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ceinture de chasteté

  • Jeans ou ceinture de chasteté ?

     

    Jeans ou ceinture de chasteté ? La Cour de cassation italienne, ce 21 juillet, vient de trancher : le blue-jeans « n’est pas l'équivalent d'une ceinture de chasteté ». Même très moulant ? Même quand c’est celui de la petite sœur et qu’il faut renter le ventre pour fermer le bouton de la ceinture ? Même. Voici un important point de droit acquis.

     

    A l’origine de cette jurisprudence, le recours d’un homme de 37 ans, habitant de Padoue, qui avait été condamné au pénal par un tribunal italien pour agression sexuelle sur une adolescente. Il avait nié les faits expliquant qu'un tel acte était impossible parce que la jeune fille était assise et portait un jeans. Non, a répondu la Cour : « Les jeans, bien qu'épousant étroitement le corps d'une femme, ne constituent pas une barrière infranchissable pour un agresseur sexuel déterminé. »  Bref, le jeans n’est pas une arme antiviol.

     

    Un verdict attendu en Italie. Il faut dire que par un arrêt rendu  en 1999, la même Cour de cassation avait retenu la solution inverse. Il s’agissait d’un acte sexuel commis par un moniteur auto-école sur une jeune femme de dix-huit ans qui portait un jeans. Le tribunal avait retenu la culpabilité, mais la Cour de cassation avait innocenté le moniteur en affirmant qu’« il était de notoriété publique que ce type de pantalon ne pouvait être enlevé sans la collaboration active de qui le portait ». Une décision de justice restée célèbre, sous le nom de Sentenza dei jeans, la sentence des jeans, et qui avait soulevé un vive incompréhension dans le pays. Des députées avaient fait la grève des jupes, portant des jeans en signe de protestation. Et par la suite, de nombreux agresseurs sexuels avaient soulevé l’argument, comme moyen de défense :  « La victime était consentante. La preuve : elle portait un jeans. »

    La Cour de cassation avait eu l’occasion de rectifier le tir, revenant sur sa jurisprudence de 1999. L’arrêt qui vient d’être rendu est de nature à régler définitivement la question. Pas plus qu’il n’est une incitation au viol, le jeans moulant n’est pas un obstacle à l’agression.

     

    Tout parait bien, mais il reste une question. La Cour de cassation est-elle si mal informée qu’elle fait le parallèle avec la ceinture de chasteté ? D’après cette arrêt du 21 juillet 2008, « le jeans n'est pas l'équivalent d'une ceinture de chasteté ». Et heureusement ! Car si le femme décide librement de porter le jeans qui lui plait, et éventuellement de mettre en valeur de gracieux arrondis, il n’y a aucun rapport, si je puis m’exprimer ainsi, avec la ceinture de chasteté imposée à la femme – il semble qu’il existe aussi quelque modèles pour hommes – pour lui interdire toute relation sexuelle, et même l’onanisme. J.M. Lo Duca, dans son Dictionnaire érotique, présente la ceinture comme « un instrument inventé par les jaloux pour interdire aux femmes toute satisfaction érotique à laquelle ils ne consentent point. » Bon, cette jurisprudence semble encore bien macho.

     

    A ce stade, il ne reste, me semble-t-il qu’une seule solution : les juges abandonnent leurs robes et viennent aux audiences en jeans. Cela serait aussi de nature à simplifier le travail de la Justice, quand une reconstitution parait s’imposer.

     

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