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  • Goldman Sachs - Otan Corp., par Manlio Dinucci

    Toujours heureux quand un ami a trouvé un bon job… Comme vous, je m’inquiétais de l’avenir professionnel d'Anders Fogh Rasmussen, qui a fini il y a quelques mois son mandat de secrétaire général de l’Otan, où il a si merveilleusement défendu notre sécurité et notre avenir. Rasmussen chomdu ? Enfin, la bonne nouvelle est tombée : il vient de trouver un nouveau job… embauché par la Goldman Sachs, la plus éthique des banques. Bien sûr, Rasmussen ne donnera jamais à la banque la moindre information militaire acquise lors de ses cinq ans de mandat,… et la Goldman Sachs ne lui demandera d’ailleurs rien, car cette banque n’est en rien intéressée par la domination du monde… Ces Etats-Unis nous prennent vraiment pour des demeurés

    Voici l’analyse de Manlio Dinucci, publiée dans il manifesto du18 août 2015, traduite par Marie-Ange Patrizio.

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    Après avoir été de 2009 à 2014 secrétaire général de l’Otan (sous commandement USA), Anders Fogh Rasmussen a été embauché comme consultant international par Goldman Sachs, la plus puissante banque d’affaires étasunienne. 

    Le curriculum de Rasmussen est prestigieux. En tant que Premier ministre danois (2001-2009), il s’est employé à « l’élargissement de l’UE et de l’Otan en contribuant à la paix et à la prospérité en Europe ». En tant que secrétaire général, il a représenté l’Otan dans son « pic opératif avec six opérations dans trois continents », parmi lesquelles les guerres en Afghanistan et Libye et, « en riposte à l’agression russe contre l’Ukraine, il a renforcé la défense collective à un niveau sans précédents depuis la fin de la guerre froide ». 

    Il a en outre soutenu le « Partenariat transatlantique de commerce et d’investissements (Tafta,) entre Etats-Unis et UE, base économique d’ « une communauté transatlantique intégrée ». 

    Compétences précieuses pour Goldman Sachs, dont la stratégie est simultanément financière, politique et militaire. Ses dirigeants et consultants, après des années de travail dans la grande banque, ont été placés dans des postes clé dans le gouvernement étasunien et dans d’autres : parmi ceux-là Mario Draghi (gouverneur de la Banque d’Italie, puis président de la BCE) et Mario Monti (nommé chef du gouvernement par le président Napolitano en 2011). 

    On ne s’étonne donc pas que Goldman Sachs mette la main à la pâte dans les guerres conduites par l’Otan. Par exemple, dans celle contre la Libye : elle s’est d’abord appropriée (en causant des pertes de 98%) des fonds d’Etat pour 1,3 milliard de dollars, que Tripoli lui avait confiés en 2008 ; elle a ainsi participé en 2011 à la grande rapine des fonds souverains libyens (estimés à environ 150 milliards de dollars) que les USA et l’UE ont « congelés » au moment de la guerre. Et, pour gérer à travers le contrôle de la « Central Bank of Libye » les nouveaux fonds retirés de l’export pétrolier, Goldman Sachs s’apprête à débarquer en Libye avec l’opération projetée par USA/Otan sous bannière UE et « conduite italienne ». 

    Sur la base d’une lucide « théorie du chaos », on exploite la situation chaotique provoquée par les guerres contre la Libye et la Syrie, en instrumentant et en canalisant vers l’Italie et la Grèce (pays parmi les plus faibles de l’UE) le tragique exode des migrants conséquent à ces guerres. Cet exode sert d’arme de guerre psychologique et de pression économique pour démontrer la nécessité d’une « opération humanitaire de paix », visant en réalité l’occupation militaire des zones stratégiquement et économiquement les plus importantes de la Libye. Tout comme l’Otan, Goldman Sachs est fonctionnelle à la stratégie de Washington qui veut une Europe assujettie aux Etats-Unis. 

    Après avoir contribué avec l’escroquerie des prêts subprimes à provoquer la crise financière, qui depuis les Etats-Unis a investi l’Europe, Goldman Sachs a spéculé sur la crise européenne, en conseillant « aux investisseurs de tirer avantage de la crise financière en Europe » (cf. rapport réservé rendu public par le Wall Street Journal en 2011). Et, selon des enquêtes documentées effectuées en 2010-2012 par Der Spiegel, New York Times, BBC, Bloomberg News, Goldman Sachs a camouflé, par des opérations financières complexes (« prêts cachés » à des conditions assassines et vente de « titres toxiques » étasuniens), le vrai montant de la dette grecque. Dans cette affaire, Goldman Sachs a manœuvré plus habilement que l’Allemagne, la BCE et le FMI, dont le joug mis au cou de la Grèce est évident. 

    En recrutant Rasmussen, avec le réseau international de rapports politiques et militaires qu’il a tissé dans ses cinq années à l’Otan, Goldman Sachs renforce sa capacité d’influence et de pénétration.

  • Je vous souhaite une santé aussi bonne que celle du CAC 40

    si_j_etais_le_patron,0.jpgChères amies, cher amis, la crise est finie : on se tape des taux de croissance qui vont faire pâlir les Chinois, et les Etats-uniens vont passer de la dépression à la mélancolie. Ce n’est pas le succès de la marinière ou du Bleu de Bresse, mais… de nos grands groupes industriels et de services, qui ont appris à conquérir le monde.

    Le CAC 40 explose toutes les prévisions,  avec un gain annuel de 15 %. C’est le lupanar ! C’est la seule info qui aurait dû circuler ce 1° janvier, alors que nous avons assisté au défilé attristant de nos brochettes de cafards locaux. Il n’y a plus de gouvernement, il n’y a plus de parlement, il n’y a plus d’opposition, mais il reste des grands groupes français qui brassent fric à la pelle à partir de leur réussite économique. 

    En 2010, le CAC 40 avait reculé de 2,15 %, et en 2011, de 17,9 %. Il a pratiquement tout rattrapé en un an. Surtout, nous sommes sur une courbe majestueuse : le CAC 40 était par terre en juin, et il a gagné 25 % en six mois.

    Bien sûr, tout ceci est dû à la vaillante politique du glorieux leader minimo, qui a repris l’agenda de Sarko en faisant Rungis et un service d’urgences pour les fêtes de fin d’année, plutôt que d’acheter normalement des cartes postales à Bormes-les-Mimosas avec la femme de sa vie.

    Euh… En fait, on m’explique que cette réussite ne doit rien à Monsieur Gochmole et doit tout au discours de la fin juillet de Mario Fraghi, président de la Banque Centrale Européenne, ancien de la Goldman Sachs, annonçant que la banque achèterait en tant que de besoin les emprunts des États européens en difficulté.

    Voilà où nous en sommes... Des gouvernements incompétents et diaphanes, et des grandes entreprises qui dominent le monde dès qu’elles ont un banquier.

    Vous n’aimez pas les patrons du CAC 40 ? Moi non plus ! Mais eux au moins n’ont pas fait comme les dirigeants politiques qui ont dépensé l’argent qu’ils n’avaient pas. Ca ne joue pas que pour l’Etat : les collectivités locales dépensent à tout va pour leur gloire. 

    Le jeu politique est devenu un divertissement, et les choses sérieuses se passent dans les grands groupes. Ca plait ou ça plait pas, mais c’est comme ça. Voter Nicolas ou François, qui font la même politique, alors tout dépend des décisions du patron de la BCE ? Ouvrons les yeux et regardons les faits.

    Tiens, par exemple : le SMIC a bénéficié ce 1° janvier d’une hausse socialiste de 0,3%, ce qui correspond à un peu plus de 3 centimes socialistes de plus par heure normale. 

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    Bonne année, bonne santé ! 

  • Dégager Pigasse, c’est maintenant !

    Les copains dans la lumière ! Il aura fallu moins de quatre mois : Hollande confie à Pigasse, le patron de la Banque Lazard, soutien omniprésent du PS, de diriger le projet de la Banque publique d’investissement. Un conflit d’intérêts gros comme le bras d’un géant.

    Qu’est qu’un conflit d’intérêts ? Les_bons_amis.jpg

    Il n’existe pas de définition juridique, et Sarko, par le décret n° 2010-1072 du 10 septembre 2010, avait confié à un groupe de trois personnes particulièrement avisées – Jean-Marc Sauvé, vice-président du Conseil d'État, Didier Migaud, premier président de la Cour des comptes, et Jean-Claude Magendie, premier président honoraire de la cour d'appel de Paris – d'étudier l'affaire. Le rapport fait 120 pages, et je ne me risque pas à en faire la synthèse. Mais les trois rapporteurs ont proposé une définition générale, et la voici :

    « Un conflit d’intérêts est une situation d’interférence entre une mission de service public et l’intérêt privé d’une personne qui concourt à l’exercice de cette mission, lorsque cet intérêt, par sa nature et son intensité, peut raisonnablement être regardé comme étant de nature à influencer ou paraître influencer l’exercice indépendant, impartial et objectif de ses fonctions.

    « Au sens et pour l’application du précédent alinéa, l’intérêt privé d’une personne concourant à l’exercice d’une mission de service public s’entend d’un avantage pour elle-même, sa famille, ses proches ou des personnes ou organisations avec lesquelles elle entretient ou a entretenu des relations d'affaires ou professionnelles significatives, ou avec lesquelles elle est directement liée par des participations ou des obligations financières ou civiles ».

    Résumons. Le conflit commence avec la simple « situation d’interférence entre une mission de service public et l’intérêt privé », si cet intérêt privé est de nature à « paraître influencer l’exercice indépendant, impartial et objectif de ses fonctions ».

    Qu’est ce que la Banque publique d’investissement ?

    On n'en sait rien, à part que c'était l’engagement n°1 de François Hollande, rien que çà.

    « Je créerai une Banque publique d’investissement. À travers ses fonds régionaux, je favoriserai le développement des PME, le soutien aux filières d’avenir et la conversion écologique et énergétique de l’industrie. Je permettrai aux régions, pivots de l’animation économique, de prendre des participations dans les entreprises stratégiques pour le développement local et la compétitivité de la France. Une partie des financements sera orientée vers l’économie sociale et solidaire ».

    Que comprendre ? Quand les banques privées ne voudront pas soutenir un projet de PME, la PME pourra se faire financer sur des fonds publics. Le reste de la proposition concerne l’implication des régions dans le business des PME, ce qui est débile et illégal, mais bon, c'est un autre sujet.DEUX-AMIS-POUR-LA-VIE_ouvrage_popin.jpg

    Voici donc toute l’affaire : « Je créerai une Banque publique d’investissement ». Que l'Etat apporte une garantie pour des projets innovants, c’est de toujours avec les Fonds spécifiques d’investissement et OSEO, une entreprise publique. Alors, qu’apportera cette « Banque publique d’investissement », Hollande n’en savait rien. L’idée lui avait été soufflée par le banquier idolâtré de la Gauche, Matthieu Pigasse.

    Vous ne connaissez pas Pigasse ?

    Pigasse est un ancien de l’ENA, devenu haut fonctionnaire à Bercy, jouant le lobby de la Gauche à fond, pour se retrouver aux cabinets de deux légendes vivantes du socialisme, DSK puis Fabius. Après l’élection de Chirac, il est parti faire du fric dans le privé, recruté avec l'aide de Minc par la Banque Lazard, une institution désintéressée et animée par de hautes valeurs morales.

    A côté de son business courant, il se passionne pour la presse, ce qui est son droit le plus strict. Il a été aux avant postes pour vendre Libé à Edouard de Rotschild. En 2009, il achète les Inrocks et en devient le boss. En 2010, il s’allie à Pierre Bergé et Xavier Niel pour prendre le contrôle du Monde. On le trouve aussi avec les patrons de presse de Droite, que ce soit Lagardère ou Murdoch. Encore une fois, c’est sa vie de banquier d’affaires.

    Mais il se trouve aussi que ce banquier s’est intéressé à la PME « Le Parti Socialiste ». Il est membre de plusieurs groupes de réflexion et membre du conseil d'administration de la Fondation Jean Jaurès,... siégeant à côté d'un certain Pierre Moscovici. En 2007, il soutenait Ségo, en 2009 DSK et en 2012 Hollande, un œcuménisme qui finit de rendre le personnage sympathique. En juillet, il a recruté, pour diriger la rédaction des Inrocks, Audrey Pulvar, compagne du « ministre » Montebourg, qui a compétence sur les PME. Pigasse est donc le co-administrateur de la Fondation Jean Jaurès, comme Mosco, et le patron de la compagne de Montebourg. Et Bercy le choisit pour la Banque publique d'investissement sur ses seules compétences, comme c'est touchant !

    Alors, pourquoi cette Banque publique d’investissement revient-elle à Pigasse ?

    En lisant l’histoire, on a compris… Cette banque, c’est une proposition de Pigasse. Hollande en a fait son engagement n°1, et aujourd’hui, il appelle Pigasse en urgence pour mettre en œuvre ce projet qui a un joli nom, mais un contenu mystérieux compte tenu de ce qui existe déjà, et des contraintes législatives qui interdisent d'assimiler l’argent de nos impôts à celui du business.GRIM_108557_2_1.jpg

    Bercy et Matignon ne manquent pas de très hauts fonctionnaires, aux compétences acérées, et connaissant parfaitement les contraintes du secteur… notamment via leur expérience des Fonds spécifiques d’investissement ou d’OSEO. Mais les sondages sont en chute libre, et il faut faire vite.

    Ainsi, ce pouvoir politique qui contrôle la présidence de la République, tous les ministères, l’Assemblée Nationale et le Sénat n’a pas d’autre solution que lancer un appel d’offres pour mettre en oeuvre son projet politique n° 1. Et qui gagne l’appel d’offre ? C’est l’ami Pigasse. Ah, ah, ah…

    Un conflit d’intérêts gros comme le bras d’un géant

    Là, il faut revenir à la définition que donne le rapport Sauvé : le conflit commence avec la simple « situation d’interférence entre une mission de service public et l’intérêt privé », si cet intérêt privé est de nature à « paraître influencer l’exercice indépendant, impartial et objectif de ses fonctions ».

    Quand la PME Parti Socialiste se fait écrire son programme économique par un banquier, ça ne pose aucun problème (juridiquement parlant).

    Le banquier en cause, animé par sa ferveur sociale, aurait pu démissionner de ses fonctions et mettre ses actions en vente, pour rejoindre le cabinet du ministre, retrouvant la place occupée sous DSK.

    Mais le mec veut tout garder, et là ça ne va plus, car il ne s’agit plus de la gargote du PS, mais du fonctionnement de l’Etat.

    Pigasse est évidemment dans une « situation d’interférence entre une mission de service public et l’intérêt privé », et cet intérêt privé est de nature à « paraître influencer l’exercice indépendant, impartial et objectif de ses fonctions ».

    Donc, soit il renonce, soit le leader minimo se fâche, et le vire. En fait, le leader minimo va minimiser et louvoyer, pour voir si la polémique se calme… Ce que tout le monde aura déjà compris, c’est que pour sa bataille contre les puissances de l’argent, il se fait conseiller par les puissances de l’argent. C'est rigolo, non ?  

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  • Obama innocente la Goldman Sachs

    Goldman Sachs a été injustement critiquée alors que cette banque est mue par les idéaux du Resto du Cœur, et c’est le gentil Obama qui le dit. Il vient d’ordonner l’abandon des poursuites pénales contre Goldman Sachs. En période de campagne électorale, le garant des valeurs morales US sait reconnaître les mérites des banques.

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    En avril 2010, le gendarme de la Bourse US, la Securities and Exchange Commission (SEC) avait déposé une plainte pénale pour fraude. Ces affaires de gros sous se traitent d’habitude au civil, avec d’importantes compensations financières, mais les crapuleries de Goldman Sachs avaient été telles que la SEC, qui a pourtant tout vu passer, avait choisi le pénal.

    Je précise que la très indépendante SEC était présidée par Mary Shapiro, nommée par Obama. A l’époque de la tempête médiatique, et à quelques mois des élections de la mi-mandat, Obama avait besoin de faire le mastard pour annoncer qu’il voulait réguler le marché de la finance. Ce qui a presque été fait.  

    Les griefs formés contre Goldman Sachs sont parfaitement connus. La banque avait créé des produits dénommés « subprimes » présentés aux braves gens comme le nirvana lié à des financements immobiliers. En réalité, le marché immobilier était pourri et les subprimes étaient des poubelles financières. Goldman Sachs incitait ses clients – les dindons – à acheter ces produits en leur expliquant que l’immobilier était à la hausse,… pendant qu’avec d’autres clients – ceux plein de fric – la banque jouait à la baisse sur les mêmes valeurs. Le plus célèbre de ces produits était l’Abacus. Parmi les bons clients de la banque, le milliardaire John Paulson, qui vendait à découvert de l’Abacus, s’est gavé d’un milliard de dollars.

    La Goldman Sachs, avec sa puissance, a réussi : les subprimes se sont écroulées, ruinant les emprunteurs, pendant que les vendeurs de vent avaient décuplé leur fortune. D’où la plainte de la SEC.

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    Le mécanisme avait été mis à jour, chiffres à l’appui, et chacun a pu apprécier les ravages, bien au-delà de la banque.

    De nombreux documents internes confirment la volonté de truander. Le Sénat avait publié une série de mails croustillants, les produits en cause étant qualifiés de « contrats de merde » et un mail s’amusant « des pauvres petits emprunteurs peu solvables qui ne vont pas se faire de vieux os ». D’autres traitaient les clients des subprimes de « pantins ».

    Mais nous sommes en août 2012, à trois mois de la présidentielle, et Obama a besoin d’un climat serein avec les banques.

    Ce qui donne ce communiqué publié hier par le ministère de la Justice : « Après un examen attentif des informations fournies et après plus d'un an d'enquête fouillée, le ministère de la Justice et plusieurs autres agences gouvernementales dont le FBI ont déterminé qu’il  n'y a pas de base viable pour engager des poursuites pénales contre Goldman Sachs ou l'un de ses employés ».

    Aucune base pour le moindre reproche,… mais Goldman Sachs, en juillet 2010, a quand même versé 550 millions de dollars – une broutille au regard de ses profits – pour marquer sa volonté de transiger. C’était donc un don de charité.

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    Ce qui est parfaitement choquant, c’est que le ministère de la Justice abandonne les poursuites sans même tenter de défendre son argumentaire devant le juge. Il faut dire que le juge aurait été capable de condamner Goldman Sachs, et çà, vraiment, c’est pas possible.

    Un sénateur influent du parti démocrate, Carl Levin a dénoncé cette renonciation : « Que la décision du Ministère de la Justice soit le résultat de lois ou d'autorités d'application de lois faibles, il reste que les actions de Goldman Sachs étaient trompeuses et immorales et ont contribué à la crise financière qui nous a presque plongé dans une deuxième grande dépression ».

    Godman Sachs a été laconique : « Nous sommes heureux que ce problème soit derrière nous ».

    La banque avait versé un million de dollars à la campagne d’Obama de 2008. Pas de doute qu’elle fera un effort complémentaire cette année,... pour un Prix Nobel de la Paix, ça le vaut bien.

    Moi, je ne peux pas remettre en cause la décision du gouvernement du pays des valeurs. Donc, notez bien : tout ce que vous avez lu, entendu ou vu sur le scandale des subprimes et la déferlante financière mondiale qui a suivi, eh bien tout cela n’a jamais existé. Parole d’Obama.

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    Je recommande cet excellent livre

  • Un must : Le scandale du Libor

    Ce qui est bien avec les scandales, c’est quand ça porte sur gros, pas comme les bottines de Roland Dumas. Et là, avec le Libor, on tape sur du gros de chez gros, dans la finance de Londres. Le Libor, c’est un taux bancaire qui influe chaque année sur des opérations bancaires d'un montant de 600 000 milliards de dollars soit dix fois le PIB mondial.

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    Qu’est ce que le Libor ?

    On est au cœur de la City, place financière aussi importante que sérieuse (et morale). Le Libor (London interbank offered rate) est le taux d’intérêt de référence établi chaque jour. Le premier usage concerne les prêts sans garantie que se font les grandes banques entre elles. On gère la trésorerie à court voire très court terme, en moyenne entre un et trois mois, mais parfois pour quelques jours, et avec les principales devises (dollar US, livre sterling, yen, franc suisse,…) Pour l’euro et le marché interbancaire européen, on utilise un autre taux, l’Euribor.

    Ces taux sortent ensuite du cercle des relations interbancaires, pour servir de références à toutes les autres opérations bancaires, comme les produits dérivés gérés par ces banques, et dont personne ne peut dire la valeur réelle, mais aussi le crédit destiné à financer votre sublime Peugeot 208.

    Comment est fixé le Libor ?

    Le mécanisme est très pragmatique. Tous les jours à 11 heures, seize grandes banques internationales – dont Barclays, HSBC, Royal Bank of Scotland, Deutsche Bank, UBS, JP Morgan, Citigroup, Bank of America, et La Société Générale – annonce indépendamment le taux auquel elles estiment devoir emprunter auprès des autres banques du panel. Ces infos sont traitées par une agence qui agit pour le compte de la British Banker’s Association. Cette agence écarte les huit taux extrêmes et fait une moyenne des huit autres, qui est rendue publique à midi, et ce tous les jours. Pour l’Euribor, même système avec 57 banques européennes. 

    Le principe est bon car les déclarations spontanées de ces grandes banques concurrentes donnent une juste idée de leur santé et de la santé du marché.

    La manip’

    Oui, mais vient la manip', qui a duré de 2005 à 2009. Les banques s’organisaient entre elles dans la matinée, et leur déclaration de 11 heures n’avait rien de spontanée. C’était la grande entourloupe.

    Jongler comme ceci, d’un jour à l’autre avec les taux et les durées d’emprunt, permettait de faire de bonnes affaires, les banques fixant par entente la règle du jeu, le fameux Libor. Le premier jeu est d’augmenter le taux déclaré, et ce qui pousse à la hausse le taux resservi aux entreprises et aux particuliers. De plus, si l’écart se creuse avec le taux des banques centrales, ça permet de s’y fournir pour pas cher et de revendre cher. Mais il peut aussi être intéressant de jouer à la baisse, pour suivre un marché spéculatif, ou faire croire que la banque va bien et que ses taux sont bas. C’est alors un moyen de cacher ses difficultés financières par un artifice, ce qui truande le marché et au final coûte cher.  

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    La sanction

    La première banque à s’être fait choper, c’est la Barclays, qui pendant cinq ans mentait à la hausse ou la baisse, en fonction de ses intérêts. Le boss, Bob Diamond, une figure de la City, a démissionné et la banque a versé une somme au Trésor pour tenter d’éviter les poursuites pénales en négociant. C’est pas gagné.

    Tout le problème est que la Barclays ne pouvait rien faire seule, comme l'agence ne retient que les huit taux moyens. Aussi, d’autres grandes banques sont nécessairement concernées,... et peut-être toutes. La Deustche Bank a elle aussi choisi de payer et d’essayer de négocier. On verra pour les autres, mais selon la presse, la Banque Centrale d’Angleterre serait aussi concernée, ce qui n’aurait pu se faire sans des connexions entre les banques et les hommes politiques. Ca va être chaud.

    La Commission de Bruxelles enquête de son côté. Hier, le New York Times a annoncé le prochain engagement de procédures pénales aux US.

    Cette affaire du Libor, c’est vraiment la truanderie organisée par les banques. Qui sera sanctionné ? Qui payera l’addition ? Qui rétablira la confiance ?  On retrouve le problème : comment punir au juste niveau, sans dessouder ces banques sans lesquelles tout tomberait demain… C’est quasi de la prise d’otages.

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