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  • Evo Morales, l’honneur des politiques anti-impérialistes

    Magnifique victoire d’Evo Morales, troisième mandat présidentiel, et élu dès le premier tour avec 61% des voix. Un anti-impérialiste qui assume, bravo !

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    Un ami me disait l’autre jour : « En France, nous étions gouvernés par ceux qui réussissaient l’ENA ; désormais, nous sommes gouvernés par ceux qui ont raté l’ENA ».  Avec Evo Morales, pas de soucis de ce genre. Le président bolivien est né de parents paysans, dans la très pauvre région minière d’Orinoca. Il a quitté l’école encore jeune enfant pour travailler comme ouvrier dans le bâtiment ou dans la boulangerie. Il s’est ensuite formé à l’action collective par le syndicalisme des producteurs de coca. En 2006, sa grande victoire électorale avait été acquise dans un pays menacé de partition par des clans pro-Etats-Uniens, qui ruinaient l’économie, et le très lucide Morales est l’un des rares dirigeants politiques à ne pas s’être trompé sur le sens de la victoire d’Obama.

    Depuis, il s’est affirmé comme un grand politique. Les clans pro-US avaient tout fait pour affaiblir l’Etat, et Evo Morales a imposé le renforcement de Etat par les nationalisations : hydrocarbures électricité, télécoms, aéroports, mines… L’argent a été redistribué pour lutter contre la misère et construire de vrais services publics. Il a su enclencher une croissance économique saine, ce qui a permis de renforcer l’unité du pays,… et même de se réconcilier avec le patronat. La croissance annuelle moyenne de 5% et la population en dessous du seuil de pauvreté est passée de 33 à 20%. Le PIB a été multiplié par trois entre 2005 et 2013, passant de 9,5 à 30,3 milliards de dollars. La Bolivie reste le pays le plus pauvre d’Amérique latine, mais il connait ses plus belles années.

    Elu pour la troisième fois, Evo Morales est le plus ancien président en exercice du continent. Il a salué « ce nouveau triomphe du peuple bolivien», acquis aux côtés de ceux qui «luttent contre l’impérialisme», et il a dédié la victoire  «à Fidel Castro et à Hugo Chavez, qu’il repose en paix».

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  • La remarquable réussite d’Evo Morales

    Que ça fait du bien ! Des dirigeants politiques intègres, compétents et courageux, qui transforment leur pays en alliant le développement économique, la solidarité et la démocratie. Où ça ? En Bolivie ! Evo Morales et le Mouvement vers le socialisme (MAS) sont au pouvoir depuis huit ans, et ça marche. Le pays le plus pauvre d’Amérique du Sud décolle.

    C’est peu dire que les braves gens d’ici attendait avec morgue de voir ces Indiens, amis de Chávez, se prendre un splendide râteau. A l'épreuve des faits, le résultat est une réussite peu commune, et Evo Morales ne lâche rien : « Le socialisme c’est le bien-être, c’est partager la richesse. C’est ce que faisaient nos ancêtres, à une plus grande échelle, avec la technologie et la modernité productive ».

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    Restaurer l’Etat

    L’équipe d’Evo Morales est arrivé au pouvoir en 2006 par une magnifique victoire électorale qui faisait suite à des années de luttes sociales et politiques. Le libéralisme économique avait ruiné l’Etat, la masse de la population vivait de l’économie souterraine, et des parties entières du territoire menaçaient de faire sécession. Le nouveau régime a pris le taureau par les cornes pour restaurer l’Etat et son autorité.

    Le premier volet, dès mai 2006, a été la nationalisation du secteur des hydrocarbures. Depuis, quinze grandes entreprises pétrolières, cimentières et minières sont passées sous le contrôle de l’Etat. L’une des richesses prometteuses est le lithium, présent en masse dans le Salar de Uyuni, le grand désert de sel, et toute concession pour son exploitation est désormais interdite. Des choix politiques qui parlent pour un mouvement né en révolte à la privatisation de l’eau, au début des années 2000.

    Le prix des hydrocarbures étant à la hausse, les recettes publiques se sont accrues,… et comme le gouvernement gouverne, l’argent est resté au pays, au lieu de partir vers les maisons-mères des compagnies. Entre 2005 et 2008, les recettes de l’Etat ont bondi, passant de 58 à 401 dollars par habitant, pour atteindre 20 % du PIB.

    Le gouvernement a bloqué l’argent, pour se faire une grosse cagnotte : les réserves – 8,4 milliards de dollars – atteignent 47 % du PIB. Et c’est géré : l’inflation qui était folle a été maîtrisée, le budget laisse un excédent lié aux recettes pétrolières, et depuis 2006, la moyenne de croissance est à 5,2 % par an. En 2013, le chiffre est 6,5 %, permettant à l’Etat d’investir directement plus de 4,3 milliards d'euros dans l’économie nationale.

    Assis sur ce trésor, le gouvernement, pour percuter la crise de 2009, a lancé un programme de création d’infrastructures et de soutien à la consommation. Deux moteurs, donc : les exportations de matières premières et la demande intérieure. Les richesses exploitées sont essentiellement le gaz, et le lithium, et le gouvernement veut sur place des usines de transformation, pour exporter avec une forte valeur ajoutée.

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    Lutter contre la pauvreté

    Le camarade Evo respecte son engagement de lutte contre la pauvreté, avec « un nouveau modèle économique social productif », dont la base est un vrai programme de redistribution de la richesse nationale à destination de la population la plus pauvre, dans le cadre de politiques déterminées.

    Comme on ne fait rien sans argent, le régime a créé dès 2007 la Banque de Développement Productif qui accorde des prêts aux petits agriculteurs, et l’Entreprise de Soutien à la Production Alimentaire (EMAPA) qui finance l’achat des marchandises aux petits et moyens producteurs, pour ensuite les revendre au reste de la population. Résultat : une augmentation de 17 % des surfaces cultivées par les petits paysans, et la stabilisation des prix agricoles. Felipe Jaramillo, directeur de la Banque mondiale pour ce secteur, reconnait que « La Bolivie est de moins en moins un pays à bas revenus » et qu’elle « ne devrait pas tarder à entrer dans la catégorie des pays à revenus moyens ».

    La population attend beaucoup de ce « gouvernement des mouvements sociaux ». Alors que s’approchait la réélection de 2009, les Etats-Unis avaient rompu les accords commerciaux qui existaient avec la Bolivie, et tenté le plan classique des manips de l’opinion. Mais, ils se sont cassés les dents.

    Il faut dire qu’Evo Morales a respecté son engagement de combattre le « colonialisme interne » de l’Etat bolivien, avec l’exclusion structurelle de la majorité indienne du pays. Le premier mandat s’est clôt avec l’adoption de la nouvelle constitution de janvier 2009, remplaçant « l’Etat républicain » par « l’État plurinational », avec des actions résolues en faveur des droits des Amérindiens, et des structures de décisions qui ne limitent pas la démocratie au vote, une fois tous les quatre ans.

    Une réussite remarquable appelée à rejaillir sur l’ALBA – Alternative bolivarienne pour l’Amérique latine –, une union politique et économique lancée par Hugo Chávez. Evo Morales résume : « Nous avons atteint aujourd’hui 35 % de participation de l’Etat dans l’économie nationale. C’est ce qui a permis de changer l’image de la Bolivie dans le domaine économique et financier. Le fait d’avoir dans le passé tout laissé entre les mains du secteur privé nous a fait hériter d’un peuple mendiant et d’un Etat mendiant et dépendant des organismes internationaux. Tout cela, nous l’avons changé en peu de temps. Durant ces huit années de gouvernement, nous avons démontré que l’Etat est capable de gérer ses entreprises. C’est ce qui a conduit à ces résultats. »

    Les élections de 2014 se présentent pas mal pour Evo Morales, à 60% dans les sondages, et face à une opposition divisée.   

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  • La France a été lamentable avec le président Morales

    L’histoire arrivée au président bolivien Evo Morales est grave et bien significative de l’état de délabrement du gouvernement de notre pays. Traiter un chef d’Etat comme un petit trafiquant…

    Evo Morales, qui avait participé à une réunion à Moscou, prend le chemin du retour dans son avion officiel de chef d’Etat. Il a dû, comme pour tout vol, faire connaitre son passage pour obtenir les autorisations d’accès à l’espace aérien. Il part de Moscou tranquille, pour une escale aux Canaries, et retour à la maison. Mais, soudain l’avion présidentiel doit se poser en urgence à Vienne. L’Autriche n’y est pour rien, mais la France, le Portugal, suivi par l’Espagne, ont interdit leur espace aérien à ce bandit d’Indien. Le chef d’Etat Bolivien va rester ainsi bloqué pendant 13 heures.

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    Le motif : « on » soupçonne Evo Morales d’avoir embarqué clandestinement Edward Snowden. Lequel n’a pas bougé de sa chambre d’hôtel ! Tout était bidon… Hier soir à La Paz, l’ambassade française était caillassée et les drapeaux tricolores brulés.

    C’est grave à tout point de vue.

    Sur la qualité du travail des services : sur de simples rumeurs, sans la moindre vérification, le gouvernement accrédite que Morales a embarqué le mec. Ça donne une idée de la fiabilité des services… et de leur efficacité face à des terroristes chevronnés.

    Sur la considération pour la Bolivie. Hollande se permet de bloquer un homologue, en le considérant comme un trafiquant ! Ça, c’est une connerie qu’on va payer cash.

    Sur la soumission aux US. La France traite un chef d’Etat comme un malfrat sur un coup de fil des services US.   

    Sur la capacité de Hollande à mentir sur tout et à tout moment. On imagine bien que bloquer l’avion du chef d’Etat sur ordre des US, parce que Morales embarquerait clandestinement un mec sous mandat d'arrêt, n’est pas traité par un chef de gare. Qu’a déclaré Hollande : « Il y avait des infos contradictoires sur les passagers qui étaient à bord. Dès lors que j'ai su que c'était l'avion du président bolivien, j'ai donné immédiatement l'autorisation de survol du territoire français ». Hollande veut nous faire croire qu’il n’était pas au courant, et que dès qu’il a su - treize heures plus tard - il a vite fait libérer son otage. Mentir à ce point, c’est répugnant.

    Sur la suffisance française. Impose cette humiliation à un Chef d’Etat… et même pas un coup de fil de Hollande pour s’excuser.

    Cristina Fernandez, la présidente argentine, a résumé : « Ils sont définitivement tous fous ».

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    C'était le 13 mars 2013...

  • Appartement de luxe pour un dictateur emprisonné

    chonchocoro.jpgSalle de sport, sauna, salle à manger, barbecue : la vie en prison est belle, quand on est un ancien général, et qu’on est détenu en Bolivie.

    Luis Garcia Meza, ça ne vous dit rien, pas plus qu’à moi, mais c’est un nom qui parle aux Boliviens. Le 17 juillet 1980, ce général a été l’auteur du coup d'Etat qui avait renversé le pouvoir de la présidente Lidia Gueiler… deux semaines après des élections démocratiques. Parmi les compagnons d’armes de Luis Garcia Meza, un certain Klaus Barbie, ancien responsable de la Gestapo à Lyon, recyclé dans le trafic de cocaïne en Bolivie.

    Le général s’est illustré à vitesse Grand V comme dictateur violent, crapule intégrale et incompétent notoire, et il avait du abandonner le pouvoir un an plus tard, et avait été recherché, arrêté et condamné à 30 ans de prison, pour l’assassinat d’opposants politiques  et trafic de cocaïne. Aujourd'hui,  Luis Garcia Meza, âgé de 81 ans, purge sa peine à la prison de Chonchocoro, dans la capitale bolivienne, où il est entré en 1995, et on n’aurait plus du entendre parler de lui. Le problème Luis Garcia Meza vient de réapparaitre dans l’actualité de manière assez comique vu de loi, et très scandaleuse vu de près.

    Ces derniers temps, la prison de Chonchocoro a été l’objet de violents incidents, avec des détenus grièvement blessés et la police est venue faire une descente pour remettre un peu d’ordre dans la prison. Objectif louable. h-3-1050945.jpg

    La où ça s’est compliqué pour le directeur de la prison, le colonel Gilmar Oblitas, c’est que les très consciencieux policiers ont découvert que Luis Garcia Meza ne vivait pas dans une cellule, mais dans un appartement assez luxueusement aménagé : l'ancien dictateur avait installé un sauna, une salle de sport, une table de ping pong, une salle à manger et même un barbecue. Vous trouvez ci-dessous la visite guidée. Les fameuses prisons trois étoiles ? en voici un exemple rare.

    http://www.lostiempos.com/multimedia-galeria-detalle.php?id_galeria=64&base=2010

    Le ministre de l'Intérieur bolivien, Sacha Llorenti, s’est fâché tout rouge. Le directeur de la prison a été viré, et on annonce des poursuites. Mais le procès s’avère bien gênant, car il sera difficile de soutenir que cette affaire ne s’est jouée qu’à l’intérieur de la prison, et que les contrôles publics ont été vigilants. Plusieurs reportages avaient déjà dénoncé un traitement bienveillant pour l’un des pires dicteurs qu’a connue la Bolivie.

    C’est dire que cette affaire, qui fait sourire, démontre surtout la ténacité des réseaux mafieux au sein de l’administration bolivienne.

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