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  • La Cour Internationale de Justice sauve la peau des baleines

    La Cour Internationale de Justice (CIJ) a rendu un bien bel arrêt qui porte un sérieux coup de frein à la pêche à la baleine. Alors qu’un moratoire sur la pêche commerciale est signé depuis 1986, le Japon avait mis au point un programme de recherches scientifiques … qui n’était qu’un camouflage. Fin de partie, a jugé la Cour.

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    La pêche commerciale de la baleine est interdite par la Commission baleinière internationale (CBI), l'organisme international chargé de la protection des cétacés et de la régulation de la chasse à la baleine, à la suite d’un moratoire conclu en 1986, et signé par le Japon. Très bien. Mais un an plus tard, le Japon avait entrepris un programme de « chasse scientifique » dans l'océan Austral,... qui n’était la poursuite de l’activité commerciale sous un faux nez.

    La CBI l’a vite vu, car elle a elle-même défini des programmes de recherche, qui n’avaient rien à voir. Les négociations ont repris et en 1994, la CBI a déclaré l'océan Austral « Sanctuaire baleinier ». Mais rien n’y a fait, malgré maintes résolutions de la CBI, et maintes expertises internationales. L’hécatombe se poursuivait : 14 000 cétacés tués pas les pêcheurs japonais, essentiellement dans l'Antarctique.

    C’est l’Australie, soutenue par la Nouvelle-Zélande, qui en juin 2010 a décidé de porter l’affaire en justice, et devant la Cour Internationale de Justice.  L’audience s’est tenue en juin, et la CIJ a rendu hier son délibéré : le programme n'est pas conforme aux conditions requises par la réglementation internationale. La Cour « ordonne au Japon de révoque tout permis, autorisation ou licence déjà délivrés pour mettre à mort, capturer ou traiter des baleines dans le cadre de Jarpa II (Japanese Whale Research Program under Special Permit in the Antarctic) et de s'abstenir d'accorder tout nouveau permis ».

    Pour la Cour, il n’est pas besoin de tuer les cétacés pour conduire des recherches, et de plus, ce programme, qui refuse la coopération internationale, n’a rien de convaincant. D’ailleurs, les publications scientifiques sont restées bien minces. Bref, rien de sérieux, alors que le programme Southern Ocean Research Partnership (SORP) conduit par l'Australie, le Brésil, les États-Unis dans l'océan Austral est très satisfaisant.

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    Le porte-parole du ministère japonais des affaires étrangères, Noriyuki Shikata, a déclaré que son pays « regrettait et était profondément déçu » par cette décision, mais qu'il s'y conformerait. De ce que je lis, cette passion japonaise relève surtout de la fierté nationale, car la viande de baleine n’est pratiquement plus consommée. Le Japon va peut-être tenter de mettre au point un nouveau programme de recherche, mais la marge est mince compte du caractère très motivé de l’arrêt de la Cour, sur 70 pages.

    Deux autres pays pratiquent encore la pêche à la baleine, l’Islande et la Norvège, qui n’ont pas signé le moratoire de 1986. La Norvège est en tête. Elle a attribué l’an dernier à ses pêcheurs un quota de 1286 baleines de Minke dans l’Atlantique Nord, soutenant que les réserves le permettent. Seules 590 ont été pêchées,… car le marché ne suit pas ! Il faut dire que pour faire un grill, c’est plus facile avec une sardine…

    Les discussions vont donc reprendre, mais la page se tourne : la CIJ a sauvé la peau des baleines.

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