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  • Barroso recruté : C’est la Goldman Sachs qui dirige l’Europe

    Après le Brexit et ses incertitudes en série, les banques européennes font dans leur froc, et Goldman Sachs International (GSI), une filiale de la Goldman Sachs basée à Londres, vient de recruter José Manuel Barroso, ex-président de la Commission européenne entre 2004 et 2014, en qualité de président non-exécutif.

    Selon le Financial Times, Barroso va aider cette sympathique banque à gérer les conséquences du Brexit, avec la perspective – si Brexit il y a – de la délocalisation des banques de la City vers des terres européennes. Totale confusion des genres.

    Barroso joue les ingénus : « Naturellement, je connais bien l'Union européenne et je connais relativement bien l'environnement britannique. Si mes conseils sont utiles dans ces circonstances, je suis prêt bien sûr prêt à y contribuer ».

    Quand il était présidait la Commission, Barroso avait géré la grande crise financière causée par l’écroulement de la Goldman Sachs aux US, et les banques n’avaient pas eu trop à s’en plaindre. Et rappelez-vous la Goldman Sachs qui avait aidé la Grèce à magouiller ses chiffres pour rentrer dans l’Euro, avec les conséquences que l’on sait.

    Goldman Sachs, maître de l’Europe depuis New York ? Elle a compté dans ses effectifs, Mario Monti, ex-Premier ministre italien et commissaire européen, Lucas Papademos, l'ex-Premier ministre grec, et Mario Draghi, actuel dirigeant de la Banque centrale européenne (BCE) et ancien gouverneur de la banque d’Italie. Autre recrue de marque, Anders Fogh Rasmussen qui avait été de 2009 à 2014 secrétaire général de l’Otan (sous commandement US). Et maintenant Barroso...

    On résume ? Laissez tomber les mythiques technocrates de Bruxelles… Laissez passer les pauvres qui ne menacent rien, et demandent juste l’accueil et la protection de la vie… Et cantonnez votre énergie contre la mère maquerelle de la finance, la Goldman Sachs, celle qui vous ruine.

    - Pas un mot pour notre héros qui avait pour principal ennemi le monde de la finance ?

    - Quod anima sua requiescat in pace.

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  • Grèce : 7,16 milliards d'euros… et moi, et moi et moi…

    Tsipras l’avait bien expliqué : le peuple grec n’avait pas vu passer l’argent des précédents prêts, et il fallait que ça change. Ça m’a effectivement l’air bien parti.

    La Grèce éreintée et son premier ministre laminé ont obtenu via le Mécanisme européen de stabilité financière (MESF) un prêt relais de 7,16 milliards d'euros vendredi dernier, en attendant un autre à caler. Je souligne qu’il s’agit de prêt, donc d’argent à rembourser, alors que j’ai souvent entendu parler de plan d’aide. Et pour le moment, la Grèce a honoré tous ses engagements.  Il n’y a donc pas de « charge grecque », mais seulement des banques qui voient leurs prêts remboursés, même quand elles ont accordés ces fonds en dépit du bon sens.

    Donc 7,16 milliards d'euros pour le peuple grec, grâce à Tsipras et au référendum.

    En fait, c’est un peu différent.

    La somme débloquée vendredi a permis de régler ce lundi au FMI 1,5 milliard d'euros dus depuis le 30 juin, et 456 millions d'euros depuis le 13 juillet.

    L’Etat grec a également remboursé 4,2 milliards d'euros à la Banque centrale européenne (BCE), et 500 millions d'euros à la Banque de Grèce, un solde arrivé à échéance fin juin.

    Donc, sur 7,16 milliards empruntés vendredi, 6,65 milliards d'euros sont repartis lundi vers des institutions financières. A l’Etat, qui doit faire face à tant de besoins, il ne reste donc que 510 millions d'euros. De l’argent à garder bien au chaud, car le 20 août, la Grèce doit rembourser 3,2 milliards d'euros à la BCE.

    Le plan génial se met donc en place : pour rembourser 7 milliards, la Grèce emprunte 7 milliards, et règlera les intérêts sur cette somme. Ça tombe bien, le gouvernement vient d’augmenter la TVA, ce qui permettra de payer. Je pense qu’effectivement, c’est un très bon plan de sortie de crise, astucieux, progressiste et solidaire.  

    Chers amis banquiers, sachons défendre l'essentiel et restons unis, c’est la solidarité qui est notre force. 

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  • Espagne : Se saigner pour payer les banques

    espagne,banques,euroUn gros coup de chaud sur l’Espagne… avec des chiffres qui glacent. Bankia, la quatrième banque du pays, nationalisée le 9 mai, a demandé au gouvernement 19 milliards d’euros pour ne pas se scratcher, et le conseil d’administration a démissionné dans la foulée. L’Etat venait d’apporter 4,5 milliards à la banque, nationalisée le 9 mai, et l’ardoise s’élève donc à 23,5 milliards, chiffre certifié. 

    Le gouvernement n’a pas trop le choix, car cette banque représente 10% du marché. Autant dire que si elle tombe, tout part avec. Les clients ont retiré de leurs comptes un milliard la semaine dernière...

    Une impasse de 23,5 milliards qu’on découvre soudain… Pour situer, je lis que ce chiffre est comparable au budget du ministère de l’éducation, aux intérêts annuels de la dette ou au montant des allocations chômage… Autre élément de comparaison : le plan de rigueur présenté par le nouveau gouvernement prévoit 27,3 milliards d'euros d'économies et de nouvelles recettes….

    Les mauvaises nouvelles s’accumulent. D’après le quotidien El Mundo, il va falloir aussi trouver 30 milliards pour sauver trois établissements bancaires déjà placés sous tutelle : CatalunyaCaixa, NovacaixaGalicia et Banco de Valencia.

    Vendredi, Artur Mas, le président de la Catalogne, la première région du pays, avait  mis l’ambiance en évoquant un défaut de paiement d'ici à la fin mai et en demandant l’aide de l'État : « Peu importe comment on y arrive, mais nous avons besoin de pouvoir effectuer des paiements à la fin du mois. On ne peut pas redresser son économie si on ne peut pas payer ses factures… ». Certes. La Catalogne est en tête, mais le besoin de refinancement des régions est estimé 36 milliards pour 2012, avec déjà les plus grandes difficultés à payer les fournisseurs. espagne,banques,euro

    Oki. Mais où trouver l’argent ? et à quel coût ? et comment gérer sans affoler le système ? Car il va falloir payer en juillet les 19 milliards en juillet pour sauver Bankia.

    Le chef du gouvernement, Mariano Rajoy, a expliqué hier que l’Espagne ferait face, toute seule comme une grande, mais je vois que la plus part des journaux n’y croient guère.

    En 2009, l’Espagne avait créé un instrument de recapitalisation des banques, le Frob, mais celui-ci n’aurait en caisse que 4 à 5 milliards d’euros. Il peut emprunter jusqu'à 90 milliards d'euros avec la garantie de l'Etat, mais pour des prêts sur 10 ans, l’Espagne doit supporter un taux d'intérêt dépassant les 6%. Ca devient intenable.

    Le gouvernement étudie d’apporter ces 19 milliards d'euros directement sous forme de dette publique, contre des actions, mais les objectifs gestionnaire de l'Etat ne seraient plus tenus et ça pourrait coûter très cher en ces temps où la discipline budgétaire est surveillée à la loupe. Autre option, le recours au mécanisme européen de stabilité, qui entre en vigueur le 1er juillet. Le gouvernement dément, mais ça semble la moins mauvaise solution.

    En tout cas, on redoutait qu’après l’Irlande, le Portugal, la Grèce, il faille ouvrir le dossier Espagne. Eh bien, c’est fait. 90 milliards à trouver, 24% de demandeurs d’emplois, et un PIB qui a reculé de 0,3% au premier trimestre. Certes, mais il faut payer les banquiers.

    espagne,banques,euro

  • Les US en cessation des paiements ?

    la-maison-des-otages-affiche_53308_6131.jpgOn banalise vite les infos, mais celle là, elle n’est pas rien : le US sont à quinze jours de la cessation des paiements.

    Les négociations entre la Maison Blanche et le Congrès durent depuis deux mois, et c'est ces jours-ci la tension maximale. Le plafond légal de la dette, 14 294 milliards de dollars, a été dépassé en mai, et ça a tenu avec les astuces de la gestion. Mais la crise est là, maintenant, car il y a une échéance de 100 milliards de dollars de bons du Trésor à rembourser le 2 août, et pour lesquels il faudrait emprunter.

    D’où la nécessité de modifier ce plafond légal, mais aussi de trouver des mesures pour ne pas pateauger dans quelques mois dans la même mélasse.

    C’est sur le plan d'accompagnement que tout se joue car le plafond a déjà été relevé 74 fois depuis 1962, dont 10 fois depuis 2001... C’était de la routine, et là c’est le cirque comme jamais vu.

    Le montant de la dette totale garantie par le Trésor est estimé à 16.000 milliards de dollars, car il inclut notamment les obligations des établissements de refinancement hypothécaire, les célèbres et drolatiques Fannie Mae, Freddie Mac et autres. De l’argent qui est du gaz, et si ça dégringole, le Trésor qui ne peut déjà plus payer les fonctionnaires sera balancé dans un tourbillon désastreux.

    Accroissement de la dette, augmentation des impôts et coupes dans les dépenses sociales, c’est sûr que ce n’est pas fameux pour les Démocrates quand s’ouvre une année électorale avec novembre 2012 en ligne de mire.

    Aussi, les Républicains jouent le rapport de forces maximal, pour ajouter à ce tableau la cessation des paiements, et Obama a du se décider à mener lui-même les négociations avec les parlementaires ! Avec hier une réunion tendue, et lassé de se faire contredire comme un débutant, Obama a quitté la séance avec fracas.18868665.jpg

    Hier aussi, la sympathique et avenante agence de notation Moody's a mis le AAA américain sous surveillance.

    On commence à parler de divisions chez les Républicains, mais les plus allumés font encore monter la pression, pensant qu’un blocage décrédibiliserait Obama, obligé de prendre des mesures très impopulaires, car il devrait choisir ce qu’il paie, tout en privilégiant les remboursements financiers. La Chine détient pour 1 000 milliards de bons du Trésor, et autant dire que les surenchères des Républicains ne font pas rire à Pékin.

    Obama est bien placé dans les sondages, et il vient de récupérer un max de dons pour financer sa campagne. Il est très favori, et les givrés de la droite du Parti républicain, le Tea Party, pensent qu’il n’y a pas d’issue électorale s’ils n’affaiblissent pas Obama. A partir de là, tout est bon.

    Le futur prix Nobel d’économie, Sarah Palin a ainsi exprimé son auguste pensée aux parlementaires : « Ne reculez pas, rechargez ! »

    Palin est en perte de vitesse, et la vedette actuelle est Michelle Bachmann, qui multiplie les insanités et fonce sur tout ce qui pue, prête à tout pour faire la Une.  Elle vient de signer un texte sur la vie familiale, où on lit : « L’esclavage a eu un impact désastreux sur les familles afro-américaines mais, hélas, un enfant né en esclavage en 1860 avait plus de chances d’être élevé par sa mère et son père dans un foyer avec deux parents qu’un bébé afro-américain né après l’élection du premier président afro-américain des États-Unis ».

    L’hypothèse la plus crédible est que l’accord se fera in extremis, mais la pression reprendra dès le lendemain. Nous sommes otages de ces ravagés.

     

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  • Euro : Les banquiers n’ont pas tous les torts

    equilibre.jpgIl y a un an, c’était le grand crack. Les Etats avaient cherché du fric tous azimuts, empruntant des sommes colossales. Le système avait tremblé, mais avait tenu. On dessinait déjà les plans d’un nouveau capitalisme, avec des banquiers faisant de vrais prêts pour de vraies affaires, avec des taux correspondant juste pile poil aux risques qu’ils prennent. Et bien sûr, leurs rémunérations devenaient sages.

     

    Un an plus tard, le même scénario se dessine sous nos yeux. Jusqu’où cela ira-t-il ? Le système tiendra-t-il ? Et à quel coût ? Ce weekend, nos dirigeants ont travaillé dur à Bruxelles, et les ministres des finances sont encore à pied d’œuvre ce dimanche soir en attendant l’ouverture des premiers marchés en terre asiatique. Il sera tôt demain, et on attendra les nouvelles : Tokyo, et son décisif indice Nikkei, mais aussi Hong-Kong, Taiwan, Seoul, Singapour et Sydney. C’est le village planétaire de la finance,…dont nous ne sommes pas les héros.

     

    La réponse européenne, c’est d’abord le soutien affiché à la Grèce, mais c’est aussi un pari vu l’ampleur de la cure imposée aux Grecs. C’est ensuite ce fonds européen de gestion de crise : la commission peut s’endetter jusqu’à soixante milliards d’euros, avec la garantie des Etats-membres, et les fonds empruntés sont prêtés aux Etats dans le besoin, à un niveau tel qu’ils puissent se défendre face aux spéculations à la perte.  equilibriste.jpg

     

    Bon, c’est sûrement très compliqué, mais c’est ni plus ni moins une garantie de caisse. Justement ce qu’on avait refusé d’instaurer dans le Traité européen, pour inciter les pays de la zone euro à une saine gestion. Oui, mais bon : nécessité fait loi.

    Pour créer ce fonds, car tout passe par le droit, on a recours à l'article 122-2 du Traité européen qui  prévoit : « Lorsqu'un État membre connaît des difficultés ou une menace sérieuse de graves difficultés, en raison de catastrophes naturelles ou d'événements exceptionnels échappant à son contrôle, le Conseil, sur proposition de la Commission, peut accorder, sous certaines conditions, une assistance financière de l'Union à l'État membre concerné ». Nous voici au moins blindés juridiquement. Blindés ? Rien n’est moins sûr. Car l’objet de ce texte n’est pas d’instituer un fonds monétaire européen qui  n’ose pas dire son nom. Ce système existe pour les pays européens hors zone euro, mais il avait été écarté pour la zone euro, au motif que la condition de la stabilité de la monnaie commune était la rigueur budgétaire. Le cap était clair. Il fallait que les Etats limitent le recours à l’emprunt pour ne pas se mettre à la merci des mouvements bancaires, qui n’ont rien d’altruistes. On est loin de cette rigueur, ce qui justifie la lecture très compréhensive de l’article 122-2, et montre que tous les torts ne sont pas du côté des banques.

    posture_equilibre.jpgLa gestion publique ne résume pas la crise, loin de là. Mais sur ce plan, c’est tout de même très mauvais.

    La référence, c’est 3% du produit intérieur brut PIB. Un chiffre qui peut être discuté, qui est trop quantitatif et pas assez qualitatif, certes. Mais ces débats sont loin.  Pour 2009, le déficit public français (Etat, comptes sociaux, collectivités locales) a atteint 7,9 % du PIB.  138 milliards d'euros ! Un chiffre à mettre en relation avec l’immense effort européen qui crée de fonds de secours de 60 milliards...  Le montant total de la dette ne devait pas excéder 60% du PIB. Fin 2009, nous en étions à 77,6%, soit un montant de 1 489 milliards d’euros, en hausse de 31,7 milliards pour le dernier trimestre. Cela représente des intérêts à payer pour plus de 55 milliards d’euros par an. C’est-à-dire un peu plus que le produit de l’impôt sur le revenu. Alors, s’il n’y a pas lieu d’être un psychomaniaque de l’équilibre budgétaire, le constat est que les finances publiques filent, et renforcent notre dépendance à l'égard des banques. Et la France n'est pas le pays le plus mal loti.

    Les finances sont faibles, mais le pouvoir est fort… On aimerait. Je passe sur la prise de décision en Europe, avec la triple présidence d’Herman Van Rompuy, de José Manuel Barroso et de José Luis Zapatero. Limpide et efficace ! Et les Etats ? Gordon Brown débarqué et l’alliance des vainqueurs qui peine à se former, Angela  Meckel en minorité au parlement, les belges sans gouvernement, Berlusconi lunaire et Sarko à 30% !

    Bon, allez les amies et les amis, pas de déprime. L’Europe a des atouts, une vraie force économique, et c’est une grande société…  En somme, il y a une Europe vivante, mais avec des finances en vrac et des gouvernements au sanatorium.

    On s'accroche, ça va passer...

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