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brésil

  • Tom Jobim, Montréal 1986

    La vie est compliquée ? Mais non : voici Tom Jobim au festival de Jazz de Montreal. Admirons le créateur de la bossa-nova et ses so nice choristes… Un concert de plénitude.

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  • Ney Matogrosso, São Paulo, 2004

    Quand du fond d’un crépuscule, d’ici, de là ou d’ailleurs, tu cherches un peu de chaleur, alors ta pensée va, comme un aimant, vers la musique brésilienne,… cette musique tellement brésilienne et tellement à nous tous. Voici l’un de ses grand serviteurs, Ney Matogrosso, en concert à São Paulo en 2004. Franchement, c’est magique. Pour commencer, Ney installe l’orchestre, rode le son, puis emballe tout à 11:11 avec Bamboleô. Magnifique : on pourrait en faire un hymne universel. Non, tout est excellent. A 27:24 le puissant et quasi-symphonique Oriente, avec pour suivre, à pleurer 37:19 Bandoleiro. On rebondit à 44:52 avec le très flamenco O Doce e o Amargo. C’est vraiment superbe. Les musiciens dégagent un son de bonheur, alors je vous laisse à 48:25 avec Lábios de Mel, à 52:28 avec Tanto Amar, et je vous laisse avec ce délice qu’est à 55:58 Já Te Falei.

    Quel chanteur, quels artistes… Un jour peut-être un de nos valeureux festivals ouvrira la fête avec Ney Matogrosso… Sait-on jamais il ne faut pas désespérer.

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  • Brésil : Les adversaires corrompus de Dilma Rousseff devant la justice

    J’adore les « déconneurs » du Monde : « La destitution de Dilma Rousseff n’a pas mis fin aux scandales de corruption… »

    Rappelons donc pour la 58ème fois que le destitution de Dilma, ma petite chérie, n’a rien à voir avec la corruption. Son éjection du pouvoir ne doit rien à la Justice, qui ne la poursuit pas, mais à une coalition des droites pourries pro-étatsuniennes, qui n’ont pas digéré sa réélection en décembre 2014, et qui ont organisé un coup d’Etat institutionnel en décembre 2015, en instrumentalisant une petite manip’ comptable : financer de la dette par l’emprunt pour améliorer un budget, ce qui est fait tant et tant de fois au Brésil et dans tous les pays. Pas un sou dans la poche de Dilma.

    Ce n'était pas une affaire judiciaire, mais purement parlementaire, avec à la manœuvre deux canailles de grande envergure : Eduardo Cunha, président de l’Assemblée, qui a lancé la procédure, Dilma étant écartée du pouvoir le 12 mai, et Renan Calheiros, président du Sénat, qui a rendu la sentence, le 30 août, au profit de ce pantin de Michel Temer, un apparatchik inconnu et impopulaire, qui a récupéré la fonction de Dilma, sans avoir à être élu.

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    Cunha, Temer et Calheiros

     

    Et depuis, comment s’écrit la glorieuse histoire ?

    D’abord, et de toute urgence, ces droites libérées ont multiplié les efforts pour faire voter des lois qui brident l’action des juges, ces juges auxquels le Parti des Travailleurs avait donné toutes les garanties d’indépendance et de fonctionnement. Avec la même précipitation, elles ont organisé la dislocation de Petrobras, qui est le garant de l’énergie du Brésil.

    Il faut dire qu’il y avait péril en la demeure, et on comprend mieux l’empressement à dégager Dilma, parce que les mecs avaient besoin de sauver leur peau. Mais ils n'ont pas été assez rapides.

    Eduardo Cunha, corrompu jusqu’à l’os, était poursuivi par les juges. Il a dû démissionner le 7 juillet. Au mois d’octobre, il a été inculpé et incarcéré. En cause des comptes planqués en Suisse, blindés d’argent pourri.

    Second acteur de la destitution de Dilma, le président du Sénat, Renan Calheiros.

    Le sympathique Renan Calheiros est poursuivi dans onze enquêtes pour corruption et détournements de fonds publics, et le 4 décembre, il a fait l’objet d’un jugement de destitution par le Tribunal suprême fédéral, en raison de son inculpation pour détournements de fonds publics.

    - Tchao Renan ?

    Eh non ! Ça ne se passe pas comme ça dans ces lieux de pouvoirs gangrénés par la corruption. Hier, le bureau du Sénat a refusé d’exécuter la décision de justice, affirmant, en violant la loi, vouloir attendre le résultat d’un éventuel recours.  

    A part ça, il parait que la destitution de Dilma était l’effet d’un mouvement populaire…

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  • Lula : Quelles sont les preuves ?

    « Apportez des preuves, et j’irai à pied au commissariat ! » Lula est un boss, un vrai. Vont-ils abattre Lula, et donc le Parti des Travailleurs ?

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    C'est donc le tour de Lula, après l’invraisemblable destitution de Dilma Rousseff, qui ne fait l’objet d’aucune enquête ni inculpation pour corruption, et au terme d’une séance soi-disant historique de l’Assemblée nationale… Problème : Le président de l’Assemblée, Eduardo Cunha, un député évangéliste ultra-conservateur, a été démis hier de son mandat pour corruption dans l’affaire Petrobras, pour avoir reçu l’équivalent de 15 millions d’euros en pots-de-vin.

    Le successeur de Dilma Rousseff, Michel Temer – 1 % de notoriété dans le pays – à peine installé a annoncé le lancement d’un programme de privatisation. Pour Lula, cette privatisation est le but de la manœuvre : « livrer au capital étranger les grandes entreprises d'Etat, dont Petrobas », compagnie-phare du Brésil. Quand le Brésil aura perdu les moyens de son indépendance énergétique, et que Petrobras sera démantelé pour être racheté par des firmes US, on verra que tout ira mieux pour les Brésiliens…

    Mercredi, le procureur d’une ville du sud, Curitiba, Deltan Dallagnol, 36 ans, s’est autorisé une très cinématographique conférence de presse, pour dézinguer Lula en le qualifiant de « chef suprême » du réseau de corruption au sein de Petrobras, par un magnifique récit... qui ne reposait sur aucune pièce.

    Le procureur a saisi le juge Sergio Moro, ennemi déclaré de Lula, d’un réquisitoire aux fins d’inculpation, pour corruption et blanchiment d'argent. Nous verrons. 

    Le procureur affirme que Lula a perçu 1,1 million de dollars de pots-de-vin versés par l'entreprise de BTP OAS, de la galaxie Patrobras, en vue de refaire un appartement triplex. Si c’est le cas, franchement, c’est pourri.

    Mais un million de dollars dans un système de corruption, ce sont des écritures bancaires, des transferts illicites d’argent et des comptes dissimulés. Où sont les preuves ? On ne parle pas de doute psychologique, mais de passages illicites d'argent sur des comptes bancaires. Alors, quelles sont les preuves? Rien de neuf, rien de solide. C’est le sens de l’éditorial du quotidien Folha de Sao Paulo : « Reste le sentiment que sans parvenir à présenter des preuves plus robustes contre Lula, le ministère public tente de combler ses lacunes par la rhétorique ». Parce qu'il est le responsable politique, il est le grand organisateur de la corruption ? Quelle puissante déduction ! 

    Et puis, un million de dollars pour qualifier le chef suprême... quand la petite main Eduardo Cunha a été rincé de 15 millions de dollars ? 

    « Apportez des preuves, et j’irai à pied au commissariat ! » Le blog va donc attendre les preuves, et il suivra ça de près. Dans l’immédiat, le calendrier sera politique. Les présidentielles sont en 2018, et nous verrons s’il s’agit de conduire une instruction judiciaire ou d’empêcher Lula d’être candidat.

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  • Dilma : Eduardo Cunha, son accusateur, démissionne de la présidence de l’Assemblée

    unclesam-worldwarii-poster-6201136-o.jpgLe coup d’Etat brésilien, qui n’a pas fini ses dramatiques effets, sombre déjà.

    Le Parti des Travailleurs, minoritaire à l’Assemblée, avait grâce à son action et ses leaders charismatiques Lula et Dilma, emporté la présidentielle fin 2014, pour la troisième fois de suite. La Gauche démocratique s’installant en Amérique ? Insupportable pour Oncle Sam.

    Problème pour Dilma et chance pour Oncle Sam : pour gouverner, il ne suffit pas d’être présidente, il faut une majorité parlementaire.

    D’où la nécessité de s’allier avec ce désespérant mais incontournable PMDB, parti religieux et centriste, une sorte de grosse omelette.

    D’où l’opportunité pour Oncle Sam : casser cette coalition (Au passage : faute certaine de Lula d’avoir laissé ce régime des coalitions parlementaires, qui tiennent le pouvoir, tu avais assez la cote pour modifier la loi électorale parlementaire).

    Oncle Sam est passé par la Droite, défaite par les élections, sans programme et sans leader, et l’a linkée à de grands groupes de presse, pour monter de grandes manifs de manipulés heureux… sur fond d’une économie en progrès mais fragile. Et Oncle Sam a excité les instances du PMDB : « Et si, maintenant que Dilma vous a conduit à la victoire, pourquoi ne pas devenir président à sa place ? » Le coup d’Oncle Sam, c’est l’opportunité de prendre la place sans passer par le vote des électeurs, en inventant une procédure de destitution : prendre le pouvoir contre la volonté du peuple, ça s’appelle un coup d’Etat.

    A la manœuvre, trois voyous.1ec.jpg

    1/ Oncle Sam, qui veut bloquer les poursuites contre Petrobras, pour récupérer la firme, et s’assurer une maîtrise durable sur le Brésil

    2/ Michel Temer, PMDB, 75 ans. Il était vice-président, et à ce poste parce que Dilma l’avait nommé, et elle l’avait nommé parce que ce boss de PMDB était un inconnu : 1% dans les sondages. 

    3/ Eduardo Cunha, PMDB, président de l’Assemblée nationale, mandaté pour conduire la manip’ de la destitution. Un rôle parfait, parce que cet évangéliste allumé représente tout ce qu’il y a de plus corrompu dans la société brésilienne. Fragile, donc docile. Début 2016, tout le monde savait qu’avait été découvert son compte secret en Suisse, avec 5 millions de dollars, venant de Petrobras. Ce pour un mec qui n’a jamais travaillé de sa vie. La justice allait donc bloquer ce corrompu ? Non, elle lui a fiché la paix, le temps qu’il joue son rôle : écarter Dilma.

    Le 17 avril, Dilma, à l’encontre de laquelle aucune charge judicaire n’a été notifiée, a été suspendue de sa fonction présidentielle par un vote de l’Assemblée, pour un « pédalage budgétaire », le financement transitoire par un prêt bancaire, qui n’a rien coûté au contribuable.

    Cunha ayant fait le job, il a alors été suspendu de ses fonctions de président de l’Assemblée le 5 mai, par une décision de justice, qui s’est soudain réveillée. Quel miracle… Lisons le Tribunal suprême fédéral (STF), onze juges à l’unanimité : « Il n'existe pas le moindre doute que le suspect ne présente pas les conditions personnelles minimales pour exercer en ce moment, dans leur plénitude, les fonctions de président de la chambre des députés ».

    Incapable d’être président de l’assemblée,... lui a conduit la chasse contre Dilma. Lamentable.

    attachment_41577206.jpgLe sort de Dilma est désormais entre les mains du Sénat, où elle est minoritaire à 70%. On attend un vote le 4 août, par une commission d’instruction très hostile au PT, puis un vote en formation plénière des 81 sénateurs, entre le 25 27 août. A ce jour, la majorité politique des deux tiers, soit 54 voix, est acquise, et Dilma sera destituée, laissant la place à la marionnette Temer. Oncle Sam apprécie.

    Dilma a fait connaître sa défense : « Le destin m'a toujours réservé de grands défis. Certains me paraissaient insurmontables, mais j'ai réussi à les vaincre. J'ai déjà subi la douleur indicible de la torture et ce qui me blesse le plus en ce moment, c'est l'injustice, c'est de réaliser que je suis victime d'une farce juridique et politique. Je n'ai commis aucun crime de responsabilité budgétaire. Jamais je n'ai détourné un seul centime public pour mon enrichissement personnel ou de tiers ».

    Hier, Cunha a démissionné de la présidence de l’Assemblée. Oncle Sam n’a plus besoin de lui, et on va trouver un mec cool, ou mieux une femme coole, pour le remplacer.

    Commentaire de Dilma : « La seule chose que je regrette, c'est qu'il soit parvenu à présider ce lamentable processus d'’impeachment’ comme si de rien n'était. »

    Dilma, je souhaite que le PT retrouve le pouvoir. Mais cette fois-ci, ajustez un peu vos analyses sur le fonctionnement de la justice. Ce n’est pas de la science pure. Oki ? Tu verras, ça vous fera gagner du temps.

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