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  • Quand les Beaux-Arts censurent les artistes…

    Les crétins de la censure ont encore frappé, en plein Paris. Cette fois-ci, le censeur s’appelle – c’est tout de même peu banal – la direction de l'École des Beaux-Arts. Voici le drame, qui a failli faire chanceler le pouvoir.

    Le truc, c’est une exposition « Week end de sept jours » en partenariat avec le Royal College of Art de Londres et le Lasalle College of the Arts de Singapour. Clare Carolin, commissaire de l’exposition, explique sur le site des Beaux-Arts : « Le Week end de Sept Jours interroge les perspectives utopistes de l'art et nous renvoie aux fantasmes qui ont parcouru le XXe siècle d'une société de loisirs dans laquelle le seul but de la vie serait la poursuite de plaisirs sans contraintes. […]  L’exposition Le Week end de sept jours se veut un temps de rencontre où les notions de temps, d’espace et d’art sont réexaminées au regard d’un rêve utopiste que nous avons toujours attendu et qui apparaît pourtant aujourd’hui plus inaccessible que jamais. »

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    Parmi les artistes invités, la chinoise Ko Siu Lan. Elle a choisi de mêler création et art dans la rue, avec une interpellation de tout un chacun par une œuvre qui devient mobile en fonction de votre sens de passage. J’explique. Ko Siu Lan a installé en façade de l'École des Beaux-Arts, quai Malaquais, deux grandes bannières, à l’emplacement utilisé pour annoncer les expos.  Ces belles bannières, noires, sont imprimées de quatre mots : « gagner », « plus », « travailler », « moins », et les inscriptions sont faites recto-verso. Pour une bannière, « travailler » d’un coté, et « gagner » de l’autre. Pour la deuxième, « plus » d’un côté, et « moins » de l’autre. Ainsi, le passant voit, selon le sens de sa marche, « gagner plus » ou « travailler moins ». Effet graphique assuré sur la belle façade du bâtiment, prise à témoin du passant qui fait bouger l’œuvre, et lui fait dire ou une chose ou une autre. Pas mal. Ca parle. La France a accroché à un slogan illusoire, et l’artiste accroche à son tour le slogan dans une illusion, par un joyeux contretemps.

    L’accrochage, c’était mercredi. Mais badaboum, quelques heurs plus tard : la direction des Beaux-Arts impose de décrocher les deux bannières et leurs quatre mots car tenez vous bien, cette installation « pouvait constituer une atteinte à la neutralité du service public et instrumentaliser l'établissement ». Et voilà à nouveau les artistes sommés d’un devoir de réserve, et cette fois-ci par les Beaux-Arts. La création artistique, oui, mais neutre, s’il vous plait.

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    Une bonne vieille censure, bête et brutale, comme toute censure, avec un solide goût de rance. Interrogé, le ministre de la culture et des boxeurs thaïlandais a fait savoir que « c'est un problème entre l'artiste et l'école, et le ministre laisse l'école gérer ». L’artiste était prévue de longue date, son installation figurait en photomontage sur le catalogue de l’exposition, et elle n’a pas installé les deux banderoles sur la façade du bâtiment de manière clandestine. Aussi, dénonçant cette censure, Ko Siu Lan a annoncé qu’elle allait saisir la justice. C’est bien la peine de quitter Pékin pour se faire censurer à Paris.

    Elle explique à Libération : « Venant de Chine, je ne comprends pas cette censure brutale en France, et surtout dans l’une de ses écoles d’art les plus anciennes, qui est supposée encourager la liberté d’expression. Cela montre le degré de conservatisme du climat politique et le degré de peur de Sarkozy ». Mais où va-t-elle chercher tout çà…

     

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