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  • Congrès PS à Poitiers : Le pouvoir de Cambadellis

    Ce qui est intéressant avec Cambadellis, c’est qu’on quitte le jeu des amuseurs cosmétiques qui pullulent au gouvernement. C’est un vrai pro de la politique, formé chez les trotskystes, nourri par les pépinières de la MNEF et autres. Il connait l’appareil du Parti comme personne, et quand tous bavent pour avoir un poste au gouvernement, lui reste bien en retrait car la seule chose qui l’intéresse, et pour un bon moment encore, c’est le PS. L’appareil, c’est son truc.

    Un petit tour dans la mécanique PS…

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    Un congrès du PS se prépare en fonction de textes qu’on appelle « les motions ». En général, personne ne lit ces textes imbittables, ou si peu, car on ne s’intéresse qu’aux signataires, qui sont des cadres du parti. Les militants voteront, et cela aura deux conséquences décisives.

    En 1/ ce vote dégage la ligne nationale du parti.

    En 2/ il assoit aussi le pouvoir des fédérations, et le contrôle d’une fédération, c’est l’enjeu n° 1 pour les élus locaux, qui sont l’armature du PS.

    Les tractations sont secrètes, et si on n’est pas bien placé dans la maison, il est impossible de savoir ce qui se passe réellement, tout accord national étant en réalité étroitement lié aux enjeux locaux, avec le respect des chasses-gardées et les contrôle des investitures. 

    Alors, Martine Aubry ? Tout le monde regardait de son côté, parce que depuis 2012, elle défend une ligne politique et une pratique sensiblement différentes. N’oublions qu’il y a quelques années, elle avait sommé Valla de rentrer dans le rang, ou de rejoindre l’UMP. Elle est très populaire auprès des militants, tout le montre.

    Aussi, il y avait une opportunité sérieuse pour qu’elle lance sa propre motion, et réunisse largement autour d’elle avec tous liens qu’elle s’était créée en reprenant le PS après Hollande. En fait, il fallait repartir avec la base qui avait été la sienne pour les primaires de 2012, et par le simple jeu de la chute d’Hollande, redevenir la patronne de droit ou de fait, du PS.

    Les conséquences auraient été décisives : Valls mis en minorité aurait dû partir, et Hollande d’une manière ou d’une autre se retrouvait en cohabitation, avec le pouvoir se déplaçant dans la sphère Aubry. C’aurait été un choc.

    Du fait de ce qu’est le président sous la V° République, il est inenvisageable pour son parti de jouer contre sa candidature, que ce soit avec des primaires ou un vote au sein du parti. Aussi, le jeu était de reprendre le contrôle du Parti, et donc du gouvernement, marginaliser l’aile droite du parti, celle de Hollande, Valls et Macron, soutenir une seconde candidature de Hollande, et gouverner ensuite en lui laissant le minimum d’espace.

    Cambadellis, qui n’a pas de mauvaises relations avec Aubry, ne voulait pas de ce schéma, préférant jouer en interne, former une équipe et bref, reprendre l’appareil pour tenir, en serrant tous les boulons socialistes, les uns après les autres, avec un schéma rassurant qui va plaire ces temps de peur.

    Il a présenté un texte qui avait réuni de très forts soutiens dans tout ce qui fait le conservatisme foncier du parti, laissant peu de choses à Aubry. La « gauche du PS », avec Hamon et Montebourpif, c’est du post-ado. Ces malins qui ont manœuvré pour faire nommer Valls à Matignon…  Il lui restait les frondeurs, qui ne frondent pas grand-chose, et son équation personnelle. Isolée à Lille à force de faire la tête à tout le monde, affaiblie par le passage du département du Nord à l’UMP, ayant réveillé trop tard ses réseaux, elle n’était pas en mesure d’entrer dans la bataille.

     

    Hollande est assurée d’une candidature tranquille en 2015, et Valls va être prolongé à Matignon. Mais entre les différents clans, qui sont bel et bien en opposition, rien n’est réglé. Le match continue, loin des feux de la rampe. Cambadélis aura beaucoup d’aise, car Hollande et Valls ont très peu de relais dans le parti, et que ni Hamon, ni Valls ne tiennent la route. Hollande n’aura pas la vie simple avec Cambadélis tenant fermement la direction du parti, et il regrettera sans doute assez vite Aubry. 

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