rassure : le Syndicat n’a pas de compte en Suisse… et rien ne permet d’évoquer la partialité des juges.

    La furie des réactions ne résulte que d’un effet d’aubaine pour ceux qui n’ont jamais pu piffrer l’action de ce syndicat. S’il fallait engager des poursuites chaque fois que quelqu’un lors d’une réunion amicale a lâché le mot de con à l’égard d’un autre, on ferait exploser les tribunaux !

    Mais le Syndicat pourrait peut-être mieux se défendre.

    Une œuvre d’art contemporainliberté d'expression,artiste,syndicat

    Que cherchent les auteurs de ce mur ? Certainement pas à injurier les nominés, car sans la caméra cachée d’Atlantico, tout serait resté secret.

    Non, ils ont voulu faire le tableau vivant d’une donnée sociale très forte : ceux qui discréditent la Justice. Et comme ils estiment être les mieux placés pour défendre la Justice, ils ont embarqués ceux qui contestent leur action.

    Et oui, c’est un tableau vivant, une sorte de crèche de leurs affreux attitrés. L’ensemble occupe un mur, ce qui est le lieu naturel d’exposition d’une œuvre, et l’effet esthétique de cette foule de portraits est certain. C’est un hommage aux collages des grands maîtres qu’ont été Picasso et Braque, et ce qui séduit, c’est le côté collectif et mouvant de l’œuvre. Chaque jour, on peut retirer un portrait ou en ajouter un autre. Il est seulement demandé d’éviter les doublons. C’est de l’art vivant : donner à voir.

    De plus, la conception de cette œuvre est à l’honneur de ces artistes restés anonymes, qui matent leur égo par l’effort collectif, bien dans l’esprit de la grande histoire syndicale française : « Marchons côte à côte, et frappons ensemble ! ».

    Enfin, le choix artistique établit l’engagement des auteurs. Le confort nous amène à choisir pour la décoration de nos bureaux les plus amicales des œuvres. Aussi, je m’attendais à trouver dans les bureaux du Syndicat de la Magistrature des reproductions de La Liberté guidant le peuple de Delacroix, Les amoureux de la Liberté de Matisse, ou une allégorie de la Justice, par exemple la magnifique de Gaetano Gandolfi. Non, rien de cela.

    Avec une grande force de caractère, nos amis syndicalistes ont choisi d’embellir les murs de leur bureau par les portraits de ceux dont ils combattent les idées. Bravo, qui le ferait ? Imagine-t-on Copé afficher dans son bureau les photos des membres du Comité directeur du PS ? Ou les vestiaires de l’OM avec des posters du PSG ?

    Aussi, nous sommes loin d’une condamnation. Une œuvre d’art mérite protection, surtout quand elle est mouvante et éphémère. Et puis, que peut faire la Justice pour le monde ? On peut être raisonnablement pessimiste, alors que depuis Dostoïvestki nous savons que « La beauté sauvera le monde». Aussi, merci aux artistes anonymes du Syndicat. 

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    Damien Hirst, Spot Painting, 1986

  • Hadopi : Les (grands) artistes au pays de Bisounours

    bisounours1.gifLa maladie d’Alzheimer est-elle notre destin ? Troubles de la mémoire, désorientation temporo-spatiale, infantilisation, agressivité désordonnée… Si ce qui fait la différence est notre loi, le couronnement est venu avec la grandiloquente pétition de quatre artistes devenus les étoiles non filantes de ce quinquennat déjà finissant : côté chanson Juliette Gréco et Maxime Le Forestier, et côté comédie, Pierre Arditi et Michel Piccoli. Pour nous dire que combattre Hadopi, ce n'est pas bien. Ces échappés du cantou ont dit à Martine qu’elle n’était pas gentille, et Martine a tremblé. Boss au Parti socialiste en 2009, quelle vie… Il faut dire que pour celle qui a été désignée syndic de la rue de Solferino, c’est un tremblement de terre. Depuis longtemps, la carte électorale a montré que les quartiers populaires votaient à droite. Il restaient les fidèles artistes, mais les voici qui prennent le large.

    Lisons, chères amies et chers amis, cette péroraison publiée par l'excellent Le Monde, qui sait conserver son côté  « Au rendez-vous des amis »famille-roman.jpg.

    « La gauche - notre famille -, c'était le refus d'un ordre purement marchand. C'était la protection du faible contre le fort. »

    C’est l’un des signes patents de la sénilité : idéalisation de l’enfance, refus du réel. Admettons la pleine conscience des auteurs : même au CM2, on refuse ces formules en forme d’enflure.

    « En particulier pour la culture. En ne les abandonnant pas à la seule loi du marché, la gauche avait sauvé les artistes dans notre pays. C'était vrai, en particulier, des dispositions prises sous François Mitterrand. »

    Tonton, primum inter pares. Tonton contre le marché ! Tonton de la rupture avec le capitalisme ! Tonton terrassant le règne de l’argent ! Tonton qui méprisait la finance,  au point de faire payer ses factures  par d’autres. Tonton reviens...

    « Ceux de nos voisins qui n'ont pas fait ce choix-là n'ont plus de cinéma ni de musique. »

    Alors que, c’est bien connu, les forces créatrices de la culture et du cinéma français enchantent les spectateurs, au point qu’il faut sans cesse ouvrir de nouvelles salles. Et les jeunes pousses du talent s’appellent Juliette Gréco, Maxime Le Forestier, Pierre Arditi et Michel Piccoli. La loi n'a été qu'une grande réussite.

    ps 3.jpg« En vous opposant, à l'occasion de la loi Création et Internet, à ce que des règles s'imposent aux opérateurs télécom (comme vous les aviez imposées naguère aux opérateurs de télévision et de radio) pour qu'ils cessent de piller la création, vous venez de tourner le dos de manière fracassante à cette histoire commune. »

    Vieil argument du style congrès PC des années lumineuses. Enfonçons les portes ouvertes en critiquant l’absence de bonheur absolu pour tout un chacun. Il faut le bonheur pour tous ! Et l’ennemi, c’est l’autre : difficile de rater la cible, et ça évite de penser. Quel luxe !    

    « Vous étiez la résistance à la déréglementation, à la loi de la jungle et du plus fort qui assassine la diversité culturelle. Vous êtes désormais, par l'effet d'une étrange ironie de l'histoire, les avocats du capitalisme débridé contre les droits des artistes à l'heure du numérique. »

    Scoop, mes amis ! Le capitalisme débridé a son siège rue de Solferino. Il reste deux ou trois abrutis pensant que le capitalisme défend ses intérêts au sein des conseils d’administration des banques et des grandes sociétés de la finance. Que neni ! Les mastars à costar rayé sont tous regroupés rue de Solferino, et s’organisent comme des mafieux pour détruire la culture des gentils artistes.

    « Souvenez-vous-en : le droit d'auteur est un droit de l'homme. »

    Souvenons-nous, chers généreux papys, avec l’homme de la première des dernières tournées d'adieux, de nos rêves de bonheur : Souvenirs%20souvenirs%20M.jpg

    « Souvenirs, souvenirs

    « Je vous retrouve dans mon cœur

    « Et vous faites refleuri

    « Tous mes rêves de bonheur. »

    Souvenons-nous aussi que personne ne conteste la protection des droits. La seule question est que cette protection ne peut se faire par la violation d'autres. Affirmer que le débat, c'est la loi de la jungle ou Hadopi, c'est se ficher de monde. Ce pourrait-être la licence globale. Ce pourrait être aussi ce qu'a voté le parlement européen: « Aucune restriction aux droits et libertés fondamentales des utilisateurs finaux ne doit être prise sans décision préalable de l’autorité judiciaire». On abandonne la surveillance et le contrôle par une autorité administrative (la CPD du système Hadopi), en confiant la décision au juge, et en organisant un débat préalable avec la personnne concernée avant la décision.

    capitalisme-f2eb7.gif« Ce n'est pas parce que les PDG des nouvelles multinationales portent des jeans et des tee-shirt que leur âpreté et leur cupidité sont moindres. Pour être cool en apparence, le capitalisme numérique n'en est pas moins sauvagement prédateur ! »

    Ce qui voudrait dire que le gentil Che Guevara en tee-shirt fumant le cigare pendant les exécutions de ses opposants n’était pas si cool que ça ??? Tout un univers qui s’écoule ! L’habit ne fait pas le moine chantant et inversement.

    « Héraclite nous enseigne : "Le peuple doit combattre pour ses lois comme pour ses murailles." »

    La ligne Maginot réinventée par les artistes… Mais bande de nazes d’artistes fatigués, quand ferez vous la différence entre la loi et le droit ? Implorez la loi, votre piètre dieu fantasmé, et vous vous apercevrez que vous êtes à poil devant la foule qui se marre. Fichez la paix à Héraclite, et intéressez vous au droit européen qui a force supérieure à votre petite loi ! Courez vite chez votre libraire acheter au prix protégé par la loi mitterrandienne les écrits de Victor Hugo : Victor_hugo.jpg

     

    « Le droit et la loi, telles sont les deux forces; de leur accord naît l'ordre, de leur antagonisme naissent les catastrophes. Le droit parle et commande du sommet des vérités, la loi réplique du fond des réalités; le droit se meut dans le juste, la loi se meut dans le possible; le droit est divin, la loi est terrestre.

     

    « Ainsi, la liberté, c'est le droit; la société, c'est la loi. De là deux tribunes; l'une où sont les hommes de l'idée, l'autre où sont les hommes du fait; l'une qui est l'absolu, l'autre qui est le relatif. De ces deux tribunes, la première est nécessaire, la seconde est utile. De l'une à l'autre il y a la fluctuation des consciences. L'harmonie n'est pas faite encore entre ces deux puissances, l'une immuable, l'autre variable, l'une sereine, l'autre passionnée. La loi découle du droit, mais comme le fleuve découle de la source, acceptant toutes les torsions et toutes les impuretés des rives. Souvent la pratique contredit la règle, souvent le corollaire trahit le principe, souvent l'effet désobéit à la cause; telle est la fatale condition humaine. Le droit et la loi contestent sans cesse; et de leur débat, fréquemment orageux, sortent, tantôt les ténèbres, tantôt la lumière. Dans le langage parlementaire moderne, on pourrait dire: le droit, chambre haute; la loi, chambre basse.

     

    TN2-38017-Intelligence-hors-pair--.gif« L'inviolabilité de la vie humaine, la liberté, la paix, rien d'indissoluble, rien d'irrévocable, rien d'irréparable; tel est le droit.

    « L'échafaud, le glaive et le sceptre, la guerre, toutes les variétés de joug, depuis le mariage sans le divorce dans la famille jusqu'à l'état de siége dans la cité; telle est la loi.

    « Le droit: aller et venir, acheter, vendre, échanger.

    « La loi: douane, octroi, frontière

    « Le droit: l'instruction gratuite et obligatoire, sans empiétement sur la conscience de l'homme, embryonnaire dans l'enfant, c'est-à-dire l'instruction laïque.

    « La loi: les ignorantins.

    « Le droit: la croyance libre.

    « La loi: les religions d'état.

    « Le suffrage universel, le jury universel, c'est le droit; le suffrage restreint, le jury trié, c'est la loi.

    « La chose jugée, c'est la loi; la justice, c'est le droit.

    « Mesurez l'intervalle.

    « La loi a la crue, la mobilité, l'envahissement et l'anarchie de l'eau, souvent trouble; mais le droit est insubmersible. 

    « Pour que tout soit sauvé, il suffit que le droit surnage dans une conscience.

    « On n'engloutit pas Dieu. La persistance du droit contre l'obstination de la loi; toute l'agitation sociale vient de là. »

     

    In memoriam Juliette, Maxime, Pierre, Michel et consorts.

     

    Un dernier mot. Le plus étonnant est que devant la plus molle des érections des artistes français, le PS se trouve terrassé. C’est à ce genre de truc qu’on voit que Bayrou a toutes ses chances…

     

    vache-savoir-vivre-art-city-80610.jpg

     

  • Amy Winehouse : Procès impossible

    Amy Winehouse : Procès impossible. Non, pas de papier bleu pour Amy Winehouse...

     

    Vendredi soir, sur la scène du festival Rock en Seine, François Missonnier, le directeur, a les abeilles. Alors qu’Amy Winehouse est attendue sur scène pour 21 heures 30, ses agents font savoir à une heure du concert, qu’elle ne chantera pas, qu’elle n’est pas là, et qu’on ne sait d’ailleurs pas où elle est. Pourtant ses musiciens sont là, et les réglages du son ont été faits le matin. Genre lapin de chez lapin. Car, si l’affiche du festival Rock en Seine était de premier ordre, pas de doute que la star était Amy Winehouse. Et l’immense artiste avait une bonne raison de soigner les organisateurs et les spectateurs : elle les avait plantés l’an dernier.

     

    C’est la furie, mais à vrai dire une demi-surprise. Il y eut une époque où Amy Winehouse était dans le brouillard complet, de telle sorte qu’elle avait renoncé à tous ses concerts depuis novembre 2007. Elle avait repris du service depuis fin mai, au Portugal, puis en Angleterre, parfois un peu en vrac. Et annoncé qu’elle arrêterait tout en septembre.

     

    Aujourd'hui, le site officiel du festival annonce que vu les conditions de l’annulation, va être engagée une action judiciaire. Diable…

     

    J’imagine bien qu’après le vol plané de l’an dernier, les sorties diverses et variées de l’artiste sur scène et en dehors de la scène, l’accord sur la venue d’Amy Winehouse en tête d’affiche a fait l’objet de jolis contrats, avec des clauses diverses et variées, belles comme un arc en ciel, et de conséquentes pénalités à la clé. J’imagine aussi que le contrat n’est pas signée par Amy Winehouse mais par une société qui gère ses droits. Une société de droit commercial sera assignée par une autre société de droit commercial et le tribunal tranchera sur le montant de droits commerciaux. Donc un peu de sous pour les organisateurs.

     

    Beaucoup de sous ? C’est loin d’être évident. « Nul ne plaide par procureur » dit l’international dicton. En langage profane, cela signifie qu’une personne ne peut agir en justice que pour la défense de ses propres intérêts. Sauf le procureur, mais lui le fait au nom de la société, et ne réclame pas des dommages et intérêts. Il requiert l’application d’une peine, quand la faute est qualifiée par la loi d’infraction. Or, le plantage de spectateurs à un concert, c’est du civil pas du pénal.

     

    Les plus touchés, ce sont les spectateurs : privés de vedette. Mais, même pour eux, c’est loin d’être évident. Il faudrait qu’ils prouvent qu’ils ne seraient pas venus si l’artiste n’était pas à l’affiche. Preuve bien difficile. D’autant plus qu’il ne s’agit pas d’un concert annulé, mais d’un concert modifié, car il y a eu un grand spectacle vendredi soir au festival Rock en Seine, avec de grands musiciens, et tout le monde applaudissait. Et je rappelle que le festival ne peut plaider au nom des festivaliers. Donc, échec.

     

    La société organisatrice du festival, alors. Oui, il y a faute. Mais quel est le préjudice ? Les spectateurs sont venus, ont payés et n’ont pas été remboursés. Donc, pas de préjudice économique. Image de marque ? Tout le monde sait que la miss est ingérable, et personne n’impute le loupé aux organisateurs. Bien au contraire, Amy Winehouse expliquerait facilement au juge que faire figurer son nom sur une affiche renforce la notoriété d’un festival. Echec aussi sur ce plan.

     

    Reste que le contrat peut prévoir de lui-même des pénalités. Mais des pénalités quand il n'y a pas de préjudice, ça devient très discutable.

     

    Non, il ne faut pas de procès. Car au delà de cette menace de papier bleu, ce qui apparait surtout c’est la volonté de choper l’artiste dans le filet à papillons. « Elle ne s’échappera pas comme ça… ». Et si, elle s’échappera et c’est pour ça que le procès est impossible. Vous pouvez inventez tous les codes que vous voulez, jamais vous ne ferez entrer Amy Winehouse dans une procédure. Un procureur la mettait en prison, qu’elle serait encore dans nos têtes chantant Back to black.

     

    Et puis, il y a d’autant moins à lui faire de reproches qu’elle avait annoncé la couleur dans Rehab. « They tried to make me go to rehab, I said no, no, no… »

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